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3 Sep 2013
Jean-Luc Deuffic

La renaissance des manuscrits médiévaux de Chartres

Vidéo :

La Bibliothèque municipale de Chartres, l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, et la Bibliothèque nationale de France ont organisé ensemble la campagne de traitement et de numérisation des manuscrits médiévaux de Chartres. La mission a débuté en 2009, au centre technique de la BnF, basé à Bussy-Saint-Georges, et s’est achevée à l’automne 2012.
UNE NOUVELLE VIE POUR LES MANUSCRITS DE CHARTRES


Manuscrit Chartres 14, f. 2v
 (source : IRHT / BVMM)

LIENS UTILES

Catalogue des manuscrits des bibliothèques publique de France : Chartres (archive.org) ou sur le CCFR [en ligne]

De Lépinois / Merlet : Cartulaire de Notre-Dame de Chartres [tome I] [tome 2] [tome 3]

F. de Mély : Le trésor de Chartres [en ligne]

Abbé Clerval / Merley : Un manuscrit chartrain du XIe siècle : Fulbert, évêque de Chartres … (1893) [en ligne]

Guérard : Cartulaire de l’abbaye de Saint-Père de Chartres (1840) [tome I] [tome 2] Le livre des Miracles de Notre-Dame de Chartres écrit en vers, au XIIIe siècle (1855) [en ligne]

Sur les manuscrits de Chartres on consultera la BVMM (Bibliothèque virtuelle des manuscrits médiévaux) de l’IRHT (Institut de Recherche et d’Histoire des Textes) [en ligne] – la base INITIALE [en ligne] – la base ENLUMINURES [en ligne]

B. Bischoff, Katalog der festländischen Handschriften des neunten Jahrhunderts, I, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 1998, p. 191-195, pour les manuscrits IX/Xe s.

Sur l’école dite de Chartres [wikipedia]

\”Bernard de Chartres et Thierry de Chartres\” , par Jean-Barthélémy Hauréau, dans Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,  16, 1872, p. 75-84 [ en ligne ]
 

LA NOTATION NEUMATIQUE BRETONNE A CHARTRES

Le graduel de Chartres, ancien manuscrit 47 de la Bibliothèque municipale, à l’origine de l’expression « notation chartraine » pour désigner jadis la notation bretonne, reste un témoignage important de sa diffusion. Les liens entre Chartres et la Bretagne, de toute ancienneté, se sont affirmés à l’époque de l’exode des corps saints hors de Bretagne. Le fondateur du diocèse de Tréguier, Tugdual, fut honoré par les chartrains qui conservaient de lui de précieux restes dans un reliquaire où l’on voyait « sur la couverture quelque point d’histoire de la vie » du saint. Au reste, l’église de Tréguier continua jusqu’à la fin du Moyen Âge d’utiliser des livres liturgiques à « l’usage de Chartres », encore présentés dans l’inventaire de 1626. Turiaw, le saint de Dol, était de même glorifié par la cathédrale Notre-Dame : « A main gauche en entrant est une gran[…] chasse ou est le corps de st Turien E de […] en Bret. qui mourut en 841 hugues de […] chartre la fit couvrir dargent en 12[…] ». Sur ce reliquaire couvert de vermeil doré, le saint était représenté « en relief … dans un portique enrichy de pierreries ». Outre la cathédrale, le monastère de Saint-Père de Chartres, où reposait le corps de saint Guilduin (27 janvier 1077), chanoine de Dol, était certainement en contact avec la Bretagne, depuis que Nordoard, évêque de Rennes, et Mabbon, évêque de Saint-Pol-de-Léon avaient souscrit à sa fondation en 954. L’expression scottisca littera employée dans l’inventaire des manuscrits de l’abbaye chartraine semble recouvrir un ouvrage de haute antiquité, en écriture insulaire, probablement issu de Bretagne continentale. Dans la première moitié du XIe siècle Ascelin le Breton, disciple de Fulbert de Chartres (ca 960-1028), sacerdos egregius, fit don à la cathédrale de plusieurs livres précieux (librorum bonam copiam). Enfin, un recueil (début XIe siècle?) comprenant une version de l’Historia brittonum, d’extraits d’Isidore de Séville, de commentaire de Raban Maur, conservé par le chapitre, malheureusement détruit en 1944, procédait certainement d’un scriptorium (ou d’un exemplaire) breton. Si la notation française était de mise à la cathédrale et à Saint-Père, la présence ponctuelle de neumes bretons sur certains ouvrages liturgiques concrétise l’existence effective de Bretons dans ces communautés. Au reste, Saint-Père se trouvait également en contact avec Fleury, comme le prouvent certains échanges de manuscrits (Cf Chartres, BM 40, manuscrit détruit en 1944, composé en scriptura romana (onciale). Au f. 58, ex-libris de Fleury : « hic est liber sancti Benedicti abbati Floriacensi » ; au f. 1, du XVIIe siècle : « Ex-libris monasterii S. Petri Carnotenis … Ce livre a esté apporté de Saint-Benoist sur Loyre et apparemment des le temps que Ragenfredus remit icy les moynes ». L. Merlet, « Catalogue des livres », p. 266-267, n° 26) .
§ Chartres, Bibliothèque municipale, 47. S. Gregorii Magni antiphonarium. Parchemin. 85 f. 295 x 215 mm. Xe siècle. Reliure parchemin. Provenance : abbaye Saint-Père de Chartres dès le XIe siècle. Manuscrit détruit en 1944…. Edition fac-similé d’après celle de Solesmes 1912 : Le Codex 47 de la Bibliothèque de Chartres (Paléographie Musicale XI). Antiphonale Missaru. Texte & Index par Dom Amand Ménager. Les Éditions de Solesmes, Abbaye Saint-Pierre-de-Solesmes, 1997.
§ Chartres, Bibliothèque municipale, 110. Recueil patristique (Grégoire le Grand ; Sedulius). Quatre parties, la seconde, f. 40-88, Xe siècle. Au f. 88, addition du XIe siècle : hymne A solis ortus cardine, la première strophe notée en neumes bretons. Parchemin. 220 f. 240 x 170 mm. Provenance : Saint-Père de Chartres. Catalogue général des manuscrits, p. 59-60. M. Huglo, « Le domaine de la notation bretonne », p. 30. Carl P.E. Springer, The manuscripts of Sedulius : a provisional handlist, American
Philosophical Society, 1995, p. 209.
§ Chartres, Bibliothèque municipale, 152. Saint Augustin, De sancta Trinitate. Copiste : Amalbertus. Quelques antiennes de l’office de la sainte Trinité, ajoutées dans la première moitié du XIe siècle – elles précèdent l’épitaphe de l’abbé Landri, mort vers 1069 –, ont reçu des neumes bretons, mélangés à des neumes français. Parchemin. 176 f. 335 x 245 mm. IXe siècle (seconde moitié). Origine : Saint-Germain des Prés (B. Bishoff).
Extraits de :

Jean-Luc Deuffic, « La notation neumatique bretonne : manuscrits et centres de diffusion (Xe-XIIe siècle) », dans J. Haines (ed.), The Calligraphy of Medieval Music (Musicalia Medii Aevi, MUMA 1), Turnhout, Brepols, 2011, p. 63-90.

Voir pour le contexte, Les sources de la notation bretonne publié par Dominique Gatté sur Musicilogie médiévale
25 Nov 2012
Jean-Luc Deuffic

Une épitaphe inédite du duc de Bretagne François II (+ 1488)

Epitaphe du feu duc Françoys de Bretaigne

Je suis nommé Françoys, qui en la maison de France
Par le feu bon roy Charles norry de mon enfance
Mes honneurs, et grans biens de sa grace receuz.
Apres la mort Arthus, duc de Bretaigne fuz
Le roy Loys XIe pere du roy regnand
Charles du nom, VIIIe me greva durement
Plusieurs foys m’en hay, mais a luy resistay
Contre son filz puissant en la fin j’en (?) n’ay
Riens ne ma valu, Nantes, Feugeres, Saint Malo
Toute Basse Bretaigne, ne le pays galo
Ne tous mes aliez ne m’ont peu secourir
Quil n’ait faict en ma terre par toust son ost avoir
Sur moy a conqueste le pays tout en tour
Au contre son effors ny ay sceu donner tour
Victoire a heu sur moy, Dieu la ainsi permis
Dont a traicté de paix me rengay, et soubmys
Mays lors que je cuydoye paisible user mes jours
La mort anticipa de ma vie le cours
En septembre rendi mon ame a Dieu lassus
L’an mil, et IIIIc octante, et huict escheuz,
A Nantes fust mon corps mys dessoubz cest lame,
Vous qui cecy lires priez Dieu pour mon ame.
Amen.

L’épitaphe contenue dans le manuscrit Paris, BnF, Fr. 3939, f. 8v, retranscrite ici avec l’aimable concours de Michael Jones n’a, me semble-t-il, jamais été publiée. Elle fait partie d’un important recueil de pièces en prose et en vers du XVIe siècle, pourtant connu des chercheurs.
Le duc François II mourut à Couëron le 9 septembre 1488.

Manuscrit numérisé sur Gallica


Cathédrale de Nantes : tombeau de François II, duc de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix, commandé par Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents, initialement placé dans la chapelle des Carmes à Nantes.
Site de la cathédrale de Nantes
Wikipédia


François II sur l’ancien vitrail des Cordeliers de Nantes [ Gallica ]

Biblio :
M. Jones, \”En son habit royal\”: le duc de Bretagne et son image vers la fin du Moyen Âge, dans Représentation, pouvoir et royauté à la fin du Moyen Âge. Actes du colloque organisé par l’Université du Maine les 25 et 26 mars 1994, Blanchard, Joël [Publ.]. Paris (1995), p. 253-278. 
Murielle Gaude-Ferragu, D’or et de cendres : La mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Âge, Lille, PUS, 2005, p. 238sq.


Sceau équestre de François II, duc de Bretagne


François II (1458-1488). AVERS : + *FRAnCISCVS* DEI* GRACIA* – BRITOnV* DVX* R. Cavalier galopant à droite.

REVERS : + *DEVS* In* ADIVTORIVm* mEVm* In* TEnDE* R*. Croix feuillue et tréflée accostée de quatre mouchetures d’hermine.
[ Source ]

Testament du duc François II
(septembre 1488)

À tous ceux qui ces présentes lettres verront & orront salut en NS. Pardevant moy Gilles de la Riviere vischancelier de Bretaigne, doyen de Nantes & archidacre de Rennes, protonotaire du S. siège Apostolique, en la présence des tesmoins souscripts, très haut, très excellent & très puissant prince François, par la grâce de Dieu Duc de Bretaigne, Comte de Montfort, de Richemont , d’Estampes & de Vertus, gissant au lit de maladie & sain de pensée & mémoire, comme apparoissoit, considérant la instabilité de nature humaine, & que chacun est subjet à un tribut infaillible de mort corporelle, de sa certaine science & propos délibéré, voulut disposer par manière de testament & derniere volonté des biens que Dieu luy avoit donné au salut & remède de son ame & de ses amis vivants & trespassez, à l’onneur de la glorieuse Trinité, le Père, le Fils & le Saint Esprit, a fait sondit testament en la forme & manière qui enfuit. Premièrement il a recommandé son ame à Dieu, nostre Créateur, en priant la pretieuse Vierge Marie, les benoists saints & saintes de Paradis & singulièrement Monsieur saint François, donc portoit le nom, estre pour luy envers Dieu intercesseurs a impetrer pardon & rémission de les péchez. Item a ordonné que lors que l’ame de luy sera d’avec le corps séparée, ledit corps soit mis à sépulture ecclésiastique a l’Eglise du convent des Carmes de Nantes prés du lieu ou gist le corps de feue de bonne mémoire Marguerite, naguères duchesse de Bretaigne, première femme dudit testateur… [ source ]

26 Mar 2012
Jean-Luc Deuffic

Un greffier qui s’ennuie ? (ca 1365)

Vers 1365, le greffier chargé de transcrire le procès de l’assise de Foudon en Anjou se laisse aller à quelques fantaisies …

26 Mar 2012
Jean-Luc Deuffic

Parchemin de réemploi

Un registre de la fin XVIIIe siècle des Archives départementales du Maine-et-Loire a reçu comme couverture un feuillet parchemin d’un antiphonaire enluminé où l’on reconnait le passage Infantia quidem computabatur in annis, sed erat senectus mentis immensa (S. Agnetis : In primo nocturno, Versus ad Responsorium 1)


Le parchemin a été volontairement maculé de taches d’encre

Voir le feuillet correspondant de l’Antiphonaire de Poissy (Melbourne, State Library of Victoria, Ms 096.1 R66A, XIVe s.) [ en ligne ]

LIEN : Les différentes types de reliure : la reliure en parchemin de réemploi

15 Sep 2011
Jean-Luc Deuffic

Les livres manuscrits de la reine Blanche de Navarre (+ 1398)

La remarquable contribution de Brigitte Buettner, « Le système des objets dans le testament de Blanche de Navarre », Clio, numéro 19-2004, Femmes et images [En ligne],  me donne l’occasion de publier ci-dessous la liste des livres manuscrits décrits dans les dispositions testamentaires de Blanche de Navarre.

