Voir les articles dans "Livres d’Heures"
13 Sep 2012
Jean-Luc Deuffic

Les Heures de François Le Bigot et de Perrette Damours, citoyens de Bourges ?

La Galerie Les Enluminures présente dans son catalogue un Livre d’heures remarquable par sa reliure renaissance à la fanfare, laquelle porte les noms de \”François Le Bigot\” et \”Perrette Damours\”.


© Galerie Les Enluminures

Les possesseurs de ce Livre d’heures, exécuté dans la vallée de la Loire vers 1465-1475, doivent être à rechercher du côté de la ville de Bourges, où les familles (Le) Bigot et Damours ont eut des rôles importants :
Perrette Damours, née ca 1520, épouse Claude Lamoignon, échevin de Bourges en 1563 ; porte d’argent, à trois pièces d’hermines de sable
Robert Damours, maire de Bourges en 1570-1571, 1582-1585
Robert Bigot, maire en 1540-1541.
Etienne Bigot, maire en 1599.

Voir Alain Collas, L’ascension sociale des notables urbains : L’exemple de Bourges 1286-1600), L’Harmattan, 2010 : quelques extraits en ligne

Description sur le site de la galerie Les Enluminures
Catalogue Robert Hoe

Galerie Les Enluminures

11 Sep 2012
Jean-Luc Deuffic

Participez à l’acquisition d’un Trésor national, le Livre d’heures de Jeanne de France


En 2011, le ministre de la Culture et de la communication a déclaré Trésor national le Livre d’heures de Jeanne de France, un remarquable manuscrit royal enluminé sur vélin, réalisé en 1452, à l’occasion des noces de Jeanne de France, troisième fille du roi Charles VII.
Ce livre d’heures n’a pas d’équivalent dans les collections publiques françaises. Son entrée dans les collections de la Bibliothèque nationale de France est donc de la première importance.
La BnF doit acquérir cette œuvre avant la fin de cette année. Elle a d’ores et déjà mobilisé des mécènes à hauteur de 75 % de la somme. Aidez-nous à lever les 250 000 euros nécessaires pour mener à bien cette acquisition.
Ce petit volume (108 x 76 mm) se compose de 336 feuillets. Il s’agit de l’une des réalisations les plus exquises et les plus raffinées du règne de Charles VII. La qualité de l’exécution de cet ouvrage témoigne du rang royal de sa destinataire, Jeanne, promise au mariage avec le comte de Clermont, futur Jean II de Bourbon. Les armoiries peintes ne laissent aucun doute sur son identité, notamment l’écu en losange qui se détache sur un drap d’or ; le portrait de la princesse, en prière devant la scène de Mise au Tombeau, figure également dans l’ouvrage, folio 285. Enfin, la genette, petit animal domestique, se retrouve dans l’ouvrage liée par le col à l’initiale « J » par un amusant jeu de mots sur son prénom Jeannette, comme cela existe dans d’autres manuscrits qu’elle eut en sa possession.
Le peintre qui a exécuté l’ensemble des peintures et des bordures, ainsi que la totalité du calendrier, est l’enlumineur anonyme qu’on appelle le Maître de Guillaume Jouvenel des Ursins. Ce manuscrit est assurément l’une de ses créations les plus raffinées.
Deux peintures sont d’une autre main, caractéristiques de l’art de Jean Fouquet du fait de l’étonnante maîtrise spatiale. Jean Fouquet est considéré comme le plus grand peintre et enlumineur français du XVe siècle, une figure majeure de l’histoire de la peinture.
Source : Bibliothèque nationale de France

6 Sep 2012
Jean-Luc Deuffic

Pierre de Bosredon, \”chevalier de l’ordre de Sainct Jehan de Jherusalem, grant prieur en Champaigne\”

Parmi les richesses de la Pierpont Morgan Library de New York se trouve un précieux Livre d’heures (G 55) commandité par Pierre de Bosredon, représenté à cheval dans une scène de saint Hubert. La décoration de ce manuscrit, attribuée à Guillaume Hugueniot, enlumineur à Langres, documenté en 1472 pour l’exécution de 27 miniatures d’un exemplaire des Postillae de Nicolas de Lyre (Paris, BnF, Lat. 11972-11973, 11978), offre en maints endroits les armes et devises du Commandeur.


f. 125r

On trouvera sur Corsair, le site de recherche de la PML une description et de nombreux folios numérisés.

Fils de Hugues de Bosredon, baron d’Herment 1390-1454, et de Jeanne de Chaugy, né en 1424, Pierre fut conseiller et chambellan des rois Louis XI et Charles VIII. Chevalier de Rhodes, il commanda entre autres Romagne, Robecourt, Pantaubert, Bure, et Mormant de 1485 à 1513, reçu \” en récompense \” à son retour de Rhodes. Grand prieur de Champagne en 1511, il fit bâtir le château de Mormant, et une partie de l’église. A sa mort, le 15 juillet 1513, il est enterré dans son mausolée aménagé sous le chœur de l’église de Mormant, où se lit : \”A été le tombeau de frère Pierre de Bosredont, qui fut fait, l’an 1506, commandeur de Mormant Ponthaubert\” .


La crypte de Pierre de Bosredon [source]


Blason de Pierre de Bosredon, commandeur hospitalier, (1506-1513)
Mormant Commanderie templière (Haute-Marne)

Site de l’Association de l’abbaye de Mormant

C’est à Pierre de Bosredon que Jean de Francières dédie son Livre de Faulconnerie, ca 1458-1459 [ ARLIMA ]

29 Août 2012
Jean-Luc Deuffic

Baltimore, Walters art Museum, W 282 : les Heures de Jean de Ricametz et Catherine de Barbançon


© Baltimore, Walters Art Museum

Le manuscrit Baltimore, Walters art Museum, W 282, Heures de l’Imaculée Conception, avec un calendrier à l’usage de Brugges, porte les notes de Jean de Ricametz et de son fils Christophe =
Sensuiuent les iours des stations qui sont a Rome sur certains iours de lan ainsi verres escript station.
16 octobre 1498, par Christophe, son fils : mariage de Jean de Ricametz avec Catherine de Barbançon, fille de Christophe de Barbançon
25 octobre 1507 : funérailles de Marguerite de Villers au cimetière des Augustins d’Amiens
18 mai 1515 (d’une autre main que les précédentes) : décès de Catherine de Barbançon, \”damoiselle de Ricaumez\”, femme de Jean de Ricametz
f. 123-126v. Séquences dévotionnelles écrites par Jean et son fils Christophe.
Prières en français signées et datées : \”Rycaumez. 1514\” :

Puis que une fois mourir conuient /
fol est qui ne pense de lame /
Quant est du corps terre deuient /
Soit de noble home ou gentil femme. //
Statutum est hominibus semel mory / post hoc autem Iudicium. ad hebreos 9°. / Pries Iesus pour Rycaumez. 1514\”.

Vers adressés sans par Jean de R. (ou Christophe ?) à sa femme mourante :

Mon tour viendra mort masuldra /
Et sy ne say /
quant che sera Quant dieu plesra Ie partiray /
Rycavmez / vostre mary\”

f. 127v : \”Guigemette de maulde de damoiselle de Ricaumez\” (A)
De la main de Christophe, le nom Ricametz en lettres grecques : REKAOUMEZ
Décoration
f. 7. La Vierge des litanies et Jean de Ricaumetz
f. 14. Saint Florentius, Jean de Ricaumetz et sa femme
f. 17v. Saint Christophe, en relation avec Christophe de R. et Christophe de B
Ces presentes heures sont a Jehan de Ricaumez / seigneur dudit lieu et a Katherine de barbenchon / sa femme. Quy les trouvera en les rendant / bon vin avesra/ / Ricaumez – Iesus maria.

Jean de Ricaumetz et Catherine de Barbançon à Foufflin-Ricametz

On conserve encore à Foufflin-Ricametz, commune du Pas-deCalais, les dalles tumulaires de Jean de Ricametz et de Catherine de Barbançon, en pierre noire de Tournai, sculptées en haut relief, et encastrées dans le mur, à peu près à l’endroit où elles avaient été découvertes. Voir ici (photo médiocre)
La partie visible mesure 1 m. 83 de hauteur, et 1 m. 15 de largeur. Le seigneur de Ricametz, debout, les mains jointes, a le visage découvert, et la tête garnie d’une abondante chevelure bouclée. Il est revêtu de la cotte de mailles et de la cotte d’armes sur laquelle se voient, plusieurs fois répétées, les trois coquilles de son écu, et qui descend jusqu’à mi-cuisses ; il porte son armure sous sa cotte d’armes, et son épée et ses gantelets suspendus au côté gauche. Ses pieds reposent sur un lion couché dont on n’aperçoit plus que la tête. Au-dessus du chevalier est figuré l’écu des Ricametz : de [gueules] à 3 coquilles d’[or], timbré d’un heaume au cimier caché par la boiserie, et supporté par deux sauvages au corps velu. Autour de la pierre, sur le bord chanfreiné, est l’inscription :

[Chi gist haut et puissant] seigneur Jehan [de Ricaumez] en son viva[nt chevalier] Sr dudit Ricaumez de Rolecourt descoiv[re et d’Herissart qui trespassa le 28 de juillet (1)] lan mil chinq cens et quatre pries dieu pour son ame.

La seconde pierre tombale, placée à côté de la précédente, est celle de Catherine de Barbançon, femme de Jehan de Ricametz ; elle est de la même hauteur, mais elle est beaucoup plus large (1 m. 40) ; de plus, à dextre, est encore dissimulée derrière la boiserie une partie évidée d’environ 25 centimètres de largeur, où ont dû être incrustés les quartiers de la défunte. Sur cette dalle, est sculpté, aussi en haut relief, un cadavre dévoré par les vers, reposant sur une draperie dont une partie, ramenée en avant, recouvre le milieu du corps. De chaque côté des pieds et de la tête, quatre cavités, en forme de losange, avaient sans aucun doute contenu aussi quatre autres quartiers de noblesse. Trois larges banderoles épigraphiées entourent le personnage. On lit sur celle qui est placée à sa droite :

Chy gist Catherine de Barbe[n]chon fille de nobles et puissa[n]ts se[igneu]r et dame Christofle de Barbe[n]chon, en son viva[n]t ch[evali]er et sei[gneu]r de Cani et Varlues et de mada[m]e Jeh[an]ne de Sarrebruche Icelle Ka[theri]ne en son viva[n]t demoiselle de Che[n]pie[n]g et fame de Jeha[n] de Ricaumes, s[e]ig[neu]r dudit lieu Roilecourt Herissart [et] decoyures laquelle finit ses jours le vendredi xviiie jo[u]r de mai en lan mil V cens et qui[n]ze priez Ih[esu]s po[u]r elle.

Sur la banderole placée au-dessus de la tête osseuse du cadavre on lit ces deux vers :

Vermib[us] hic donor et sic oste[n]dere conor
Quod sicut hic ponor ponitur o[mn]is honor.

