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14 Fév 2014
Jean-Luc Deuffic

Des Heures … et des Heures …

Je ne sais si il y a une saison pour les Livres d’heures mais plusieurs de ces précieux manuscrits font partie de ventes prochaines …

¶ Toulouse – Primardeco – 28 février 2014
Lot 25 : Livre d’heures. vélin ; 65 x 75 mm), 164 f. 11 lignes. 12 miniatures pleine page.
f. 1-12. Calendrier : st Remi (1er oct.), st Donatien (14 oct.) et st Nicaise (14 déc.) = usage de Reims ?
Heures de la croix et du Saint Esprit (f. 14 – 17) – Office de la Vierge (f. 19 – 36) – Heures de la vierge : Mâtines (f. 38 – 54), Laudes (f. 56 – 73), Prime (f. 75 – 80), Tierce (f. 82 – 86), Sexte (f. 88 – 92), None (f. 94 – 98), Vêpres (f. 100 – 108), Complies (f. 110 – 114) – Psaumes de la pénitence et litanies des saints (f. 119 – 139) – Office des morts (f. 141 – 164).
Miniatures toutes au verso, en regard des Incipit. / f. 13 : Le Christ au mont des Oliviers / f. 18 : La Vierge à l’Enfant / f. 37 : L’Annonciation / f. 55 : Le baiser de Judas / f. 74 : Le Jugement du Christ / f. 81 : Jésus portant la croix / f. 87 : La flagellation / f. 93 : La Crucifixion / f. 99 : La Descente de croix / f. 109 : La Mise au tombeau / f. 115 : L’Ascension / f. 140 : L’Office des morts
Description sur la Gazette Drouot – sur le site Primardeco

¶ Angoulême – R. Juge et V.-G. Tasset, 4 rue Guy Ragnaud – Samedi 8 mars à 9h30
1) Livre d’heures à l’usage de Paris. 180 f. 161 x 114 mm. 16 lignes. 13 gdes miniatures, 4 petites. Ex-Libris : Madame Van Huerne de Puyenbeke ; Jules Capron.
2) Livre d’heures à l’usage de Rome (calendrier à l’usage de Clermont?). Vers 1500. 95 f. 26 lignes. 13 gdes miniatures, Calendrier : st Bonnet le 15 janvier (Boniti Episcopi), st Genesius (Genesi Episcopi) le 3 juin êveque de Clermont, st Allyre ou Illidius (Illidi Episcopi) le 5 juin, st Gall 1er évêque de Clermont le 1er juillet. Ex-Libris manuscrit « J’appartiens à François Estourneau à la Flèche avocat au présidial » ; Jules Capron.
On trouvera une description complète et détaillée de ces deux Livres d’heures sur le site du libraire-expert Philippe Mesnard d’Angoulême, dont on peut souligner la qualité des présentations : http://comptoirdulivreancienetmoderne.wordpress.com/

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6 Fév 2014
Jean-Luc Deuffic

Livre d’heures des comtes d’Oultremont (Hesbaye près de Liège)

Sarl MAY ASSOCIES : vente du lundi 17 février à 14h30 à Roubaix :

108- Heures dédiées à la Vierge. XVe s. 175 x 120 x 25 mm. 94 f. sur vélin. 20 lignes par page (justification 95 x 60 mm), réglure à l’encre rouge. Reliure de velours brun époque, dos et plats richement décorés d’un motif brodé en fils d’argent (filets, arabesques, entrelacs et croix), tranches dorées. Le manuscrit débute par un calendrier de 12 feuillets, le premier feuillet est décoré d’un riche encadrement enluminé, les 11 autres d’un ensemble de 56 miniatures enluminées (bandeaux à motifs floraux, signes du zodiaque, etc). Pour chaque mois une miniature illustrant les occupations pastorales ou agricoles de saison. Le manuscrit est illustré de 12 grandes miniatures à pleine page encadrées dans de riches bandeaux sur fond or dans une profusion de monstres, de fleurs et d’oiseaux. Les deux dernières ont un encadrement à colonnes. Chaque page est illustrée d’une bordure florale. Une note manuscrite indique que le manuscrit a appartenu à la famille des comtes d’Oultremont (en Hesbaye près de Liège).

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Calendrier, mois de mai : en rouge saint Yves, saint Donatien

Warnant-Dreye, le château d’Oultremont et sa chapelle

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Warnant-Dreye, pierre sculptée ornée du blason des comtes d’Oultremont – Chapelle castrale du château-ferme.
Sur la famille d’Outremont [wikipédia]

Description du manuscrit : Catalogue en ligne

30 Jan 2014
Jean-Luc Deuffic

Heures de la famille Gascoing (Nevers)

Vente du 7 février 2014 : SADDE Guilhem – 13 rue Paul Cabet – 21000 Dijon
Livre d heures XVe siècle (vers 1450-1480). – [Horae betae virginis ad usum ecclesiae…].- Manuscrit sur vélin (162 x 110 mm.) ; veau brun estampé sur ais, traces de fermoirs. (Reliure de l époque). Manuscrit orné de nombreuses initiales sur fond bleu et/ou rouge à partir du f. [6] ; bouts-de-lignes de mêmes couleurs ; bordures trois cotés : f [58v] ; f. [140] avec déchirure ; f. [145] ; f. [147v] ; petites peintures : f. [58v] découpée ; f. [145] : Jésus devant Caiphe ; f. [147v] : Jésus porte sa croix. Le manuscrit est incomplet du début et de la fin. Provenances diverses avec plusieurs ex-libris manuscrits : f. [71v] : ex-libris Morizot ; f. [121] : ex-libris Morizot (XVIIIe siècle) qui appartient à présent à moy G(…)bert et Marie Pinet, etc. Famille GASCOING (de Nevers) [de1559 à 1773].

