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27 Oct 2012
Jean-Luc Deuffic

Auction : Ketterer Kunst (Hamburg) – Alde (Paris) – Christie’s (London) : Heures à l’usage de Paris, de Rome, etc …

Ketterer Kunst (Hamburg)  19/20 novembre 2012  

 096

Heures à l’usage de Paris. 168 f. 158 x 110 mm. Littera textualis. 13 grandes miniatures. Maitre François ?
Description catalogue en ligne

Alde (Paris)
Salle Rossini – 7, rue Rossini 75009 Paris – Mercredi 31 oct. 2012 – Lot 75 : 

Heures à l’usage de Paris. Paris, ca 1500. Parchemin. 162 f. 195 x 110 mm. 29 et 17 longues lignes (calendrier), encre rouge, bleue et or ; écriture bâtarde. 
Chiffre « CA MC CAM » à plusieurs f.
Enluminé par le Maître de la Chronique Scandaleuse et le Maître d’Étienne Poncher
Armes aux f. 13 et 42 : d’or, au lion d’azur armé, lampassé et couronné de gueules. Guillaume de la Cauchie, seigneur de la Cauchie et du Haut-Loquin (Oise), époux de Jeanne de Ligues, fille de Jean III de Récourt dit Agravin, marié en 1476.
Alde SVV : contact@alde.fr
Catalogue en ligne

Christie’s : Valuable Manuscripts and Printed Books –  21 November 2012 – 8 King Street, St. James’s, London

Lot 26. Heures à l’usage de Paris, ca 1410. 165 x 127mm. i + 158 + i. Maître de Boucicaut et son atelier

Lot 30. Heures à l’usage de Rome. Paris, ca 1530.199 x 134 mm. i + 133 + i f. Provenance : Anne de Montmorency ? : au f. 8, armes pleine page de Montmorency : d’or, à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur  (ici de sable)

Catalogue en ligne

New York, William Doyle Galleries, Inc
Books, Photographs & Prints – Sale 12BP02 – Lot 266
Monday, November 5, 2012 at 10am

Livre d’heures présenté comme exécuté à Bruges …  origine très discutable ….
Description et images en ligne

8 Oct 2012
Jean-Luc Deuffic

La « petite dame » de l’atelier du Maître de l’Echevinage de Rouen

Nous avons relevé, suite à notre post sur les Heures de Catherine Ascelin, l’apparition récurrente d’une dame en prières, archétype représentant sans aucun doute la commanditaire de l’ouvrage. Voici donc quelques exemples (exceptés les deux premiers et le dernier) tirés de la base Enluminures, coproduite par le Service du livre et de la lecture et l’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT -CNRS). Plusieurs de ces Livres d’heures sortent de l’Atelier du Maître de l’Echevinage de Rouen ou de son entourage :


© San Marino, Huntington Library, HM 1166


© London, British Library, Harley 2922 : \”In the style of the Echevinage Master\”


©Paris, Bibliothèque Mazarine, Faralicq 4 – Atelier du Maître de l’Echevinage de Rouen


© Aix-en-Provence, BM, 22 – Atelier du Maître de l’Echevinage de Rouen – ca 1460-1470 – Base Initiale (IRHT)


© Besançon, BM, 153, f. 93v – Base Initiale (IRHT)


© Oxford Bodleian Library, MS. Rawl. liturg. f. 25, f. 112r


© Carpentras, BM, 61 – Atelier du Maître de l’Echevinage de Rouen


© UPenn Ms. Codex 1056


Charles Edwin Puckett

Biblio : Claudia Rabel,  Artiste et clientèle à la fin du Moyen Age : les manuscrits profanes du Maître de l’échevinage de Rouen , dans Revue de l’Art,  84, 1989, p. 48-60 [ en ligne sur Persée ]

4 Oct 2012
Jean-Luc Deuffic

Le Livre d’heures de Jean-François de La Marche, évêque de Saint-Pol de Léon


Jean-François de La Marche peint à Londres en 1793 par Henri-Pierre Danloux (Musée du Louvre, Département des Peintures RF 2270 – © Photo RMN / G. Blot)

Jean-François de La Marche a fait l’objet d’une biographie mémorable de Louis Kerbiriou publiée à partir de sa thèse soutenue en Sorbonne en 1924. Certainement, ses séjours en Angleterre (il enseigna l’anglais au collège de Lesneven) sont-ils à l’origine de ses recherches sur le dernier évêque de Léon :
Abbé Louis Kerbiriou, Jean-François de La Marche, évêque comte de Léon (1729-1806). Étude sur un diocèse breton et sur l’émigration, Quimper, Le Goaziou, 1924. On trouvera en ligne sur Persée un compte rendu de Barthélemy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé (Revue d’histoire de l’Église de France, 1924, p. 507-510). De même, sur Grand Terrier, quelques extraits …

Jean-François de La Marche naquit en 1729 à Ergué-Gabéric. Il fut l’ultime évêque du diocèse de Léon (Finistère), de 1772 à la Révolution. Contraint à s’exiler à Londres, il y meurt le 25 novembre 1806. Cet évêque fut l’une des figures les plus importantes de l’émigration française à Londres pendant la Révolution. Il organisa avec un extrême dévouement les secours aux émigrés démunis.  L’abbé Charles du Chatellier prononça son oraison, laquelle fut publiée : Oraison funèbre de l’illustrissime et révérentissime Monseigneur Jean-François de La Marche : évêque et comte de Léon prononcée le 29 janvier, 1807, dans la chapelle Françoise, de Conway-Street, Fitzroy-Square. Londres : W. Marchant. 1806.  Jean-François de La Marche fut inhumé dans le cimetière de Saint-Pancrace. Très populaire dans son diocèse sous le nom d’évêque aux pommes de terre, Eskop ar patates, et soucieux des réalités économiques, il répondit à la grande enquête demandée par Turgot en 1774 sur la mendicité (voir Fanch Roudaut, \”Clergé breton et lutte contre la misère : l’exemple du diocèse de Léon (1774)\”, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1988 =  en ligne)

C’est au Fitzwilliam Museum de Cambridge (ms 71) que nous avons retrouvé le Livre d’heures de Monseigneur de La Marche, manuscrit qu’il offrit à Lord Fitzwilliam, comme l’indique cette note émouvante au début du volume :

Ex dono nobilis
Joannis Francisci De La Marche,
Episcopi Leonensis,
pii, venerati, dilecti

L’ouvrage possédé par l’évêque de Léon, 204 f., exécuté vers 1460, à l’usage de Rome, pourrait provenir de Champagne (Loup, Nicaise, aux litanies) ou du Nord (Bertin, Amand) … Toutes les grandes miniatures ont été hélas enlevées, ne restent comme décoration que les bordures sur une vingtaine de feuillets.