Blanche de Navarre (ou Blanche d’Evreux), seconde épouse du roi Philippe de Valois le 29 janvier 1349. Veuve en 1350, décède le 5 octobre 1398 ; inhumée à la basilique de Saint-Denis.

Les chiffres entre parenthèses renvoient à l’édition du testament par Léopold Delisle.

Testament du 18 mars 1395 (n. s.)

à l’ostel Dieu de Vernon … un livre de la vie monseigneur saint Loys de France qui est en françoys, pour lire aux dames quant elles veilleront à l’ostel, pour avoir memoire de saint loys de qui ilz sont fondez.

Codicille du 20 mars 1396 (n. s.)

(195) – à Isabeau de Bavière un de noz livres qui se commance : Audi fili Israël, et y a pluseurs bons enseignemens, et fu à ma ditte dame la royne Jehanne de Bourgongne, et lui prions que elle le vueille garder sa vie durant pour amour de nous ;
(196) – à Charles III, roi de Navarre, le breviaire qui fu monseigneur le roy saint Loys de France, lequel l’ange lui apporta en la chartre quant il fu pris des ennemis de la foy, et fu monseigneur le roy Phelippe, son filz ainsné, qui mourust en Arragon, mary de madame la royne Marie, nostre besaiole, et le lui donna en sa vie. Et depuis est venu de hoir en hoir de la ligniée monseigneur saint Loys. Et le nous donna nostre frère le roy de Navarre, son père. Et pour reverence et la sainteté de monseigneur saint Loys, et que par grace il est venu de la ligne de nous, et depuis que nous eusmes le dit breviaire promeismes à nostre frère que il retourneroit en nostre ligne, nous voulons et ordonnons que à nostre dit neveu il demeure, et desormais ensuivament à ses successeurs, senz estre aucunement estrange, et les requerons que ilz le facent tousjours garder comme precieux et noble jouel venu de noz ancesseurs, et qu’il ne parte point de la lignie. ;
(197) – au même, nostre livre des Croniques de France ;
(198) – au duc de Berry nos plus belles heures que nostre très chiere dame et mère, que Dieux pardoint, nous lessa à son trespassement ;
(200) – au duc de Bourgogne le psaltier ou monseigneur saint Loys aprint ; et fu à madame la grant duchesse Agnès, duchesse de Bourgongne, sa fille ; et depuis la duchesse Agnès vint à nostre dicte dame la royne Jehanne de Bourgongne, sa fille ; et en après à nostre dit seigneur et espoux, qui le nous donna, et nous tesmongna, et aussi firent les femmes de la dicte madame la royne qu’il (sic) nous bailla que c’estoit icellui vraiement. Si desirons qu’il soit à la ligne. Et pour ce prions à nostre dit filz que il vueille garder et faire tenir à ses successeurs et en sa ligne, pour l’amour de ceulx dont il est venu;
(202) – au duc d’Orléans nostre bon livre de la Somme le roy, qui fu au roy Philippe le Bel et est bien enluminé ;
(204) – à la reine de Sicile nostre breviare le milleur, qui fut à la dicte madame la royne Jehanne de Bourgongne ;
(207) – au duc de Bourbon nostre livre du gouvernement des princes selon théologie et y a dedans le Livre des eschaz et d’autres choses ;
(209) – à la duchesse de Berry  un livre où est le psaltier et oroisons, qui se commance Beatus vir, et la premiere oroison de saint Elysael, lequel est couvert d’un changant, et fu madame Blanche de Longchamp ;
(211) – à la duchesse de Bourgongne … le livre de Josafas et Balaham et de pluseurs autres choses, et est armoié de France et de Bourgongne et fut à madame la royne Jeanne de Bourgongne ;
(213) – à la duchesse d’Orléans un livre d’oroisons et devocions qui fu à noz très chieres dames la royne Marie et la ditte madame la royne Jehanne d’Evreux ; et le nous donna la duchesse d’Orliens, sa fille, derreniere trespassée ; et se commance apres le kalendrier Gloria in excelsis Deo ;
(214) – à la duchesse de Bar le livre du lignage de Nostre Dame et de ses suers ; et est au commencement dudit livre la louenge de Saint Jehan l’Euvangeliste ;
(218) – à la duchesse de Bretagne nostre breviaire qui fu nostre sueur madame Jeanne de Navarre, de Longchamps, lequel nous avons fait estoffer ;
(222) – à la comtesse de Foix nostre livre de l’Enseignement du mirouer des dames lequel est couvert de veluau, et a les fermoirs d’argent => voir note
(223) – et un psaltier qui fu nostre très chiere dame et mère, que Dieux absoille ; et y a sept paires de heures de pluseurs oroisons.
;
(225) – à Pierre de Navarre nostre livre des Croniques d’oultre mer ;
(229) – à Jeanne de Navarre, vicomtesse de Rohan, nostre livre du pelerinage du monde, où il y a pluseurs oroisons, et est cellui qui parle de la mort.
(230) – Et noz heures de Nostre Dame, où nous disons touz les jours nos heures, qui furent madame nostre mère, que Dieux absoille, qui sont les meilleurs que nous aions, apres celles que nous lessons à nostre dit filz de Berry ;
(233) – à Marie de Navarre un breviare à l’usage de Romme, qui fut achaté à Paris, et est la couverture brodée sur satarin (sic) yude à or et à perles et est d’un côté l’adnunciation et d’autre le crusifix ;
(236) – à la même, un rommant qui au commancement  parle du pelerinage de Jhesu Crist, et pluseurs autres bons enseignemens ;
(238) – au comte d’Étampes nostre livre où sont les euvangiles des quatre euvangelistes et plusieurs sermons en françoys qui fut à la mère de monseigneur saint Loys de France ;
(242) – à Charles de Rohan, fils de Jeanne de Navarre, le livre du déduit des chiens et oyseaux que fist messire Gasse de La Buyne, jadiz chapellain des troys roys ; => voir note
– à la dame de Fontenay nostre messel escript en françois ;
– à la dame de Gisors, un psaltier qui a les fermoirs l’un de France et l’autre de Champaigne ;
– à la dame de La Mote nostre roman de Sydrac ;
– à frère Pierre Bassin, son confesseur, le livre où est la vie des Pères, le dialogue Saint-Gringoire et son pastoral ; => voir note
(274) – à Jeanne La Besaine, sa première demoiselle, un livre où il y a pluseurs romans ;
(277) – à Jeanne de Rouvières, sa demoiselle, le livre qui aprent à bien vivre et bien morir ;
(278) – et pluseurs miracles de Nostre Dame ;
(279) – Et l’un de noz deux livres de cirurgie ;
(280) – Avecques le bréviare qui fut Jehanne de France, nostre fille, où elle aprint, que elle a en sa garde ;
(288) – à sa filleule Blanche, fille de Jean Le Porchier, dame de Troussy, un gros livre des miracles Nostre Dame abregiées en prose, couvert de cuir rouge ; et y a pluseurs bonnes choses, c’est assavoir de sainte Baudeur, de sainte Élysabel, de saint Gile et la voie d’enfer et de paradis ;
(291) – à Jehanne du Mesnil, sa demoiselle, le livre de la Somme le Roy où sont les remèdes contre les pechiez ;
(293) – à Marguerite de Vimont, sa demoiselle, le livre nommé le Tresor de l’ame et parle des sept pechiez mortelx et d’aucuns examples et remèdes contre iceulx, et de plusuers autres choses ; et est couvert de cuir vert ; => voir note
(297) – à Margot, femme de Robert Legrant, sa demoiselle, le livre du Salterion de X cordes, de Anticlaudien, les vies de pluseurs sains et moult d’autres bonnes choses ;
(299) – à Agnote, sa demoiselle, un livre qui enseigne la vie devote et si contient le testament de maistre Jehan de Meun et plusieurs sermons ;
(307) (425) – à Jeannette Sante, le livre de Si nous dit ;
(314) – à frère Robert Cresserel le livre du gouvernement des princes selon philosofie, et le fist frère Gille l’augustin ; => voir note

Codicille du 10 septembre 1398

(405) – pour et en lieu du livre d’oroisons et devocions que nous lessions en nostre dit premier codicille à nostre tres chiere fille la duchesse d’Orleans, lequel fu a noz tres chieres dames la royne Marie et la royne Jehanne, nous voulons et ordennons que notre ditte fille ait nostre breviaire à l’usage de Romme, qui est en deux volumes, qui fu ma ditte dame la royne Jehanne.

(427) – à Symmonete, femme de chambre, un de noz livres de cirurgie ;

NOTES

[200]. Leyde, BU 76A. f. 30v : Cist psaultiers fuit mon seigneur saint looys qui fu Roys de france ou quel il aprist en senfance … f. 185r : Cist psaultiers fu mon seignor // saint looys qui fu roys de france // du quel il aprist en sanfance.
Voir Inventaire de 1420. Henri Omont, Miniatures du Psautier de St. Louis, manuscrit Lat. 76a de la Bibliothèque de L’université de Leyde, Édition Phototypique. Leyde: A.W. Sijthoff, 1902. [ En ligne ]


Leyde BU 76A, f. 17r.
Quelques folios numérisés sur le site de la BU de Lyde [ En ligne ]

[222] Jeanne d’Aragon (1375-1407), fille de Jean Ier d’Aragon, roi d’Aragon, et de Marthe d’Armagnac, comtesse de Foix par son mariage avec Mathieu de Foix-Castelbon.
[242]
Charles de Rohan, fils de Jean de Rohan et Jeanne d’Evreux, marié le 10 mars 1405  avec Catherine du Guesclin, dame héritière de la Morelière, de Chastelain, de Lignières et du Verger (+1461). ” … a fait la tige des seigneurs de Guemené” (Dom Morice, 1742-6); en 1462, obtient le droit de porter sur un carreau le cercle royal du duc (Trévédy, 1898)
Pierre Basin, “serviteur et orateur … confesseur de madame la royne Blanche … (ADN, B 454, 9156) fut un de ses exécuteurs testamentaires. Le recueil manuscrit cité doit correspondre au London, BL, Add. 20697, ayant appartenu à l’abbaye normande de Saint-Evroult. “Iste liber pertinet fratri Petro Basin, quem fecit scribi Neauphe dum erat ibi residens cum domina regina Blancha, cujus deus habeat animam (f. 32). Voir P. Me yer, “Notice sur le ms. du Musée britannique Add. 206”, dans Bulletin de la Société des anciens textes français, 1892, n° 2, p. 94-95.
[293] femme de Jean de Galard, seigneur de l’Isle-Bouzon ?
[314] “compaignon de nostre confesseur”

Sur un missel que Blanche de Navarre fit faire : Georges Doutrepont, La littérature française à la cour des ducs de Bourgogne [ En ligne ]

Epitaphe de Blanche de Navarre à Saint-Denis :

Source : Archives départementales des Pyrénées atlantiques E 525.
Bibliographie
Kervyn de Lettenhove, Le Psautier de saint Louis, de la bibliothèque de l’Université de Leyde, ln-8° de 11 p.
Léopold Delisle, « Testament de Blanche de Navarre, Reine de France », Mémoires de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-France, XII, 1885, p. 1-64.
Marguerite Keane, « Most beautiful and next best: value in the collection of a medieval queen », dans Journal of Medieval History, Volume 34/4, 2008, p. 360-373.
A paraître : Marie-Thérèse Gousset (Paris – BnF) : Un aspect de la production courante des enlumineurs parisiens sous le règne de Philippe VI de Valois et de Blanche de Navarre : l’exemple du Maître de la Dame à la licorne.

25 Mar 2011
Jean-Luc Deuffic

Les livres manuscrits de Laurent Surreau, chanoine de Rouen († 6 novembre 1479)

Laurent Surreau testa le 14 août 1476. Chanoine de Rouen, originaire de Sens, comme il le précise lui-même :

Pour ce que mes progéniteurs, que Dieu absolve, mes uncles et antes, ont esté atrais et natifs en la bien renommée cité de Sens et y ont eu grans biens et honneurs et o aussi mon frère à qui Dieu pardoint et moy sommes natifs d’icelle cité et encores y ay grand nombre de notables parens et amis qui m’ont fort reconforté et secouru en mon adversité, etc.