Sur les Gascoing de Nevers voir la Revue nobiliaire historique et biographique, t. 4, 1868, p. 69. [en ligne]

Source : Interenchères

5 Oct 2013
Jean-Luc Deuffic

Heures à l’usage du Mans de Jehan de Chahanay

La maison Primardeco de Toulouse propose à sa vente du jeudi 24 octobre, lot 63, un Livre d’heures à l’usage du Mans (?) :
Voici la description donnée par le catalogue en ligne :
Manuscrit sur vélin. 92 f. 155 x 225 (80 x 110) mm. 24 lignes. Littera textualis formata. Paris, vers 1460-1465. Reliure anglaise du XVIIIe s. maroquin rouge plats ornés d’un décor de cadres, losanges et rinceaux dorés, dos long orné de fleurons dorés, mosaïqué de listels de maroquin vert, tranches dorées, doublure de tabis bleu.
Décoration : 10 grandes miniatures, décorées en marge, attribuées au Maître de L’Échevinage de Rouen.
Calendrier latin (f. 1-12v), très peu fourni. \”Il note les figures essentielles de l’histoire de l’Eglise catholique anglaise et celles de la région Maine et Anjou, jusqu’à Poitiers\”. Le 13/I, S. Hilaire évêque de Poitiers – le 16/II, S. Julien martyr du Mans – le 26/II Translation des reliques de S. Augustin – le 1/III, S. Aubin évêque d’Angers – le 7/III, S. Thomas d’Aquin – le 30/IV, S. Eutrope, évêque de Saintes – le 21/V, S. Benedict abbé – le 7/VII, translation des reliques de S. Thomas Becket – le 5/IX, S. Taurin évêque d’Évreux – le 23/X, S. Romain évêque de Rouen – le 29/XII assassinat de S. Thomas Becket.
[Pour ma part je pense que ce calendrier est plutôt normand : la Translation de saint Thomas est caractéristique de certains calendriers de Lisieux, Bayeux, Coutances, Rouen, et ne se rencontre pas dans les livres de Poitiers ni du Mans ni d’Anjou (Cf. Calendoscope)]
f. 13-42 : Heures à l’usage du Mans. Les Heures de la Croix et du Saint-Esprit sont incomplètes. La miniature de la Crucifixion manque ; f. 43-54 : Psaumes de la pénitence suivis des litanies avec S. Maurice évêque d’Angers, S. Hilaire évêque de Poitiers, S. Julien évêque du Mans, S. Romain, Sainte Radegonde ; f. 55-73v : Office des Morts à l’usage de Rouen ; f. 74-75v : Ad dominum cum tribulare ; f. 76-82v : Péricopes évangéliques ; f. 83-84v : Obsecro te (forme masculine)  ; f. 85-86 : Stabat mater  ; f. 86v-89v : Suffrages des Saints Jean-Baptiste, Nicolas, Pierre, Laurent, Eustache, Augustin et Marie-Madeleine ; f. 90-92 : Prière en français.

Miniatures : F. 13 : Annonciation ; f. 19 : La Visitation ; f. 24v : La Pentecôte  ; f. 25v : La Nativité ; f. 29v : L’Annonce aux bergers ; f. 31v : L’Adoration des Mages : Le costume de Gaspar est celui du règne de Charles VII et il porte au genou le ruban de l’Ordre de la Jarretière, ordre chevaleresque créé par Edouard III d’Angleterre en 1348 qui fournit sa devise au royaume britannique : Honny soit qui mal y pense. Il s’agit très probablement du portrait du commanditaire.  
f. 34 : La présentation au Temple
f. 39 : Le couronnement de la Vierge ; f. 43 : Le roi David ; f. 55 : L’Office des morts.
Provenance : Livre de raison des Chahanay
Le second propriétaire de ce manuscrit est Jehan de Chahanay, seigneur de Chéronne (1), [petit-fils de Hervé de Chahanay, sénéchal du Maine de 1486 à 1492, chambellan du Roi] chevalier de l’Ordre du roi, ou Ordre de Saint-Michel, fondé par Louis XI en 1469, dont le dernier feuillet du manuscrit donne un extrait du livre de raison (mariage de « Jehan de Chahanay et Roze de Tévalles le XXe de febvrier mil cinq cent soixante et cinq » et naissance de « Francoyze de Chahanay le 19 janvier 1566 ») (2). Les Chahanay sont une très ancienne famille du Maine (act. Sarthe), ce qui confirme l’usage du Mans. Par ailleurs, la ville du Mans, berceau des Plantagenêt, indique comme possible commanditaire Georges Plantagenêt, troisième fils de Richard Plantagenêt et de Cécile Neville, fait duc de Clarence en 1461 et reçu chevalier de l’Ordre de la Jarretière la même année. En 1469 il épouse Isabelle Neville à Calais. Personnage célèbre dans l’histoire d’Angleterre au moment de la guerre des Deux Roses entre les Lancastre et les York (voir Shakespeare, Richard III), il rejoint le camp du roi déposé Henri VI, soutenu par son beau-père Richard Neville et s’exile en France. Il meurt à 27 ans, après son emprisonnement dans la Tour de Londres, noyé dans une barrique de malvoisie.
Autres provenances : – Xavery Gull. Ex-libris manuscrit sur le f. de garde de la reliure. Bibliothèque Jean Hersent.
 
Bibliographie :
François Avril et Nicole Reynaud. Les manuscrits à peinture en France 1440-1520. Claudia Rabel. Les enluminures du Louvre. Moyen Age et Renaissance. Cat. Exposition, Louvre 2011. Livres d’Heures de Basse-Normandie. Caen, 1985. Maruice Caillet, Les richesses de la Bibliothèque municipale de Toulouse, 1960.