Mgr de La Marche fit imprimer pour son diocèse plusieurs catéchismes, en 1779, en 1783, 1785. Ce dernier, en langue bretonne, imprimé à Morlaix par Pierre Guyon porte le titre Catekismou imprimet dré urz an Autrou Illustr ha Reverand meurbet Yan-Frances de La Marche, Escop ha Count à Léon. Euit na vezo desquet nementa en e escopty (exemplaire à la Bibliothèque abbatiale de  Landévennec). Le Mandement de l’évêque de Léon est de 1776.


Monument funéraire de Mgr de La Marche dans la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon

Description du Livre d’heures de Jean-François de La Marche : catalogue  [ en ligne ]

Notice biographique de Louis Kerbiriou (Jean-Louis Le Floc’h, ancien archiviste diocésain de Quimper et Léon)
Jean-François de La Marche (1729-1806), dernier évêque de Léon, sur Historial du Grand Terrier

3 Oct 2012
Jean-Luc Deuffic

Le Livre d’heures et de raison des Richard du Mesnil en Saint-Georges-sur-Cher

Notre ami Hanno Wijsman de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (IRHT) − informé par Max Schmitz (doctorant à Louvain-la-Neuve) −  me signalant la mise en ligne sur Flickr de quelques feuillets d’un Livre d’heures du XVe siècle (déjà passés entre les mains expertes de Scott Gwara de l’Université de Caroline du Sud), il m’a semblé utile d’en publier les notes généalogiques et de donner quelques informations sur les possesseurs de ce manuscrit. Du Livre d’heures en lui-même, seuls quelques feuillets du calendrier ont subsisté, mais qui hélas n’apportent guère de données précises sur son usage liturgique.
Par contre, les différentes additions sont d’un intérêt certain pour l’histoire de la famille Richard du Mesnil et de son entourage :

[Mars recto :]
Naissance de Noël Richard en 1584
[Mars verso :]
le vendredy vingt neufiesme jour // de May entre les cinq et six heures // du matin lan mil six cents vingt six // nasquit nostre seul filz issu de moy // Louis Richard escuyer sr Dumesnil gentil //homme servant de monseigneur le prince et // de damoiselle Suzanne Ladyre et le deux[iesme?] // juin suivant fut baptisé en leglise St//
[Avril recto, suite :]
Pierre des Corps a Tours Son parrin // Monsieur de ……………… et // sa marrayne Madame de Chesnaye // en la paroisse Dathée (= château de Chesnaye à Athée-sur-Cher) et fut // nommé Charles
Monsieur Darynt (?) son grand père maternel // est décédé ….. vendredy a unze // heures de nuict le quatorze decembre // mil six cens trente cinq
[Avril verso :]
\”Le samedy premier jour de mars // 1642 mourut a Paris Louis // Richard mon père, escuier sr // du Mesnil et fut enterré a // Paris le dimanche en suivant\”
f. 3 :
\”Le samedy IXeme septembre l’an mil six cents cinquente neuf mourut au Mesnil damoiselle Susanne Ladire veufve de Mr Louis Richard escuier sr du Mesnil et est enterrée a st Georges\”
En bas de page :
\”Le vendredy vint deuxieme jour de juin lan // mil six cent cinquente sept a trois heures // du matin naquit Louise Richard fille de Charles Richard escuier sr du Mesnil et de damoiselle magdelaine de Montigny // Sa marienne (= marraine) damoiselle Susanne Ladire v[eu]ve de Louis Richard escuier sr du Mesnil et son parin Louis de Montigny escuier // sr du Coudray* capitaine et maior du régiment (?) de la marine\”
f. 3v :
\”Pierre Richard chevalier vivant // M[aitre] dhostel de la reine Marie // portoit d’or, deux lions de sables // armez et lampasez de gueülles // pour ses armes\”
f. 4 :
\”Joseph Richard escuier sr du Mesnil // fils de Noel Richard et de damoiselle // [le nom a été gratté ] naquit a // dix heures du matin le mercredy // dixhuitieme jour de apvril lan // mil cingt cents quarente huit\”
f. 4v :
\” Il est mort en la ville de // Montrichard et enterré en // la chapelle Saint Avoye en // leglise Notre Dame de Nateuil \” ( = Nanteuil)
f. 5 :
\”Louis Richard escuier sr du Mesnil // fils de Joseph Richard et de // damoiselle Catherine Ceré naquit // le samedy dixseptieme jour de juin // lan mil cingt cents soixante et // seize sur les quatre heures du matin\”
f. 5v :
\”Il est mort a Paris lan mil // six cents quarente deux le samedy // premier jour de mars et est // enterré a St Inocent devant // Notre Dame de Pityé\”
f. 6 :
\”Charles Richard escuier sieur // du Mesnil fils de Louis Richard // et damoiselle Susanne Ladire // naquit le vendredy vintneufieme // jour de may lan mil six cents vint // et six a cingt heures du matin \”
f. 6v (aucune note)
f. 8 :
\”Le jour de saint Louis 25eme doust lan // mil six cents soixante naquit Magdelaine // Richard fille de Charles Richard // escuier sr du Mesnil et de damoiselle // Magdelaine de Montigny Son parein // Jacques Moreau escuier sr du Feuillet // et sa mareine damoiselle Jeanne de//\”
f. 8v :
\”de Montigny. Elle fust nommée // Magdelaine, elle mourut le … // an et est enterrée en leglise de st // Georges, proche sa grand mère en // la chapelle Ste Agate\”
f. 10 :
\”1666 // Le vendredy dix huitieme jour // de juin mil six cens soixante six // naquit // notre premier fils yssu de moy \”
f. 10v
\”Le vingt cinq aoust lan mil six cens // soixante six naquit Susanne Richard // fille de Charles Richard escuier sr du Mesnil // St Georges et de damoiselle // Magdelaine de Montigny son espouse // Son parain m. Georges Pinon (?) et sa maraine // …\”
f. 11 :
\”Le 26eme jour de juin mil six cens // septante cingt au Mesnil // pour avoir mangé du poisson // de potirons, en 24 heures et elle // est enterrée avec sa seur Marie // Richard dedans une mesme fosse // en la chapelle Ste Agatte a St Georges\”
f. 11v :
En marge :
\”Le mardy troisieme may 1672 naquit Charles Richard mon fils du Mesnil\”
En bas de page :
\”Le mardy troi(s)ieme may mil six cent // septante deux a six heures du matin // naquit Charles Richard yssu de moy // Charles Richard escuier sieur du Mesnil // St Georges et de damoisselle …\” **
f. 14r :
\”Le onze juin 1737 est dessedée damoiselle // Louise Richard dame du Mesnil St George // agée de 79 ans Enterrée dans la chapelle de Ste // Agatte lieu de leur sépulture parroisse de // Saint George La ditte damoiselle restée la dernière du nom de Richard depuis trois cens // ans seigneur du Mesnil le ?…\”

