Voir les articles dans "Textes et images"
29 Avr 2019
Jean-Luc Deuffic

Quelques manuscrits de Louis Bourguet, philosophe, mathématicien et naturaliste

Louis Bourguet (1678 – 1742), philosophe, mathématicien et naturaliste, naquit à Nîmes, le 23 avril 1678. Il était le fils de Jean Bourguet, riche négociant huguenot spécialisé dans la soie, et de Catherine Rey, tous deux réfugiés. En 1702, il épouse Susanne Jourdan.
Dans le cadre de son activité au sein de l’entreprise familiale, dès 1697, il entreprend de nombreux voyages en Italie du nord où il fréquente les grandes bibliothèques de Milan, Vérone et Venise, ville où il séjourne même quelques années. Il s’installe définitivement à Neuchâtel en 1715. Au cours de ses voyages, Bourguet se constitua un réseau de savants et de scientifiques, auprès desquels il acquit des connaissances en hébreux, mathématiques et sciences naturelles, tout en rassemblant une collection de médailles et une bibliothèque de manuscrits anciens. Il s’engage dès 1728 pour des projets journalistiques, la Bibliothèque italique, ou le Mercure suisse, et sera nommé professeur de philosophie et de mathématiques en 1731.
Pendant son séjour à Vérone, il fera l’acquisition de plusieurs manuscrits dont un livre d’heures à l’usage de Rome, conservé aujourd’hui à la Free Library of Philadelphia, Lewis E 114 : https://libwww.freelibrary.org/digital/item/3362
Manuscriptum hoc acquisivi, Veronae, mense maio, anno à recuperata salute 1698. Ludovicus Bourguetus nemausensis, Gallus, reformata religionis ergo exul ab anno 1685 ad 1702 Tiguri & Bernae Heleveticum.

Quelques manuscrits possédés par Louis Bourguet :
London, British Library, Harley 5743 : Librum hunc Tragœdiarum acquisiyit Ludovicus Bourguetus Nemansensis a Doctore Antonio de Blanchis Veronæ d 4 Octobris Anno Dom Mill Septingentesimo secundo : https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=5007&CollID=8&NStart=5743 Zentralbibliothek
Zürich, Arch St 22 : Bibliothecae novae Tigurinorum publico privatae album http://doi.org/10.7891/e-manuscripta-45784
Genève, Ms. heb. 5, Ms. heb. 13, Ms. heb. 16.
Hamburg, Staats- und Universitätsbibliothek, Cod. in scrin. 170b, Yaʿaqov ben Asher: Arbaʿa Ṭurim. P. I-IV : « Librum hunc acquivisit Lud. Bourguetus … a Saule Merarj Judaeo, Verona … 1701 »; « Christiani Theophili Ungeri e libris Bourguetianis » ; hebr. 47 : « Hoc Psalterium … acquisivit Ludovicus Bourguetus …. Venetiis a Rabino Boen … 1701 » ; Cod. in scrin. 132, Yiṣḥaq Dueren (often referred to as mi-Dura = of Dura), Shaʿare Dura (‘Gates of Dura‘) and Hilkhot Nidda (‘The Laws of Family Purity‘); Rabbi Meʾir of Rothenburg Hilkhot Berakhot (‘The Laws of Blessings‘) :

hebr. 265 : « Comparavit a Saule Merarij judaeo, Lud. Bourguetus Nemaus. Veronae d.3 Oct. A. 1702 ». http://dare.uni-koeln.de/sourceviewer?type=ms&docid=1055
Leipzig, Universitätsbibliothek Leipzig, B. H. 17
München, Bayerische Staatsbibliothek, Cod.ital. 261: « Codicem hunc Mss acquisivit Venetiis Ludovicus Bourguetus Nemausensis die Í5 mensis aprilis anno Domini 1702 »
Paris, Institut catholique, Lat. 23, recueil (Aristote). Italien XIVe s. « Hunc librum acquisivit Ludovicus Bourguetus Nemausensis, Venitiis die 10, mensis Aprilis, Anno … 1701 » (p. 324).