Notes :
(1)  
Protestation faite, devant notaire, par l’abbé de Saint-Vincent [du Mans], René Lelarge, contre l’inhumation, dans le chancel de l’église de Tuffé, de la feue dame de Chéronnes, mère de messire Jean de Chahannay, chevalier de l’Ordre du Roi, seigneur dudit Chéronnes, au mépris des droits des abbés et religieux de Saint-Vincent, patrons-fondateurs de ladite église, « ce que ledit abbé n’oseroit contredire et reffuser pour l’authorité dudit sieur de Chéronnes, homme craint et doubté audit lieu de Tuffé, où y a prieuré conventuel dépendant de ladite abbaye Saint-Vincent, et plusieurs religieux d’icelle envoyez par obédience pour y desservir ; aussy, à l’occasion des troubles et émotions de guerres qui ont esté et sont de présent, où il s’est veu et voit ordinairement plusieurs vindictes et oppressions exercées par les gens de guerre, au plat pays, à l’appétit et induction de ceux qui sont constituez en quelque authorité, à l’encontre de ceux qui leur ont contredit et n’ont obtempéré à leur volonté. » (1585) (Archives départementales de la Sarthe H 126)
(2) Voir le mariage de son fils aîné, Charles, le 26 septembre 1599 : « Messire Charles de Chahanay Sr de Cherome escuyer de la grande escurye du Roy et jentillomme (gentilhomme) ordinaire de sa majesté fils aisné de hault et puissant seigneur messire Jehan de Chahanay chevalier de l’ordre du roy, époussa en la chappelle de Vernée haulte et puissante dame Jacqueline de Bueil dame de Chambellé veuve de deffunct messire François de Montallays en son vivant seigneur de Chambellé » (site de Odile HALBERT)
Sur la famille de Chahannay, voir la base ROGLO

PRIMARDECO 14, rue du Rempart Saint Etienne 31000 Toulouse
SOURCE = Catalogue de vente

17 Mai 2013
Jean-Luc Deuffic

Trogen, Kantonsbibliothek Appenzell Ausserrhoden, CM Ms. 4 : un possesseur cornouaillais ?


© Trogen, Kantonsbibliothek Appenzell Ausserrhoden – e-codices

Nous avons déjà fait mention des collections de Trogen au sujet des Livres d’heures des Chambron ( lien ). Un autre manuscrit parisien du début du XVe siècle a probablement eu comme commanditaire un Breton du pays de Cornouaille, comme semblent le suggérer les litanies de ce Livre d’heures avec les inscriptions d’Yves, de Corentin et de Ronan, ce dernier assez rarement honoré dans ce genre d’ouvrages. Parmi les lieux importants de son culte citons : Locronan (Finistère) ; Saint-Renan au nord de Brest (Finistère) ; Laurenan (Côtes-d’Armor). Il a laissé son nom à Saint-Renan, hameau de Plœuc-sur-Lié (Côtes-d’Armor) ; La Noë Renan, hameau du Foeil (Côtes-d’Armor) ; Saint-Renan, hameau de Plozévet (Finistère), etc.


Tombeau de saint Ronan à Locronan


Locronan : église Saint-Ronan, chaire à prêcher, médaillon illustrant la vie de saint Ronan [ source : wikipedia ]

Calendrier :
29 janvier : Gylde
19 mai : Yves (en or)
24 octobre : Magloire
14 novembre : Maclou

Litanies :
Yvo
Corentine
Guill[aum]e
Ronane

Description et numérisation du manuscrit sur le site E-CODICES
© Gamper Rudolf / Weishaupt Matthias (Hrsg.), Sammlung Carl Meyer in der Kantonsbibliothek Appenzell Ausserrhoden in Trogen. Katalog der Handschriften und der Drucke bis 1600, Dietikon-Zürich 2005, S. 75-76.

6 Mai 2013
Jean-Luc Deuffic

Un Livre d’heures à proverbes : le manuscrit Paris, BnF, Nlle acq. lat. 3134


© Paris, Bibliothèque nationale de France

Le manuscrit Nlle acq. lat. 3134 de la Bibliothèque nationale de France (numérisé sur Gallica) parait unique en son genre. En effet, plusieurs des feuillets de ce Livre d’heures à l’usage de Rouen, composé au XVe siècle, sont couverts de proverbes illustrés dont certains, très populaires au Moyen Âge, ont survécu jusqu’à nos jours dans la mémoire populaire. Nous en avons relevé quelques uns  :

f. 16v : Tant va le pot a liaue qu’il brise : [ lien ]


© Paris, Bibliothèque nationale de France

f. 28 v : Deulx truans ne vallent riens a ung huis :


© Paris, Bibliothèque nationale de France

f. 70v : Tel cuide batre qui tue :


© Paris, Bibliothèque nationale de France

f. 73r : Tel que je l’ay brassé je le boy :


© Paris, Bibliothèque nationale de France

f. 74v : La Femme qui fait accroire a son mari que de vécies sont lanterne :


© Paris, Bibliothèque nationale de France

f. 76v : Qui trop embrache pou estraint :


© Paris, Bibliothèque nationale de France

f. 77r : Besoing fait vielle troter (besoin fait vieille trotter) :


© Paris, Bibliothèque nationale de France

f. 88v : Bon gré mal gré va le prestre au sané :


© Paris, Bibliothèque nationale de France

f. 96 : Tant vaut ung riche homme entre deulx avocas : comme une grace poule entre deulx renars :


© Paris, Bibliothèque nationale de France

En page de garde recto une liste des membres de la famille Duval a été inscrite :

Ex bibliotheca Duvallios Ebroicis

Mer. Iacobus Duval pater D. Medicus 1544
Mer. Iacobus Duva filius D. M.  ~1580
Mer. Michael Duval pater D. M. 1622
Mer. Accursi Duval filius D. M. 1652
Mer. Jacobus Duval frater D. M. 1667

Cette famille Duval a formé à Evreux une véritable dynastie de médecins. Jacques Duval, « Jacobus Duval, ebrociensis », licencié en médecine en 1542/1543, décédé avant 1577, fils de Simon Duval et de Jacqueline Lemoine, épousa Hélène Le Breton, dont Jacques, également médecin, et Françoise. Il avait étudié la médecine sous Jacques Dubois