* MONTIGNY (de) Ec. Sgrs du Coudray, paroisse de Luzillé et de Fousseure, relevant du château de Loches. Louis de Montigny fut anobli par lettres du 30 mars 1667 : de gueules à deux fasces d’or accompagnées de 6 besants d argent 1 en chef, 2 en fasce et 3 en pointe.
** Registre paroissial de Saint-Georges : « Le jeudy dixneufiesme may 1672 ont esté par nous les cérémonies de baptesme a un fils de Noble homme Charles Richard, garde du corps de sa Majesté et sr du Mesnil et de damoiselle Magdeleine de Montigny son espouze lequel fils a esté baptizé a la maison estant en peril de mor par Charlotte Bourbon ainsy quelle nous a certifié et a esté nommé Charles par Mre Charles Boisgautier advocat en parlement et par damoiselle Louise Richard »

Nous avons retrouvé dans ces registres paroissiaux, le baptême d’une autre fille de Charles Richard : « Mercredi 17 octobre 1668 bapteme de Marie, fille de Mre Charles Richard sr du Mesnil et de demoiselle Magdeleine de Montigny son epouze laquelle Marie est née du premier d’aoust 1663 et baptizée par deffunt Mre Pierre Levesque vivant prestre curé de Chisseau ainsy que cy devant il nous en a certifié ; son parrein fut Mre Nicolas Pelerin conseiller du roy et lieutenant général criminel au siège présidial de Chastillon sur Indre y demeurant et sa mareine Damoiselle Marie Boisgautier espouse dudit Pelerin » (Le 23 février 1695, la seigneurie de Villeret est adjugée à Marie de Boisgaultier, épouse de Nicolas Pellerin de Beauvais, lieutenant criminel au bailliage de Châtillon-sur-Indre).

Les RICHARD, seigneurs du Mesnil-Saint-Georges, élection d’Amboise et de la Bourdillière (XVIIe siècle), formaient deux branches, l’une résidant à Bossay près Preuilly, l’autre à St Georges (élection d’Amboise). J. X. Carré de Busserolle, Armorial général de la Touraine, dans Mémoires de la Société archéologique de Touraine, série in 80, volume 19, 1867, p. 831.

Un acte des Archives départementales d’Indre-et-Loir (3E 8) implique René Suppligeon, conseiller au grenier à sel de Montrichard, demeurant à Monthou-sur-Cher et Marguerite Richard sa femme ; Catherine Sibay, veuve de Joseph Richard, grenetier au grenier à sel de Montrichard, demeurant à Monthou-sur-Cher ; Louis Richard, sieur du Mesny, demeurant à Saint-Georges ; Charlotte Richard, soeur du dit Louis Richard, demeurant au Mesny, d’une part, et Jehan Naudet, marchand brodeur, et Jehanne Moulin sa femme (Tours, paroisse Saint-Saturnin).
29 décembre 1605).
 

Eglise de Saint-Georges-sur-Cher [ source ]

 

2 Oct 2012
Jean-Luc Deuffic

Le Livre d’heures de Jean de Popincourt et de Catherine Le Bègue

Un Livre d’heures à l’usage de Paris, ca 1440-1450, décrit il y a déjà quelques années par Joachim M. Plotzek et sans doute aujourd’hui dans une collection particulière a appartenu à trois générations successives des Popincourt (Popaincourt) : Jean de popincourt et Catherine Le Bègue, sa fille Claudine de Popincourt et Jean du Plessis, son mari, et enfin à Guillaume du Plessis, fils de ces derniers. Le manuscrit porte sur un de ses feuillets, à la Crucifixion, un couple en prières (miniature ci-dessus) : Jean de Popincourt et son épouse Catherine Le Bègue.

Jean de Popincourt, seigneur de Sarcelles et de Liancourt, fils de Jean de Popincourt, premier président au Parlement de Paris. Il était substitut du procureur général audit parlement dès l’année 1458, d’après un arrêt du 26 juillet de cette année. Il fut chargé pendant la ligue du Bien Public de la garde de la porte Saint-Denis, et envoyé en ambassade en Angleterre en 1466 avec l’amiral de France et l’évêque de Langres ; il est qualifié président en la Chambre des comptes dans des lettres du 10 juillet 1469, qui le commettent pour faire publier les lettres de don de la Guienne en apanage à Charles de France ; il fut reçu troisième président au Parlement de Paris en 1471, et l’un des commissaires chargés d’instruire le procès du comte de Saint-Pol en 1475. Il avait épousé Catherine le Bègue, fille de Jean le Bègue et de Catherine Paillard, et mourut le 21 mai 1480. (Blanchard, Les Présidents à mortier du Parlement de Paris, p. 105.)  
 
Jean de Popincourt mourut le 23 mai 1480, ainsi qu’on le voyait par son épitaphe placée sur son tombeau dans l’église Sainte-Croix de la Bretonnerie, au milieu du chœur, sous une tombe plate de marbre noir, sous le lutrin. Il laissa une fille du nom de Claudine qui épousa en 1463, Jean de Plessis.