Enfin, les deux vers suivants sont sculptés sur la 3e banderole, à gauche du personnage :

Quis quis ades quia morte cades sta respice plora
Sum quod eris modicum cineris, pro me precor ora

Épigraphie du département de Pas-de-Calais, Volume 6, p. 338.
Généalogie Barbançon sur la base ROGLO.
Randall, II, p. 485-492, n° 203.
Luxury Bound (Hanno Wijsman)
Baltimore, Walters Art Museum


Foufflin, sur la carte de Cassini

28 Août 2012
Jean-Luc Deuffic

« Tant que puysse » : le Livre d’heures d’Antoinette de Marquais (Baltimore, Walters Art Museum, W 243)

Le manuscrit Baltimore, Walters Art Museum, W 243, conservé dans une précieuse reliure d’époque, est un Livre d’heures de la seconde moitié du XVe siècle à l’usage de Tours, exécuté selon le catalogue dans l’est de la France (?). Pour ce qui est de la décoration, une seconde campagne s’est efforcée de produire plusieurs miniatures (voir ci-dessous, f. 65, par exemple) dans le style des années 1400-1420 : Lilian M. C. Randall utilise le terme \”old-fashioned\”. L’ouvrage se compose de 154 f. de 192 sur 140 mm, et est illustré de 12 grandes miniatures. Les Heures de la Vierge et l’Office des morts sont tourangeaux. On remarque au calendrier la fête de la dédicace de l’église Saint-Maurice au 7 janvier, sanctuaire qui fut la première cathédrale de Tours, édifiée par l’évêque Lidoire, prédécesseur de saint Martin. De même s’y trouvent les fêtes de saint Gatien (celle 19 octobre – Revelacio -, et celle du 18 décembre). Plus curieuse est la présence au 2 mars d’un abbé \”Jovinus\”, que Randall identifie avec le saint breton Jaoua, connu comme évêque de Léon et premier abbé du monastère cornouaillais de Daoulas (Finistère) faisant, bien entendu, partie de la province ecclésiastique de Tours. Le copiste de ce manuscrit était-il d’origine bretonne, du pays de Léon ? Il faut pourtant se garder de prendre pour argent comptant les calendriers de ces Livres d’heures dont certains contiennent à n’en pas douter de grossières erreurs. D’autre part, à cette date on honorait aussi à Rome les martyrs Jovinus et Basileus


Tombeau de saint Jaoua à Plouvien (Finistère) source


© Walters Art Museum, W 243, f. 65

Au f. 44v du manuscrit du W.A.M. une main a tracé : 

tant que puysse / anthoinette de marquays

Et le monogramme \”PA\” (= Pierre & Antoinette ? — Philippe & Antoinette ?). D’autres prières sont signées de sa main.
Antoinette de Marquay (anciennement Marquais), (d’or, fretté de gueules) dame du lieu (près de Bailleul-aux-Cornailles, au Nord/Ouest d’Arras), épousa Pierre d’Habarcq, chevalier, seigneur du village de ce nom et d’Aubigny la Marche, capitaine des ville et cité d’Arras, décédé le 23 octobre 1535, à 5 heures du soir. Ils furent inhumés dans l’église paroissiale d’Habarcq (Pas-de-Calais) qu’ils avaient fait bâtir, sous un tombeau exécuté par le sculpteur François de Vernay.
En 1835, le chœur fut pavé en pierres bleues. Ce travail mit à jour sous le marche pied de l’autel de la Sainte-Vierge, l’entrée d’un caveau où l’on trouva trois cercueils en plomb et très-anciens, renfermant, dit-on, les corps de Pierre de Habarcq, de Marie de Habarcq et de Gilles de Lens. Marie, héritière, épousa en 1550 Gilles de Lens, chevalier, baron d’Aubigny et gouverneur de Béthune (1).
Le Père Ignace qui a visité la plupart des lieux dont il parle, nous apprend qu’au moment où il écrivait, on voyait dans l’église le mausolée de Pierre de Habarcq enchâssé dans la muraille du sanctuaire, sous une voûte, du côté de l’évangile. Plusieurs ouvrages en pierres très-bien travaillées en faisaient les ornements. Pierre de Habarcq était représenté avec sa femme sous un marbre autour duquel on lisait l’inscription suivante : 

Ci gisent Pierre d’Habarcq, chevalier, seigneur d’Habarcq, d’Aubigny-la-Marche, Villers-Châtel, capitaine de la garde de l’empereur, capitaine des ville et cité d’Arras, et Antoinette de Marquais, dame dudit lieu, de Warlus, laquelle mourut le 24 novembre 1529 et lui le 23 octobre 1530\” (ou 1535). Source.


Source : Casimir de Sars de Solmon, sur le site de la BM de Valenciennes
22- Pierre de Habarcq, sr du dit lieu, Villers-Castel, … et Aubigny, gouverneur d’Arras mort en 1535. Il avoit épousé Antoinette de Marquais, dame héritière du dit liue, de Givenchy et de Colocamp, porte d’or, fretté de gueules, fille de Pierre de Markais, de Neufville, et d’Anne de Cotteret*.

* D’autres sources la donnent fille de Antoine de Marquais et de Bonne Le Borgne.

A Pierre Lambert, paintre, pour six grans blazons faicts sur pappier aux armes de feu Pierre de Habarcq, escuier, maistre d’hostel de mond. sgr, pour servir à ses oxèques (obsèques), a esté paié le 22e jour de septembre xv patars. (La Picardie, Volume 6, 1860, p. 556).

Autres inscriptions sur le Livre d’heures :
Motto et nom : \”Votre sans plus / trazegnies\” (f. 44v) ( = Le manuscrit London, British Library, Add. 41322, copié en France au début du XIVe siècle, porte 3 annotations de membres de la famille de Trazegnies, dont Jean III, chevalier de la Toison d’or, seigneur de Semeries et châtelain d’Ath dans le Hainault (1470-1550) : \”Che livre est a mes’. Jeh. de trazeg. Sr. dirchonwez et lacheta a mons a Robert avalleur de vin, en septembre lxx\” [1470]. Les armes de cette famille se trouvent sur les fermoirs du manuscrit. Noëlle-Laetitia Perret, Les traductions françaises du De regimine principum de Gilles de Rome, Brill, 2011, p. 151. Voir également le Paris, BnF, Fr. 23927 (Tractatus de origine, natura, iure et mutationibus monetarum) avec les armes de cette famille (ci-dessous) [ lien Hanno Wijsman – Luxury Bound ]

\”Chette heure sont a / madame Darq\” (f. 1)
f. 1 : \”A madame / De Dudzelle / 1571\” (= peut-être de la famille de Ghistelles, de la branche des seigneurs de Dudzeele ?)
f. 15v : \”Votre bonne cousinne / Ysabeau Descorney\” — \”Votre bon amy / Jacques de Luxembourg\” / Nul Ne la / J de luxe[m]bourg\” (= Les \”Jacques\” sont nombreux dans la famille de Luxembourg …. Peut-être Jacques Ier de Luxembourg, seigneur de Fiennes et de Gavre, fils ainé de Thibaut, frère de Jean, cité ci-dessous, qui épouse Marie de Berlaymont (+ 1529), dame de Pommereulx, inhumés aux Jacobins de Douai). En 1473, Jacques est de ceux qui transportent le corps de la duchesse Isabelle de la chartreuse de Gosnay près de Béthune à celle du Champmol, près de Dijon. \”Il servait comme conseiller – chambellan à la cour Charles le Téméraire et à celle de Marie de Bourgogne et de Maximilien. En 1479, ce dernier le nomme maréchal de l’ost et capitaine de Douai. Une année auparavant, en récompense de ses services Jacques avait été déjà été élu, lors du chapitre de Valenciennes, chevalier de la Toison d’Or\”. [ source ]
f. 30v : \”fille qui bien vos aime / Jaquelyne Descorney\” = Jacqueline de Gavre, dame d’Escornaix, (d’or au lion de gueules, armé, larapassé et couronné d’azur, à la bordure engrôlée de sable) femme de Jean de Luxembourg, comte de Sottenghien, fils de Thibaut de Luxembourg, seigneur de Fiennes et de Philippote de Melun, mort à Chypre en 1485, sans postérité.
f. 74 : \”Votre mary qui sera / philippes de habarcq\” = Philippe de Habarcq, chevalier, mari d’Antoinette de Lalaing, père et mère de Pierre d’Habarcq.
Cette inscription semble indiquer que le Livre d’heures fut primitivement entre les mains de Philippe et d’Antoinette. Les de Lalaing ont une grande tradition bibliophilique …
Philippe, chambellan et conseiller du roi de France, était le fils d’Antoine de Habarcq et de Marie Jeanne Le Josne Contay ; Antoinette, fille de Josse de Lalaing († 1483) et de Bonne de La Viefville. Nous avons décrit sur ce blog, les Heures de Josse et de sa femme, Bonne [ lien / link ]
Philippe fit promesse en 1482 de maintenir la paix d’Arras (Lille, ADN, B 359)

Autres Armes peintes sur le Livre d’heures: aux f. 16, 79, 90 : écartelé, 1 et 4, fascé d’or et d’azur, de huit pièces, chargé en chef de trois annelets de gueules ; 2 et 3, de sable, au chef d’argent (= La Viefville et Milly, selon M. Pastoureau). Jeanne de Milly était aïeule de Bonne de la Viefville.
Armes non identifiées : f. 65, d’argent à la fasce de sable, accompagnée en chef de deux fleurs de lys de gueules, une autre en pointe ; f. 31, de sinople à la fasce de gueules ; f. 73v, d’hermines sur champ d’argent à trois chevrons.


 

Habarcq se trouve dans le Pas-de-Calais, canton de Beaumetz-les-Loges.

(1) Avant la Révolution se voyait dans le chœur de l’église des Récollets d’Arras un mausolée : Gilles de Lens y était représenté à genoux, vêtu d’une cotte à ses armes (écartelé, d’or et de sable, timbré d’un heaume de profil surmonté d’une couronne de marquis, avec un cygne pour cimier) ; sa femme, Marie de Habarcq, était également agenouillée à ses cotés. Sur le socle du monument on pouvait lire :

Cy gisent les corps de hault et puissant seigneur Messire Gilles de Lens, au jour de son trépas chevalier, baron et seigneur d’Aubigny le Conte, seigneur d’Aix, Raymondrie, Grand Fossé, Vermelles, Gouy, Frémicourt, Blavincourt, Coges en partie, gouverneur et capitaine des ville et chasteau de Béthune, et noble dame Madame Marie de Habarcq sa compaigne, à cause d’elle seigneur etc.. lesquels allèrent de vie à trespas, à savoir ledit seigneur le Vendredi XXIIIIe jour de Mars 1563 avant Pasques et lad. dame le Xe jour d’Avril 1570. Pries Dieu pour leurs ames.
(Paris, BnF, Fr. 8238, f. 110.)