Laurent Surreau a témoigné de l’importance qu’il donnait à ses livres, lesquels prennent une large place dans son testament. L’homme, semble-t-il, aimait aussi la musique : dans la description du mobilier du receveur Pierre Surreau, on a trouvé plusieurs livres et harpes que l’en dit appartenir à maistre Laurent Surreau, fils dud. deffunt.

De mes livres.
Item, je donne et laisse à ceste vénérable esglise de Rouen pluseurs de mes livres de la saincte escripture, des droiz canon et civil et aultres contenuz et déclarez en une cédule atachée en la marge de cest présent testament soubs mon seing manuel et signet et vueil que iceulx livres soient mis et appliquez et enchaynez en la librarie d’icelle esglise, pour y estre tant qu’ilz pourront durer au prouffit et utilité des bons estudians, sauf à les changer à meilleurs et plus prouffitables quant on les pourra trouver, et quant mes exécuteurs bailleront et livreront iceulx livres, soit escript en grosse lettre au commencement et en la fin : ex dono Laurencii Surreau, in utroque jure licenciati, canonici hujus ecclesie Rothomagensis. Orate pro eo

…[ à son neveu, maistre Richard]…

Et oultre, lui donne et laisse mon beau bréviaire et journal [= Diurnal] esquelz je dy mes heures communément,
mon Innocent,

Apparatus in quinque libros decretalium. Commentaires sur les décrétales de Grégoire IX. Impression de Strasbourg, 1477.

ma Légende dorée,

La Légende dorée, de Jacques de Voragine. Impression de Lyon, 1476. Voir : Jacques de Voragine, La Légende Dorée. Edition critique dans la révision de 1476 par Jean Batailler, d’après la traduction de Jean de Vignay (1333-1348), publiée par Brenda Dunn-Lardeau, Paris, Editions Champion, 1997. R.  F. Seybolt, \”Fifteenth-Century Editions of the Legenda aurea\”, dans Speculum, 21, 1946, p. 325-328.

ma Nouvelle de Jeh. Andrieu en deux volumes sur les Décretalles,

La Novella de jean André. Impression de Rome, 1476.

5 volumes que j’ay de Panorme en papier, c’est assavoir :
ung volume en papier de petite forme sur le premier des Décretales qui n’est pas parfait,
3 volumes sur le second livre desd. Décretales,
ung volume sur le tiers livre desd. Décretales ;

Les Décrétales de Gregoire IX. Premières éditions : Mayence 1473, Rome 1474,

ung livre en papier sur le quart livre d’icelles Décretales, nommé de Zochis

Jacobus de Zochis (+ 1457) sur le 4eme livre des décrétales. Manuscrit ? Famosum, utile atque altum C. omnis utriusque sexus de peni. et remis, disputatum ac repetitum per famosum ac excellentem juris utriusquedoctorem Dominum Jacobum de Zochis de Ferraria, in gignasio Patavino ordinariam sedem benemerito occupantem. Bar. de Valdezochio Patavus. Martinus de Septem Arboribus, 1472, pet. in-fol.

et ung volume en papier sur la première partie du 5e livre desd. Décretales d’ung docteur très excellent nommé Jo. de Anania ;
Dominique de Sancto Geminiano en deux volumes en papier sur le 6e ;
de Immola sur les Clémentines en papier
ung répertoire dud. Dominique sur les Décretales en papier
et ung livre en papier, appelé Preceptorium legis divine
et ung livre apelé Margarita Decreti fait escripre en parchemin


Joannes de Anania (+1458), Commentaires sur le 5e livre des Décrétales. Edition 1555. Dominique de Sancto Geminiano, Commentaires sur les Décrétales ; voir par ex. Paris, Mazarine 1335/ 1336. Jean de Immola, commentaires sur les Clémentines. Johannes Nyder,
Preceptorium divine legis, Argentine, 1483, in-fol. Martin le Polonais, Margarita decreti seu tabula martiniana edita per fratrem Martinum ordinis praedicatorum … (par ex. Cologne, 1481)

Item, et pour ce que mes progéniteurs, que Dieu absolve, mes uncles et antes ont esté atrais et natifs en la bien renommée cité de Sens et y ont eu grans biens et honneurs et aussi mon frère, à qui Dieu pardoint, et moy somes natifs d’icelle cité et encores y ay grand nombre de notables parens et amis qui m’ont fort reconforté et secouru en mon adversité, en remembrance de ces choses et aultres, pour le bien et utilité de toute lad. cité et des bons prescheurs et aultres estudians, et aussi pour estre à tousiours et demourer participant es prières, oroisons et suffrages de lesglise métropolitaine de sainct Estienne d’icelle ville et cité, je donne et laisse à icelle esglise mon beau de Lira
sur toute la Bible, qui est en quatre volumes, dont le premier volume contient le Viel Testament du commencement jusques au psaultier, le second volume contient le psaultier et les 4 livres sapienciaulx, le tiers volume est sur les prophètes et le quart volume est sur les Euvangeles et sur tout le Nouveau Testament

Nicolas de Lyre

et mon beau livre De civitate Dei beati Augustini

Saint Augustin : La Cité de Dieu

et mon livre Policraticon qui aultrement est nommé Saliberiensis de nugis curialium,

Polycraticon de Jean de salisbury. Manuscrit Soissons BM 24 (2).

lesquelz livres j’ay donnez et donne à lad. esglise par telles condicions qui seront mis et enchaisnez à chaynes de fer avecques les aultres livres de fonds d’icelle esglise et ne pourront estre venduz, aliénez, prestez ou mis hors de leurs lieux, excepté en éminent péril et pour plus grand seurté. Item vueil que, au devant que mes exécuteurs baillent et livrent iceulx livres, qu’ilz facent escripre en grosse lettre au commencement et en la fin de chacun d’iceulx volumes et livres ce qui ensuit, c’est assavoir : Laurencius Surreau, in utroque jure licenciatus, de hac civitate oriundus, canonicus Rothomagensis, dédit ac legavit in suo testamento huic venerabili ecclesie Senonensi hunc librum, talibusadiectis condicionibus quod in hac libraria, per-petuo quamdiu durabit, manebit incathenatus, nec poterit vendi, aut quovis modo alienari, nec prestari, aut extra librariam poni, nisi in eminenti periculo et pro maiori securitate. Orateproeout celestibus ac perpetuis fruat gaudiis.

De mes exécuteurs. Et pour acomplir et exécuter mon présent testament et derrenière voulenté, je ordonne et eslis, fais, constitue mes exécuteurs mes deux nepveux maistre Robert Surreau et Thomas Surreau, filz de mon frère Jehan Surreau, à qui Dieu pardoint ; mais pour tant que messire Richard Desquesnes qui m’a long temps servi et congnoist mieulx mon estât et mon fait, aussi scet mieulx ce qui est à faire pour l’acomplissement de mon présent testament, et si pourra plus facilement avoir recours et conseil de messrs de Chappitre en tout ce qu’il sera à faire touchant lesglise que ne feroient mesd. nepveux et que en lui ay grand confidence de toute loyauté et espérance très ferme qu’il priera pour mon âme, je l’ordonne et constitue mon exécuteur de cest présent testament ou derrenière voulenté avecques mesd. deux nepveux et affin qu’il se charge d’icelle exécucion, je lui donne pour sa peine 20 escuz et deux de mes livres, c’est assavoir :
de Lira sur les euvangiles qui est escript de sa main et de Lira sur les epistres, sainct Paul canoniques et Fais des appostres et vueil que quant il s’en sera chargé, mesd. nepveux et chacun d’eulx s’obligent devant le tabellion de Chappitre de le rendre indempne de tous les dommages qu’il pourrait avoir à cause d’icelle exécucion et ne vueil point que mesd. nepveux, mes exécuteurs, se meslent aucunement de eslire ou commettre les chappellains qui diront les messes que j’ay cy dessus ordonnées estre dictes et célébrées pour le salut de mon âme, car je scay bien qu’ilz seroient fort pressez de les bailler à telz que ne vouldroye, mais je ordonne que led. messire Richard, qui congnoist mieulx la vie et estât des prestres que ne font mesd. nepveux, les eslise et commette à telz qu’il sara ou cuidera vraisemblablement estre de bonne vie, et sans quelconque faveur, de quoy je charge sa conscience.
….
Et pour approbacion des choses dessusdictes et que telz soient mon testament et derrenière voulenté, je l’ay escript de ma main, à pluseurs et diverses journées, par grant et meure délibéracion, signé de mon seing manuel, séellé de mon seel et contresigné de mon signet, le quatorecyesme jour d’aoust, veille de la glorieuse assumption de la très benoitte vierge Marie, l’an mil cccc soxante saize. A Dieu soit mon âme !
SURREAU. (ADSM G 3441)

Autres mentions relatives aux livres de Laurent Surreau :

9 septembre 1479. Jovis, nona septembris, cappitulantibus dominis cantore, archidiaconis Rothomagensi et de Augo, cancellario, Gaudin, Francisco, Surreau, Gaillart, Perchart, cum aliis. Ea die, venerabilis vir Laurencius Surreau, canonicus hujus ecclesie Rothomagensis, ad honorem Dei et pro augmentacione notabilis librarie de novo in eadem ecclesia constructe, dedit et contulit libros sequentes, qui sunt numero octodecim, videlicet :

Unum magnum et perpulcrum volumen continens epistolas beati Hyeronimi, completas debito ordine et sub tabulis et rubricis ordinatas, cujus foliculum secundum post tabulam sic incipit : perstrinximus quod qui interferent, etc.

Les épîtres de saint Jérôme. Voir l’exemplaire imprimé offert à l’abbaye de Saint-Victor : Anniversarium honorabilium virorum Petri Schœffer et Conradi Henlif ac Johannis Fust civium de Moguntia, impressorum libromm, nec non uxorum, filiorum, parentum, amicorum et benefactorum eorundem. Qui Petrus et Conradus dederunt nobis Epistolas beati Hieronymi impressas in pergamo, excepta tamen summa duodecim scutorum auri, quam prefati impressores receperunt per manus Domini Joanhis abbatis hujus ecclesiae. La première édition datée est de 1468 [ Lien ]. Sur celle de 1470 [ Lien ]

Item, unum volumen continens primam partem secunde sancti Thome de Aquino, vulgariter nuncupatum prima secunde sancti Thome, incipiens in secundo foliculo sic : quod unus actus secundum speciem nec ordinetur, etc.
Item, unum continens secundam partem secunde partis dicte summe sancti Thome, que communiter nuncupatur secunda secunde et incipit in secundo foliculo : magis quam in aliam et si quidem, etc…

Thomas d’Aquin

Item, unum aliud volumen continens primam partem Item, unum aliud volumen continens alios 16 libros, seu secundam partem dicti speculi historialis Vincentii, cujus secundum folium post tabulam incipit : Ludovicus filiusejus, etc.
Item, unum parvum librum in quo continetur tabula dicti speculi historialis secundum ordinem litterarum alphabeti, quod sic incipit in secundo foliculo: runt et flebilem lesionem, etc.

Le Speculum historiale de Vincent de Beauvais. Sur les manuscrits, voir par ex. M.-C. Duchenne, Gregory G . Guzman et J. B. Voorbij, « Une liste des manuscrits du Speculum historiale de Vincent de Beauvais », Scriptorium, t. 41, 1987, p. 286-294. Biblio par Hans Voorbij. Sur ARLIMA.

Item, unum volumen continens libros Ethicorum, Polithicorum et Rhetorice Aristotelis, cujus secundum foliculum sic incipit : et fere a plurimis confessum est, etc.

Commentaires sur l’Ethique, la Politique et la Rhétorique d’Aristote.

Item, commentum sancti Thome super dictis libris Ethicorum et Polithicorum Aristotelis, quod in secundo foliculo sic incipit : vite nostre est habere, etc.

Commentaire de Thomas d’Aquin sur l’Ethique et la Politique d’Aristote

Item, unum volumen continens quamplures libros Aristotelis, quod in secundo ejus foliculo sic incipit : omnibus esse et principium quod, etc.

Aristote, sur la Métaphysique. Commentaire de Thomas d’Aquin. Liber I, lectio 3, n° 32.

Item, unum parvum volumen de textibus Logice, quod in secundo foliculo sic incipit : que ante specialissimum, etc.

Isagoge, Porphyre.

Item, Valerium Maximum, cujus secundum foliculum post tabulam incipit : Marcio certamini commissurum, etc.

Valere Maxime, faits et paroles mémorables. Factorum et dictorum memorabilium libri novem. Strasbourg, Mentelin, 1470. [ ISTC ]

Item, de Burgo super Valerio, cujus secundum foliculum sic incipit : constitui ego, etc.