\”Ci gist noble homme et saige maistre Jehan de Poupaincourt, en son vivant seigneur de Sarcelles et Lyancourt, conseiller du roy nostre sire et president en sa court de parlement, lequel trespassa le XXVe jour de may M CCCC LXXX\”.
\”Aussy gist noble damoyselle Catherine Le Begue, femme dudict de Poupaincourt, laquelle trespassa le IVe jour d’octobre M CCCC IC\”
\”Cy gist noble homme Jehan du Plessis, en son vivant seigneur D’Onchamps, de Savonnieres et de la Prugne, conseiller et maistre d’hostel ordinaire des roys Louis XI et Charles VIII, lequel trespassa Le XXVe jour de may M CCCC XCIV\”
Cy gist noble damoiselle Claude de Poupaincourt, dame de Sarcelles et de Lyancourt, femme dudict Jehan du Plessis, laquelle trespassa le XXVe jour de novembre M D X. – Priez Dieu Pour Eulx.

Source : 

Épitaphier du vieux Paris, tome III, Chartreux-Saint-Etienne-du-Mont, publié par Emile Raunié, Paris, Imprimerie nationale, 1899, p. 433.
Popincourt : d’azur, à la croix engrêlée d’or. Du Plessis : d’argent, à la croix engrêlèe de gueules et chargée de cinq coquilles d’or — Le Bègue : D’argent à trois croix ancrées de pourpre à la bordure engrêlée d’azur
Voir le testament de Jean de Popincourt (son oncle), publié en ligne sur Corpus de l’Ecole nationale des chartes, d’après Tuetey, Testaments enregistrés au Parlement de Paris sous le règne de Charles VI.

Documentation :
Archives du château de Chantilly :
1-BA-042 SARCELLES. Aveu de Jean de Poupaincourt, dit Soullart, 22 janvier 1427 [1428] ; de Jean de Poupaincourt, licencié en lois, avocat au Châtelet de Paris, seigneur de Sarcelles, 5 janvier 1436 [1437]. Il vend à Oudin Gagnepain, laboureur, la maison qui lui est échue par la mort d’André Lasneuze, 30 décembre 1437.
2-BA-030. 1457, 6 mars, Jean de Poupaincourt, écuyer, avocat en Parlement, seigneur de Sarcelles, tiers de ladite seigneurie par lui acquis de Guillaume de Malloc et de Jean de Martainville, écuyers.
1-CD-010. Catherine Le Bègue, veuve de Jean de Poupaincourt, président au Parlement, reçoit Fiacre de Harville en foi et hommage, 4 janvier 1489 [1490].
 

Biblio :
Joachim M. Plotzek, Andachtsbücher des Mittelalters aus Privatbesitz, Köln, Schnütgen-Museum, 1987, n° 21, p. 112-114. 
Virginia Reinburg, Books of Hours, 2012, p. 65.
G. Dupont-Ferrier,  \”Les avocats à la Chambre ou Cour des aides de Paris au XVe siècle\”, dans Bibliothèque de l’école des chartes, 93, 1932, p. 267-313 (p. 301) [ en ligne sur Persée ]
G. Dupont-Ferrier, \”Les avocats à la Cour du Trésor de 1401 à 1515\”,  dans Bibliothèque de l’école des chartes, 98, 1937,  p. 99-145 (p. 119) [ en ligne sur Persée ]
1 Oct 2012
Jean-Luc Deuffic

Madrid, Fundación Lázaro Galdiano, ms. IB 15716 : les Heures de Radegonde de Bray et Claude de La Haye


© Fundación Lázaro Galdiano, ms. IB 15716, f. 61

Le manuscrit ms. IB 15716 de la Fundación Lázaro Galdiano de Madrid est un Livre d’heures présenté comme étant à l’usage de Troyes, exécuté dans cette ville ca 1440. Des anciens possesseurs ont laissé leurs marques, en l’occurrence le couple Claude de La Haye x Ragonde ( pour Radegonde) de Bray :

A qui je suys voyez le nom
Et le seing cy dessoubz mys
Et pourtant mes treschers amys
Affin que nul ne soit larron
A qui je suys voyez le nom
De Bray

Ragonde de Bray
Femme de Claude
de La Haye

Amy lecteur si enquelque lieu treuver
Ce present libvre rend le moy Il est myen
Ainsi feras le rendant bonne treuve
Et si auras de moy ung amy tien

Claude de La Haye

La revue Humanisme et renaissance, Volume 5, p. 530, n° 4873,  signale une quittance paraphée par Radégonde de Bray et divers, sur vélin, datée de Paris, 20 août 1579, d’une rente due sur l’Hôtel de Ville au nom de la dite dame de Bray, veuve de Claude de la Haye, bourgeois de Paris. Nous n’avons rien trouvé de plus sur ce couple …

Manuscrit numérisé sur le site de la Fundación Lázaro Galdiano (Madrid)
Notice et bibliographie dans le catalogue de l’exposition : Mysterium Admirabile : El tiempo de Navidad en los libros de horas de la Fundación Lázaro Galdiano (16 décembre 2011-26 mars 2012), n° 10.

1 Oct 2012
Jean-Luc Deuffic

Madrid, Fundación Lázaro Galdiano, ms. I 15446 : Livre d’heures et de raison de la famille Boulloche


© Fundación Lázaro Galdiano, ms.  I 15446, f. 88r

Un Livre d’heures à l’usage de Rouen, aujourd’hui conservé à Madrid, Fundación Lázaro Galdiano (ms. I 15446), a servi de Livre de raison à la famille Boulloche, établie anciennement aux Andelys (Normandie).

Manuscrit numérisé sur le site de Fundación Lázaro Galdiano (Madrid). Voir les notes familiales aux derniers feuillets :
1565 : naissance de Jacques Boulloche
1567: enfant mort né
1572 : naissance de Louis Boulloche (décédé en 1574)
1574 : naissance de David Boulloche
1582 : naissance de Louise Boulloche

Notice et bibliographie dans le catalogue de l’exposition : Mysterium Admirabile : El tiempo de Navidad en los libros de horas de la Fundación Lázaro Galdiano (16 décembre 2011-26 mars 2012), n° 2.