C’était probablement le cœur de Gilles de Lens et celui de Marie d’Habarcq qui avaient été déposés dans l’église des Récollets d’Arras car leurs cercueils en plomb se trouvaient dans un caveau de l’église d’Habarcq [ source ]. Une inscription conservée au Musée d’Arras énumère encore tous les biens de Gilles de Lens :

\”Cy gist noble et puissant seigneur Messire Gilles de Lens, chevalier, en son temps gouverneur et cappitaine des villes et chastiau de Béthune, cappitaine de deux cens chevaulx, Sr d’Aix, Grand Fosse, Gouy, Loges, Bavincourt, beaumes, Pourchelet, Menricourt, Bully, Noiellette, Baron d’Aubigny le Comte et à cause de noble et puissante dame Madame Marie de Habarcq sa compaigne, Sr et fondateur de Ceens, Sr de Habarcq, baron d’Aubigny la Marche, Noiellette, Yzes, Agnez, Villers Castel, Le Vigne les arras, Givenchy le Noble, Wionville, Markais, Colleincamps, Warlus, Noevfuiroeul, Peti Dragon, Monchiet et Pumiers ; qui trespassa le vingt quatriesme de mars mil cincq cens soixante trois. – Pries Dieu pour son ame\” (Épigraphie du département de Pas-de-Calais, Volume 1, p. 89).

Tableau généalogique
Philippe de Habarq x Antoinette de Lalaing
|
Pierre de Habarq
(+ 1530 ou 35) x Antoinette de Marquais
|
Marie de Habarq, dame héritière, x
(ca 1530) Gilles de Lens, sr d’Aix, baron d’Aubigny
|
2 garçons et 4 filles

Biblio : Lilian M. C. Randall, Medieval and Renaissance Manuscripts in the Walters Art Gallery, vol. II/1, France, 1420-1540, 1992, p. 190-194, n° 138.

Le manuscrit Bruxelles, KBR 9390, Le spirituel jeu de la paume, du XVe s., fut en possession de Philippe de Habarcq et d’Antoinette de Lalaing, père et mère de Pierre [ lien ]

L’église paroissiale d’Hoogstraeten (Anvers) conservait des vitraux représentant Philippe de Habarcq et sa femme Antoinette de Lalaing (chapelle de la Sainte-Vierge, ci-dessous), et Josse de Lalaing et sa femme Bonne de la Viefville, verrières détruites en 1944.


[ source ]

Documentation sur la famille d’Habarcq : Archives des baronnie et château de Lucheux (pdf)


Château de Villers-Châtel (source)


© Paris, BnF, Fr. 23927. Frontispice, avec les armes de Trazegnies : bandé d’or et d’azur de six pièces, à l’ombre de lion de sable, brochant sur le tout, à la bordure engrêlée de gueules

27 Août 2012
Jean-Luc Deuffic

Baltimore, Walters Art Museum, W 292 : Les Heures de Jacques Mareschal, seigneur de Senozan et châtelain de Cly


© Baltimore, Walters Art Museum W 292, f. 152
Lilian M. C. Randall, Medieval and renaissance Manuscripts in the Walters Art Gallery, Volume II, France, 1420-1540, I, p. 184-189, n° 137 (planche xivd, fig. 247-249, f. 21, 63, 88, 152)

Le catalogue exemplaire de Lilian M. C. Randall – d’une incroyable érudition -, décrivant les manuscrits médiévaux et renaissances du Walters Art Museum de Baltimore, présente sous la cote W 292 un Livre d’heures savoyard assez complexe de par sa composition et sa décoration.
Au f. 185v de ce manuscrit, détail assez remarquable pour ce genre d’ouvrage, une main contemporaine a ajouté l’obit, du 10 septembre 1493, d’un Jacques Mareschal :

\”Anno domini millesimo. Quadringesimo / Nonagesimo tercio, die uero martis decima mensis. Septembris. Obiit Nobilis / et potens Jacobus Marescalci. dominus / Sancti Petri de Senosano filius quondam / Nobilis et potentis bone memorie Iohannis / Marescalci. dominus de Combaforti et dicti loci de Senosano. Qui dictus. Nobilis. / Jacobus. dicessit ab humanis In dicto / suo castro de Senosano. Anno et die / predictis. de cuius anima requiescat in / pace. amen\”.

Il faut reconnaître dans ce personnage Jacques Mareschal, fils de Jean (I), seigneur de Combefort, écuyer d’écurie et conseiller du duc Amédée VIII [donc un membre ordinaire de l’hôtel ducal], châtelain de Cly en Val d’Aoste, ambassadeur auprès de l’empereur en 1430 et 1431, et de (épousée vers avril 1442) Claudine de Chandée, dame de Senozan en Macônnais, fille (suivant Guichenon) de Lancelot III de Chandée, chevalier, et de Claudine de La Palud ; Claudine de Chandée testa le 28 juin ou juillet 1464 en faveur de ses fils Jaques et Jean.
Jaques, fils aîné, partagea avec son frère Jean (II) le 28 juillet 1474 comme co-châtelain de Cly, testa le 18 septembre 1493 (testament lu par Foras aux archives Thuyset, conservées aujourd’hui au château de Menthon-Saint-Bernard ), en contradiction de quelques jours semble-t-il avec la date de l’obit inscrit à notre Livre d’heures.
Jacques n’a pas été marié a priori, et n’a laissé qu’un bâtard, noble Richard, en vie en 1500, lorsque son oncle Jean (II) lui lègue son entretien sur les biens de Combefort ou de Sénozan.
Jean (II), frère de Jaques, fut seigneur de Combefort puis de Saint-Pierre-de-Senozan, conseiller et écuyer du duc de Savoie ; il épousa Anne Bonivard, dont il eut Jean (III), époux d’Urbaine de Duyn (-> sgrs de la Valdisère) et Jacques, chevalier, époux de Claude de Busseul, – leur pierre tombale est encore conservée en l’église de Sancé (voir ci-dessous)- , dont est issue une seule fille, Françoise.
Jacques et Jean (II) eurent aussi une soeur, Jeanne, épouse de Pierre Bonivard, chevalier, sgr de La Barre, veuve en 1489.
Source : Cte Eloi-Amédée de Foras, Armorial et nobiliaire de l’ancien duché de Savoie, 3e vol., Grenoble, 1893, p. 337 et suivantes, art. \”Mareschal\” ; p. 346-347.


Château de Cly au Val d’Aoste [ source ]

Revenons à notre Livre d’heures. Randall signale au f. 20 une miniature pleine page, ajoutée anciennement, de la Vierge à l’enfant où l’on remarque un homme et une femme présentés respectivement par saint Jean Baptiste et sainte Catherine, les armoiries étant effacées. S’agit-il des commanditaires du Livre d’heures ?
Au f. 172 (représentation ci-dessus), miniature du roi David en prières. Derrière lui, un chevalier agenouillé présenté semble-t-il par saint Maurice (faisait-il partie de l’ordre de Saint-Maurice créé en 1434, par Amédée VIII, premier duc de Savoie au château de Ripaille ?). Randall suppose quant à lui saint Georges … précise que les armoiries portées sur le tabard sont, d’or à la bande de gueules chargée de croix de Savoie, celles figurant sur le sol ayant été effacées, et que l’image a été repeinte. Ces armes nous paraissent différentes des armes des Mareschal peintes par ailleurs dans le manuscrit (en addition ancienne, f. 144, selon Randall), d’or à la bande de gueules chargée de trois coquilles d’or, habituellement portées par les Mareschal.
De même, au f. 172, à la miniature de la Crucifixion, repeinte (XV/XVIe s.), est représentée une femme dont les armoiries ont été effacées.

Généalogie des Maréchal par La Chesnaye des Bois [ en ligne ]
La dalle funéraire du neveu de notre Jacques, Jacques Mareschal, seigneur de Senozan, de sa femme, et de leur enfant, est conservée dans l’église de Sancé (Saône-et-Loire, Bourgogne) : une chapelle, dédiée à Notre-Dame de Lorette, y fut construite au XVIe siècle par le seigneur du Parc. Sur cette pierre et à la clé de voûte de la chapelle figure son blason d’or à la bande de gueules chargée de trois coquilles qui est devenu le blason de la commune.

Château du Parc à Sancé : Au Mareschal, Plus tard, il devient le domaine des comtes de Senozan, avant d’intégrer le giron des Talleyrand, par l’effet du mariage de Madeleine Olivier de Senozan avec Archambaud de Talleyrand-Périgord, frère cadet de Talleyrand.

Château du Parc, à Sancé [ source ]

Cy gist noble et puissa[n]t seigneur messire // Jacques mareschal ch[eva]l[ie]r seig[neu]r de Senosam fo[n]dateur de cette p[rese]nte chapelle // et n[oble] Claude de Busseul sa femme dame du // part      … et de Prily et Claude Mareschal leur fils laqu[e]lle dame // trepassat et son dict fils apres elle le // Xe d’avril l’an mil Vc et xII . Dieu veuille avoir leurs ames. Amen.

Par son testament du 24 août 1548, reçu par Barthélémy Gonere et Matthieu Chaland, notaires à Mâcon, Jacques Mareschal nomma héritière universelle sa fille Françoise, \” femme de noble messire Jehan de Myolans, seigneur de Chevrières, et, après elle, l’ung de ses enffans masles, à la charge qu’il portera les noms et armes dudit seigneur testateur, suivant la forme du traicté de mariage de ladite dame Françoise Mareschal et dudit seigneur de Chevrières\”.
Dans ce testament, il élit sa sépulture \” en la chappelle qu’il a faict editiier et construire ès eglise et cimetière parrochial de Sancé, à l’honneur et louange de Notre-Dame-de-Lorette\” : il règle le détail de ses obsèques et aumônes, fait des legs nombreux à sa femme Laurence-Françoise de Luyrieu, à ses serviteurs, etc. Dans deux codicilles des 23 août 1551 et 9 février 1555 (à cette dernière date \” estant malade en son lict, au chastel et maison fort du Parc\”, il maintient sa fille héritière universelle, révoque ou modifie une partie de ses legs, plusieurs légataires étant morts ; décharge son héritière de \” l’achapt de deux cloches de 60 livres tournois chacune, armoriées de ses armoyries\”  pour l’église de Sancé, car il les a fait faire ; fait un legs à \”Jehan Mareschal dict Doyn (Duyn ou Duingt), seigneur de Combeffort et de la Vauldisière (Valdisere), son neveu, lui laissant aussi, \” ledit seigneur codicillant, les droict et action qu’il pretend en la succession et hoirie de feu noble Pierre Mareschal, son cosin, seigneur du chastel de Sainct-Michel-en-Maurienne\” ; prie son héritière \” que la rente de troys quintaulx fromaiges et cent florins de Savoye ne soient poinct desunys ny séparés de ses maisons du Parc et de Senozan, affin que l’on cognoisse qu’il est yssu des maisons des Mareschal et Combeffort, et a bien peu, combien qu’il s’en soyt contenté, etc. \” (Blbl. auct. Cahier parchemin, 12 feuilles in-4).