Dionisio di Borgo san Sepolcro, Expositio Valerii Maxima dictorum factorum memorabilium. Strasbourg, Mentelin, 1470. [ ISTC ]

Item, unum volumen continens tres libros, primum de mirabilibus Ybernie, secundum libros Solini et tercium libros Orosii, quod in secundo foliculo post tabulam sic incipit : ventis exposita nullam penitus, etc.

Orose

Item, aliud volumen Origenis super cantica canticorum, quod dicitur Periarchon, et incipit in secundo foliculo : Dei factum secundum e limo terre, etc.

Origene,

Item, unum volumen continens tractatus de potestate ecclesiastica et regia et de scismatibus ecclesie cum pluribus litteris et epistolis circa predictum scisma, quod incipit in secundo foliculo : et ex patre procedere dicitur, etc.

….Abelard,

Item, Bocacium de claris mulieribus, cujus secundum foliculum sic incipit : ut plereque facitis mulieres, etc.

Bocace, … Voir en ligne [ Lien ]

Item, librum Augustini de spiritu et anima, qui in secundo foliculo sic incipit : functionibus anime ponerentur, etc.

Le De spiritu et anima, d’Alcher de Claivaux, longtemps attribué à saint Augustin. PL, t. XL.

Item, librum Francisci Petrarche de vita solitaria, qui in secundo foliculo sic incipit : distributor fuerim nisi rationem habeam.

Petrarque, De vita solitaria (1346-1356) : Capitula in librum Francisci petrarche de vita solitaria incipiunt… Voir l’édition de Strasbourg, avant 1473 (Adolf Rusch) [ ISTC ]

De quo quidem tam magnifico dono domini prefati eidem Surreau debitas impenderunt gratiarum actiones.

…..
ADSM, G 2140.

Iste liber est magistri… Quem qui furatus fuerit, vel abstulerit, vel fraudem fecerii quominus ipsum habeat, aut titulum istum deleverit, anathema sit ;

« Ce livre icy est de grant estime, manuscript de l’auteur mesme qui l’a dédié à saint Thomas, évesque de Cantorbie, martyr, et je l’ay aschepté par hazard vingt pistoles, et par conséquent je veux comme entendz que mes enffants le gardent très-scrupuleusement. » Suit la signature : « Jac (Jacques) Cornutz. »

1449, 24 février, Pierre de la Hazardière et Laurent Surreau chargés de faire le catalogue de la librairie. – 6 mars, livre de la Cité de Dieu prêté à Laurent Surreau (ADSM G 2131)
Quittance de Laurent Surreau : il reconnaît avoir reçu de messieurs du chapitre 87 livres 16 sous 10 deniers à compte sur ce qu’il avait prêté au chapitre pour acheter de Lira, sur toute la bible, 1462. (G 3237)
1468, 6 octobre, vente de livres par le chapitre : Henri de Bouyc, en 2 volumes, à Laurent Surreau, 60 saluts d’or  (ADSM G 2138)
16 octobre 1469, Laurent Surreau, chanoine, prête à la fabrique 100 saluts d’or pour l’achèvement de cette tour (Ibid.)
13 septembre 1479, on permet à Laurent Surreau de placer dans la chapelle des Innocents une grande image de saint Laurent (G 2140)
8 novembre, le chapitre, informé de la mort de Laurent Surreau, permet de l’enterrer dans la nef devant le crucifix. (Ibid.)

(1) Pierre Surreau, maître, ès arts, licencié en droit canon, chanoine de Rouen, promoteur, 1434-1457, official, 1459.

(2) Pour la description du manuscrit de la BM de Soissons
[ lien ]
[ Lien ]

Source : Le testament de Laurent Surreau [ En ligne ]
A lire : Vincent TABBAGH, Survivre par l’écrit chez les ecclésiastiques rouennais du XVe siècle, sur TabularIa [ En ligne ]
Indiqué : Anne-Marie Genevois, Jean François Genest, Anne Chalandon, Bibliothèques de manuscrits médiévaux en France: relevé des inventaires du VIIIe au XVIIIe siècle, Paris CNRS, 1987, p. 116.

28 Fév 2011
Jean-Luc Deuffic

Det Kongelige Bibliotek NKS 165, 4° : « Les obfuscations du monde ». Une œuvre ignorée de l’organiste Jehan Daniel dédiée à la reine Claude de France († 1524)

Il faut parler de madame Claude de France, qui fut très-bonne et très-charitable, et fort douce à tout le monde, et ne fit jamais desplaisir ny mal à aucun de sa cour ny de son royaume. Elle fut aussy fort aymée du roy Louys et de la reyne Anne, ses pere et mere, et estoit leur bonne fille et la bien aymée, comme ils luy monstrerent bien ; car, après que le roy fut paisible duc de Milan, ils la firent declarer et proclamer en la cour de parlement de Paris, à huys ouverts, duchesse des deux plus belles duchés de la chrestienté, qui estoient Milan et Bretaigne, l’une venant du pere, et l’autre de la mere. Quelle heritiere ! s’il vous plaist. Ces deux duchés joinctes ensemble eussent bien faict un beau royaume… Oeuvres Complètes de Pierre de Bourdeille


Portrait de Claude de France. Anonyme. XVIIe s. © Chantilly, musée Condé.

Det Kongelige Bibliotek conserve sous la cote NKS 165, 4° un manuscrit qui semble avoir été complètement ignoré des spécialistes de Claude de France. Nous travaillons à son édition prochaine… quelques éléments de cette étude:

Exécuté sur vélin, le NKS 165, in-quarto de 72 feuillets orné d’initiales en or sur cadres de couleur bleue et rouge, et de 6 miniatures pleine page, contient Les obfuscations du monde, une œuvre inédite de JEHAN DANIEL, organiste poète bien connu pour avoir produit entre autres plusieurs Noëls et chansons publiés vers 1525.

L’ŒUVRE : « LES OBFUSCATIONS DU MONDE »

Au f. 2 sont peintes les armes de France et de Bretagne, avec au-dessus un bandeau rouge où se lit en lettres d’or Claudia Francie Regina Vivat. Au-dessous, une hermine attachée à l’écu par un lacs d’amour, et ces vers :

Dune honneste chaînette amour tient en delis
Lermyne blanche et nette auec la fleur de lys

Au verso est une miniature où est représenté l’auteur offrant son livre à la reine Claude de France.
Plus après, la dédicace à la reine :

A lestoille matutinalle des dames, au mirouer et exemplaire de noblesse. A la prime fleur lilialle dextraction tout le lys enrichissant. A la souueraine ermine armoricalle, …

Au f. 43v :

Plus sont mordans que la dent dun lepurier
Auxi ilz ont vng excellent oupurier
Qui les enlace
Sainct yues est tout seul aduenturier
Dieu na que luy de proces cousturier
Il tient la place.

L’ouvrage se termine par un rondeau :
 
Du bon du coeur a vostre relieuee
Prendrez en gre tresillustre princesse
Cemien labeur au quel ie nay prins cesse
Tant que sentence y est oultre lieuee
Lœupure nest pas haultement enlieuee
Mais sil vous plaist prenez en la pocesse
       Du bon du cueur
Si la chose est des flateurs reprouuee
Cest leur scauoir qui partout les precesse
Il me suffit qui vous plaise et accesse
Car ie lay faict descripture approuuee
       Du bon cueur
Sil est faict en bretaigne et bretons ne sont hays
Tres iuste et noble reigne auouez vostre pays.
Si le sens nest touché en equitable affaire
Assez sont courocez quil ne scauent mieux faire.
Finis grace et Amour

Ce \”grace et amour\” se rencontre fréquemment in fine des oeuvres de Jehan Daniel…
Biblio : N.C.L. Abrahams, Description des manuscrits français du moyen âge de la Bibliothèque Royale de Copenhague (1844)
Det Kongelige Bibliotek

L’AUTEUR : JEHAN DANIEL

Les mises faites à la joyeuse venue et entrée du Roi et de la Reine (François 1er et Claude de France), à Nantes, en 1518, relatent que « Jehan Danyel, prebstre organiste de Notre-Dame de Nantes », reçut « pour avoir vacqué a faire partie des devys et ordonnances, pour les faintes des carrefours de ladite ville à ladite entrée, la somme de six escuz d’or, reduicte à monnoye de Bretaigne, vallant 10 livres ». C’est la plus ancienne mention de notre compositeur. Etait-il originaire de Bretagne ? Rien ne permet de l’affirmer pour lors.
Par la suite nous le trouvons à Angers où il fait imprimer plusieurs Noëls :
<> S’ensuyvent plusieurs Noëls nouveaulx / Chansons nouvelles de Nouel, composées tout de nouvel, exquelles verrez les pratiques de confondre les hérétiques. Jo. Daniellus, organista. S.L.N.D. [Angers, ca 1523] [ Lien ]
<> Chantzons sainctes pour vous esbattre / Elegantement exposées / Par ung prisonnier composées / C’est un mil cinq cens vingt et quatre. Jo. Daniellus, organista.
S.L. [Angers], 1524.
<> Chansons joyeuses de noel / Tres doulces et recreatives / Singuliers, suppellatives / Et sont faictes d’assez nouvel. Jo. Daniellus, organista.
S.L.N.D. [Angers, ca 1525]
<> Noëls joyeulx plain de plaisir / A chanter sans nul déplaisir / Johannis Danielis org.
S.L.N.D. [ca 1526]

Dès les années 1520 Jehan Daniel se trouvait à Angers (en 1525 il demeurait rue Baudrière, tout près de la cathédrale, ligne 11 de l’acte en ligne (Me Jehan Danyel dit my tou desservant en l’église sainct Pierre Dangiers ). Source : Odile Halbert.
Le 3 juillet 1521, il est conclu quod Johannes Daniel psaltor et organista dicte ecclesie (Sancti Petri) pro tactu organorum consequetur unam vestem competentem annuatim [centum soldos], et de cetero celebret duas missas qualibet ebdomada. Puis d’autres documents attestent de sa présence dans la capitale angevine entre 1525 et 1540 :
« Vénérable et discret maistre Jehan Daniel, presbtre, organiste et chappelain en l’église collégial de Monsieur sainct Pierre d’Angers et Jehan Provost organifacteur à présent demourant en ladicte ville d’Angers, dient et rapportent par leurs sermens sur ce faicts et prestés par devant vous Monsieur le lieutenant général, advocat et procureur d’Anjou, qu’ils ont congnoissance de l’église d’Angers dès le temps de seze ans ou environ, et en icelle ils ont hanté et fréquenté, mêmement ledict Daniel y a joué des orgues dès et depuis le temps de huit ans ordinairement. » (28 décembre 1533)

Cette déposition, malgré son laconisme, est bien précieuse ; c’est le renseignement biographique le plus étendu que nous ayons sur Jean Daniel. Elle nous révèle sa qualité de prêtre et de chapelain, l’église où if exerçait la profession d’organiste qu’il annonce dans tous ses ouvrages et tout naturellement dans ses Noëls, son séjour à Angers pendant huit ans, du commencement de 1526 à 1533, séjour remontant assurément même à une date plus ancienne, puisque les deux déposants disent qu’ils ont connaissance de l’église cathédrale « dès le temps de seize ans ».

En mai 1531, Jehan Daniel assiste aux funérailles grandioses de Guy XVI de Laval, sur lesquelles il nous a laissé une relation détaillée, publiée chez Jehan Baudouyn, imprimeur à Angers (mais venu de Nantes et Rennes), et dédiée à Gilles de Laval :

L’ordre funeste (funèbre ?), triumphante en pompe pitoyable tenue à l’enterraige de feu de bonne mémoire, très hault, très puissant, magnanime seigneur Monseigneur le comte de Laval, de Montfort, Quintin, sire de Victry, vicomte de Rennes, sire de la Roche Bernard, grand gouverneur et admiral de Bretaigne, ensemble lieutenant du roy, le très plainct et regraicté père de justice, le très-grant zélateur de paix, l’excellent ministre de charité, vroy port du peuple. Le tout contenu en une espitre envoyée à très hault et magnificque seigneur Gilles de Laval, seigneur de Louë, de la Haye en Tourayne, etc. (Exemplaire incomplet à la BM du Mans, 30927)

Cette relation nous fait connaître les liens qu’il avait entretenu avec Guy de Laval, dont il fut peut-être le confesseur …

En 1540 il est encore en charge de l’orgue d’Angers : Solvit magistro Johanni Daniel, organiste, pro gagiis suis pro anno presentis compoti XL l. (Angers, BM 667, compte de fabrique de 1540)

Dans le compte des cens, rentes et devoirs dus au prieuré, maison Dieu et aumônerie de Saint-Jean, de la Saint-Jean-Baptiste 1541 à la Saint-Jean 1544, on lit, au chapitre de la recepte, payable aux termes de Saint-Jean-Baptiste et de Noël par moitié, pour la rue Saint-Nicolas, la mention suivante :
« Maistre Jehan Loyseau, pour maistre Jehan Daniel organiste, pour feu maistre Alman Papot, pour une maison et jardrin sis en ladicte rue Sainct Nycollas, auxdictz termes par moytié de rente, X sous (3). »
A partir de cette date nous perdons la trace de notre organiste poète ….