Lien : Lumières Lausanne (Fiche biographique et bibliographique) : https://lumieres.unil.ch/fiches/bio/358/
Illustration, portrait: Wellcome Collection. CC BY : https://wellcomecollection.org/works/sg2hkfj4

25 Jan 2019
Jean-Luc Deuffic

Un nourrice inconnue d’Anne de Bretagne : Yvonne Tranchefeu

Comme toute bonne princesse, Anne de Bretagne, fille du duc de Bretagne François II (1435-1488) et de sa seconde épouse, Marguerite de Foix (v. 1449-1486), née le 26 janvier 1476 (n.s.) eut certainement plusieurs nourrices à ses côtés. Antoine Le Roux de Lincy, dans la Vie de la reine Anne de Bretagne, femme des rois de France Charles VIII et Louis XII, Paris, 1860, mentionne effectivement la femme de Jean Eon, que l’on fit venir de Rennes, et qui donna le sein à la petite princesse, les médecins ayant écarté la demoiselle de La Vire (1). On peut certainement ajouter Yvonne, la femme de Jean Tranchefeu, connue par un article du riche recueil Fr. 22318 de la la Bnf (p. 87) : “Exemption de tous subsides pour Jehan Tranchefeu mary de la nourrice d’Anne fille du duc, 1477“. Le couple est par ailleurs connu par le baptême, le 16 octobre 1481, d’un garçon à Sainte-Croix de Nantes, prénommé Jean, lequel eut pour parrains le recteur de Musillac, “Mestre Jehan Jacquet” et Alain Gabart, et pour marraine “Jehanne de Landreville”.

(1) Volume I, p. 59-60.


Archives départementales de Loire-Atlantique

31 Mar 2017
Jean-Luc Deuffic

Note sur un exemplaire de la “Couronne Margariticque” de Jean Lemaire de Belges

Le manuscrit Paris, BnF, fr. 12077 est un exemplaire de La Couronne Margariticque, oeuvre composée entre septembre 1504 et mars 1505, à Annecy, par Jean Lemaire de Belges, \”historiographe\” de Marguerite d’Autriche, duchesse de Savoie, suite au décès (1504) de Philibert II de Savoie. Le manuscrit présenté ici provient des collections du château d’Anet, comme le prouve la fameuse paraphe du f° 1. Cette collection fut alimentée par un important fonds de manuscrits bretons. Voir notre site : https://lesmanuscritsduchteaudanet.wordpress.com/

Le texte du 12077 est orné de trois lettrines particulières: un (\”L\”) avec un écu où sont dessinées trois mouchetures d’hermines (origine bretonne du commanditaire?), la seconde, plus complexe, contient aussi un écusson à l’intérieur: à droite, le nom de André Dupré, et à gauche : J. Foucré m’a fait. Le nom de Jean Foucré figure encore dans la 3e  (\”Q\”), avec ses initiales entrelacées. Ainsi Jean Foucré fit faire et copier ce manuscrit (par ou pour André Dupré?)

Le 3 octobre 1541, une enquête faite par Jean d’Argentré, prieur de Saint-Nicolas de Vitré, \”sur ses droits à la dîme du pain consommé par la maison du comte de Laval, lors de ses séjours à Vitré\”, fait intervenir comme témoin notre Jean Foucré :

Maistre Jean Foucré, chanoine prébendé en l’église collégiale de la Magdeleine, prieur de Brielles, demeurant à Vitré, âgé de 34 ans, expose que depuis 20 ans derniers il a esté par un long espace de temps serviteur et des familiers de défunt Monseigneur (Guy XVI de Laval) dernier décédé, que Dieu apelle, … (Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, t. XVII, 1901, p. 75).

Ce Jean Foucré est certainement le donateur de la paix en ivoire, conservée au Musée de Laval. Cet ivoire du XVIe siècle porte les armes de Guy XVI, comte de Laval, et d’Antoinette de Daillon, sa troisième femme, et l’inscription suivante : FOUCRE. FOR. SECRE. CA. ME. DEDIT. (Je n’ai pas encore confirmation de son existence au dit musée).

Philippe de Laval entra en religion en 1532: \”Haute et puissante dame madame Antoinette de Daillon, comtesse douairière de Laval et de Quintin etc., fut présente à son entrée au couvent, avec dom Jacques Pierre Legeleux, son aumônier, et Jehan Foucré, son secrétaire\”. (Etudes sur les communautés et chapitres de Laval, d’après le manuscrit de Louis-Julien Morin de La Beauluère).