Je remercie Mireille Sambet, Cédric Mottier (Noblesse des Etats de Savoie) et François du Fou pour leur aide précieuse
 

25 Août 2012
Jean-Luc Deuffic

Philadelphia, Free Library, Widener 6. Des possesseurs bretons : Sébastienne Boscher et Christophe de Caradreux


© Philadelphia, Free Library. Widener 6, f. 29r. Annonciation

Parmi les manuscrits de la Free Library de Philadelphia, se trouve sous la cote Widener 6 un luxueux Livre d’heures à l’usage de Paris, exécuté dans un atelier de la capitale vers 1410. Roger S. Wieck en a donné une notice, avec bibliographie associée, dans la beau catalogue Leaves of Gold, Manuscript illumination from Philadelphia Collections, 2001, n° 32. On trouvera par ailleurs une description et plusieurs feuillets numérisés sur Digital Scriptorium de même qu’à cette adresse, ou sur le site de la FLP.

f. 1-12v : Calendrier.
f. 13-20 : Séquences évangéliques.
f. 20v-28: Prières à la Vierge (O Intemerata et Obsecro te).
f. 29-112v : Heures de la Vierge à l’usage de Paris.
f. 113r-v : blanc.
f. 114-128 : Psaumes de la pénitence.
f. : Litanies.
f. 135v-147 : Heures de la Croix.
f. 147v-158 : Heures du Saint-Esprit.
f. 158v-214v : Office des morts, usage de Paris.
f. 215-224v : Suffrages.
f. 225-231v : Quinze Joies de la Vierge, en français.
f. 231v-232 : Les Cinq Plaies du Christ, en français
f. 232v-236 :  Les Sept Requêtes à Notre Seigneur, en français
f. 236v-252 : Messes de la Vierge, de la Sainte-Croix, du Saint-Esprit, et des morts.
i + 252 + i f. 220 x 155 mm. 13 longues lignes

Ce manuscrit provient du chapitre de Bayeux où il a été catalogué en 1889 [ catalogue en ligne ]. On le retrouve à la vente Belin de 1902, au Catalogue de livres rares manuscrits avec miniatures, lot 2. Joseph E. Widener l’acquiert en 1915. Il rejoint les collections de la Free Library of Philadelphia en 1944 par don des enfants Widener.

Plusieurs artistes ont participé à la décoration de cet ouvarge : on y a reconnu les mains du Maître des Heures de la Mazarine (f. 13, 15, 17, 19, 20v, 114) d’un suiveur du Maître d’Egerton (six miniatures entre les f. 147v-155) et celles du Maître de Bedford ou d’un de ses disciples (f. 71, 105v, 220v).

Au f. 252v se lit la note : \”Je suis a noble demoiselle Sébastienne Boscher, dame des Aulnays et de Bocquemer\”. Sur les plats de la reliure, en lettre d’or, dans un cartouche, le motto : \”Servire Deo\” et \”Regnare est\”. Cette devise (Servir Dieu est régner), largement utilisée, fut celle de plusieurs familles bretonnes, dont les Kermorvan, Jourdain, La Guilhommeraye, etc. Pierre de Foix, évêque de Vannes, l’utilisa également, comme Jacques Bongars, l’historien et philologue français (1546-1612), conseiller d’Henri IV. Toutefois, la notice du catalogue la rattache – je ne sais pour quelle raison – à Marguerite de Lorraine, duchesse de Joyeuse (1564-1625) …

Il n’a pas été très difficile d’identifier Sébastienne Boscher. L’Induction et l’Arrêt de maintenue de noblesse de la famille de Caradreux nous ont permis de relever plusieurs informations généalogiques, dont nous extrayons ci-dessous les principaux éléments :

Le sieur induisant (Messire Julien de Caradreux, seigneur de La Villemoisan) dans le bonheur de sa naissance, a le malheur de n’être pas saisi de tous les actes qui en justifient la haute noblesse, lesquels actes sont en la possession du sieur comte d’Aubigny, dans la maison duquel est tombée celle de l’aîné de la famille de Caradreux, auquel a succédé une fille mariée à l’un des prédecesseurs du sieur comte d’Aubigny …
Jean de Caradreux…. était fils puiné de défunt messire Christophe de Caradreux et de dame Sébastienne Boscher, sieur et dame des Aulnays, près Josselin, qui avait un fils ainé nommé messire François de Caradreux qui, le cinquième de novembre 1602, traita avec le défunt père du sieur induisant pour son partage dans les successions de leurs père et mère communs, même pour celle d’un frère mort sans hoirs de corps, par lequel partage se voit le gouvernement avantageux, et comment la terre de La Villemoisan fut donnée en partage au défunt père du sieur induisant qui la possède encore à présent…
Et pour montrer comme messire Christophe de Caradreux, seigneur des Aulnays, aïeul de l’induisant, épousa dame Sébastienne Boscher, du chef de laquelle procède la terre de La Villemoisan que possède encore à présent le sieur induisant, induit le contrat de mariage dudit Christophe de Caradreux, seigneur des Aulnays, des Loges, de la Motte-en-Beauce, du troisième mai 1561, avec dame Sébastienne Boscher

Un contrat de mariage passé entre Messire Christophe de Caradreux, seigneur des Aulnays, des Loges et de la Motte en Beauce, et damoiselle Sébastienne Boscher, fille aînée et héritière de défunt noble homme Arthur Boscher, en son vivant sieur de La Villemoisan, du mariage d’entre lui et damoiselle Yvonne Thomas, dame de Becquemeur, sa compagne, ledit contrat de mariage rapporté par lesdits notaires de Porhouët, du vingt troisième mai 1561.

Christophe de Caradreux, aïeul paternel du sieur induisant, était fils de noble et puissant Bertrand de Caradreux, chevalier, seigneur de Neuvilette dans le pays du Maine et des Aulnays en Bretagne, et de noble et puissante dame Jeanne de La Chapelle, veuve de défunt haut et puissant seigneur Pierre de Rohan, seigneur du Pont ; lequel Bertrand de Caradreux veuf aussi de dame Gillette Hay, de laquelle elle avait un fils nommé Joachim de Caradreux, duquel la branche est tombée dans la maison d’Aubigny dont le seigneur est propriétaire de la maison de Neuvillette dans la province du Maine, ancien patrimoine des Caradreux. Ce Bertrand de Caradreux, contractant dans un second mariage le 19 décembre 1519 avec dame Jeanne de La Chapelle, lui donne, et aux enfants qui naîtront de leur mariage, la terre et seigneurie des Aulnays qui relève du comté de Porhoët.
Induit le dit sieur de La Villemoisan ledit contrat de mariage …avec la ratification faite par Joachim de Caradreux, fils ainé de Bertrand, du premier mariage d’icelui avec dame Gillette Hay …
Et pour montrer que Christophe de Caradreux était fils ainé du second mariage de Bertrand de Caradreux avec dame Jeanne de La Chapelle, c’est qu’après le décès d’icelle dame Jeanne de La Chapelle, à laquelle et aux enfants qui naitraient de leur mariage, Bertrand de Caradreux avait donné la terre et seigneurie des Aulnays avec toutes ses appartenances et dépendances, fiefs et juridiction, de tout quoi Christophe de Caradreux, fils ainé de ce second mariage, rendit aveu au seigneur de Rohan à cause de sa comté de Porhouët, sous l’autorité de Bertrand de Caradreux, son père, le dernier mai 1530.
En 1556, le même Christophe de Caradreux, sous l’autorité du même Bertrand de Caradreux, son père, obtint une commission en la Chancellerie pour appeler au Présidial à Nantes en reprise de procès les héritiers de René de Rohan, successeur de Pierre de Rohan auquel avait été mariée Jeanne de La Chapelle, qui, après le décès d’icelui, épousa Bertrand de Caradreux, lequel donc comme fils et héritier de dame Jeanne de La Chapelle, sa mère, appela au Présidial de Nantes en reprise de procès les héritiers du seigneur de Rohan, pour avoir payement des arrérages du douaire dus à sa mère Jeanne de La Chapelle … [ source : Y. Le Maignan de Kerangat, \”Induction et Arrêt de maintenue de la famille de Caradreux\”, Association Bretonne, 1931, p. 21, I 1932 ]

Erection de la terre de Neuvillette en vicomté en faveur de Bertrand de Caradreux

Le roi François Ier conserva les droits de Claude de Lorraine (Claude Ier de Guise, 1496-1550), comme seigneur de Mayenne sur la terre de Neuvillette lorsqu’il l’érigea en vicomté par ses lettres patentes du 23 de juin 1528, dans lesquelles il déclare qu’il fait cette érection en faveur de Bertrand de Caradreux réduisant à mémoire dit ce monarque que \”notre cousin Bertrand de Caradreux est issu de notre maison de Milan et de Montauban, qu’il atteint à la maison d’Orléans et qu’il a pour épouse la veuve de feu notre cher oncle le seigneur baron de Pontchâteau, etc\”. Il ajoute que lorsque Mayenne sera érigée en duché ce qu’il espère faire, en bref il veut que cette terre de Neuvillette soit dès lors érigée en comté. Elle sera possédée par les descendants de ce Bertrand Caradreux car de son mariage avec la dame de Pontchâteau est issu Joachim de Caradreux, chevalier, seigneur vicomte de Neuvillette, qui épousa Marie de Rohan dont la fille, Renée de Caradreux, mariée à François de Champagne eut Madeleine de Champagne, épouse de Ravaud de Morell, deuxième du nom, comte d’Aubigni…

Descendance de Christophe de Caradeux et Sébastienne Boscher

Aux Archives départementales du Morbihan, nous avons retrouvé la descendance du couple Christophe de Caradeux et Sébastienne Bosher, paroisse de Lanouée :
29 juin 1567. Baptême d’Anne de Karadreulx, fille de noble homme Christophe de Karadreulx, seigneur des Aulnays et de la Motte en Beauce, et de demoiselle Sébastienne Boscher ; parrain noble homme Jean d’Estimbrieuc, sieur de la Villeplansson ; marraines demoiselles Anne, dame du Tayaz et Anne Thomas.  — 12 septembre 1568. Baptême de Bastien de Karadreulx, fils d’écuyer Christophe de Karadreulx et de demoiselle Bastienne Boscher, sieur et dame des Aulnays ; compères nobles gens Sébastien Boscher, sieur de la Villemoisan, et … . Gaynel, sieur de la Ville-Geffroy ; commère demoiselle Jacquine Boscher, dame du Tayatz ; ledit baptême administré par missire Olivier Gourmil, prieur de la paroisse de la Croix [-Helléan]. — 3 mars 1577. Baptême de Jean de Caradreux, fils de nobles gens Christophe de Caradreux et Bastienne Boscher, sieur et dame des Aulnays ; compères Jean Le Forestier, écuyer, sieur de Callac, et François Riou, sieur du Fresne ; commère demoiselle Françoise de Trécesson, dame du Broutay. —

La seigneurie de La Villemoysan, paroisse de Croix-Helléan, dépendait du diocèse de Saint-Malo

Manoir de La Villemoisan à La Croix-Hélléan [ source ]

Keradreux, Karadreux ou Caradreux (de), sr dudit lieu ; des Aulnays, par. de la Nouée ; du Breil Hay, par. de Saint Gilles ; de Saint-Malo, par. de Ploërmel ; de Neuvillette, au Maine ; de la Fontaine, par. de Mohon ; de la Villemoysan. Ancienne extraction ; réforme 1669, cinq générations ; réformes et montres de 1416 à 1513, paroisses de la Nouée, Ploërmel et Romillé, évêché de Saint Malo, et Saint Gilles, évêché de Rennes.
D’argent à trois léopards d azur
Guillaume, docteur ès lois en 1378 ; Jean, fils Guillaume, de la ligue des seigneurs contre les Penthièvre en 1420, épouse Olive de Bodégat, dont Jean, marié à Marie de Montauban, conseiller du duc et maître d’hôtel d’Alain de Rohan qui lui donna la garde naturelle de ses enfants Jean et Catherine de Rohan. Il laissa trois fils : 1) René, attaché à la maison de Jean II, vicomte de Rohan, et amant de Catherine de Rohan, sa sœur, massacré par les gens du vicomte en 1479 ; 2) Alain, homme d’armes dans une montre de 1473 ; 3) Jean, père de Bertrand, sgr de Neuvillette, époux en 1510 de Gillette Hay, dame du Breil.
La branche aînée fondue en 1655 dans Lantivy [ Potier de Courcy ]
Voir aux Archives départementales du Morbihan : 13 J 60 –  Aveu de François de Caradreux, sieur des Aulnays, pour le manoir des Aulnays en Lanouée (1620, 1er février).