Lien : Exemple d’un noël de Jehan Daniel : Tous les bourgeois de Châtre : Extrait par les Quatre Barbus.
Biblio : Henri Chardon, « Noëls de Jean Daniel dit Maître Mitou organiste de Saint-Maurice et chapelain de Saint-Pierre d’Angers 1520-1530 précédés d’une étude sur sa vie et ses poésies », dans Bulletin de la Société d’Agriculture, sciences et arts de la Sarthe, tome XXII, 1873-1874, p. 335-400.

« A LA SOUVERAINE ERMINE ARMORICALLE » …. CLAUDE DE FRANCE


Portrait présumé de Claude de France. Anonyme. XVIe s. ©Versailles, château de Versailles

En 1517, on construisit, à Paris, pour l’entrée de Claude, reine de France, un grand arbre généalogique dressé devant le Châtelet (voir les représentations, ci-dessous). Au sommet, se tenaient les représentations de la reine et de son époux, revêtus des insignes royaux. Dessous, se tenaient les deux précédents couples régnants : d’un côté, le père de Claude, Louis XII, et son épouse, la reine Anne de Bretagne, ainsi que le premier époux de cette dernière, Charles VIII, de l’autre, Louis XI et son épouse, Charlotte de Savoie, plus bas encore, Charles VI et sa femme, ancêtres de Claude, et Louis d’Orléans et Valentine Visconti, ancêtres de François Ier. (BnF) :

Puis vint ladicte dame devant Chastellet de Paris, ou elle trouva sur ung grant eschaufault ung arbre ayant plusieurs branches, comme ung arbre de Jessé. Sur le hault estoient ung roy et une royne couronnez, representant le roy et la royne, et de chascun costé d’icelles branches estoient plusieurs princes et princesses, roys et ducz de Bretaigne, remonstrant la lignee et genealogie dont estoit venue ladicte dame. Au bas duquel eschauffault y a voit quatre dames nommees Severité, Mansuetude, Loy et Coustume, car le Chastellet est le lieu de la justice ordinaire du roy. (Sacre, éd. Cynthia J. Brown, p. 305)

<> Le Sacre de Claude de France, London, British Library Stowe 582. ca 1517. Manuscrit ayant appartenu à Philippe, Comte de Béthune (+ 1649). 51 f. 220 x 150 mm. 10 grandes miniatures. Enluminure : Jean Coene IV ? Description.


© London, British Library, Stowe 582, f. 39


© Paris, BnF, Fr. 5750 f. 45. Le Sacre, couronnement, triomphe et entrée de la reine et duchesse, Madame Claude de France, 1517, Paris. Parchemin. 58 f.

Autres manuscrits du Sacre de Claude de France : Paris, BnF. Fr. 14116 ; Paris, Beaux-Arts 491 ; London, British Library Cottonian Titus A XVII …
Biblio : Voir essentiellement Cynthia J. BROWN, Pierre Gringore Les entrées royales à Paris de Marie d’Angleterre (1514) et Claude de France (1517), Droz, 2005 ; et récemment : The Queen’s Library : Image-Making at the Court of Anne of Brittany, 1477-1514, University of Pennsylvania Press, 2011.

Parmi les manuscrits liés à Claude de France :

<> Livre d’Heures de Claude de France, atelier du Maître de Claude de France entre 1515 et 1517
Ancienne collection Paul-Louis Weiller – Vente IV Livres, Autographes et Manuscrits. Vente à venir du 8 avril 2011 (adjugé 2 000 000 €).
Voir le Catalogue Gros & Delettrez en ligne

Les travaux de l’atelier du Maître de Claude de France sont reconnaissables à plus d’un titre. Tout d’abord ses formats minuscules et la précision de ses peintures sont remarquables. Ensuite, la conception architecturale de ses peintures est particulière, elles sont toujours exécutées sur le même principe, la colonne située sur la partie externe du feuillet est mieux finalisée que celle de la marge interne. Enfin l’utilisation des « cordelières », propres à Claude de France et François Ier, est très fréquente dans son ornementation. Il est d’ailleurs aujourd’hui incontestable que le Maître de Claude de France a été un certain temps attaché à la famille royale. On connaît aujourd’hui deux manuscrits exécutés pour Claude de France par l’atelier du maître enlumineur. Un Livre de Prières, malheureusement fort endommagé, recueilli par la Morgan Library and Museum de New-York, qui est plutôt une relation de la vie du Christ, de Marie et de nombreux saints, et ce Livre d’Heures contenant essentiellement l’Office Divin précédé du traditionnel calendrier illustré des miniatures commémorant les grands moments de la vie et du travail. La liturgie des Heures et le calendrier du présent manuscrit n’existent pas dans le Livre de Prières. Le précieux manuscrit minuscule (84 x 55 mm), en parfait état de conservation, est de 121 feuillets rédigés sur vélin, à 22 lignes à la page, calligraphiés en latin, d’une écriture romane, en noir, bleu, rouge et or avec des lettrines bleues, rouges et dorées. Les grandes lettrines sont blanches, sur fond doré encadré d’un large filet bleu. Les Heures de Claude de France à l’usage de Paris sont illustrées de 15 miniatures à pleine page et de 12 miniatures accompagnant le calendrier (Catalogue en ligne).

<> Livre d’heures [Tours, vers 1520]. New York, Pierpont Morgan Library, M.1171.
Album composé de onze miniatures découpées dans le calendrier d’un Livre d’heures et insérées dans des feuilles de vélin, chaque miniature illustrant l’un des travaux des mois surmonté d’une lunette contenant le signe du zodiaque correspondant, chacune d’une dimension totale de 70 x 70 mm, un encadrement doré dissimulant la jointure entre la miniature et le support, chaque page mesurant 130 x 170 mm, le verso des miniatures présentant les fêtes du 10e au 19e jour du mois, dont celles des évêques et archevêques de Tours, notamment les fêtes majeures de saint Lidorius (13 septembre) et saint Martin (11 novembre), la scène de la découpe du cochon en décembre est une miniature du XIXe siècle peinte à même le feuillet de vélin (petit éclat de peinture sur le visage de la femme et bavure sur le visage de l’homme dans la miniature de janvier). Maroquin vert du XIXe siècle à contreplats du vélin ivoire doré de Trautz-Bauzonnet. Provenance : probablement vente du comte de Lignerolles, janvier-février 1894. Ces exquises miniatures sont l’œuvre d’un enlumineur actif à Tours dans le premier quart du XVIe siècle et connu sous le nom de Maître de Claude de France en raison des deux manuscrits réalisés pour Claude, fille d’Anne de Bretagne et de Louis XII, épouse de François Ier et reine de France : un Livre de prière (New York, Morgan Library M.1166  et un Livre d’Heures (collection particulière). Les scènes de cet album présentent des ressemblances frappantes avec les miniatures calendaires des Heures de Claude de France. Dans les Heures de Claude, les miniatures sont également d’une demi-page de haut, placées au-dessus de chaque fête pour le premier tiers du mois. Les sujets sont semblables et les compositions similaires sans être identiques. La fluidité des mouvements et l’intégration plus convaincante des personnages dans le décor laissent penser que les scènes de ce calendrier pourraient être légèrement postérieures aux Heures de Claude. Parfois, la scène se focalise sur un seul personnage en un effet délicieux, comme dans la miniature de mai où la jeune femme assise avec son amant dans le manuscrit de Claude devient une jeune fille dans une roseraie confectionnant une guirlande de mai. L’enlumineur était manifestement attaché d’une façon ou d’une autre au service de la famille royale ; on connaît d’autres manuscrits de sa main, dont un Livre d’heures pour la sœur cadette de Claude de France. Son style se caractérise par la délicatesse et le raffinement de sa technique – les formes et les couleurs sont données par des coups de pinceau brefs et des touches presque pointillistes – et par la création de scènes aux atmosphères évocatrices. Dans ces miniatures calendaires, il atteint l’apogée de son élégance et de son accomplissement. Leur qualité égale celle des chefs-d’œuvre que le Maître de Claude de France produisit pour sa royale mécène. Ces miniatures constituent un ajout significatif à son œuvre.
Calendrier, provenant d’un Livre d’Heures, en latin, enluminé par le Maître de Claude de France. Acquisition à la  Vente Christie’s du 25 juin 2009. Provenance : Bibliothèque royale de Claude de France. Fonds Edwards. Manuscrit référencé en 1817 par Thomas Frognall Dibdin dans le tome I de son « Decameron bibliographique » (p. 180) – Bibliothèque Evans Fonds Pickering, libraire à Piccadilly (1845) – Bibliothèque George Daniel à Canonbury.
Je remercie Roger S. Wieck, Curator, Medieval and Renaissance Manuscripts, à la Morgan, qui m’apprend l’acquisition récente de ce manuscrit par la célèbre bibliothèque de New York.

<> New York, The Pierpont Morgan Library, ms M.1166 : The Prayer Book of Claude de France – Provenance : gift of Mrs. Alexandre P. Rosenberg in memory of her husband Alexandre Paul Rosenberg, 2008 © The Morgan Library & Museum

Facsimilé
Le livre de prières de Claude de France – joyau personnel de la jeune reine : New York, The Pierpont Morgan Library, MS M.1166
http://www.quaternio.ch/fr/le-livre-de-prieres-de-claude-de-france

Quelques oeuvres attribuées au Maître de Claude de France :
<> Ecouen, Musée de la Renaissance : saint Augustin et saint Cyrille travaillant à des pupitres. Miniature France, début du XVIe siècle. ECL 11764.
<> Paris, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Feuillets d’un Livre d’heures : Saint Antoine de Padoue, Sainte Geneviève (8° 547 F 74 (n°53 et 54)
<> Paris, Arsenal, 291. Heures à l’usage de Rome.
<> Lyon, Bibliothèque municipale, ms 1558. Miniature ajoutée : saint Jérôme devant le Christ en Croix.
<> Angers, Bibliothèque municipale, ms 2111 : Livre d’heures à l’’usage d’Angers (vers 1510-1520) 23 enluminures de l’’atelier du Maître de Claude de France. Galerie Les Enluminures (Paris, Louvre des antiquaires), avril 2007. Cf. Archives d’Anjou, t. 11, 2007, p. 196-202.
<> Il Codice Valois, il Vangelo del Delfino di Francia, ms 2020 della Biblioteca Casanatense.
<> Biblioteca Estense Universitaria di Modena, Lat. 614 :  Les petites prières della duchessa di Ferrara.
<> London, British Library, Add. 35315. Heures à l’usage de Rome.

Bibliographie
C. J. STERLING, The Master of Claude, Queen of France, a Newly Defined Miniaturist, New York, H.P. Kraus, 1975.
J. BACKHOUSE, The Master of Claude, Queen of France, dans The Burlington Magazine, CXVIII, 1976, p. 524-526.
F. O. BÜTTNER,  Zur französischen Buchmalerei um 1500. Bemerkungen anläßlich zweier Publikationen, dans Scriptorium, 32, 1978, p. 290-303.
F. AVRIL & N. REYNAUD, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, 1993, p. 319-323.
Valérie AUCLAIR, François AVRIL, Philippe BRAUNSTEIN, L’art du manuscrit de la Renaissance en France. Paris, Samogy éditions d’art ; Chantilly, Musée Condé, Château de Chantilly, 2001.
R. S. WIECK, “The Primer of Claude de France and the Education of the Renaissance Child” in The Cambridge Illuminations. The Conference Papers, ed. by S. Panayotova, London, Harvey Miller, 2007, p. 267-277; Das Gebetbuch der Claude de France. MS M.1166. The Pierpont Morgan Library, Commentary to the Facsmile Edition, New York, Luzern, 2010 ; The Prayer Book of Claude de France, in The Medieval Book : Glosses from Friends & Colleagues of Christopher De Hamel, James H. Marrow, Richard A. Linenthal, and William Noel, ed., ‘t Goy-Houton, 2010, p. 183-95.