Ainsi, de tous ces détails, peut-on établir l’identité exacte de ce Jean Foucré : chanoine prébendé de la Magdeleine de Vitré, prieur de Brielles (dépendait de la Châtellenie du Désert et de l’ancien évêché de Rennes), né en 1507, fut longtemps secrétaire d’Antoinette de Daillon (vers 1500 – 19 avril 1538), 3e femme de Guy XVI de Laval.

Concernant le copiste (sans doute ou le commanditaire?) André Dupré, peut-être est-ce lui qui est nommé dans une quittance de 1535 pour une chapelle de drap d’or en faveur de la Confrérie des marchands d’Outremer de Vitré: \”En tenant les comptes de la noble confrairie de l’annunciation de Nostre-Dame, fondée et desservie en l’église paroissiale de Nostre-Dale du dict Vitré, nommée la frairie des Marchands a Vitré, en la maison et demourance d’André Dupré, ce sezeme jour de mars l’an mil cinq centz trente cinq \” ….

Paris, BnF, fr. 12077 numérisé sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b107205416

Sur l’oeuvre de Lemaire, voir la récente étude de Françoise Blattes-Vial, \”Le manuscrit de la Couronne margaritique de Jean Lemaire de Belges offert par Marguerite d’Autriche à Philippe le Beau en 1505 La rhétorique et l’image au service d’une princesse assimilée à la paix\”, dans Le Moyen Âge, vol. 121 (2015) p. 83-126 [en ligne]
Ellen Delvallée, « Spécification et consolation dans La Couronne margaritique de Jean Lemaire de Belges » in La Digression au XVIe siècle, Actes de la journée d’étude organisée à l’Université de Rouen en novembre 2014, publiés par Gérard Milhe Poutingon. (c) Publications numériques du CÉRÉdI, \”Actes de colloques et journées d’étude (ISSN 1775-4054)\”, n° 13, 2015. URL: http://ceredi.labos.univ-rouen.fr/public/?specification-et-consolation-dans.html

27 Août 2015
Jean-Luc Deuffic

“Jehan Gourdon escripvain demourant à Xaintes” : marché pour la confection d’un graduel (1472)

Le XXVe jour de apvril mil CCCCLXXII fist marché Jehan Gourdon escripvain demourant à Xaintes a noble homme René Chauderier escuier seigneur de Nyoil en la manière qui s’ensuit : C’est assavoir que le dit Gourdon doit faire et noter le noir d’un antiphonier ou responsier a l’usaige de Xaintes et rendre prest dedens de la saint Jehan prouchaine qui vient en ung an tout et en la fourme quil a fait au dit escuyer ung grallier (1) fors quil y aura en chacune paige dix ou onze lignes au choys du dit escuyer lequel escuyer doit fournir le parchemin. Et pour ce faire doit paier la somme de quarante livres au dit Gourdon et oultre par le dit marché doit le dit Gourdon toucher et rendre le dit livre relié bien et deuement. Et fut ce present marché fait presens Pierres Crosson Guillemin Bonfilz et aultres et signé de la main du dit Gourdon les jour et au dessus dis : J. GOURDON

(1) Graduel : voir Glossaire de la langue romane, et notice

Edition par Léopold Delisle, Instructions pour la rédaction d’un catalogue de manuscrits et pour la rédaction d’un inventaire des incunables conservés dans les bibliothèques publiques de France, Paris, Champion, 1911, p. 12-13.

Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 11519: Postilles de Nicolas de Lire sur l’Ancien Testament. En ligne sur GALLICA


Cliquer sur la photo pour agrandir.

Repères
René Chauderier, fils de Jean Chaudrier et Jeanne de Coulaines, épousa Françoise Bonnenfant. Il décède en 1474.
Armes : d’argent à trois chaudrons de sable.
En 1439, il rend aveu de l’hôtel et seigneurie de Cirière et de l’hôtel de Noireterre (Archives départementales des Deux-Sèvres )
En 1441, Jean Jousseaume, seigneur de la Geffardière, son beau-frère, fut poursuivi au Parlement criminel pour graves excès commis sur lui (Paris, AN, X2a 22, aux dates des 28 et 30 mars, 12 et 20 juin 1441 ; Ier et 12 mars, 19 avril et 6 août 1442 ; X2a 23, fol. 53, au 24 juillet 1441). Actes royaux du Poitou (en ligne)
Sur les Chauderier, Chaudrier, alliés aux Ronsard, voir entre autres : Les armoiries d’un Ronsard dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale

18 Juin 2015
Jean-Luc Deuffic

La généalogie des Sanzay et Vincent de Penmarc’h

Avec le concours de l’Etat, La Médiathèque centrale d’agglomération Pierre-Moinot de Niort a pu en avril 2012 faire entrer dans ses collections un précieux manuscrit à peintures, Généalogie de la Maison de Sanzay en Poitou (Paris, mars 1569), enluminé sur vélin de 27 f. non chiffrés mesurant 364 x 272 mm.