Manoir des Aulnais à Lanouée [ source ]

Le Livre d’Heures Widener 6 ne nous dit rien de plus sur son histoire. Appartenait-il dès l’origine à la famille de Caradreux ? …

[ Merci à Guy Ducellier pour son concours ]

2 Juil 2012
Jean-Luc Deuffic

Brigham Young University, L. Tom Perry Special Collections : new acquisition

Une nouvelle acquisition à Brigham Young University, L. Tom Perry Special Collections : 

Brigham Young University, L. Tom Perry Special Collections

Heures françaises possédées par la Brigham Young University :
Harold B. Lee Library, Ms. 091 C286b 1490za : Heures à l’usage de Reims ou Chalons-sur-Marne – 156 f. 200 x 135 (110 x 100) mm. Paris, ca 1500. London, Sotheby’s, 5 Decembre 2000, lot 63 ; London, Sotheby’s, 26 juillet 1920, lot 318.
Harold B. Lee Library, Ms. Vault Agate 091 C286b 1400z. 218 F. 93 x 62 MM. XVe s. : Signature au f. 1r : \”Ce volume a appartenu a St. François de Sales\”. Inscription au f. 165r : \”Ce p[rese]nt livre est a moy, je me nome Claude Fabry\”. Autre au f. 165v : \”Ce p[rese]nt livre est a moy qui me nome Claude Fabri …\”
Ce nom est (malheureusement) courant. Il fut notamment porté par l’oncle du célèbre Nicolas-Claude Fabri de Peiresc !
Sur quoi s’appuie cette mention de saint François de Sales ?

21 Juin 2012
Jean-Luc Deuffic

San Marino, Huntington Library, HM 1166 : les Heures de Catherine Asselin (?) et les Livres de raison des Mydorge


Catherine Ascelin ? en prières devant sa patronne
© Henry E. Huntington Library and Art Gallery, San Marino, California, HM 1164.

Le Livre d’heures HM 1166 de la riche bibliothèque Huntington de San Marino, à l’usage de Rouen, exécuté dans la seconde moitié du XVe siècle, porte au f. I l’ex-libris de Jean-Baptiste Midorge, “ex libris Joannis Baptistae de Mydorge”. Il doit s’agir ici de messire Jean-Baptiste de Midorge, seigneur de Mondorin, qui épousa dame Marie-Jeanne de Froutignière. Il était frère de Marie de Midorge, veuve en 1667 de César Fontaines, sieur de Cardonville.
Ce Livre d’heures et de raison contient sur trois précieux feuillets les naissances et baptêmes des 12 enfants de \”Monsieur Mydorge, sieur de Fretay\”, et de son épouse \”Marie le Bossu\”, aux “fons de St. Paul de Paris”, et la date de leur mariage, entre les années 1511 et 1561.
On peut avancer que le manuscrit leur est advenu directement de leurs père et mère, Galois Mydorge et Catherine Ascelin. Une miniature représentant une femme en prières devant sainte Catherine pourrait laisser penser qu’il s’agit peut-être – compte tenu de la date d’exécution du manuscrit – d’une parente directe de Catherine Ascelin, mère ou belle-mère, portant le même prénom, pour qui ce Livre d’heures semble avoir été exécuté.

Parallèlement nous avons retrouvé aux Archives nationales (AB/XIX/3297/C), à Paris, un autre Livre de raison des Mydorge, rédigé par Jean Mydorge à partir de la naissance de ses enfants, vers 1546, et continué par la suite jusqu’en 1742. Ce document semble être un double des notes du Livre d’heures de San Marino. Voir ci-dessous, en fin d’article.

Armes des Midorge : d’azur au chevron d’or accompagné de 3 épis d’orge de même, deux en chef, un en pointe
Armes de Catherine Ascelin : d’argent à un fer de moulin de sable

Généalogie des Midorge.
Sources : Bibliothèque historique de la ville de Paris (ms 1215-1216)

1. Galois Midorge, originaire du Dauphiné, commissaire des guerres, épouse Catherine Asselin
1.1. Jean Midorge, sieur du Fretay, bourgeois de Paris, épouse Marie Le Bossu, fille de Pierre Le Bossu, sieur de Monthyon, et de Jeanne Olivier
1.1.1. Jean Midorge, commissaire au Châtelet puis au parlement de Paris en 1596, épouse le 19 mai 1573 Madeleine de Lamoignon, fille de Charles de Lamoignon, seigneur de Basville, conseiller d’Etat, et de Charlotte de Basançon
1.1.1.1. Claude Midorge, trésorier général de France en Picardie épouse N. de La Haye
1.1.1.2. Jean Midorge, chevalier de Malte, commandeur de Beauvoir en Gâtinais
1.1.1.3. Pierre Midorge, chevalier de Malte
1.1.1.4. Raymond Midorge, commissaire ordinaire des guerres épouse N. de Noirfontaine
1.1.1.5. Madeleine Midorge épouse par contrat du 13 janvier 1602 Prosper de La Mothe, sieur de Montberaut, commissaire au châtelet de Paris
1.1.2. Gaston Midorge, trésorier de l’artillerie, épouse Louise Le Clerc, fille de François Le Clerc et de Marguerite de Larche
1.1.3. Audebert Midorge, trésorier des gardes écossaises du roi
1.1.4. Marie Midorge épouse Pierre Le Maçon, avocat en parlement
1.1.5. Rachel Midorge épouse Aymon Le Bel, trésorier principal de l’extraordinaire des guerres en Bretagne
1.2. Anne Midorge épouse Galois de Raconis, commissaire de l’artillerie et lieutenant du grand maître


La ferme de Fretay, à Tournan-en-Brie, au début du XIXe s. carte postale.

Le Livre d’heures de la Huntington Library porte une liste précieuse de noms issus des grandes familles parisiennes de l’époque. Nous avons essayé d’en identifier certains :

Monsieur Mydorge sieur de Fretay

Jean Midorge, fils de Galois Midorge et de Catherine Assellin, épouse par contrat ( 25 juin et 12 juillet 1545) Marie Le Bossu. Trésorier, garde des artilleries et munitions du roi en la charge du Languedoc et payeur de la compagnie du seigneur de Dampierre :
\”Jeanne Olivier, veuve de Pierre Le Bossu, seigneur de Monthyon, receveur général des Monnaies, demeurant à Paris, mère de Marie Le Bossu, s’engage à donner aux futurs époux une somme de 2550 livres tournois en deniers comptants, sur laquelle le futur sera tenu vestir et habillier sadicte future espouse, et de leur compter, le jour de leurs épousailles, une somme de 300 livres tournois, le tout pour les droits successifs de Marie Le Bossu sur les biens de son père. De plus Catherine Ascelin, veuve de Gallois Mydorge, commissaire ordinaire de l’artillerie, mère de Jean Mydorge, donne à son fils ainé la moitié de la terre et seigneurie de Fretoy-en-Brie (près Nangis). A la suite de l’acte se trouve le reçu délivré par Jean Mydorge et par Marie Le Bossu, sa fiancée, d’une somme de 1875 livres tournois en écus d’or, à valoir sur la somme de 2550 livres promise, et en outre de celle de 300 livres tournois mentionnée au contrat\” (Insinuations Châtelet, n° 2188 : Paris, AN Y92 f. 95v).
Voir : Archives départementales seine-et-Marne, E 59 1551-1553, terrier à Jeanne Olivier veuve de Pierre Le Bossu – Généalogie LE BOSSU [ en ligne ]
\”Jean Midorge écuyer sieur de Fretay pres Tournehan en Brie fut marié avec Marie Le Bosssu fille de Pierre Le Bossu sieur de Montyon conseiller en parlement et de Jeanne Olivier dont vinrent 3 fils et 2 filles\” (Ms. A)

Damoiselle Marie Le Bossu

Marie Le Bossu, femme de Jean Midorge, fille de Pierre Le Bossu, sieur de Monthyon, et de Jeanne Olivier. Le Bossu, seigneurs de Monthyon depuis 1495. Armes : d’or à 3 têtes de maure de sable tortillées d’argent (Armorial 1696)

Monsieur Morler du Muse au trésor des ligues

Demoiselle Marie Mauque

Voir notice suivante.

Claude Olivier sieur de Barynuillier

20 février 1540. Hommage de partie de fief, terre et seigneurie de la Borde-Fournier, rendu par Marie Mauqué (sic pour \”Maigné\”), damoiselle, veuve de Claude Olivier, écuyer, seigneur de Ballaivilliers, héritière de Guérin Mauqué (sic pour \”Maigné\”), son frère, époux de Marie Bochard. L. Mirot et J.P. Babelon, Hommages rendus à la Chambre de France : Prévôté et vicomté de Paris ; bailliages de Senlis, Clermont-en-Beauvais et Valois, n° 281. Voir AD Seine et Marne, E 1820 : Nomenclature des anciens propriétaires de La Borde-Fournier, d’après les titres : … Guillaume Ligier. écuyer, prévôt de l’artillerie ; — Guérin Mauque, écuyer, époux de Marie Bochard ; — Marie Mauque, veuve de Claude Olivier, seigneur de Balainvilliers, fille du précédent ; — maitre Claude Pichon, notaire au Châtelet de Paris, et Claude Mauque, sa femme, etc.
\”Claude Olivier seigneur de Balainvilliers, âgé de 12 ans le 30 juin 1480 lorsqu’il fut émancipé par son pere (= Jacques Olivier x Jeannette de Noviant) étoit sous la garde de la mere en 148S & épousa Marie Maigné laquelle étant veuve fit hommage le 20 février 1529 de la part qu’elle avoit en la terre de la Bordefournier à elle échue de la succession de son pere\” (Père Anselme)

Anne Le Bossu

Anne Le Bossu, soeur de Jean, archidiacre de Josas, épouse de Edmond Brethe

Edmond Brette greffier des auditoirs du Chatelet de Paris

Edmond Brethe, mari d’Anne Le Bossu, ci-dessus. Voir aux Archives du château de Chantilly, 1 BA 033 : Aveu d’Emond Brethe, écuyer, bourgeois de Paris (maison et ferme à l’opposite du carrefour de la croix d’Eaubonne), 3 juillet 1550. – 1 CA 017 : Bail à loyer fait par Emond Brèthe, greffier des auditoires du Châtelet de Paris, à Jean Martin, laboureur à Vinantes, d’une maison sise devant l’église de Vinantes, avec 34 arpents de terre et dix arpents de bois en gruerie, 29 septembre 1543. – Les Brethe portaient d’azur au sautoir d’argent cantonné de 4 roses de même (Ms. A.).