Jacques Duval (1555-1620), d’azur, au chevron d’or accompagné de trois coqs de même, posés 2 et 1 , épousa en premières noces Anne Le Marchant, fille de \”maistre Guillaume le Marchant\”, apothicaire (né en 1521)

Le 23 juin 1607, N. H. Me Jacques Duval, docteur en médecine, rendit hommage devant le lieutenant général au bailliage de Pont-de-l’Arche, pour le fief d’Hectomare, dont il avait fait l’acquisition de Suzanne Duval, et qui était composé entre autres biens, d’un moulin à vent fieffé et de 14 acres de terre non fieffés.
Le 17 août 1618, Jacques Duval, esc, sieur d’Hectomare, rendit aveu pour le fief du Houvet, au Neubourg, au droit de Catherine de Courdemanche, sa femme.
François Duval, esc, fils de Jacques, sieur d’Hectomare et du Houvet, rendit aveu en 1623.
Louis de Grimouville épouse Susanne Duval, fille de Jacques Duval, seigneur et baron de Houllebec, de Bourdigny, Hectomare, le Genetay,
Source = Les archives héraldiqes d’Évreux – Volume 30, p. 119

On doit à Jacques Duval un ouvrage, très contesté, sur les hermaphrodites, avec portrait de l’auteur (voir ci-dessus) :

Des Hermaphrodits, accouchemens des femmes et traitement qui est requis pour les relever en santé & bien élever leurs enfans. Où sont expliquez la figure des laboureurs, & verger du genre humain, signes de pucelage, defloration, conception […] par Maistre Jacques Duval, [,..] seigneur d’Ectomare et Du Houvel, […]. – A Rouen : de l’imprimerie de David Geuffroy, 1612. – [16]-447-[11] p. : portr., ill. ; 8° [ ouvrage numérisé ]

Jacques Duval a également composé :

L’Hydrothérapeutique des fontaines médicinales nouvellement trouvées aux environs de Rouen, très utiles et profitables à un chacun par noble homme M. Jacques Du Val / A Rouen, chez Jacques Besongne, 1603

Methode nouvelle de guarir les catarrhes et toutes maladies qui en despendent, voyre mesme celles qui cy devant ont esté reputez incurables. En la deduction de laquelle se trouvent 71. paradoxes qui tous sont monstrez estre ortodoxes, sans l’intelligence desquels la guarison desdites maladies ne peut methodiquement proceder. Par noble homme M. Jacques Duval, sieur d’Ectomare & du Houvel… / A Rouen, chez David Geuffroy, demeurant à la ruë des Cordeliers, joignant S. Pierre. M. DC. XI

La maison Ader a vendu le 23 mars 2011 (lot 260), un manuscrit de Michel Duval : Origines francicae ut hodie loquimur auctore Michaele Duval D. medico ebroicensi. Manuscrit trilingue (latin, hébreu et français), papier, 46 f. in folio sur deux colonnes. [ lien ]. Michel Duval eut un fils, Mathieu, apothicaire à Evreux (ADE, E)
Accurse Duval, qui figure comme un des trésoriers de l’église Saint-Nicolas d’Evreux, s’intitule conseiller et médecin ordinaire de S. A. le duc de Bouillon (10 avril 1679, Archives départementales de l’Eure, Saint-Nicolas). Voir également : Vente par maître Nicolas du Frische, chapelain de la chapelle de Saint-Jean-de-la-Tour, à maître Accurse du Val, docteur en médecine à Évreux, d’une maison située dans la paroisse Saint-Nicolas d’Évreux et dépendant de ladite chapelle… (ADE).

Biblio : Voir Valérie Worth-Stylianou [ en ligne ]  – Dr K. Albaric, Un médecin ébroïcien, Jacques Duval, Paris, Le François, 1934. In-8, 51 p., portrait. (non consulté)

13 Avr 2013
Jean-Luc Deuffic

Saint (T)Uzven, un nouveau saint breton … « homologué » par un Livre d’heures du XVe siècle


Saint-Brieuc, BM, ms 1. Litanies, détail, f. 96v. © BVMM / IRHT

Nous avons relevé dans une contribution aux Mélanges Gwénaël Le Duc (1) le grand intérêt des Livres d’heures et de leurs calendrier et litanies pour l’hagiographie. Le cas de la Bretagne est assez significatif à ce point de vue où moults saints (non canonisés) ont été honorés tout au long du Moyen Âge. Peu d’entre eux en fait, outre ceux qui ont bien été régulièrement canonisés (en très petit nombre d’ailleurs, dont Yves, Guillaume …) sont inscrits aux litanies de ces Livres d’heures si populaires au Moyen Âge. La grande majorité n’est connue que par la toponymie et les dédicaces des chapelles ou des églises, des croix et des fontaines si nombreuses sur le sol breton.

Le manuscrit coté 1 de la Bibliothèque de Saint-Brieuc est un Livre d’heures dont le calendrier et les litanies sont à l’usage de l’ancien diocèse de Saint-Pol de Léon. Malgré sa \”mutilation\” (toutes ses miniatures ont été arrachées), ce manuscrit reste exceptionnel dans la mesure où il est l’unique témoin \”liturgique\” d’un saint pratiquement inconnu : TUZVEN, inscrit aux litanies (f. 96v, photo ci-dessus). 

SAINT USVEN

En 1540, suite au décès de son frère Jean, Marie de Saint-Gouesnou hérite du manoir des Salles, avec la chapelle de saint Tuzven et le cimetière qui l’entoure (aveu de Charles de Ploeuc, du 3 octobre 1540 (Nantes, ADLA, B 1018, chambre des comptes, sénéchaussée de Brest et St-Renan) :

Item confesse tenir prochement la chappelle dudict manoir des Salles setuée en lad. parroisse nommée la chapelle Saint Tuzven o le cymetiere cernant lad. chapelle.


Nantes, ADLA B 1018. Photo Françoise Simon.