On trouvera une excellente description de ce recueil sur le site du Catalogue collectif des médiathèques de la Communauté d’Agglomération du Niortais.
Un des exemplaires de cette généalogie, l’exemplaire « Valette », qui aurait appartenu à René III le jeune, comte de Groix, serait passé à son fils Anne de Sanzay (1), marié sans postérité à Marie de Tromelin, veuve du baron de Penmarch. Selon M. Surget, le document serait ainsi resté en possession des enfants de son premier lit, à commencer par Vincent de Penmarch comme l’indique un ex-libris manuscrit de la fin du XVIe siècle (plutôt XVIIe) au verso du folio 24 : « Ce présant livre appartient a hault et puissant Messire Vincent de Penmarch, seigneur et Baron dudict lieu ».


Cliquer pour agrandir.

Mais peut-être cet exemplaire vient-il directement de Jeanne de Sanzay, fille de René, qui épousa le 8 août 1599, Saint-Frégant (Finistère), René, baron de Penmarc’h (1584-1632), dont Vincent de Penmarc’h :

Vincent, septième baron de Penmarc’h, naquit en 1611 et succéda en janvier 1638 à son frère René. Il était déjà chevalier de l’ordre du Roi, lorsqu’il épousa, le 7 août suivant, Anne Gillette Rivoalen, fille du seigneur de Mesléan et de Marguerite Barbier de Kerjean. Il en eut : 1° Anne-Louise-Gabrielle, qui épousa François du Poulpry, 2° Françoise-Gabrielle, qui épousa Louis du Louët. 3° Enfin Vincent-Gabriel, qui devait lui succéder. Comme ses deux prédécesseurs, Vincent semble avoir mené une existence de propriétaire terrien, partageant, échangeant, vendant ses biens ou s’occupant de l’établissement de ses enfants. En dehors des aveux, des baux ou des quittances, nous ne trouvons en effet que des actes d’état-civil : naissance et baptême des enfants, testament de Jeanne de Sansay (qui lègue son corps à Plouigneau, en Tréguier et son cœur à l’église de Saint-Frégant), mariage de ses sœurs et frères, ou des pièces relatives à ses droits féodaux : droit de menée (pourtant en désuétude), foires et marchés de Goulven. C’est également lui qui fit couler la cloche du château qui devait n’être refondue qu’au XIXe siècle par l’abbé Le Poulzot. Il mourut le 10 mars 1666 et fut inhumé à Saint-Frégant. (L. Farcy, \”Les seigneurs de Penmarc’h en Saint-Frégant\”, dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, LVII, 1930, p. 76-77).


Blason de Jean de Sanzay


Devise de la maison de Sanzay

Note
(1) La Magnanne. Pilleur de la Cornouaille pendant les Guerres de la Ligue.
Penmarc’h (de) – Réformation de la noblesse (1669) en ligne sur Tudchentil
Armoiries et sceaux des Penmarch (B. Yeurch)
Généalogie par Missirien (H. Torchet)


Parties anciennes du château des Penmarc’h à Saint-Frégant (Finistère)

22 Jan 2015
Jean-Luc Deuffic

Galeran le Breton, échanson et concierge du Palais sous cinq rois de France (1252-ca 1323)

Parmi les Bretons qui se sont révélés dans le Paris médiéval, Galeran le Breton prend une place toute particulière tant par la longévité de sa carrière que par son importance dans la diaspora bretonne de la capitale.

Les actes ci-dessous représentent quelques jalons de la vie de Galeran (marié à Petronille de Pontoise), qui sera développée dans une prochaine étude.