BOULLOCHE (de). Armes : écartelé aux 1 et 4 de gueules, à un chevron d’or accompagné de trois molettes d’éperon de même ; au 2 de sable à trois besants d’or, 2 et 1, cantonnés d’une tête de taureau sur un gué d’azur ; au 4 de sable à trois besants d’or, 2 et 1. — Couronne : de Marquis.
La famille Boulloche ou De Boulloche est anciennement et honorablement connue aux Andelys, en Normandie. Elle a donné avant la Révolution une série de lieutenants-généraux au bailliage de cette ville. Jacques Boulloche était en 1692 élu en l’élection de la même ville. N… Boulloche du Méret, conseiller à Andelys, fit enregistrer son blason à l’Armorial général de 1696 : de gueules à un chevron d’or accompagné de trois molettes d’éperon du même. Pierre Boulloche, conseiller du Roi, eut ses armes enregistrées d’office au même Armorial : de sable à trois besants d’or.
M. de Mailhol a consacré à la famille de Boulloche un long article dans son Dictionnaire historique de la noblesse française ; il lui attribue une origine très reculée et la fait descendre d’un David Bullock, seigneur du Gué du Taureau (Bull lock), dans les Highlands, en Ecosse, qui serait venu se fixer en Normandie sous Louis XI. La famille de Boulloche parait n’avoir eu cependant aucune prétention nobiliaire antérieurement à la Révolution. On ne lui connaît, en tout cas, aucun principe d’anoblissement et elle ne figure ni au nombre de celles de sa province qui furent maintenues nobles lors des diverses recherches ordonnées par Louis XIV, ni au nombre de celles qui prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse Ce n’est que. depuis 1880 que ses représentants font précéder leur nom de la particule \”De\”, souvent prise, du reste, par leurs ascendants au cours du XVIIIe siècle. Son chef est même connu depuis quelques années sous les titres de comte de Boulloche, de marquis de Douxmesnil et de baron du Méret dont on ignore l’origine…
Gustave Chaix d’Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables, Volume 6, p. 123.
 

23 Sep 2012
Jean-Luc Deuffic

De Bordeaux à Trogen (Suisse) : Les Livres d’heures des Champrond

Les Champrond (t) n’ont guère été de grande noblesse. Tout au plus, appartenaient-ils à \”la bonne bourgeoisie de Chartres\”. Pourtant le hasard nous a fait retrouver deux Livres d’heures qui furent en possession de cette famille, conservés paradoxalement loin de leurs bases géographiques.


Angelot sur la porte de l’Hôtel de Champrond à Chartres [ source ]
Blason des Chambrond dans l’église de Hanches [ source ]

Le premier de ces manuscrits fait partie aujourd’hui des collections de la Bibliothèque Mériadeck de Bordeaux (ms. 93)et provient d’un don de M. Soulé, médecin. Composé de 143 f. sur parchemin et mesurant 162 x 105 mm, son exécution se situe autour des années 1400. Malheureusement les miniatures ont toutes été effacées par des procédés chimiques et de ce fait l’étude iconographique de ce manuscrit reste impossible. Au f. 143v on trouve pourtant cette note : Anne Piedefer, femme de mons. L’advocat du Roy à Chartres. Rendez les luy.
Il est généralement admis que cette Anne de Piedefer était la fille de Robert Piedefer, seigneur de Guyancourt, Garencières et Viry, avocat du roi au Châtelet de Paris (+10 avril 1541) et de Madeleine Symon, dame de Gombaines et de Saint Liépard, en Brie (1485-+5 février 1522).
Pourtant ce passage d’un aveu des Archives départementales de l’Oise pourrait remettre en question cette filiation :

ADO, H 2628 : \”Prestation de foi et hommage à noble homme maître Charles Lecoq, conseiller du roi, président des généraux des monnaies, seigneur du fief Pasquier, sis à Mitry, comme ayant le droit de Charles Culdoé, bourgeois de Paris ( = + 1 décembre 1536, inhumé à Saint-Gervais, Paris), par Michel de Champront, fils aîné d’Anne Piédefer, jadis femme de maître Étienne de Champront, avocat du roi à Chartres, et fille de feu maître Jacques Piédefer, seigneur d’Épiais-en-France et avocat au Parlement, tant pour lui que pour Bienvenue de Champront, sa sœur, femme de maître Pierre de Givês, prévôt de Chartres, à cause d’un manoir, sis à Mitry en la rue de Rommenois (= aujourd’huy Romnois), 2 mars 1531. 

Étienne de Champrond, seigneur d’Ollé, 1531 (AD. 28, B 186), était le fils de Michel de Champrond et de Bienvenue de Cosses, dite de Vic, \”native de Duon le roy\” ( = Dun-sur-Auron) en Berry, lesquels eurent 19 enfants, mais \”ne resterent que trois fils et 3 filles\” : \”Estienne\” ; Michel, chanoine de Chartres, \”prieur et curé de Saint-Martin Dolle\” ; Jean, \”mort en jeunesse\” ; Bienvenue et Jeanne.
Jacques de Piedefer, seigneur d’Epiais et de Bordes, fils de Robert IV Piédefer et de Pierrette Bracque, épousa Jeanne Poignant, fille de Pierre Poignant, seigneur d’Athis et Louans, maître des requêtes, et de Jeanne Goumy.

Anne de Piedefer et Etienne de Champrond eurent comme enfants :
Michel de Champrond, fils ainé, \”maitre de la Chambre des comptes\”, qui épousa Anne de Conan
Claude de Champrond, \”chanoine de Chartres et prieur de sainte-Foy lequel mourut étudiant à orléans et y fut entéré aux Jacobins devant Nostre Dame de Pitié\”
Bienvenue de Champrond, mariée en 1515 à Pierre de Givès, seigneur de Gas et de Lèves, licencié en lois, prévôt de Bonneval, puis de Chartres, décédé avant décembre 1539, fils de Regnault de Givès, seigneur de Lèves (1459-1524) et de Jehanne Cadou (+ ca 1508). [source : Mémoires de la Société archéologiques d’Eure-et-Loir, 1914]
Jeanne, \”morte à lage de 4 ans\”
 
¤ Généalogie de Piedefer : Histoire généalogique par ordre alphabétique des Présidens et conseillers au parlement de Paris jusqu’en 1712 par Banchard [ en ligne ]
¤ Généalogie de Champrond : Histoire généalogique par ordre alphabétique des Présidens et conseillers au parlement de Paris jusqu’en 1712 par Banchard [ en ligne ]
Armes des Champrond : d’azur, au griffon d’or
Armes des Piedefer : échiqueté d’or et d’azur


Notice
du manuscrit sur le site « Manuscrits Médiévaux Aquitaine »
© Bordeaux, Médiathèque Mériadeck
 
Le deuxième manuscrit, arrivé par la destinée à Trogen, petite bourgade suisse, a intégré la Bibliothèque cantonale d’Appenzell Rhodes-Extérieures (CM ms. 8). Il a fait partie des collections du président du tribunal supérieur Carl Meyer (1873-1947).