Monsieur Le Bossu sieur de Montyon 

Pierre Le Bossu, seigneur de Monthyon (près de Meaux), \”receveur des boestes, profits et émoluments des monoyes et payeur des gages des généraux\”, épouse Jeanne Olivier. Partage le 22.2.1563.

Jeanne Olivier

Jeanne Olivier, femme de Pierre Le Bossu, fille de Claude Olivier et de Marie Maugué (ou Mangné)

Jehan Mydorge

Jean Midorge : \”Jean Midorge seigneur de la Maillarde conseiller en la Cour de Parlement de Paris en 1573, le 12 juin, lequel fit partage avec ses frères et soeurs des biens delaissez par le trépas de Jean Midorge et Marie Le Bossu leurs père et mère les 30 may et 7 juin 1606 et 26 feb. 1607, et épousa par contrat du 19 may 1573 n’estant pour lors que conseiller au Chatelet de Paris, Madeleine de Lamoignon fille de Charles de Lamoignon chevalier seigneur de Basville conseiller d’Etat et maistre des requestes de l’hotel du Roy et de Charlotte de Besançon dont vinrent 5 fils et une fille\” (Ms. A). Sans doute le \”Joannes Myndorgius Parisiensis\” du Livre d’emblèmes offert par les Ligueurs au cardinal Enrico Caëtani, légat du pape (Paris, BnF, Nlle acq. Lat. 2636). Parmi les enfants : Claude Midorge, célèbre mathématicien (1595-1647), alias « D.A.L.G. », trésorier de la généralité de Picardie,  membre de l’académie du P. Mersenne, correspondant de Descartes.
Jean Midorge mourut en juillet 1580 selon d’Hozier (source)
Tombes à Saint-Paul de Paris, épitaphes :
Cy devant gist noble homme et sage Monsieur Maître Jehan Mydorge en son vivant seigneur de Maillarde, conseiller du roy en sa cour de Parlement, qui deceda le … jour de juillet 1580, et de son âge le 68e
Cy gist noble damoiselle Madeleine de Lamoignon, sa femme, qui deceda le … – Priez Dieu pour eux.
Source : Epitaphier du vieux Paris, tome XI, p. 107-108, n° 4945.

Jehan Le Bossu Archidiacre de Jozas

Jean Le Bossu, archidiacre de Josas : Le bureau de la draperie était à la rue des Déchargeurs dans une maison appelée les Cameaux. En 1527, c’était un vieux logis qui appartenait à Jean Le Bossu, archidiacre de Josas et que les drapiers lui achetèrent pour le prix de 1,800 livres en échange d une autre maison dont ils étaient propriétaires, située vers le Chevalier du guet (Sauval, II, 472) – Jean Le Bossu, archidiacre de Josas en l’église de Paris : déclaration par lui faite à Edmond Brethe, greffier des auditoires du Châtelet de Paris, mari d’Anne Le Bossu, sa soeur et héritière, portant que les acquisitions du moulin Martinot à Eaubonne, de 22 livres tournois de rente sur les moulins, et des terres dites \”de Maugarnye\”, audit Eaubonne, effectuées par Jean Duberle, son serviteur, ont été faites de ses deniers, et qu’il n’entend rien réclamer à ce sujet, sauf une rente de 70 sols sur une maison à Eaubonne, et ce qui se trouve enclos dans les jardins et vignes dudit Le Bossu. 29 mai 1549 (Insinuations Châtelet, n° 3077). Voir aussi aux Archives du château de Chantilly, plusieurs pièces le concernant : 1-BA-029 : Foi et hommage par Jean Le Bossu, archidiacre de Josas en l’église de Paris, héritier de Gilles Le Bossu, son père, 31 janvier 1520 [1521]. – Foi et hommage par Nicolas Brethe, chanoine de l’église de Paris, donataire de Jean Le Bossu, son oncle, 24 septembre 1562. – 1 BA 033 : Echange de biens entre Jean Le Bossu, chanoine et archidiacre de Josas en l’église de Paris, et Vaast Le Prévost, procureur général du Roi sur le fait des Eaux-et-Forêts de France ; Le Bossu cède des biens à Vinantes et à Saint-Denis en échange de biens à Eaubonne et de bois dans la forêt de Montmorency ; 11 avril 1531. Le Bossu vend ces biens et ces bois à Anne de Montmorency, 18 novembre 1531, etc…

Jaques Bochetel secretaire du roy et tresorier de la maison

En 1541, Guillaume Bochetel, seigneur de Sassy et de la forêt de Thaumier, secrétaire du roi François Ier, devient seigneur de Breuilhamenon. Son fils, Jacques Bochetel, est trésorier du dauphin, secrétaire de la chambre du roi, greffier de l’ordre de saint Michel, maire de Bourges en 1552, Ambassadeur extraordinaire du roi François Ier en Suisse puis en Flandre, gentilhomme de la chambre du roi Charles IX de France, Chevalier de l’ordre sous le roi Henri III de France et Conseiller d’État sous le roi Henri IV. Il est seigneur de Breuilhamenon des terres de Plou, de 1558 à 1575. Il donne cette seigneurie en dot à sa fille Marie qui épouse Michel de Castelnau Mauvissière, sous condition de joindre le nom de Bochetel à celui de Castelnau (Wikipedia).

Catherine Asselin

Catherine Asselin, femme de Galois Midorge. La famille Asselin parait être originaire de Normandie, d’où les caractéristiques liturgiques de ce Livre d’heures.

Galois de Mydorge esveques sieur de Fretay commissaire ordinaire de l’artillerie

Galois Midorge, \”commissaire des guerres et natif de Dauphiné fut marié a une damlle nommée Catherine Ascelin laquelle portoit pour armes d’argent à un fer de moulin de sable.\” (Ms. A). Décédé le 16 août 1538, inhumé à Saint-Paul (Epitaphier). Le 23 août 1548, sa veuve donne à Jean Midorge, son fils, \”payeur de la compagnie du seigneur de Vassé\”, des terres à Crosnes, \”nouvellement plantées en vignes par sondit fils\” (Insinuations Châtelet, n° 3175)

Gaston Mydorge

Gaston Midorge, fils de Jean et de Marie Le Bossu, né le 5 novembre 1547. \”Gaston Midorge trésorier général de l’artillerie tant de ça que de là les monts en 1596 fut marié 2 fois la 1. avec Louise Le Clerc fille de François Le Clerc secrétaire du Roy et de Marguerite de Larche dont il eut 2 fils et 3 filles. la 2 avec Marie Aubert fille de Guillaume Aubert advocat général en la Cour des Aydes de Paris et de Barbe Roger dont il eut encore 2 fils et 1 fille\” (Ms. A). Paris, AN Y3894, Registres de tutelles, 20 décembre 1629 [ numérisé ] – Voir conflit entre sa veuve et François et Jean Midorge [ lien ]

Gaston Olivier grand Archidiacre d’Angers

Sur ce personnage, voir Françoise Lehoux. Gaston Olivier, aumônier du roi Henri II (1552), Bibliothèque parisienne et mobilier du XVIe siècle, Paris, l’auteur. Archidiacre et chanoine d’Angers, aumônier de Saint-Denis, il venait à peine d’être nommé l’un des aumôniers ordinaires du roi, et appelé au Louvre, lorsqu’il mourut à Paris, le 18 août 1552, à peine âgé de 45 ans.

Monsieur Ariole de La Planche cure de Deneze en Anjou

Sans doute Nicolas de La Planche, curé de Dénezé-sous-Doué. Il avait accordé aux tailleurs de pierre une chapelle dédiée à Saint-Nicolas où étaient célébrés en alternance les cultes catholiques et protestants [ source ]

Madame Marie Mauque

Marie Mauque (ou Maigné) veuve de Claude Olivier, seigneur de Balainvilliers. Plusieurs sources donnent la forme \”Maigné\”.

Sarra Mydorge

Sarra Mydorge, fille de Jean Mydorge et de Anne Le Bossu, née le 13 aout 1549, morte le 4 aout 1553 \”d’une fiebvre chaulde et dune plorezie\” (Livre de raison, AN AB/XIX/3297/C)

Jacques Olivier archidiacre Doutremarne en l’eglise d’Angers prieur de l’appy en Picardie

Jacques Olivier, archidiacre d’Outre-Maine le 20 août 1537, neveu de Jean Olivier, évêque d’Angers

Madame Denise Brette

Monsieur Savignac receveur des generaux des Monnoies et de l’hotel dieu

Jean de Savignac, receveur général des monnaies en 1557, receveur de l’Hôtel-Dieu de Paris (1541)

Estienne Mydorge

Etienne Mydorge, fils de jean Mydorge et de Anne Le Bossu, né le 2 mars 1550 (Livre de raison, AN AB/XIX/3297/C)

Galois de Raconis Commissaire <?> de l’artillerie et lieutenant a Paris de Monsieur le grand M[aitre] de d<?>dle

Galois de Raconis, commissaire ordinaire de l’Artillerie au Gouvernement de Paris et de l’Ile-de-France, lieutenant du Grand Maître. Il épouse Anne Midorge, fille de Galois Midorge et de Catherine Asselin.

Bruno Neveu, Un historien à l’École de Port-Royal : Sebastien le Nain de Tillemont 1637-1698, Martinus Nijhoff, 1966, p. 5, note 1. Voir généalogie des Raconis [ fichier pdf ]

Estienne de la Planche l’un des quatre esauffesmes de France

Etienne de la Planche, avocat, un des quatre chaufecires de la chancellerie, vers 1555. Epitaphe de son fils Jacques : \”Aussy gist Jacques de La Planche, fils de noble homme Estienne de La Planche, L’un des quatre chaufecires hereditaires de la Chancelerie de France, et de noble damoiselle Ysabele Vincent qui trespassa en l’age de 13 mois le vendredy 5e …\”. Epitaphier du vieux Paris : recueil général des inscriptions …1989, p. 101.

Damoiselle Bochetel

Marie Bochetel ? épouse de Michel de Castelnau Mauvissière

Monsieur Bourdin conseilleur du roy et secretaire de ses finances

Jacques Bourdin, fils de Jacques Bourdin, notaire et secrétaire du roi, et de Catherine Brinon, appartenait à une famille influente. Son frère Gilles, avocat très distingué, était devenu procureur général au parlement. Quant à lui, il devint, en 1549, secrétaire des finances après avoir été attaché à Guillaume Bochetel, secrétaire d’État, dont il avait épousé la fille. Il fut chargé de dresser les instructions des envoyés du roi au concile de Trente … C’est encore lui qui avec M. de Morvillier, évêque d’Orléans, négocia le traité conclu à Troyes le 9 avril 1564 qui enleva définitivement Calais à l’Angleterre malgré les réserves de cette puissance. Il mourut le 6 juillet 1567, assisté par Claude d’Espence. On lit dans Moreri qu’il demanda par son testament à être enterré sans pompe et voulut que son corps fût porté dans la fosse publique de l’hôpital de la Trinité, rue Saint Denis, précédé d’une lanterne seulement. Ses armes qui étaient d azur à trois têtes de cerf d’or se voient aux voûtes de l’église de Medan [ source ].