1285, janvier (1286 n. s.). Règlement de l’hôtel du roi Philippe et de la reine, ordonnance, Vincennes :
« Paneterie :
« ltem , Galeran des nappes qui fait le siege le roy prendra par jour une provende & six deniers pour son cheval pour foin , & pour heberger, pour robe trente sols par an, & sorge , & pour rester pour un cheval. ». E. Martène, Thesaurus novus anecdotorum, Tom. I, Paris, 1717, col. 1199.

1298, 12 juillet, Taverny. Au prévôt de Paris : assigner à Galeran, concierge du palais des places louées à des marchands. Paris, Archives Nationales de France, JJ 38, n° 14, inv. 113.

Philippe le Bel (1285-1314) accorde à Galeran, son concierge, les places sises devant les nouveaux murs du Palais pour qu’il puisse les louer à des marchands, ce en compensation de plusieurs maisons qui avaient été réunies au Palais et sur lesquelles il percevait un cens annuel à cause de la conciergerie.

1299, après les Brandons (mars). Décret du chapitre de Notre-Dame de Paris portant consentement à la fondation de la chapelle Saint-Louis (+ 1297) par Galeran le Breton.

Saint Louis de Toulouse (Antonio Vivarini, 1450)

Témoignage de la fondation de la chapelle Saint-Louis à Notre-Dame de Paris : le missel (Paris, BnF, Latin 8884), missel à l’usage des Frères Prêcheurs, adapté à l’usage de cette chapelle
(numérisé sur Gallica)

(f. 335v) « Cest missel est de la chappelle saint Loys fondée en l’eglise de Paris que tient à present Jehan Beaujan. Fait le premier jour de fevrier MCCCCLXV » ; « Et fut fondee l’an mil CCC et deux par Le Breton eschançon du roy Philippe et concierge du palaix à Paris et Perrenelle sa femme et est de la communauté. Et en est a present chappellain maistre Pierre Alusson prebstre docteur en medicine. Fait l’an mil CCCCIIIxx et six. Dieu ait les ames des trespasses » « Ce mecel est de la chappelle [« fondee » ajouté] à laustel saint Louys de Marceillez en lesglise de Paris que tient a present messire Denis Chardon prestre qui lamblera pendu etc.» (335v) ; « Ce [mecel (?)] est de la chappelle fondee à l’austel saint Louys de Marceillez […] en l’esglise de Paris que tient à present messire Denis Chardon […] »

Calendrier f. 2v : Au 1er février : Obit de Galeran :

Au f. 5, fête de saint Germain : 31 juillet, en marge, obit de Petronille (= Pernelle de Pontoise), épouse de Galeran :

Pernelle de Pontoise, femme de Galeran :

 

Les Miracles de saint Spire (Exupère) font état de la guérison de Petronille : « La femme d’un nommé Gallereau (sic), concierge des sales du palais de Paris, paralytique depuis sept ans, fut guérie par le voeu qu’elle fit à Dieu & à S. Spire » (Les vies et miracles de st Spire (st Exupère) et st Leu (ou s. Loup), Jean-François Beaupied, Paris, 1735 ; édit. 1708, p. 34)

1306, vendredi après la fête de Notre Dame (9 septembre). Donation par Philippe, roi de France, à Galeran le Breton de 40 £ de rente annuelle sur le pressoir de Saint-Etienne des Grés, sur 22 arpents de vigne et sur 13 muids de vin sur les Mureaux proche Notre-Dame des Champs.

1312, mercredi avant Noël. Donation par Galeran le breton de 20 £ tournois de rente annuelle à prendre sur le Trésor royal le jour de l’Ascension.

1312 : Permission à Galeran le Breton, échanson du roi, pour le salut des âmes du roi, de ses aïeux et de feüe la reine Jeanne, d’acquérir jusqu’à 8 £ par. de rente, sans aucune justice, dans les censives, royales ou non, de Paris ou ailleurs, pour augmenter la dotation de la chapelle qu’il a fondé dans la cathédrale de Paris, avec amortissement pour le desservant de cette chapelle.

1317, janvier. Lettre de Philippe le Long (roi du 19 novembre 1316 au 3 janvier 1322) par laquelle il donne au chapelain de la chapellenie fondée par Galeran le Breton une maison ….