© Trogen, Kantonsbibliothek Appenzell Ausserrhoden

Ce Livre d’heures de 104 f. (140 x 70 mm), à l’usage de Paris, porte un almanach pour les années 1528-1559, ce qui indique une exécution autour de cette première date. Les armes aux grandes miniatures sont celles de Champrond, avec la devise : \”Lamour mest deu\”. La notice de Hannes Steiner, dans \”Die Handschriften der Sammlung Carl Meyer\”, Sammlung Carl Meyer in der Kantonsbibliothek Appenzell Ausserrhoden in Trogen. Katalog der Handschriften und der Drucke bis 1600, précise que le manuscrit fut à Michel de Champrond. Je ne sais sur quel indice se base cette attribution…
Notice catalogue pdf [ en ligne ]                 
Numérisé en ligne sur E-CODICES

Michel de Champrond était le fils ainé d’Etienne de Champrond et d’Anne de Piedefer, possesseurs du premier Livre d’ heures décrit.

Michel, sgr de Dolle, Douville et d’Espiez en france, conseiller du roy et maitre ordinaire en la chambre des comptes à Paris qui épousa Anne de Conan, fille de Pierre de Conan de n… [ = Marguerite ] des Fontaines fille de Tristan des Fontaines et soeur de François de Conan, led. des Fontaines conseiller en parlement avoit épousé Ambroise Allegrin il y eut de ce mariage plusieurs enfans tous morts en jeunesse excepté 2 fils et 2 filles.

\”Damoiselle Anne de Connan veufve de feu maistre Michel de Champrond en son vivant auditeur des comptes à cause de ses seigneuries de Hanches, la Tourneuve, Vinerville & autres, ses seigneuries assises audit comté par M. Toussaincts Rousseau son recepveur assisté dudict Maheas\” (source : Nouveau coustumier général)

Anne de Conan, veuve de Michel de Champrond, seigneur d’Ollé, 1542 (AD. 28, B 186)
AD 28, G 228, 1559-1560. Foi et hommage à Anne de Conan, veuve de Michel de Champrond, sieur d’Ollé, pour des terres au terroir du Moulin-à-Vent, à Fadainville.

Archives départementales de L’Oise, H 2628 : \”Prestation de foi et hommage à noble homme maître Charles Lecoq, conseiller du roi, président des généraux des monnaies, seigneur du fief Pasquier, sis à Mitry, comme ayant le droit de Charles Culdoé, bourgeois de Paris, par Michel de Champront, fils aîné d’Anne Piédefer, jadis femme de maître Étienne de Champront, avocat du roi à Chartres, et fille de feu maître Jacques Piédefer, seigneur d’Épiais-en-France et avocat au Parlement, tant pour lui que pour Bienvenue de Champront, sa sœur, femme de maître Pierre de Givês, prévôt de Chartres, à cause d’un manoir, sis à Mitry en la rue de Rommenois, 2 mars 1531. — Prestation de foi et hommage à Madeleine Quétier, veuve de maître Charles Lecoq, président des généraux des monnaies, seigneur du fief Pasquier, par Regnaud, Anne et Michel de Givês, enfants et héritiers de Pierre de Givês, prévôt de Chartres, et de Bienvenue de Champront, à cause de leur manoir à Mitry en la rue de Rommenois, 5 juin 1551\”.

On consultera aux Archives nationales, l’Inventaire après décès de Michel de Champrond, seigneur d’Ollé, conseiller du roi, maître ordinaire en la chambre des comptes, demeurant rue Saint-Antoine, vis-à-vis la croix de Sainte-Catherine, dressé à la requête d’Anne de Connan, sa veuve, ayant la garde noble de Michel, Jean, François et Anne de Champrond, ses enfants (22 f.) : tapisserie, bagues, joyaux, vaisselle d’argent …   (Paris, Archives nationales, Minutier central, XIX, 268)
 
Michel de Champrond, seigneur d’Ollé, décéda le 1er août 1539 fut inhumé à l’origine à Sainte-Catherine de la Couture, prieuré de l’ordre du Val des Ecoliers, puis transféré dans l’église parisienne de Saint-Paul [ Epitaphier du Vieux Parisnumérisé sur Gallica ]

\”Cy gist feu noble homme messire Michel de Champrond, en son vivant seigneur d’Ollé, d’Onville, Barronville et des Prés, conseiller du roy et maistre ordinaire en sa Chambre des comptes a Paris, qui trespassa en son hostel, rue Sainct Anthoine, parroisse de Sainct Paul, le premier jour d’aoust, l’an M D XXXIX. – Priez Dieu qu’il ait l’ame de luy et de tous trespassez\”

De Champrond : d’azur, au griffon d’or
De Conan : d’azur, à dix billettes d’or posées 4, 3, 3, 1
Voir en ligne : Succession d’Anne de Conan, Angers 1532 (Odile Halbert)
 
Michel de Chambrond fut peut-être commanditaire d’une restauration partielle de l’église de Sainte-Foy de Chartres, prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Jean en Vallée : ses armes se voyaient à une clé de voûte et dans une des verrières.  (Histoire mss, p. 572). 