Marie Mydorge

Marie Midorge, fille de Jean Midorge et de Marie Le Bossu, née en 1551 : \”Marie Midorge femme de Pierre Le Maçon advocat en parlement\” (Ms. A)

Monsieur le Bossu sieur de Montyon

Madame la receveuse de l’escurye du roy lyomec (?)

Madame la tresoriere de Raconis

Audebert Mydorge

Audebert Midorge, fils de Jean Mydorge et de Anne Le Bossu, né en 1553. Trésorier des Gardes Ecossaises du Roi, fils de Jean Midorge et de Marie Le Bossu. \”Audebert Midorge escuyer trésorier des gardes escossoises du Roy en 1596\” (Ms. A)

Monsieur Audebert Catin sieur de Clermont

Audebert Catin, auditeur des Comptes, seigneur du Vau et de Chartrettes, conseiller notaire et secrétaire du roi, maison et couronne de France, trésorier et payeur des gens d’armes du connétable Anne de Montmorency. Ci-dessous exemplaire relié en maroquin aux armes d’Audebert Catin : JUSTINIANUS. Institutiones juris civilis, Justiniani magni imperio per Triumviros Tribonianum, Dorotheum ac Theophilum conscriptae et Fr. Accursii glossis illustratae. Fontes juris civilis, id est, Numae Pompilii ac XII. tab. leges. Genevae, Excudebant G. Symon à Bosco & Gulielmus Gueroult, 1555 (Catalogue Bonnefoi 137, lot 12)

Monsieur Francois d’Abra dit Raconis tresorier <?> de l’armee (?) et des <?> payes de Picardie

François d’Abra de Ranconis, naturalisé en 1549, acquit successivement les seigneuries de Neuville, près de Montfort-l’Amaury, de Perdreauville et de Haulu. Nommé en 1556 receveur extraordinaire de l’artillerie, et l’année suivante trésorier des guerres. Chargé en 1591 d’une mission auprès des cantons suisses. Henri III accorda au Raconis, par lettres patentes de 1577, le droit de porter en France le nom d’Abra. Voir qq notes sur son château de Neuville.

Anne Mydorge

\”Anne Midorge femme de Galois de Raconis commissaire de l’artillerie et lieutenant du grand maistre de ladite artillerie\” (Ms. A). Voir : 30 décembre 1593 : Quittance de Martin de Bragelongne, conseiller du roi au Parlement et président en la Chambre des enquêtes, lequel, au nom et comme tuteur d’Anne de Raconis, fille mineure de feu Nicolas de Raconis, contrôleur général des guerres, et héritière de feu Anne Midorge, veuve de (Gallois), sieur de Raconis, lieutenant du grand maître de l’artillerie au gouvernement de Paris et de l’Ile-de-France, confesse avoir reçu de Jean de Ligny, commis au rachat des rentes et paiements des arrérages dus par le feu roi à plusieurs particuliers, une somme pour les arrérages d’une partie d’une rente vendue en 1586 à la dite Anne Midorge par Pierre Chaillou, secrétaire de la Chambre du roi, au nom et comme procureur de M. de Joyeuse, pair et amiral de France, et de plusieurs autres seigneurs (Reims, Carnégie, Coll. P. Tarbé. Carton XII. N° 50).

Monsieur le commissaire de Raconis

Jean de Raconis, commissaire ordinaire de l’artillerie, 1536-1541 ; ou François, occupant les mêmes fonctions en 1557

Marguerite Mydorge

Marguerite Mydorge, fille de Jean Mydorge et de Anne Le Bossu, née en 1554

Monsieur Lyomec (?) sieur de Cueilly receveur de l’escurie du roy

Marguerite Pichon

Monsieur le Seche

Marie Mydorge

Marie Mydorge, fille de Jean Mydorge et de Anne Le Bossu, née en 1556.

Monsieur de Vandargene

Damoiselle Catherine Rappouel

Catherine Rappouel, fille de Jacques Rappouel et de Catherine de Bragelongne, épouse le 28 octobre 1571 Jean Boileau, commissaire des guerres, trésorier provincial en Bourgogne. Paris, AN, AD75 6AZ900 05 : Histoire généalogique des conseillers au Parlement de Paris jusqu’en 1712 [ numérisé ] – Aïeule de Nicolas Boileau. Voir dans les pièces justificatives des oeuvres de Boileau. Rapouel : d’azur, à un aigle essorant à senestre, à la tête contournée à dextre, d’argent, accompagné de trois chaperons d’oiseau de même, deux en chef et un en pointe.
Monsieur Coigne

Phyles le Bossu

Philippe (philippine) Le Bossu qui épousa avant 1563 Louis Ribier, écuyer seigneur de Villebrosse.

Monsieur de Villebrosse

Louis Ribier, écuyer, seigneur de Villebrosse, fils de Guillaume Ribier, écuyer, seigneur de Villebrosse, Trésorier de la Vénerie, et de Jeanne du Val.

Abraham Mydorge

Abraham Mydorge, fils de Jean Mydorge et de Anne Le Bossu, né en 1557.

Monsieur Johanne conseiller et argentier du roy

Antoine Fayer conseiller du roy et tresorier de le <?> de la guerre

Damoiselle Lamie (?) Le Bossu

Lois Midorge

Monsieur Re< > sieur de Villebrosse

Monsieur de Grantrue (?) receveur des tailles de Paris

Demoiselle Catherine de Bragelongne

Catherine de Bragelongne, fille de Martin de Bragelongne, seigneur de la Cour et de Mareau, prévôt des marchands de Paris, échevin de Paris en 1533, et de Marguerite Chesnard (Roglo). Epouse Jacques Rappouel.

Monsieur Rappouel conseiller du Roy au Chatelet de Paris

Jacques Rapouel, seigneur de Varatre (près de Lieu-Saint, en Seine-et-Marne), conseiller au Châtelet de Paris, épouse Catherine de Bragelongne, fille de Martin et de Marguerite Chesnard (De La Chenaye-Desbois, III, 1864, p. 962)

Rachel Mydorge

Rachel Midorge. Voir ci-dessus 1.1.5. Fille de Jean Midorge et de Marie Le Bossu, née en 1561 :  \”Rachel Midorge femme de Simon Le Ber trésorier provincial de l’extraordinaire des guerres en Bretagne\” (Ms. A).

Monsieur Le Bossu sieur de Montyon advocat au parlement

Damoiselle Brigide d’Abra

Brigitte d’Abra de Raconis, ép. Louis de Morainvillier, mort vers 1610, seigneur d’Orgeville et de Graveron-Jumelles

Catherine de Raconis

Catherine d’Abra de Raconis, fille de Gallois d’Abra de Raconis, et de Anne Midorge, épouse de Martin II de Bragelongne, président aux enquêtes du Parlement, seigneurde Charonne (1543-1623), fils de Martin de Bragelongne, seigneur de Mareau (1495-1569) & de Marguerite Chesnard (Pierfit)


Château de Monthyon [ source ]

Le Livre de raison des Mydorge, petit cahier de 10 feuiilets, conservé aux Archives nationales (AB/XIX/3297/C) porte en première page :

Papier de laage de // mes enffans // Ce papier est escript de la main // de feu Jean Mydorge seigr // de Fretay et continué par // François son petit fils et par // Nicolas Mydorge arriere petit // fils

Les premières notes :

f. 2r 1538 – Le XVIe jour de aoust lan mil cinq cens trente huict mouru feu Galoy Mydorge en son vivant seigneur de Fretay en Brye et commissaire ordinaire de lartillerie du roy et enterré en leglise de St Pol pres et joignant le dessoubz des cloches tenant a la chapelle St Eutrope
1556 Le mercredy huictieme jour de juillet M Vc cinquante six mourut feu dame Catherine Asselin en son vivant femme dud. feu Galoys Mydorge
1511 Le XIIeme jour doctobre M Vc unze fut né Jean Mydorge leur filz aisné qui fut baptizé sur les ffons dudict saint Pol [changement de main : ] lui fut seigneur de Fretay et trespassa le jour ste Croix XIIIIe de septembre M Vc soixante huit a une heure apres midy
1527 Le mercredy XIe jour de decembre M Vc vingt et sept fut née Marye Le Bossu fille de Pierre Le Bossu sr de Monthyon et de dame Jehanne Olivier sa femme entre deux et trois heures du matin et fut baptizée sur [// f. 2v] les fons de st Germain de … qui fut femme dud. Jehan Mydorge laquelle trespassa le jour de ste Catherine XXV jour de novembre M Vc IIIIxx dix
1545 Le XIIIe jour de juillet M Vc quarante cinq furent mariez et conjoincts par mariaige en lad. eglise de st Pol lesd. Jehan Mydorge et Marie Le Bossu.

Images et description du manuscrit Huntington Library, HM 1166 [ en ligne ]

19 Juin 2012
Jean-Luc Deuffic

The Artz Hours : le Livre d’heures des Maillé de Guéritaude


© Morgan Kay, Franck and Jonathan Kay. Oberlin College Library’s Special Collections

Pour ceux, et ils sont de plus en plus nombreux je crois, qui étudient les Livres d’heures – de près ou de loin, profanes ou experts – le site d’Erik Drigsdahl (Late Medieval and Renaissance Illuminated Manuscripts – Books of Hours 1400-1530), entreprise remarquable, est devenu un espace incontournable. 

Parmi les manuscrits présentés par  Erik Drigsdahl et dont il nous donne le texte intégral [ en ligne ], figure The Artz Hours, que la bibliothèque d’Oberlin College, où elles sont conservées, a eu l’excellente idée de numériser [ en ligne ]. Elles portent le nom de leur donateur, Frederick Binkerd Artz (1894 -1983).
Si l’usage liturgique de ce Livre d’heures reste orienté vers Le Mans / Angers (les litanies étant nettement angevines, le calendrier parisien), la personnalité des commanditaires ne semble pas avoir été relevée. En effet, l’origine des Artz Hours doit être cherchée du côté de la puissante famille de Maillé, illustre en Touraine, alliée à d’imposants lignages, notamment en Bretagne, avec les Rohan, Penhoët, Châteaubriant, du Refuge, Rougé, Ploësquellec, Avaugour, de Plœuc, etc. L’ouvrage de référence sur cette famille reste celui, déjà ancien, des abbés Ambroise Ledru, et  L.-J. Denis, La Maison de Maillé, accompagné de nombreuses pièces justificatives (table alphabétique des noms par Eugène Vallée), A. Lemerre, Paris, 1905, numérisé sur Gallica.