Fondation à la Sainte Chapelle :
1318, janvier (n. s.). A la prière de Galeran le Breton, concierge du palais royal de Paris et jadis échanson de Philippe le Bel (5 octobre 1285 au 29 novembre 1314) et de Louis le Hutin (29 novembre 1314 au 5 juin 1316), don (avec amortissement) au chapelain de la chapellenie (Saint-Michel et Saint-Louis, au côté droit de la nef) fondée par ledit Galeran dans la Sainte-Chapelle de Paris, de la maison sise au-dessous de la cuisine de bouche du roi, à l’intérieur de la clôture du palais, pour servir d’habitation audit chapelain.

1322 : Enquête menée pour l’annulation du mariage de Charles IV avec Blanche de Bourgogne, (AN L 682, n° 1 et 2). Les témoins 3 et 4, Galeran le Breton et Pernelle de Pontoise, sont âgés tous les deux de 70 ans, donc nés vers 1252.

1323, 7 janvier. Extrait du testament dans lequel Galeran le Breton et sa femme ont fondé 3 messes par semaine en la chapelle Saint-Louis, pour lesquels ils ont assigné à la dite chapelle 24 £ de rente annuelle et se sont réservés la collation et à défaut elle appartiendra au roi. 2 notaires dont le Breton Yves de la Cour (« Yvo de curia »), du diocèse de Saint-Pol-de-Léon ; Yves de Kerlouan (Yvo de Villalouan), alors desservant de la chapellenie. Présents : Yves de Bonneval, procureur du roi (voir notre étude à venir) ;  Girard, neveu de Galeran (Girardo nepote dni Galeranni) (Paris, AN,  L 535, n° 22)*. [* Les trois YVES sont des Léonards : peut-on supposer que Galeran est du “Pays de Léon” ?)]

Seing manuel du notaire breton Yves de la Cour

Philippe le Bel, roi du 5 octobre 1285 au 29 novembre 1314
Louis le Hutin, roi du 29 novembre 1314 au 5 juin 1316
Jean Ier « le Posthume », roi du 15 novembre 1316 au 19 novembre 1316
Philippe le Long, roi du 19 novembre 1316 au 3 janvier 1322
Charles IV « le Bel », roi du 3 janvier 1322 au 1er février 1328

11 Déc 2014
Jean-Luc Deuffic

Sur une branche peu connue des Coëtivy installée en Languedoc (XVe-XVIe s.)

Les précieuses recherches de Chassin du Guerny dans les archives du Gard m’ont permis de retrouver les traces d’une branche de l’influente famille bretonne de Coëtivy en Languedoc, plus précisément à Chusclan et Bagnols-sur-Cèze, dans le Païs de Saint-Esprit. L’origine de cette implantation tient évidemment à la notoriété du « cardinal d’Avignon », Alain de Coëtivy (1407-1474), « homme d’un grand génie, d’un esprit assuré et puissant ». Nous ne rentrerons pas ici dans les détails de sa biographie ni de ses nombreux bénéfices. Simplement, sa présence dans cette région, fit venir à sa suite toute une « familia » bretonne assez importante.


Alain de Coëtivy au Folgoët

Il semble bien qu’un des neveux du cardinal, nommé Paul de Coëtivy (+ avant 1477), attesté à Pont-Saint-Esprit, épousa une Piolenc (Jeanne), famille très ancienne du Languedoc.
De ce couple naquirent aux moins 5 enfants :
=> Olivier de Coëtivy
=> Catherine de Coëtivy épousa Pierre de Chaynet, un noble marchand de Bagnols
=> Alicette de Coëtivy, se maria à Georges Fages, seigneur de Gicon
=> Louise de Coëtivy épousa Antoine Destables, seigneur de Chusclan
=> Peregrin de Coëtivy, archidiacre d’Uzès (protonotaire apostolique, vicaire général d’Amanée d’Albret, cardinal diacre du titre de Saint-Nicolas in carcere Tulliano)
Nous retrouvons plus tard, en 1569, une Anne de Coëtivy « femme de feu Aymar Biordon » (Nîmes)

Ci-dessous les actes les plus significatifs des archives du Gard sur cette branche des Coëtivy :
=> 19 septembre 1477. Transaction entre les tuteur et curateur des enfants de feu noble Paul de Coetivy et Jean Bonet hôte de Pt-St Esprit. 2E 14, 38.

=> 30 avril 1486. Reconnaissance de dot pour noble Olivier de Coetivy, de Pt St-Esprit, par noble Alaycette, sa soeur, femme de noble Georges Fages, sgr de Jocon et Cadenet. – Autre par noble Pierre de Chaynet, bourgeois de Bagnols, mari de Catherine de Coetivy. 2E 14, 44.