Olivier Moal m’a fait connaitre l’aveu de \”Messire Alain du Chastel chevalier seigneur de Kerlech\” de juin 1689, qui \”déclare tenir et posséder… en l’évéché de Léon, la seigneurie et terre de Kerlech et ses dépendances\”  :

En la paroisse de Ploudalmézeau, le manoir de Kerlech, son moulin avec chaussée, étang, marécage, convenant noble de St Drionné, deux autres convenants en la juridiction royale de Brest, justice patibulaire à quatre piliers, droit de marchés tous les lundis de chaque semaine, des foires au bourg de Ploudalmézeau, prééminences et droits honorifiques, écussons, tombes, enfeus dans la dite église de Ploudalmézeau, dans les chapelles de Ste Brigide et Kerlannou, de St Mathieu au Kerigou, de St Roch, de St Mandé, de St Tuzven, et dans la chapelle dédiée à Notre Dame de Recouvrance, le tout en la dite paroisse de Ploudalmézeau, droit de présentation et de patronage dans la chapelle de St Yves en la paroisse de St Renan …. (Quimper, ADF, 1E 1074)

Cette chapelle de Saint-Tuzven, de petites dimensions (6 m x 6 m), aujourd’hui disparue, était bordée par la grève qui porte son nom, là où se trouvait un cimetière marin (2). Le \”pardon\” qui lui était associé, tenu le jour de la saint Jean-Baptiste, était encore célébré en 1770. Des mariages, baptêmes et enterrements y ont été encore administrés jusqu’en 1763, inscrits aux registres paroissiaux. Jean Tourmen, prêtre, doyen des chanoines de Kersaint-le-Chatel, s’intitule en 1731 \”gouverneur de l’église et chapelle de Saint-Tuzven en Ploudalmézeau\”.

Les murs de Saint-Usven étaient encore visibles au début du XXe siècle. 

[Chapelle Saint Tuzven, 1540 ; Saint Tutven, 1650 ; Sainct Tuzven, 1662 ; Sainct Uzven, 1676 ; Saint Tusven, 1687 (Dictionnaire topographique du Finistère, par Albert Deshayes, Ed. Coop Breizh, 2003].

Le prénom Tuzven était porté dans la région. L’aveu précité de 1540 fait mention de : Tuzven Legros, Tuzven Quibiltin … Le 21 septembre 1653, Tusven Mazé et Magdalenne Le Hir, sa femme, font un legs à la Confrérie du Rosaire de Landunvez (Bulletin diocésain d’histoire et d’archéologie, 1924, p. 352). Jusqu’au XVIIe siècle on relève encore son utilisation : Tuzven Le Hir (1722, 1745), Tuzven Le Gentil (1758), Tuzven Cornen (1774)

La présence d’autres saints léonards dans le Livre d’heures de Saint-Brieuc doit être relevée. Outre les saints locaux , le calendrier honore les sept saints de Bretagne, les saints\”fondateurs\”, dont le pèlerinage fut très populaire à la fin du Moyen Âge : Samson, Malo, Brieuc, Tudgual, Pol de Léon, Corentin, Patern.
Ci-dessous les saints bretons, certains assez rares comme Ronan, Alour, Conogan, Tremeur :
(Entre parenthèses les lieux de culte au diocèse de Léon)
Février 
1- Saint Brigide (sainte Brigitte = Ploudalmezeau)
Mars 
1- Saint Albin
2- Saint Yovin (saint Jaoua = Plouvien)
3- Saint Vuingualoy (saint Guénolé, le fondateur de l’abbaye de Landévennec = Lannilis, entre autres …)
12- Saint Poul (en lettres d’or) (= Saint Pol de Léon, Lampaul-Ploudalmezeau)
17- Saint Prive (sic = pour saint Patrice ?)
30- Saint Ermel (diffèrent de Armel, sans doute saint Ermeland (Hermeland), abbé d’Indre : fêté le 26 mars par le missel de Rennes (XVe s.) Paris, BnF, Lat. 1098.
Avril 
16- Saint Paterne (= évêque de Vannes)
30- Un nom en lettres d’or illisible, probablement saint Brieuc
Mai a été découpé
Juin
1- Saint Ronan (= Saint-Renan)
7- Saint Tudguoal (= Saint-Pabu)
9- saint Columbain (= Plougoulm)
18- Saint Herve (= Lanrivoaré)
21- Saint Meen (= Ploumoguer)
Juillet
1- Saint Golven (= Goulven)
13- Saint Turien
28- Saint Sampson (= Landunvez)
29- Saint Guille’ (saint Guillaume, évêque de Saint-Brieuc)
Aout
16- Saint Armel (= Plouarzel)
Septembre
Octobre
9 et 10 – Saint Poul
15- S. Conogan (en lettres d’or) (= Landerneau)
24- Magloire
26- Saint Alour (= chapelle à Ploudalmézeau)
29- Saint Yves (en lettres d’or)
Novembre
8- Saint Tremour (saint Trémeur = Plouvorn)
14- Saint Malou
18- Saint Mande (saint Maudez = Ploudalmezeau)
Décembre
12- Saint Corentin (en lettres d’or)

Aux litanies, f. 96v
Sancte Yvo
Sancte Budoc
sancte Paule
….
Sancte Hoarvee
Sancte Golvine

Sancte Tuzvene


Saint-Brieuc, BM, ms 1. Détail, bordures © BVMM / IRHT

Le format important (200 x 140 mm), la qualité du parchemin, des bordures enluminées (sur la totalité des pages du manuscrit) et la délicatesse des initiales ornées, nous laissent penser que cet ouvrage de luxe fut en possession d’un personnage aisé. Pourquoi pas un membre de la célèbre famille du Chastel dont le château de Trémazan dresse encore ses ruines non loin de l’ancienne chapelle Saint-Usven, dominant l’entrée de l’anse de Portsall. Pourtant cette hypothèse pourrait avoir un défaut : l’absence de saint Tanguy … intimement mêlé aux du Chastel… et qui avait sa chapelle à Landunvez. Mais peut-être son nom était-il inscrit sur la page du mois de mai arrachée du manuscrit. En effet, le saint est honoré au 8 mai dans un autre Livre d’heures prestigieux, les Heures de Guémadeuc sur lesquelles nous reviendront.
Pour ce qui est de la datation du manuscrit, soulignons l’absence de la fête de saint Vincent Ferrier du 5 avril, mort en 1419 à Vannes et canonisé en 1455. Le cardinal Alain de Coêtivy (+ 1474) qui assista au procès de canonisation du saint apporta en Bretagne des reliques de Vincent, déposées à Ploudalmezeau (\”Saint Visant kannat doue\”, Kannadik Ploudalmezeau, bulletin paroissial de Ploudalmézeau, 1975, n° 7, p. 5-6).