Le château de la Gueritaulde au début du XXe siècle

Nous avons eu l’occasion ici de décrire plusieurs de ces Livres d’heures qui ont servi également de Livres de raison. Peut-être un jour en donnerons nous une liste … The Artz Hours appartiennent à cette catégorie, les derniers feuillets ayant été notés des naissances de quelques membres de la famille de Maillé, de la branche de Guéritaude, laquelle blasonnait d’or à trois fasces ondulées de gueules, brisé d’un point d’azur en chef. Le domaine de la Guéritaulde (nom actuel), s’étendait au sud de Veigné, proche de Tours, et de cette terre relevait entre autre le moulin du Lavoir, sur l’Indre, attesté dès le Xe s. et dont une des 2 roues était possédée par le puissant monastère de Marmoutier (Molendini de Lavatorio, XIIIe s. dans Chronicon abbatiae Majoris Monasterii, t. I, p. 224). La Guéritaulde formait un fief relevant de Montbazon, les premiers propriétaires connus en étant Guy de Maillé et Jeanne de Sazillé, \”dame de l’Islete et de la Gueritaude\”, qui firent en 1372 une importante fondation à l’abbaye de Cormery. Il resta dans la famille de Maillé jusqu’à la mort d’Hercule de Maillé qui eut pour successeur son beau fils, François de la Barre, maire de Tours. Voir aux AD 37 :  G. 226. XVIIIe siècle. Plan des fiefs de la Gueritaude et de la Villaine, paroisses de Veigné et Esvres, dépendants du chapitre de Tours et enclavés dans divers fiefs appartenant à l’abbaye de Cormery.


Le Moulin du Lavoir à Veigné.

Parmi les annotations du Livre d’heures, voici celles que nous avons tenté de relever :

f. 119v :

[1497] Len mil CCCC iiiixx xiii // VI jour de juing nasquit // René de Mayllé (1) filz de // Ianon de Mayllé (2) et de // Anne Pommarde

[1526] Lan myl CCCCC vynt et syx // le XVIme jour de feuvryer // naquit Janne de Mayllé fille de // René de Mayllé et de Anne de // la Vove parain mons. de ?? // …? et marayne ma //demoyselle Dupré et made // moyselle de la Droui?

f. 120r :

[1530] lan myl scynt sans trante le // vynt et Viii me jour doutoubre // feut née // Renée de Mayllé et furent son par// [en interligne : fille de René de Mayllé et de Anne de la Vove] //ayn Françoys Guyneuf et mara//yne madame de ??? et ma//demoyselle de cusytois ?

[1531] Le vynt et troysyeme jour de dessambre // myl scynt sans trante et vng fut // né Jenon demoyselle fille de René de Mayllé et de Anne de la Vove et // furent ses parayns meus. de Lafonne//rie? et mons. de Meny..? et marayne // mademoyselle d…?

f. 120v :

[1575] L’An mil cinq cens soixante et quinze // la nuict d’entre le vendredy et sabmedy // vintz huictiesme et vinctneufuiesme du // mois d’oc[to]bre trespassa noble damyselle // Anne de la Vove dame de la Quiritaude // et le dyme[n]che ensuyvant feste de la // dedicace de l’église de Veigné fut inhumé en leur chapelle dud. Veigne par moy Me Estienne Colynet soubz signé et vicaire pour lors dud. Veigné. [signature]


© Morgan Kay, Franck and Jonathan Kay. Oberlin College Library’s Special Collections

(1) René de Maillé, seigneur de la Gueritaude, de l’Olive & Verrière, né le 6 juin 1493 (The Artz Hours, note) épousa Catherine d’Avaugour, fille de Charles d’Avaugour, chevalier seigneur de Cherville (Bretagne) & de Catherine de Bernesay, dont il n’eut aucun enfant. II se remaria par contrat du 12 janvier 1525 (n.s.), passé à Chinon, avec Anne de la Vove, fille de Louis de la Vove, seigneur de la Pierre & des Prés & de Jeanne Ie Picard, décédée selon The Artz Hours dans la nuit du 28 au 29 octobre 1575.

(2) Janon de Maillé, seigneur de la Gueritaude, fils puîné d’Hardouin de Maillé & d’Anne Rabasté, fut marié par contrat le 7 Janvier 1490 avec Anne Paulmart, fille de Philippe Paulmart, écuyer, seigneur de l’Olive & de Jeanne d’Aubigny.  Après le décès de sa femme, il épousa en 1518, Charlotte de Salignac, dame de Saint Martin, veuve de Jean de la Touche. De son premier mariage il eut  1) René de Maillé, seigneur de la Gueritaude, qui suit. 2) Françoise de Maillé,  mariée le 20 aout 1519, à Georges d Anglou, écuyer seigneur de Beauregard en Savoie, maréchal des Logis du roi, capitaine du Mans &t de Valence. De son second : Françoise de Maillé, alliée à Gui d’Ausseure, assesseur à Poitiers. 

René de Maillé est mort le 26 décembre 1585, date du partage de sa succession entre ses enfants.
Le remariage d’Anne indiqué par les abbés Ledru et Denis (p. 317-318) semble être contredit par la date de son décès, situé au moins dix ans avant celle de son mari. Peut-être ce dernier s’est-il marié une 3ème fois ?
Anne, sa veuve, se remarie avec N. de Bieury (Beuris) dont elle eut :
Jean, écuyer, sieur du Dauson, avocat au parlement de Paris ; Anne; Guillemine, religieuse à l’abbaye du Pré, et Louise.

De René de Maillé et d’Anne de la Vove naquirent :
§ Yves de Maillé, chevalier, seigneur de la Guéritaude et de l’Olive. Il partagea avec ses frère et soeurs l’héritage de leurs parents, le 26 décembre 1585. Étant en son lit, malade, au château de la Guéritaude, il y dicta ses dernières volontés, le 18 juillet 1588, d’être inhumé en l’église paroissiale de Veigné, dans la chapelle de la Guéritaude. Il faisait différents legs à l’église et aux enfants du second mariage de sa mère et choisissait Hélie de Maillé, son frère, pour exécuteur testamentaire. Il mourut peu après, car le 27 janvier suivant son frère et ses soeurs se partageaient les biens qu’il laissait. Il était fiancé, lors de son décès, avec Anne de Chambes-Montsoreau (AD d’Indre-et-Loire, G 1036, n° 21) :

Aussi veult et ordonne ledict sieur testateur que, apres que l’asme sera séparée d’avec le corps, sondit corps estre mis en ung sceurcul de bois neuf et que les gans d’église de la parroisse de Vesgné et autres qui assisteront a son anterrement viennent quérir sondit corps et cadavert en se lieu, maison seigneurial de la Gueritaude, et le conduisent jusque en ladicte église de Vesgné avec la croix, chantant suffrages et autres prieres acoustumées, etque lesdites gens d’église soyent satisfaictz de chacun ung teston …
Davantage, veult et ordonne ledict sieur testateur que seur sa fosse soict eulevé ung arceau en forme d’arcadde de pierre de taille, pres et contre la muraille de la chapelle de la Gueritaude, seur sa fosse, sur lequel arceau sera portraict la figure dudit sieur, tirée au vif a deulx genoux, lequel portraict et figure sera faict d’une pierre la plus propre et blanche qui sce pourra recouvrer … (La maison de Maillé, preuves 549)

§ Renée de Maillé, née le 28 octobre 1530 (The Artz Hours, note), nommée dans les partages de 1585 et de 1589. Elle testa à la Guéritaude, le 30 mars 1591. De même que son frère, elle choisit sa sépulture en la chapelle de la Guéritaude. AD 37, G 1036 :

… et seront tenuz les procureurs fabriciers de ladite parroisse faire dire et selebrer en ladite esglise de Veigne, tous les dimanche des annees, une messe basse davant l’autel Sainct Sebastien en la chapelle de la Gueritaud , entre la premiere messe et la grande messe paroischialle dudit lieu, et au matin de ladite messe se retournant ledit chappellain  dira ladite messe sera tenu de dire en ses motz ou semblable : « La messe qui se dit ycy par chacun dimanche se dit a l’intention pour l’ame de deffunct Renee de Maille et Jehanne de Maille, fille de la Gueritaude ; s’il vous plaist, a 1’intention, vous direz devotement ung Pater noster et ung Ave Marya, et nous dirons nos De profondys a l’heure presente avecque Fidelium. »

§ Jeanne de Maillé, née le 16 février 1526 (The Artz Hours, note), nommée également dans les partages de 1585 et de 1589. Elle fit son testament à la Guéritaude, le 22 décembre 1593, avec codicille du 3 janvier 1594, à peu près dans les mêmes termes que sa soeur.  AD 37, G 1036, n° 6.
§ Janon, née le 23 décembre 1531 ( (The Artz Hours, note)
§ Hélie de Maillé, chevalier de l’ordre du roi, seigneur de Verrières, puis de la Géritaude et de l’Olive après son frère aîné, fit partage avec lui et avec ses soeurs le 26 décembre 1585 et le 27 janvier 1589. Il épousa : I° Marguerite de Ceps, fille de Pierre de Ceps, seigneur de la Ferrière, et de Charlotte Le Cirier ; 2°, par contrat du 21 décembre 1596, Madeleine de Chérité, fille de François de Chérité, écuyer, seigneur de Voisin, et de Madeleine de Bournen. Il mourut avant le 22 novembre 1618.

Source : Paris, BnF, Fr. 28282, n° 105 – La Maison de Maillé, par l’abbé Ambroise Ledru, et l’abbé L.-J. Denis ; avec table alphabétique des noms par Eugène Vallée, A. Lemerre, Paris, 1905, 3 vol. Numérisé sur Gallica.
Voir aussi : Histoire du Berry – Moréri, Dictionnaire

La Chapelle-de-la-Guéritaulde. Cne de Veigné (37). La Chapelle de la Guéritaude, 1648 (Pouillé de Tours, p. 48) ; La chapelle du château de la Gueritaude, paroisse de Veigné, 27 juillet 1776 (acte Thenon-Tours) ; Veigné. A la Guéritaude, château appartenant à M. Rouzel, thrésorier de Monsieur, en bon état, excepté l’un des vitraux et quelques crevasses à remplacer ;  cette chapelle est utile au canton selon le témoignage du Sr curé ; expédiée, 1775 (AD 37, G 14, f. 3 r) ; A la Guéritaude, château appartenant à M. du Rouzel, en bon état, 1787 (AD 37, G 14, f. 24r). Chapelle domestique fondée le 18 juillet 1588 par Yves de Maillé, desservie au château de la Guéritaulde. [ source Denis Jeanson ]


Veigné et son église au début du XXe s.

Litanies du Livre d’heures [ CHD ] : f. 78 // martine, germane, nicholae, iuliane, maurile (Angers), albine (Angers) // [ f. 78v :] renate (ep. Andegavensis), brice, serenede (Angers), licini (ep. Andegavensis), segi (= sergi), bache, magnobodi (ep. Andegav.), augustine, ieronime, germane, hylari, remigi, lupe (ep. Andegav.), benedicte (ep. Andegav.), anthoni, fiacri, //

Biblio
Seth Hindin, The Artz Hours. Analysis of a Fifteenth Century Book of Hours.
Liens
Erik Drigsdahl & CHD Center for Håndskriftstudier i Danmark [ en ligne ]
The Artz Hours numérisées : Explore the Artz Hours [ en ligne ] ou [ en ligne ]

Pages :«123456789»