Sur les familles Champrond et Conan on consultera avec profit l’étude de J. Dupèbe et Philippe Hamon, Humanistes en famille : les Meigret, dans Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, LII, 1990, p. 333-344.
Champron = BnF, Dossiers bleus, 167 ; Chartres, ADEL E 1420 et G 960
Génalogie Piedefer (Etienne Pattou)
Généalogie Poignant (Etienne Pattou)

19 Sep 2012
Jean-Luc Deuffic

Les Heures de Josse de Lalaing et de Bonne de La Viefville


(c) Quaritch

En feuilletant par hasard un ancien catalogue de la maison Quaritch, une notice a retenu mon attention, celle d’un Livre d’heures à l’usage de Rome présenté comme étant de la maison du Bec, famille bien connue en Bretagne et Normandie. Ce manuscrit de 207 f. mesurant 133 mm sur 95 mm, copié sur 16 lignes à la page, renferme quatre miniatures des Evangélistes en grisaille et onze grandes initiales décorées.
Une recherche plus poussée m’a conduit à rejeter l’identification proposée par le catalogue Quaritch, conforté par l’aide précieuse d’Hanno Wijsman (IRHT). En effet, les armes de Lalaing (1er parti, de gueules, à 10 losanges d’argent aboutées, accolées et rangées 3, 3, 3, 1, la première à dextre chargée d’un lion de gueules) (1), celles de la Viefville (d”or à trois fasces d’azur, trois annelets de gueules brochant sur le champ et la première fasce) et les initiales entrelacées \”J\” et \”B\” ne pouvaient que s’appliquer à Josse de Lalaing et à son épouse Bonne de La Viefville, armes que l’on peut voir également sur le vitrail de la Sainte-Trinité en l’église collégiale Sainte-Waudru de Mons offert par leur fils Antoine et son épouse Elisabeth de Culembourg (2).


Armes de Charles II Lalaing, neveu d’Antoine de Lalaing. Fragment de vitrail de Sint-Katharinakerk van Hoogstraten [ source ]


Armes de Simon de Lalaing, seigneur de Montigny. Musée de l’Hotel Sandelin à Saint-Omer.

Sur le personnage :
J. Lauwerijs, Het testament van Joost de Lalaing (+ 1483), Hoogstraeten, chez l’auteur, 1935, 37 p.
Claude Thiry, \”Un inédit de Jean Molinet : l’épitaphe de Josse de Lalaing, sire de Montigny (+ 1483)\”, dans Bulletin de la Commission royale d’histoire, vol. cxxxix, 1973. p. 29-66.
Christiane Van den Bergen-Pantens, \”Le tableau des 32 quartiers de Josse de Lalaing, chevalier de la Toison d’or, seigneur de Brosende († 5 août 1483)\”, dans Jean-Marie Cauchies et Jacqueline Guisset, Du métier des armes à la vie de cour, de la forteresse au château de séjour : XIVe-XVIe siècles, Turnhout, Brepols Publishers, 2005, p. 194-204.

Fils de Simon de Lalaing (second fils d’Othon), seigneur de Montigny, et de Jeanne de Gavre, dame d’Escornaix, de Bracles et Salardingh (fille d’Arnauld de Gavre et de Marie d’Aumont, dame de Bracles), Josse reçut l’ordre la Toison d’Or au treizième chapitre, tenu Bruges en 1478.

Marié en 1462, on peut supposer que le Livre d’heures fut exécuté vers cette date, peut-être comme cadeau à cette union.

Epitaphe de Josse de Lalaign

Ci-gît Messire Josse De Lalaing, Seigneur et Baron dudit lieu, Seigneur de Hantes, Montigny, Bracles et Salardinghe, qui épousa Marie-Bonne de la Vieufville, fille et héritière de Louis de la Vieufville, Seigneur de Sains, Bertes, Orvilliers et de Maurepas, en le Comté d’Artois et d’autres Seigneuries, il fut de l’ordre de la Toison d’Or, Conseiller et Chambellan des magnifiques Princes Charles, Duc de Bourgogne, puis Maximilien, Archiduc d’Autriche et de Dame Marie de Bourgogne, sa femme, il fit plusieurs grands voyages tant par mer que par terre, haut à joutes et tournois, eut plusieurs grandes charges de gendarme, fut Capitaine de cent lances et de Péronne, prit d’assaut une île, le Duc Charles étant venu devant Nuys, fut amiral, Grand Veneur et Commis à créer les lois de Flandre ; Capitaine des deux châteaux et ville de l’Écluse, fut pris à la bataille de Nancy au service de son Prince Charles, qui là mourut, fut Chevalier d’honneur à ladite Dame Duchesse, laquelle eut en lui si grande confiance qu’elle le fit Ier Chambellan et Gouverneur de Monseigneur Philippe, Archiduc d’Autriche son fils, depuis Monseigneur Archiduc et Duc de Bourgogne, Maximilien, qui après fut Roi des Romains ; le fit Gouverneur de Hollande, de Zélande et de Frise, qui pour lors étaient rebelles, et néanmoins après plusieurs rencontres et villes prises, tant par armes que par beau (?), les réduisit à l’obéissance, subjugua la ville d Utrecht, prit d’assaut la forte ville de Hornes en Frise, acquit la Baronnie de Lalaing : Utrecht se remue (?), laquelle fut assiégée par Maximilien d’Autriche où ledit Seigneur Josse avait la charge de toute l’armée et faisant affuter une bombarde, fut atteint de deux coups d’arquebuse, vécut jusqu’au lendemain, se confessa ; reçut son dernier sacrement et trépassa, Chevalier sans reproche.

Source : Recueil historique

Voir la notice de Casimir de Sars de Solmon (Bibliothèque de Valenciennes) consacrée au couple Josse et Bonne :

Josse de Lalaing, sr de Montigny, de Hantes etc., Chevalier de l’ordre de la Toison d’or, lequel acheta la baronnie de Lalaing de son cousin germain Jean de Lalaing et mourut au siège d’Utrecht lan 1483, gist à Deins. Il avoit épousé Bonne de La Viefville, dame de Sains, Tongres et Maurepas, porte fascé d’or et d’azur de huit pièces à 3 annelettes de gueules sur les deux premières fasces, fille de Louis de La Viefville, sr de Sains et de Marguerite de Rincheval, dame de Maurepas.

Provenances du manuscrit :
Sotheby’s : Highly important manuscripts, extremely valuable printed books, autograph letters and historical documents, etc. (Milo) – 1925/04/06, lot 486
Quaritch : A Catalogue of Illuminated and Other Manuscripts Together with Some Works on Paleography – 1931 Lot 46
Quaritch : Illuminated and literary manuscripts, autograph letters, etc. – 1941, Lot 22

Notes
(1) On a ici plutôt un losangé.
(2) Corpus vitrearum. Les vitraux de la première moitié du XVIe siècle conservés en Belgique. La collégiale Sainte-Waudru de Mons, t. V, 2009. [ extraits en ligne ] avec une liste de représentations du couple.