Château de Trémazan


Carte de la partie ouest du pays de Léon


Croix du Guilliguy, baie de Portsall, témoin de l’ancienne chapelle de Saint-Usven (Ploudalmezeau)


Le manuscrit de Saint-Brieuc contient également quelques petits textes auxiliaires que l’on rencontre parfois dans certains Livres d’heures. Ainsi, au f. 228, les \”physiques des mois\” :

Ces sont les fisiques des moys
En jenvier ne doit on mie seigner mais user gengibre (= gingembre)
En fevrier fet bon seigner de la vaine dou foye et user aigremoine
En mars ne doit on mie seig=
[f. 228v] ner de la vaine moyne pour airer le pomon
En moy fet bon seigner et user aluisne
En juing doit on bouire eyue (= eau) freide a ieun et soy garder de luxure
En jeugnet ne deyt on mie seigner ne en aoust mes user herbs
En aoust ne doit on mie seignier mais user froides herbes
En septembre fet bon seigner et user veroine (= vetoine)
En octobre doyt on mangier rosins et bouure moust et let pour lestomac

Voir ici une version diffèrent

Notes
(1)
Jean-Luc Deuffic, « Ora pro nobis… Notes sur quelques litanies et calendriers bretons de la fin du Moyen Âge », dans A travers les îles celtiques. Mélanges à la mémoire de Gwénaël Le Duc, PUR/ Klask, 2008, p. 201-217.

(2) Yves-Pacal Castel et G. Kaigre, \”Le cimetière marin de Saint-Usven en Ploudalmézeau\”, dans BSAF, tome CV, 1977, p. 207-212. Fouilles effectuées dans le cimetière disparu de Saint-Usven.

Documentation : Jean L’Hostis (recteur) : Portsall, centenaire de l’église (1896-1996) [ en ligne ]

Je remercie Yvette Roussin, Françoise Simon (pour la photo) et Olivier Moal.
Nous reviendrons plus en détail sur ce manuscrit dans notre INVENTAIRE DES LIVRES D’HEURES DE BRETAGNE

12 Avr 2013
Jean-Luc Deuffic

Guyonne Derrien de Saint-Malo et son Livre d’heures (Saint-Brieuc, BM, ms. 4)


Saint-Brieuc, BM, ms 4. Nativité. © BVMM (IRHT)

A la suite de notre dernier post décrivant le manuscrit 1 de la Bibliothèque municipale de Saint-Brieuc, nous consacrons cette présente note à un autre Livre d’heures, également mutilé, dont l’originalité tient aux précieuses données liturgiques qu’il comporte ainsi qu’aux différentes inscriptions laissées par des possesseurs successifs.
Le manuscrit coté 4, composé de 108 f. de 170 mm x 115 mm, a en effet appartenu à un couple de Saint-Malo, en l’occurrence Guyonne Derrien et son époux Jehan le Juiff. C’est une oeuvre du XVe siècle, probablement décorée par un enlumineur du val de Loire (merci à Claudia Rabel, Patricia Stirneman, de l’IRHT ; Diane Booton, pour leur avis).

Au calendrier nous avons relevé les saints bretons caractéristiques   : 

29 janvier : Gildasii abbatis (n) (= Gildas, abbé de Rhuys)
16 avril : Paterni episcopi (n) (= Patern, ev. de Vannes)
11 mai : Gilde abbatis (n) (= Gildas, abbé de Rhuys)
17 mai : Macuti episcopi (n) (= Malo, évêque)
24 mai : Donaciani et Rogaciani (n) (= Donarien et Rogatien, de Nantes)
5 juin : Tugduali episcopi (= Tudgual, évêque de Tréguier)
21 juin : Mevenni abbatis (n) (= Méen de Gaël)
6 juillet : sainte Noyale, vierge (popaulaire dans le Morbihan)
29 juillet : Guillelmi episcopi (n) (= Guillaume, évêque de Saint-Brieuc)
10 octobre : Pauli episcopi (n) (= Pol, évêque de Léon)
11 octobre : Melani episcopi (n) (= Melaine, évêque de Rennes)
3 novembre : Gobriani episcopi (n) (= Gobrien, évêque de Vannes)
6 novembre : Melani episcopi (r) (= Melaine, évêque de Rennes)
15 novembre : Maclovi episcopi (r) (= Malo, évêque)
17 novembre : Amani episcopi (n) (= Amand, évêque de Rennes)
12 décembre : Corentini episcopi (r) (= Corentin, évêque de Quimper)

A noter l’absence de saint Yves dans ce calendrier.

Aux litanies, f. 61 :

Sancte Paule
Sancte Brioci
Sancte Maclovii
Sancte Sanson
Sancte Paterne
Sancte Corentine
Sancte Gobriane
Sancte Yvo
Sancte Mevenne

f. 61v :
Sancte Armagile


Saint-Brieuc, BM, ms 4. Nativité, détail. © BVMM (IRHT)

Au f. A :

Ces Heures apartienne au sr de la Basse Lande Pierre Porée 1650.