=> 29 janvier 1492. Contrat de mariage de noble Pierre de Chaynet, bourgeois de Bagnols, et noble Catherine de Coetivy, fille de feu noble Paul de Coetivy, ht St-Esprit dotée par son frère Olivier de Coetivy. Acte du château de Chusclan. 2E 14, 44.

=> 27 octobre 1495. Testament de noble Antoine d’Estable, seigneur de Chusclan et autres lieux. légats à ses cousins nobles Pierre Cordier, licencié en lois et noble Louise Sardie son épouse – à noble Louise de Coetivy, son épouse. 2E 15, 32.

=> 10 juin 1505. Testament de noble Catherine de Coetivy femme de noble Pierre de Chaynet habitante de Bagnols, à sa fille Antoinette 50 florins sur les 100 florins qui lui sont dus par noble Olivier de Coetivy – A Mre Pelegrin de Coetivy son frère pronotaire au St Siege – à noble Aleycette sa soeur femme de noble Georges de Fages – héritires nobles Philippe, Jean et Pierre ses fils – Executeur : Antoine d’Estables sgr de Chusclan et Jean Portalis. 2E 15, 41.

=> 21 aout 1510. Testament de noble Pierre de Chaynet de Bagnols. à son fils Philippe prêtre – à son fils Pierre – à sa fille Antoinette – a noble Aloycette de Coetivy femme de noble Georges Fages, de Chusclan, et Louise de Coetivy dlle de Chusclan – héritier : autre fils Jean. 2E 15, 43.

=> 11 aout 1511. Testament de Pierre de Cheynet, marchand de la ville de Bagnols. legat à son fils noble Pierre – à autre fils noble Philippe, prêtre – à sa fille Antoinette 100 écus et deux robes comme fut assignée à feue noble Catherine de Coetivy sa mère – à révérend père en Dieu Pélegrin de Coetivy, protonotaire du st siege apostolique frère de ladite feue Catherine et aussi a noble Louise de Coetivy femme de noble Antoine des Estables, vivant sgr de Chusclan, et à Alasacie de Coetivy femme de noble Georges Fagès, soeurs de sa feue femme- héritier son fils noble Jean de Chaynet. 2E 14, 130 ; 2E 15, 88.

=> 17 aout 1535. Testament de demoiselle Louise de Coetivy, veuve de noble Antoine des Estables, sgr de Chusclan – légat à Mre Pierre de Chaynet son neveu prieur de St Agricol – a dlle Loyse de Chaynet, sa nièce, 10 livres – à Mr Jacques de Fages dr et avocat, sgr de Chusclan, son neveu – fait donation en l’église de Chusclan – héritière : dlle Alix de Coetivy, sa soeur veuve de noble Georges de Fages, sgr de Gicon – acte dans la chambre du château de Chusclan. 2E 14, 136 ; 2E 14, 130.

Nous reviendrons bien entendu par la suite sur plusieurs de ces personnages, notamment sur le protonotaire Peregrin de Coëtivy,


Le château de Gicon à Chusclan

12 Sep 2014
Jean-Luc Deuffic

ANNE DE BRETAGNE A RENNES

Si Anne de Bretagne est une figure incontournable de l’Histoire, on associe rarement son image à la ville de Rennes. Pourtant, elle y est venue à plusieurs reprises, pour des événements importants : son couronnement comme duchesse de Bretagne en 1489, son premier mariage avec Maximilien d’Autriche en 1490 et ses fiançailles avec Charles VIII en 1491.

Cinq cents ans après sa mort, redécouvrez ce chapitre de l’histoire de Rennes, avec la présentation exceptionnelle au musée de Bretagne de deux objets liés aux funérailles de la duchesse et un ensemble de rencontres dans toute la ville.

<img src=\"/wp-content/uploads/sites/3/2014/09/000000000000000000000000000000000000_a_anne_r_2.jpg\" alt=\"

\” title=\”000000000000000000000000000000000000_a_anne_r_2.jpg, sept. 2014\” height=\”646\” width=\”464\”>

000000000000000000000000000000000000_a_anne_r_3.jpg
BIBLIOTHEQUE RENNES METROPOLE

Pages :123»