Merci à Hanno Wijsman (IRHT)

18 Sep 2012
Jean-Luc Deuffic

Paris, BnF, Lat. 1179 : Les Heures de Macé Prestesaille : une affaire de famille


© Paris, Bibliothèque nationale de France. Ms. Lat. 1179, f. 2.

Le Livre d’heures que Macé Prestesaille (ou Presteseille), paroissien de Saint-Saturnin de Tours, fit écrire en 1475, bien que modeste, présente cette originalité de porter de la main même du copiste des relations de naissances ou de décès des membres de la famille Prestesaille, qu’une miniature met en scène, présentée au complet (f. 2) par l’archange saint Michel :

f. 3 : En lonneur et reuerence de nostre sauueur et redempteur Ihesus et de sa benoiste chiere mere et de tous les sains et saintes de paradis a este faict et compillé cest present liure pour memoirez souuenance des trespassez et principallement pour souuenance de Jehanne fille de feu Colin Prince et Jaquette sa femme en son viuant femme de Macé Prestesaille et aussi pour memorez souuenance des enfans que la dicte Jehanne a euz et conceuz durant le temps de la liance du mariage des dessus dictes [f. 3v] deux parties dont les nopces dudit Macé et de Jehanne sa femme furent le lundi xiiie jour de juing mil IIIIc lxviii et estoit ledit Macé aagé de xxvii ans et ladicte Jehanne aagée de xxi an et deceda la dicte Jehanne le xxvie jour de nouembre mil IIIIc lxxiiii apres lenfantement dung filz dont elle accoucha le jour cy dessus escript entre iiii et v heures apres mydi et la dicte Jehanne deceda de cest monde en lautre entre v et vi heures ce jour mesmes de laquelle deffuncte et de tous aultres pour commemoracion [f. 4] delle Dieu par sa saincte grace et misericorde vueille auoir pitié et mercy des ames presant a tous seigneurs et dames prestres clercs séculiers et aultres qui lyront et orront lire ceste présente titulacion qui leur plaise prier Dieu pour lame de la dicte deffuncte et de tous aultres deffuncts et en dire chaucun une patnostre et aue Maria. lequel liure appartient a Macé P[re]staille et a esté fait et par escheue le penultieme jour de may lan mil IIIIc lxxv f. 9v : Le vendredy xvie jour du mois de mars mil IIIIc lxviii la dicte Jehanne eut une fille a six heures apres midi et la tint sur fons Jehan Giuet viconte de Karentem et furent marraignes Andrée Ogiere seur de la dicte Jehanne et Jehanne La Daulnie bourgoise et a nom icelle fille Jehanne et fut née an la maison de Lange a Tours
f. 10 : Le mardi vigille de la decollaction mons. saint Jehan Baptiste xxviiie jour daoust [10v] mil IIIIc lxx la dicte Jehanne eut ung filz entre quatre et cinq heures deuers le matin et furent parrains Guion Moreau apoticaire du roy nostre sire et Jehan Benoit receueur de sens et marraine ma dame Guillemine Tourpin dame de la Frogerie lequel filz a nom Guillaume et fut né audit lieu de L’ange
f. 11 : Le mercredi iie jour doctobre mil IIIIc lxxi la dicte Jehanne eut une fille en enuiron dix heures deuers le matin et fut parrain Jehan Beschu po[u]r maistre Pierre Huet chanoine deureux (Evreux) et marraines Margue [f. 11v] rite Dalles et Jehanne Lagouyne laquelle fille a nom Perrine et fut née audit lieu de Lange.
Au f. 12 : Le mardi xve jour de septembre mil IIIIc LXXII, à heure de vespres, la dicte Jehanne eut une fille, et fut parrain Jehan Gaudin, maistre des euvres de monseigneur de Bueil, conte de Sancerre, et ses marraines Marguerite Maignée, femme de Yvon du Val, capitaine de la Marchiere (1), et Rouse de Vignolles, fille de Perot de Vignolles, et de Marie de Levemont ; laquelle fille a nom Jehanne, et fut née à Chemillé, en la maison de Rambondais.
f. 13 : Ce mercredi XIIIe jour de januier mil IIIIc lxxiii la dicte Iehanne eut une fille a six heures deuers le matin et fut parrain maistre Pierre Lechebien licen[cié] en loys lieuten[ant] du p[re]vost de Tours et ses marraines Iacquete femme de Noillac apoticaire et Jehanne fem[m]me de Jehan de Bresche peletier de ma dame de Bueil contesse de Se[n]cerre [f. 13v] laquelle fille a nom Perrine et fut née audit lieu de Lange.
Ce sapmedi xxvie jour de nouembre mil IIIIc lxxiiii, la dicte Jehanne eut ung filz au dit lieu de Lange entre quatre et cincq heures aprés midi qui ne vesquit que enuiron demye heure et entre cinq et six heures ce soir mesmes elle deceda et furent ensepulturez le lendemain jour de dimanche en une fousse en lesglise de Saint Saturnin de Tours pres ses feuz pere et mere de chaiscun deulx Dieu par sa [ f. 14] saincte grace pitié et miséricorde leur face a lame. Amen.
La première fille de la dicte deffuncte trespassa le jour dung lundi en leage de quinze moys et fut ensepulturée en lesglise Sainct Saturnin a Tours
La seconde fille de la dicte deffuncte trespassa le jour de saint Gacien xviiie jour de décembre mil IIIIc lxxi en leage de deulx moys et demy et fut ensépulturée en ladicte église [f. 14v]

(1) Yvon du Val, chevalier, seigneur de Niafle près de Craon, capitaine de la Marchère, secrtaire du roi Charles VII par lettres du 6 juillet 1437, épousa la même année Marguerite de Maynence. 
Le château de la Marchère : Propriété de la famille de Bueil à partir de 1367 et siège de leur justice seigneuriale.

ADIL, 3E 1/3, 22 juin 1490 : \”le dit Macé Presteseille a promis et promect de faire prendre à sa dite fille le dit Pierre Dulieu a mary espoux en face de notre mere saincte eglise au cas que Dieu et notre mere eglise se y accordent\”, Histoire et société, Mélanges offerts à Georges Duby, PUF, 1992, p. 90.

Paris, Bibliothèque nationale de France, Lat. 1179. Numérisé sur Gallica
F. Avril & N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France, n° 79.

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