Sur la contregarde  :

Cestez pressantes heures sont et appartiennet a Guyonne Derrien qui les trouvera sy les luy rende elle poira le vin grandement bien quelle sera aces chiche fait a sa requeste le troyesme jour de oust lan mil cinq cenz trente et ung* (= 1531)
Gyone Derrien
Urbi est (?)
Joannes (= Jean le Juiff, son mari ?)

A Guyonne Derrien
s[or]ont randues ces
heures ou il ne  sera
pas bon chrestien

Pierre Porée Basselande -1650-

Au f. 102v, se trouve une liste des anciennes confréries de la cathédrale de Saint-Malo auxquelles appartenaient les possesseurs du Livre d’heures  :

Cy ensuilt les frairies (?) doncq je suy fondés en lesglisse catedral de st Mallo Et premyer
Du Sainct Esperit
De Nostre Dame
De Sainct Jehan (l’une des plus célèbre à Saint-Malo, également appelée les \”Hommes blancs\” ou \”Messieurs de la S. Jean\”, à laquelle appartenait le navigateur Jacques CARTIER)
De Sainct Mallo
De Sainct Sabastien
De Sainct Nycollas de Tolent..
De Sainct Nycollas de Bari
De Saincte Barbe
De Sainct Eloy
de Saint Anthouenne (écriture plus récente mais de peu)

Gyonne DERRIEN fut mariée avant 1511 à Jean LE JUIFF. Nous ignorons son ascendance. Maitre Jean Le Juiff, sieur de Champdavoine, né avant 1500, décédé après 1532, fut avocat et procureur, lieutenant de la cour de Saint-Malo en 1532. Peut-être est-il le fils de Gilles : « Gilles le Juif tient la Chandaveine roturière et 25 journ. rot. » (en 1513, Henri des salles, Évesché de Saint-Malo : anciennes réformations , Paris, 1864, Réformation évêché de Saint-Malo, p. 118). Présent dans un acte de 1535 avec le fameux navigateur Jacques CARTIER (en ligne)
Guyonne et Jean eurent une fille, Olive, née le 17 septembre 1520 à Saint-Malo, et décédée vers 1566.

« Le 17e jour dudict moys de septembre lan mil cinq cens vingt fut baptisée une fille a maistre Jehan le Juiff et Guyone Darien sa femme et fut nommée Olive par Olivier Heussault (ou Heuffault) des parties de basse Bretaigne en son temps fermier des impots de l’esveché de sainct Malo … » (Registres paroissiaux)

Olive le Juiff fut mariée vers 1539 à Jean Leroy (« advocat des cours de Sainct Malo ») (1518-ca 1600), fils de Robin LEROY et de Guillemette MOREL. De leurs neuf enfants, Denise LEROY (1551-1631) mariée le 12 octobre 1569 avec Guillaume Porée 1532-1577, dont Pierre Porée, sieur de la Basselande qui inscrit son nom en 1650 sur ce Livre d’heures :

* Je remercie Odile Albert pour son aide …. La lecture reste peut-être à confirmer pour certains mots …

20 Fév 2013
Jean-Luc Deuffic

Le calendrier de Vannes des Heures manuscrites de la BM de Rennes, 1696

Dans la belle série de Livres d’heures de la Bibliothèque de Rennes Métropole se trouve un manuscrit malheureusement mutilé de toutes ses miniatures et enluminures mais présentant un réel intérêt pour l’histoire liturgique du diocèse de Vannes. Les Heures datées sont assez rares en Bretagne, soulignons-le. Celles-ci furent achevées la veille de la Saint-Jacques 1398, c’est-à-dire le mercredi 24 juillet (voir calendrier médiéval) :

Lan mil .CCC. IIIIxx. // furent acomplies cestes // heures. la veille de sai[n]t // Iacques

Le livre d’heures en question provient des collections de l’Endowment for Biblical Research de Boston, catalogué par Judith H. Oliver en 1985 dans Manuscripts : Sacred and Secular, n° 91, p. 54-56, manuscrit  acquis par la Bibliothèque de Rennes auprès de la galerie Les Enluminures en 1998.   


© Bibliothèque de Rennes Métropole, ms 1696

Notre ami André-Yves Bourgès a donné (en ligne) quelques indications sur la liste épiscopale de Vannes connue tardivement par le cartulaire de Sainte-Croix de Quimperlé. Le calendrier du Livre d’heures de Rennes atteste du culte liturgique de plusieurs évêques vannetais, certains très caractéristiques, oubliés de notre Histoire. Il reste conforme aux témoins présentés par l’abbé François Duine (Inventaire liturgique, 1922, n° 223 et 224) : les missels de Rouen (BM 307, XVe siècle) et de Paris (BnF, Nlle acq. lat. 172, à l’usage du vice-chancelier Ynisan, daté de 1457). Le clericus Dolensis de préciser : \”Le calendrier de Vannes, au XVe siècle, est un des plus riches au point de vue provincial et local\”.

Calendrier
3 mars : Vingolay abbatis (= saint Guénolé, fondateur de Landévennec)
16 avril : depositio sancti Paterni (= évêque de Vannes)
2 mai : Corentini et Brioci episcoporum (en rouge)
11 : Gilde abbatis (= fête de l’ \”invention\” du corps de saint Gildas)
13 : Servacii presbiteri
17 : Macuti episcopi (= noter le dédoublement Macut/Malo)
19 : Yvonis confessoris (en rouge)
24 : Donaciani martiris
4 juin : Petroci confessoris
6 : Tudguali episcopi (= plus exactement Gudual, confondu avec le Tudgual de Tréguier, fêté au 5 juin et 2 décembre)
7 : Meriadoci episcopi (= évêque de Vannes)
20 : Mevencii (sic) abbatis (= Meen, fondateur de l’abbaye de Gaël)
22 : Bilii martiris (= évêque de Vannes)
27 : Meldroci episcopi ve[netensis] (en rouge) (= évêque de Vannes)