<> Chantilly, Musée Condé, ms 515. Histoire de Palamon et Archita (poème, par Anne de Graville). In-4°, 96 f., mar. vert, coins à petits fers, tr. dor., armes. (Bauzonnet.)
Précieux manuscrit sur vélin, portant sur le deuxième feuillet les armes de Claude de France, première femme de François 1er. L’écu, entouré d’une cordelière, est placé au milieu d’un grand G formé par quatre hermines héraldiques et posé lui-même sur un champ lilas semé de G et d’hermines. Toute la page est encadrée d’une riche cordelière.
En regard, et au verso du premier feuillet, est une dédicace de 18 vers, à la reine, commençant ainsi :
Si J’ay emprins, ma souveraine dame…
Au bas, sur un listel, est écrit :
J’en garde un leal, anagramme bien connu d’Anne de Graville. Anne de Graville, fille du célèbre amiral de Graville, dame d’honneur de Claude de France, aimait beaucoup les livres. 

<> Paris, Arsenal 5116. Même texte. Quelques images sur la base photos de Paris BnF. Sur ce manuscrit lire l’Histoire de Marcoussis … Il porte des armes jusqu’ici non identifiées : de gueules à trois têtes de lapin arrachées, deux en chef et une en pointe. Nous proposons d’y voir celles de la famille normande Dumont de Bosquatet, dont la généalogie est en ligne.
Biblio : Myra D. ORTH, « Dedicating women : manuscript culture in the French Renaissance. The cases of Catherine d’Amboise and Anne de Graville », in Journal of the early book society, 1997, t. I, p. 17-47.
Je remercie Guillaume Berthon pour m’avoir signalé ce manuscrit.
Sur Anne de Graville lire par exemples :
Mawy Bouchard, « Le roman \”épique\” : l’exemple d’Anne de Graville » dans Études françaises, vol. 32, n° 1, 1996, p. 99-107, en ligne http://id.erudit.org/iderudit/036014ar
Encyclopedia of women in the Renaissance [en ligne]

LA MORT DE CLAUDE DE FRANCE

Les Croniques de François Ier, publiées pour la première fois en 1859, relatent que : « Le 26e jour du moys de juillet 1524, environ heure de midy, de ce siècle décéda la perle des dames et cler mirouer de bonté, sans aulcune tache, madame Claude, reyne de France,  fille du feu roy Louis XII de ce nom, laquelle fut moult regretée, et fut son corps mis en un sercueil, en la chapelle du château de Blois, où il fut longtemps sans être inhumé. Et pour la grant estime de saincteté que l’on avoit d’elle, plusieurs luy portoient  offrandes et chandelles, et atestoyent aulcuns avoir été guéris et salvez de quelques maladies par ses mérites et intercessions ; et mesmement une notable dame qui affermoit avoir receu par ses mérites guarison d’une fiebvre qui jà par longtemps l’avoit tourmentée. »
Les funérailles de Claude de France donnèrent lieu à l’impression d’une plaquette :
L’ordre qui fut tenu à l’obseque et funerailles de feu magnanime et tres excellente princesse Claude, par la grace de Dieu royne de France et duchesse de Bretaigne (1524). Petit in-8 gothique de 8 feuillets. Exemplaire : Bibliothèque de Nantes, 48408R.
De même, voir : La doloreuse querimonie de bles soy disant jadis reale ville pour la transportation delle a Sainct Denys en France. Du corps de feuee tresillustre reyne de France duchesse de Bretaigne maistresse des vertus. Madame Claude. [S.l.] : [s.n.] [ca 1524] [4] f. : ill. gr. s. b. ; 8°. Exemplaire : Bibliothèque de Versailles, Goujet in 8 164
Et un recyclage d’André de La Vigne:
Les epitaphes et // rondeaulx. Composez sur le tres // pas de feue, Tresexcellete et tres // debōnaire princesse Claude par // la grace de Dieu Royne de france // et duchesse de Bretaigne. — Finis.
S. l n. d. [Paris ?. 1524], pet. in-8° goth. de 4 f., impr. en lettres de forme. Au titre, un bois des armes de France supportées par deux anges. Paris BnF, Réserve Y. 4481 dans un recueil, qui porte l’ex-libris de Félibien et qui provient en dernier lieu de Louis XVI (Inventaire de L. Capet, n° 17 10). Bibliothèque de Versailles, Goujet in 8 164.
Traité des pompes funèbres, de Lemaire de Belges, dédié à Claude de France, dans Paris, BnF, Fr. 22326, f. 81-107.
Testament de Claude de France du 28 juillet 1524 (copie dans Paris, Bibliothèque de l’Institut, manuscrit Godefroy 307, f. 104-105) [ Lien ] [ lien ] [ lien ]

Je remercie Anders Toftgaard du département des manuscrits et des livres rares de la Kongelige Bibliotek pour sa collaboration.

CREDIT ICONOGRAPHIQUE
London, British Library
New York, Pierpont Morgan Library
Paris, Bibliothèque nationale de France
Chantilly, Musée Condé
Versailles, château de Versailles

17 Sep 2010
Jean-Luc Deuffic

Les statuts de l’« Ordre et aimable compagnie de monsieur saint Michel »

Louis XI crée par ordonnance du 1er août 1469, l’ordre de Saint-Michel, « Ordre et aimable compagnie de monsieur Saint-Michel », fondé « pour la très spéciale et singulière amour que nous avons au noble ordre et état de chevalerie, pour la défense de notre sainte mère l’église et la prospérité de la chose publique », mais essentiellement dans le but de rivaliser avec celui de la Toison d’or du Duc de Bourgogne.
Le siège de l’Ordre fut tout d’abord fixé en l’abbaye du Mont-Saint-Michel, lieu hautement symbolique car ayant toujours résisté à l’envahisseur anglais. C’est de ce fait que l’Ordre tirait sa devise « Immensi tremor oceani » traduisible par « la crainte de l’immense océan ». Sous le règne d’Henri II, le siège sera transféré sur Paris, à la chapelle Saint-Michel du Palais en l’île de la Cité, puis sous Louis XIV sera définitivement fixé au couvent des Cordeliers de Paris. L’Ordre de Saint-Michel se composait initialement de 36 « gentilshommes de nom et d’armes » dont 15 étaient désignés par le roi, Grand maître de l’Ordre, et le reste élu par les membres de l’Ordre. L’élection des nouveaux titulaires de l’Ordre se faisait lors d’un chapitre ( assemblée délibérante ), le 29 septembre, jour de la Saint-Michel. Les récipiendaires devaient s’engager à renoncer à tout autre Ordre et prêter un serment de fidélité irrévocable au Grand maître et à la couronne de France (source).
Nous sommes assez mal renseignés sur les commandes des premiers exemplaires. Au début du XVIe s. la documentation se fait plus précise :

Dans une quittance du 22 janvier 1523, le héraut roi d’armes de l’Ordre, qui était alors Antoine Tavart \”confesse avoir reçu de Maitre Nicolas de Neuville … la somme de LXXXVI escus d’or soleil pour icelle somme estre baillee aux escrivains, enlumineurs et relieurs qui feront XII livres en parchemin, esquels seront declaréz, contenuz et escritz les articles, statuts et ordonnances dudict ordre\”. […] Par une autre quittance, \”Estienne Collaud, enlumineur, demeurant a Paris, confesse avoir reçu de Maitre Antoine Tavart, chevalier, roy d’armes de l’ordre et valet de chambre du roy, la somme de LXXII livres tournois pour avoit fait par ledit Collaud et livré VI livres contenans les chapitres, statuts et ordonnances de l’ordre du roy\” (Paris, BnF, Coll. Clairambault ms. 1242, f. 1630). Le susdit enlumineur Etienne Collaud reçut encore le 10 septembre 1528 une nouvelle somme de 72 livres tournois pour le paiement de six autres livres semblables (Source : Durrieu, 1911, p. 31-32).

Parmi les différents exemplaires manuscrits des Statuts, signalons :

France

§ Albi, BM, 93. XVIe s. Papier. Livre des statuts et ordonnances de l’ordre de Saint-Michel.
§ Paris, Arsenal, 2274. Manuscrit inachevé ; la place des initiales, celle des fins de lignes ont été laissées en blanc. Il en est de même de la plus grande partie de la page 9 qui est demeurée vide, attendant le miniaturiste, ce qui prouve bien que le calligraphe et le peintre étaient deux personnes absolument différentes. A la suite de ce volume ont été reliés les Statuts de l’Ordre du Saint Esprit, imprimés chez P. Mettayer, imprimeur-libraire du Roy, Paris, MDCX.
§ Paris, Arsenal 5100. XVe s. Parchemin. 52 f. 232 × 163 mm. Relié en veau, à filets, sans ornements. A la première page se trouve une miniature d’encadrement à compartiments fleuronnés sur un fond de couleurs diverses. L’écu laissé en blanc. A la marge de droite, un chevalier couvert d’une armure assez simple se tient debout sous un pavillon vert; son casque est posé à terre ; il s’appuie, sur un pennon dont le champ, qui devait sans doute recevoir des armoiries, est resté, en blanc. Dans le coin supérieur de gauche se dessilla ; figure du roi Louis XII, en buste, costume royal fleurdelysé, col et manches bordés d’hermine ; il a la couronne en tête, le collier de l’Ordre au cou et tient la main de justice.  De la bibliothèque de M. de Paulmy, « Jurisprudence, no 376 D ».
§ Paris, Arsenal, 5101. 1568. Parchemin. 35 f. 232 × 170 mm. Couvert en vélin blanc, avec ornements dorés sur le dos et sur les plats. La première page contient le titre : « L’institvtion et ordonnance des cheualiers de lordre des tres-chrestiens Roys de France. » Au-dessous, un blason ovale, portant d’argent à la fasce bandée d’or et de gueules de six pièces ; l’écu, surmonté d’une couronne de comte à sept perles, est entouré du collier de l’Ordre, le tout dans un encadrement rectangulaire doré. Ces armoiries sont celles des seigneurs de Pons, en Saintonge. Au deuxième feuillet, tête de page ornée de rinceaux de couleur sur fond d’or. Au centre, une tête d’ange surmonte un petit cartouche vert sur lequel un écusson bleu porte, en chiffres de couleur blanche, la date de 1568. De la bibliothèque deM. de Paulmy, « Jurisprudence, n° 376C ».
§ Paris, Arsenal 8562. Parchemin. 73 feuillets. 240 × 160 mm. Italien et français.  Écriture de la fin du XVe siècle. Miniature au f. 1, avec au bas, armoiries peintes : d’or à une écrevisse de gueules, surmontée d’une aigle éployée de sable, becquée, membrée et couronnée de gueules ; d’un côté de l’écu, les lettres CO ; de l’autre, NI. Autour de l’écu, le collier de l’ordre de Saint-Michel. De la bibliothèque de Victor Luzarche.
§ Bibliothèque Sainte-Geneviève, manuscrit 1688, f. 1. Description sur le site CALAMES. Illustration ci-dessus. Images sur Liber Floridus.
Au f. 1, les armes de France recouvrent celles de Jean d’Humières, chevalier de l’ordre de Saint-Michel en 1514, mort en 1550.


© Musée du Louvre/P. Philibert. Les fils de Jean d’Humières. Relief provenant de la chapelle funéraire de Jean d’Humières (Pierre Bontemps)

§ Paris, BnF, Clairambault 1242, p. 1421-1469.
§ Paris, BnF, Fr. 14361. XVIe s. Parchemin. 36 f. 250 x 175 mm. Miniature au f. 7v. Provenance : Guyon de Sardière (N° 1472 de son catalogue de Paris, 1759 [ Lien ]).
§ Paris, BnF, Fr. 14362. XVe s. Parchemin. 43 f. 225 x 145 mm.
§ Paris, BnF, Fr. 14363. XVe s. (1493/1494). Parchemin. 17 f. 180 x 150 mm. Miniatures aux f. 3, 6 (Maître de Moulins). Provient des Jésuites de Clermont. Reliure d’époque. Sans doute donné par François 1er au connétable de Bourbon, dont les armes ont été rajoutées. Voir F. Avril et N. Reynaud, Manuscrits à peintures, p. 350-351.
§ Paris, BnF, Fr. 14364. XVe s. Parchemin. 40 f. 235 x 165 mm.
§ Paris, BnF, Fr. 14365. XVIe s. Parchemin. 51 f. 250 x 165 mm. Miniature au f. 8. Provenance : Estrées (n° 13397 de son catalogue, t. II, Paris, 1740), Oratoire.
§ Paris, BnF, Fr. 19806. Le Roi, sur un trône surmonté d’un dais doré portant cette inscription : Sit nornen domini bene (dictum). Cinq chevaliers, ayant au cou le collier de l’Ordre, sont assis de chaque côté du roi. Entourage d’architecture ; le fond est fermé par une draperie fleurdelysée. Le style et l’exécution n’ont rien qui sorte de l’ordinaire. Deux grandes majuscules peintes, lettre L. Plusieurs petites lettres ornées.
§ Paris, BnF, Fr. 19815.
§ Paris, BnF, Fr. 19817.
§ Paris, BnF, Fr. 19818. Ce manuscrit a beaucoup souffert et paraît avoir séjourné dans l’eau. En tête, au verso du premier feuillet, grande miniature représentant les armes des Montmorency, d’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur, supportées par deux griffons dorés. L’écu, entouré du collier de l’Ordre, est sommé d’un casque héraldique tourné à gauche et orné de lambrequins ; couronne d’or au-dessus du casque et pour cimier une tête de lévrier. En haut de ces armoiries le cri : « Dieux aide av premier (bar)on (chres)tien. » Et en bas la devise : APLANOS (sans tâche). Exécuté pour le connétable de Montmorency.

§ Paris, BnF, Fr. 19819. 1469/1470. Parchemin. 29 f. 205 x 150 mm. Exemplaire probablement destiné au roi Louis XI. Enluminé à Tours par Jean Fouquet [ Lien ]. \”M. Paul Durrieu a montré que cet exemplaire des statuts de l’Ordre de Saint-Michel avait été écrit et décoré pour le roi, grand maître et fondateur de l’Ordre, et que la miniature dont il est orné était très probablement l’œuvre de Jean Foucquet. M. Durrieu a même cru pouvoir identifier quelques uns des personnages qui y figurent (\”Une peinture historique de Jean Foucquet\”, dans, Gazette archéologique, XIV, 1889, p. 61-80, et pl. 14). Ce seraient, parmi ceux qui sont à la droite du roi, Jean Robertet, Gui Bernard, évêque de Langres, Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, Charles de France, duc de Guyenne, frère du roi, et parmi ceux qui sont à sa gauche, Jean Montjoie, héraut d’armes, Jean Bourré, Louis de Laval, seigneur de Chatillon, le connétable de Saint-Pol (?), Jean II, duc de Bourbon, et Louis, bâtard de Bourbon, comte de Roussillon. La scène, tout à fait semblable à la présente, que Montfaucon a reproduite, dans le t. III, p. 306, de ses Monuments de la monarchie française, a été tirée de l’exemplaire des Statuts fait pour Charles de Guyenne, frère du roi, qui est aujourd’hui conservé dans le ms, Clairambault 1242, fol. 1421\”. Couderc, etc., Exposition de portraits, peints et dessinés du XIIIe au XVIIe siècle, 1907, p. 34… Voir F. Avril et N. Reynaud, Manuscrits à peintures, 1993, p. 143-146.
§ Paris, BnF, Fr. 24013.
§ Paris, BnF, Fr. 25188. Statuts, puis Erection de la chapelle de l’Ordre dans la Sainte-Chapelle (1469-1502). XVIe s. Papier. 137 f. 205 x 140 mm. \”Ce livre appartient a messire Estienne Petit, chevalier, conseiller du Roy nostre sire, trésorier de son Ordre Saint Michel … Mil Vc deux\” (f. 1). Par la suite a appartenu à Antoine Loisel. (Notre-Dame). Sur Etienne Petit voir par exemple : Noël Valois, \”Le Conseil du roi et le Grand Conseil pendant la première année du règne de Charles VIII\”, dans Bibliothèque de l’école des chartes, 43, 1882, p. 594-625 [ En ligne ]. Etienne Petit posséda le manuscrit Paris, BnF, Fr. 5476 sur lequel on peut lire : \”Ce livre appartient a Estienne Petit, chevalier, conseiller et maistre des comptes du roy à Paris, son notaire et secrétaire, trésorier de son ordre de Saint Michel, seigneur de Croissy et de Collegien en Brie, de Valorges en Hurpois, de Perdignier, de Clarac et de Saint nazaire en Languedoc\”. (L. Delisle, Cabinet des manuscrits, p. 392).   Voir dans les dessins de Gaignières : (1509) Tableau peint sur bois représentant Mre Estienne Petit, chevalier, Me ordinaire en la chambre des comptes, et dame Catherine Fournier, sa femme, et leurs deux enfants, savoir : Denise Petit, morte jeune, et Estienne Petit, contre le mur à droite, dans la sacristie du collége d’Autun, à Paris. Dessin in-4 carré. Recueil Gaignières, à Oxford, t. XVI, f. 75. En 1515, Etienne Petit offrit une grande partie de sa bibliothèque (325 volumes) au Collège d’Autun. Manuscrit Sorbonne 396 : f. 53. \”Fundation de feu monsieur Petit du 24 janvier 1515. f. 66v. Inventarium voluminum librorum pertinencium nobilis personis Stephano Parvo et Katherine Fournier, ejus uxoris\”. Inventaire publié par Ch. Beaulieux, \”La bibliothèque du collège d’Autun\”, dans Revue des bibliothèques, 22, 1912, p. 62-103. Etienne Petit était natif de Montpellier.
§ Paris, BnF, Fr. 25189. XVIe s. Papier. 40 f. 240 x 175 mm (Saint-Victor 1010).
§ Paris, BnF, Fr. 25190. XVIe s. Parchemin. 43 f. 230 x 160 mm. Prov. : Gaignières, 726. En tête, grande miniature occupant toute la première page. Le Roi Henry II, assis sur son trône, la tête tournée à gauche, sous un dais drapé d’étoffe bleue fleurdelysée et occupant tout le fond du tableau. Un peu au-dessous du roi siègent un certain nombre de chevaliers, vêtus de costumes variés, mais portant tous le manteau blanc et le chaperon rouge. Le greffier est assis au milieu de la scène devant une table drapée de France. Le héraut, Mont-Saint-Michel, s’avance par la gauche, la tête découverte, vêtu du hocqueton aux armes royales, tunique de dessous rouge, chausses grises et souliers noirs. Le tableau est inscrit dans un encadrement d’architecture composé de deux colonnes bleues fleurdelysées. Lettre L majuscule, dorée et couronnée, sur champ de France. Au-dessous, l’écusson royal entouré du collier de l’Ordre. Tout en bas, la lettre H et le croissant, plusieurs fois répétés.
§ Paris, BnFrance, Nlle Acq. Fr. 10657. XVIe s. 8 + 38 f. 190 x 130 mm. A la fin, la date : « 1551, 10 octobre ».

§ Rouen, BM, 38. XVe s. Parchemin. 47 f. 220 x 155 mm. reliure veau fauve, en mosaïque, portant sur les deux plats les armes d’un rhingrave de Salm-Kyrburg, tranches dorée.
§ Rouen BM, 1350. 1550. Parchemin. 250 x 180 mm. 45 f. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, 1, 1886, p. 336.

§ Saint-Germain en Laye, BM, 4. Ci-dessous. XVIe s. Parchemin. 58 f. Miniature au f. 11. Henri II, entouré de chevaliers de l’ordre ; dans la bordure, deux médaillons représentant Diane chasseresse. Reliure du XVIe s., exécutée pour Charles, cardinal de Lorraine, archevêque de Reims (1538-1574) ; sur le premier plat, une pyramide surmontée d’un croissant et entourée de lierre ; devise : Te stante, virebo. Manuscrit numérisé en ligne [ Lien ]

§ Tours, BM, 1160. XVe s. Parchemin. 34 f. 243 x 167 mm. Miniature, f. 7. Catalogue général, p. 811.
 
§ Exemplaire passé en vente à la Galerie Les Enluminures . 42 f. 242 x 178 mm. Exemplaire sans doute commandité par François 1er. Provenance : Duke Of Marlborough (Spencer-Sunderland) ; De Ramioul ; Howell Wills ; Ellis ; Lardanchet (1960). Description en ligne, bibliographie [ Lien ]

Angleterre
§ London, British Library Harley 4485. Ca 1510/1520. Parchemin. 45 f. 260 x 185 (180 x 115) mm. Voir description et miniature [ Lien ]
§ Oxford, Bodleian Library, Ashmole 775. XVIe s. Initiales.
§ Oxford, Bodleian Library, Rawl. C.888. XVIe s. (Durieu, Les manuscrits, pl. VIII)

Autriche
§ Vienne, ONB, 2637. Une grande miniatures et 5 petites. Enluminé pour Charles VIII par  Jacques de Besançon (?).

Italie
§ Milano, Trivulziana, ms. 1394. Source : Les Enluminures
Putaturo Murano, A. Perriccioli Saggese, Codici miniati delle Biblioteca Oratoriana dei Girolamini di Napoli, Naples, 1995, n° 35.

Pays-Bas
§ La Haye KB, 75 J 37. France ; c. 1480 1490 Papier, 37 f., 230 x 161 (140 x 87) mm. Description [ Lien ]

USA
§ Rare Book & Manuscript Library University of Pennsylvania Ms. Codex 781. Numérisé entièrement à cette adresse [ Lien ]
§ New York, Pierpont Morgan Library M 20. 50 f. 218 x 146 mm. Exécuté pour Pierre II de Bourbon (1439-1503). Voir description et bibliographie [ Lien ]
§ Folger Shakespeare Library, Source : Les Enluminures
§Lilly Library, University of Indiana. Source : Les Enluminures

Manuscrit de l’ancienne collection Didot
(catalogue de la vente de juin 1878) : « N° 69. — Statuts de l’Ordre de Saint-Michel, in-4° de 44 feuillets, avec miniature et lettres ornées ; reliure du XVIe siècle en maroquin noir à compartiments fleurdelysés, tranches dorées. Manuscrit du xvie siècle sur beau vélin et d’une belle écriture ronde. Il commence ainsi sans aucun titre : « La table des chappitres du liure de lordre du tres-chrestien Roy de France Loys vnziesme A Ihonneur de Sainct Michel ». En tête, folio 7, recto, se trouve une miniature de toute beauté, admirablement conservée, et occupant les deux tiers de la page ; elle représente la réception d’un chevalier de l’Ordre. Elle est entourée, ainsi que quatre lignes de texte écrites au-dessous, d’un beau cadre renaissance, avec les armes de France au bas. Nous en donnons une reproduction au catalogue illustré. Chaque paragraphe de la table et du texte commence par une charmante initiale en or et couleur. Provient de la Bibliothèque Yemeniz (N° 3080 de son catalogue de 1867). »

Manuscrit de l’ancienne collection de Mac-Carthy Reagh
(Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque …, , Paris, De Bure frères, 1815, Volume 1, Partie 1)
1239. Le Livre des statuts et ordonnances de l’ordre Saint-Michel, établi par le Très-Chr. roi de France Louis XI. Institution de l’office de prevost et maître des cérémonies, avec autres statuts et ordonnances sur le fait dudit ordre. In-4- m. r. antiqué. Imprimé Sur Vélin.

Manuscrit de l’ancienne collection de Chardin
(Catalogue des livres rares et précieux …de la bibliothèque de M. Chardin, Paris, 1823, vente de 1824, 9 février et jours suivants) :
2307. Livre de l’Ordre du très chrestien Roi de France Loys unziesme, à l’honneur de saint Michel. ln-[\. reliure antiquée, et à compartimens. Manuscrit sur Vélin, avec des initiales peintes en or et en couleurs.
2308. Le même ouvrage. ln-4°. goth. rel. antiquée. Manuscrit sur Vélin.
2309. Le même ouvrage. In-4°. v. b. Manuscrit sur Vélin, orné de quelques miniatures et de riches bordures en or et en couleurs.
2310. Le Livre des statuts et ordonnances de l’Ordre de Saint-Michel, établi par Louis x1. Institution de l’office de prevost et maître des cérémonies, avec autres statuts et ordonnances sur le fait dudit Ordre. In-4°. m. citr. dent.
Imprimé sur Vélin.

Collection particulière. Exemplaire de Louis d’Orléans (F. Avril et N. Reynaud, p. 351).