Chapelle de Locmeltro à Guern (Morbihan), dédiée à saint Meldroc – Cliquer pour agrandir –

13 juillet : Turiavi episcopi
19 : Gonerii confessoris
28 : Sampsonis epsicopi
29 : Guillelmi epsicopi (= Guillaume, évêque de Saint-Brieuc)
16 aout : addition ancienne s. Armel
19 : Guennini episcopi (en rouge) (= évêque de Vannes)
20 : Philiberti abbatis
13 septembre : Amantis episcopi ven. (= évêque de Vannes)
10 octobre : Pauli episcopi (= Pol, évêque de Léon)
11 : Melanii epsicopi (= Melaine, évêque de Rennes)
24 : Maglorii episcopi
29 : Translacio beati Yvonis
3 novembre : Guenhaelii abbatis
6 : Melani epsicopi (= voir au 11 septembre)
15 : Maclovii episcopi
21 : Columbanii abbatis
12 décembre : Corentini epsicopi
14 : Guinerii martiris

Pour comparaison voir le calendrier de Vannes ca 1450-60 des Heures de Pierre de Pledran à l’usage de Nantes :
Copenhagen – The Royal Library – Thott 114 8° (transcription Erik Drigsdahl)


© Bibliothèque de Rennes Métropole, ms 1696

Litanies
Armel (en addition ancienne)
Paterne (= Vannes)
Corentin (= Quimper)
Paul (= Léon)
Tudgual (= Tréguier)
Yves (= Tréguier)
Brieuc (= Saint-Brieuc)
Guillaume (= Saint-Brieuc)
Malo (= Saint-Malo)
Samson (= Dol)

Liste des évêques de Vannes : Cartulaire de l’abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, 2e édition revue, corrigée et augmentée, par Léon Maître et Paul de Berthou, Paris, H. Champion, 1904 [numérisé sur Gallica] :

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Source photos du manuscrit 1696 : Bibliothèque de Rennes Métropole

17 Déc 2012
Jean-Luc Deuffic

Les Grandes Heures d’Anne de Bretagne numérisées sur Gallica (Paris, BnF, Lat. 9474)


© Paris, BnF, Lat. 9474

C’était un moment tant attendu ! Gallica nous offre un merveilleux cadeau pour ce Noël 2012 : la numérisation des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, enluminé par Jean Bourdichon.
[ en ligne ]

Mandement adressé à Jean Bourdichon pour l’exécution des Heures [ numérisé sur Gallica ] :

« … a notre cher et bien amé Jehan Bourdichon, painctre et valet de chambre de monsieur [le roi], la somme de mil cinquante livres tournois, en six cens escuz d’or, … tant pour le recompenser de ce qu’il nous a richement et somptueusement historié et enluminé unes grans Heures pour nostre usaige et service, où il a mis grant temps …\” (Blois, 14 mars 1508 n. s.)


© Paris, BnF, Nlle acq. fr. 21192. Signature d’Anne de Bretagne
 
Note sur la reliure :

1684, 20 avril : au Sr Dalencé, 132 #, 5 s. pour son remboursement de la dépense faite pour la reliure des heures d’Anne de Bretagne pour mettre au Cabinet des curiosités du Roy, et 500 # par gratification en considération de ses services … (J. Guiffrey, Comptes des bâtiments du roi, II, 537)

Quelques références bibliographiques :
Léopold Delisle, Les Grandes heures de la reine Anne de Bretagne et l’atelier de Jean Bourdichon, E. Rahir, 1913.
H. Omont,  \”Un document nouveau relatif à Jean Bourdichon\”, dans  Bibliothèque de l’école des chartes, t. 73, 1912, p. 581-583 [ en ligne sur Persée ]
Heures d’Anne de Bretagne. Reproduction réduite des 63 peintures du Manuscrit latin 9474 de la Bibliothèque nationale [ en ligne ]
V. Leroquais, Les Livres d’heures, I, p. 298-305, n° 144.
Notice détaillée dans F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures, 1993, n° 164, p. 297-300, avec bibliographie.
Michele Bilimoff, Promenade dans des jardins disparus, Les plantes au Moyen Âge d’apres les Grandes Heures d’Anne de Bretagne, OUEST-FRANCE, 2001.
Facsimilé Moleiro : commentaires rédigé par Marie-Pierre Laffitte (BnF), Georges Minois, Michèle Bilimoff (CNRS) et Carlos Miranda

Documents sur Jean Bourdichon :
« Led. jour [10 VII 1481] en lad. court, personnellement establyz Jehan de La Rue [Delarue], tailleur et Jehanne, sa femme, de lui suffisamment auctorisee, paroissiens de St-Clemens dud. Tours, soubzmectans etc., lesquelx ont ont congneu et confessé en droit en lad. court par devant nous, avoir vendu et octroyé, et encores par ces presentes vendent et octroyent des a present a touzjoursmais perpetuellement a heritaige a Jehan Bourdichon, enlumineur et varlet de chambre du Roy nostre sire, et a Barbe, sa femme, a ce presente, prenans etc. la somme de 49 s. 2 d.t., monnoie courant a present, de rente annuelle et perpetuelle en quoy les personnes qui sensuivent lui sont atenuz par chacun an aux termes et festes de Noel et Jehan-Baptiste par moictie, cest assavoir… » [source : Tours AD37 – Cote: 3E8/285 = en ligne]

29 juillet 1521 par Foussedouaire notaire à Tours : Françoise Bourdichon, fille du feu sieur Jehan Bourdichon, vivant peintre et varlet de chambre du Roy, femme et espouse de honorable homme maistre Jehan Perrigault, licencié ès lois, conseiller en la cour royale de Tours, autorisée par la procuration de son mari pour recevoir heritage de son père avec ses coheritiers et de dame Barbe Colleberde sa mère\”.

Voir nombreuses références d’archives dans le Dictionnaire critique de biographie et d’histoire – Jean Bourdichon de Tours, dans Archives de l’art français

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