Ancienne bibliothèque de Cheltenham
Statuts de l’ordre de Saint-Michel (n° 1323), exemplaire aux armes de Du Bellay peintes sur le feuillet de garde, contenant, conformément à la règle adoptée pour ce genre de manuscrits dès l’institution de l’ordre, une grande miniature qui représente la tenue d’un chapitre présidé par le roi, et qui est, dans le cas présent, très faible et sans la moindre valeur quelconque
Autre exemplaire des Statuts de Saint-Michel, datant de la même époque et du même format (n° 4314). Cet exemplaire devait être presque semblable au précédent, mais le feuillet sur lequel était peinte la miniature traditionnelle a été coupé. (Durieu, in Bibliothèque de l’Ecole des chartes, 50, p. 411)

Imprimés
Le Livre des ordonnances des chevaliers de l’ordre du très chrestien roy de France Loys XIe, à l’honneur de sainct Michel. Imprimé à Paris… (Avec autres statuts et ordonnances sur le fait dudit ordre, du 22 décembre 1476.) Ilz se vendent à la rue de la Juifrie, à l’enseigne des deux sagittaires… – A la fin : Cy fine le livre de l’institucion de l’ordre du roy, imprimé nouvellement à Paris, l’an mil cinq cens et douze le XIIII jour d’octobre pour Guillaume Eustace, libraire…   Paris, 1512. In-8°, car. goth., 40 f. [Paris, BnF, RES- LL13- 1]
 
Les statuts de l’Ordre de Saint-Michel

(source : J. Vatout, Souvenirs historiques des résidences royales de France : château d’Amboise, tome VI, Paris, 1845, p. 353-365)

1er août 1469. Loys, par la grace de Dieu roy. de France, scavoir faisons à touts, présens et advenir, que, pour la très parfaicte et singulière amour qu’avons au noble ordre et estat de chevalerie, dont par ardente affection, désirons l’honneur et augmentation ; à ce que, selon nostre entier désir, la saincte foy catholicque, l’estat de nostre mère saincte Eglise, et la prospérité de la chose publicque, soyent tenuz, gardées et défendues, ainsi qu’il appartient.
Nous, à la gloire et louenge de Dieu nostre créateur tout puissant, et révérence de sa glorieuse mère, et commémoration et honneur de monsieur sainct Michel archange, premier chevalier qui, pour la querelle de Dieu, victorieusement batailla contre le Dragon, ancien ennemy de nature humainé, et le trébucha du ciel ; et qui son lieu et oratoire appelé le mont Sainct-Mjchel, a tousjours seuremént gardé, préservé et défendu, sans estre pris, subjugué, ne mis ès mains des anciens ennemys de nostre royaume : Et afin que tous les bons, haults et nobles couraiges soient esmeuz et incitez à œuvres vertueuses, le premier jour du mois d’aoust, l’an de grâce mil quatre cent soixante neuf, et de nostre règne le ix, en nostre chastel d’Amboyse, avons constitué et créé, prins et ordonné, et par ces présentes instituons, créons, prenons et ordonnons un ordre et fraternité de chevalerie, ou aimable compagnie de certain nombre de chevaliers : lequel ordre nous voulons estre nommé ordre de Sainct-Michel, en et soubz la forme, condition, statuts, ordonnances et articles cy-après escripts.
ARTICLE Ier. Il y aura 36 chevaliers, dont le Roy sera le chef, et après lui ses successeurs. — « Les compaignons de l’ordre, à l’entrée d’icelluy, seront tenuz de délaisser et délaisseront tout autre ordre.» Louis XI ne fait exception à cette règle qu’en faveur des empereurs, rois et ducs.
II. Noms des premiers chevaliers de l’ordre : « Nostre très cher et très amé frere Charles duc de Guyenne, nostre cher et très amé frère et cousin Jehan duc de Bourbon et d’Auvergne, nostre très cher et très amé frère et cousin Loys de Luxembourg comte de Saint-Pol connétable de France, André de Laval, seigneur de Loheac, mareschal de France, Jehan comte de Sancerre seigneur de Bueil, Loys de Beaumont seigneur de Laforest et du Plessis-Macé, Jehan d’Estouteville seigneur de Torcy, Loys Laval seigneur de Chastillon, Loys bastard de Bourbon conte (sic) de Roussillon, admiral de France, Antoine de Chabanes conte de Dampmartin grand-maistre d’hostel de France, Jehan bastard d’Armagnac conte de Comminges mareschal de France gouverneur du Daulphiné, George de la Tremouille seigneur de Craon , Gilbert de Chabanes seigneur de Curton séneschal de Guyenne, Loys seigneur de Crussol séneschal de Pictore, et Taneguy du Chastel gouverneur des pays de Roussillon et Sardaine. »
Louis XI ne nomme que les chevaliers des susdits, et par ce même article 2e se reserve pour plus tard la nomination de ceux qui doivent parfaire le nombre des trente-six dits chevaliers.
III. Les chevaliers de l’ordre devront porter : « Un collier d’or faict à coquilles lacées l’une avec l’autre, d’un double las, assises sur chainetes ou mailles d’or, au milieu duquel sur un roc aura un image d’or de monsieur saint Michel, qui reviendra pendant sur la poitrine…
IV. « Item, s’il fallait quelque chose réparer audit collier, pour ceste cause pourra estre mis en mains d’orfévre.» Et le chevalier ne sera passif d’aucune amende. Il ne pourra donner, rendre, engager ne aliener son collier, qui appartient audit ordre.
V. Promesse de bonne et orage amour entre les chevaliers, et de faire respecter l’ordre de Saint-Michel.
VI. Obligation des chevaliers à suivre leur souverain.
VII. Le souverain des chevaliers, et ses successeurs , permettront de garder, défendre, maintenir et entretenir tous les chevaliers dans leurs préeminences , prérogatives, etc.
VIII…..
XXIV. Il y aura un greffier qui tiendra deux livres de la fondation et des ordonnances de l’ordre.
XXV. Il y aura un autre livre où seront écrits les appoinctemens, conclusions et actes des chapitres ordinaires, et les fouîtes commises par les chevaliers de l’ordre….
XXIX. Il y aura un héraut, roi d’armes, s’appelant Mont Saint-Michel, lequel aura un émail qu’il portera, et que ses héritiers rendront. \\ aura douze cents francs de pension, et recevra un.demi-marc d’argent de chacun des chevaliers à tous les chapitres ordinaires.
XXX. Ces quatre officiers de l’ordre, chancelier, greffier, trésorier et héraut, seront sous la protection du souverain.
XXXI. Le vingt-neuf septembre, jour de Saint-Michel, sera tenu Vn chapitre général, à moins, de .convention contraire. Les chevaliers, absents s’excuseront…
Addition du 22 septembre 1476.
LXVII. LXVIII. Création d’un collége. Etablissement, outre les quatre officiers, d’un prévost-maistre des cérémonies….
XCII. Les présents statuts seront enregistrés dans les livres du trésorier.
Louis s’engage de ne rien entreprendre sans consulter ses chevaliers, excepté en matières et entreprinses hastives. Les chevaliers jureront de non relever les entreprinses du souverain…

Bibliographie :
Paul Durrieu, Le manuscrit des Statuts de l’ordre de Saint-Michel, récemment dérobé à la bibliothèque de Saint-Germain-en-Laye, dans Comptes-rendus des séances de l’année… – Académie des inscriptions et belles-lettres, 51, 1907, p. 662-663  [ En ligne ]
Paul Durrieu, Les manuscrits des statuts de l’Ordre de Saint-Michel. Paris, 1911, p. 17-47. (Extrait du Bulletin de la Société française de reproduction de manuscrits à peintures, 1ere année). Voir c.r. de Max Prinet, dans Bibliothèque de l’école des chartes, 74, 1913, p. 169-170. [ numérisé ]
Dutilleux, \”Note sur un manuscrit du XVe siècle contenant le texte des statuts de l’ordre de Saint-Michel, appartenant à la bibliothèque communale de Saint-Germain-en-Laye\”, dans Mémoires de la Societe des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, 14, 1885, 161-316.
Recueil historique des chevaliers de l’Ordre de Saint-Michel. Vol. I, 1469-1560, rééd. par Jean François Louis d’Hozier (Michel Popoff ; préf. par Hervé Pinoteau)
Gaston de Carné,  Les chevaliers bretons de Saint- Michel. Depuis la fondation de l’Ordre, en 1469, jusqu’à l’ordonnance de 1665, Nantes, Vincent Forest, Emile Grimaud, 1884.
F. Mazerolle, Documents sur les relieurs miniaturistes et calligraphes des ordres royaux de Saint-Michel et du Saint-Esprit, Paris, Librairie Techener, 1897 (Extrait du Bulletin du bibliophile : 1895-1897).
Emile Ginot, \”Les statuts de l’ordre de Saint Michel, manuscrit du duc d’Orléans\”. Extrait du Bibliographe moderne, 1916-1917, nos 4-5
De l’ordre de Saint-Michel à la Légion d’honneur : cinquième centenaire de la création à Amboise de l’ordre de Saint- Michel Exposition organisée par le musée national de la légion d’honneur et des ordres de chevalerie, 1970, Hôtel de ville d’Amboise.
Philippe Contamine, \”L’Ordre de saint Michel au temps de Louis XI et Charles VIII\”, dans Mémoires de la Société des antiquaires de France, 1976, p. 212-236.
D’A. J. D. Boulton, The monarchical orders of knighthood in later medieval Europe, 1325-1520, Boydell Press, 2000, p. 427-447 (The order of st Michael the archangel, France 1469-1790).
Philippe Contamine, \”Louis XI, François II, duc de Bretagne, et l’ordre de Saint-Michel (1469-1470)\”, dans Des pouvoirs en France 1300/1500, 1992, p. 169-190.
M. B. Cousseau, \”Un manuscrit du musée Dobrée, les mémoires de Philippe de Commynes\”, dans Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes, 38, 2003, p. 119-142.

Ms Grenoble, BM, 1421, f. 27 : Cérémonial de la réception du sieur du Boscq comme chevalier de l’ordre de Saint-Michel. XVIe siècle.
Nantes, BM, 1848. Remise du collier de l’ordre de Saint-Michel au sieur Lespinay, seigneur du Chaffault (deux pièces du 3 septembre 1634, signées par Louis XIII). — Certificat signé : Ch. du Cambout (6 avril 1635). — Parchemin
Pour les manuscrits : CCFR
Illustration ci-contre : Louis XII. roy de France : [ Buste du roi à droite, la tête ceinte d’une couronne fleurdelisée fermée, le collier de l’ordre de Saint-Michel autour du cou ] Gallica.

27 Juil 2010
Jean-Luc Deuffic

« … Je me remembre Maistre Jean Binel … »

Le dix-huitième de novembre,
L’an mil quatre cent soixante-cinq,
Fut fait docteur, je me remembre (1)
Maistre Jean Binel, et y vint
Grande abondance de seigneurs
Moult nobles et de grandes valeurs.
L’Université assemblée
Bien festoya cette journée
Et si honorablement que s’en taire
Mieux cy vault que dire du contraire.

C’est ainsi que messire Guillaume Oudin, contemporain, prêtre sacriste de l’abbaye Notre-Dame de Ronceray, relate l’accession au doctorat universitaire de Jean Binel (2).
Un acte du 15 Octobre 1433 fait déjà mention de Jean Binel, seigneur de Lessé, en qualité de trésorier d’Anjou. Né à Saumur, il fut professeur de droit à Angers. « Il fut aussi docteur ès lois, juge ordinaire d’Anjou, et chancelier d’Alençon », ambassadeur à Venise (où il est traité de « famosus doctor »).  Dans un compte qu’il rendit en 1486, on trouve la note d’une dépense à laquelle l’Anjou fut taxée pour la représentation du fameux mystère de la passion, composé par Jean Michel, d’Angers. M. de Caignat et le père Montfaucon ont donné le dessin du tombeau (aux Jacobins d’Angers) de Jean Binel, mais se sont trompés en plaçant sa mort en 1464, advenue en réalité à Tours le 18 mai 1491.
Les armes de Binel étaient d’argent à l’aigle éployée de gueules.

René d’Anjou, connaissant les mérites de Jean Binel, le nomma chancelier de Provence, après la mort du vénérable Jean des Martins. Binel lui répondit la lettre suivante :

Sire, je me recommande à vostre bonne grâce, tant et si très humblement comme je puis. Et vous plaise sçavoir, sire, que par Loys porteur de ces présentes, ay receu les lettres qu’il vous a pleu m’escrire, contenant que vostre vouloir est de me commettre en vostre office de chancelier, de présent vacant, par le décès de feu vostre chancelier, à qui Dieu pardoint. Sire, en ce et aultres chouses despiéça (depuis longtemps), ay cogueu et cognoys que de vostre bonté et bénignité vous avez eu et avez vouloir et affection à moy ; car me offrez le plus grant honneur et estat que jamais pourrois avoir, dont je vous remercie, si très humblement comme je puis.
Sire, l’honneur et estat qu’il vous plaist m’offrir je n’ouseraye accepter, pour ce que je sçay et cognois que de moy n’y seriez servi, comme il appartient, et que par adventure vous entendez le devoir estre. Car jamais je ne fus au pays, je ne cognois ne entends la manière de faire et coustumes de par de là, et mesmement n’en n’entends le langage ; et ainsi bonnement ne vous y sauroye servir, au moins comme l’estat et office, qui est en justice le plus grant et le plus honorable de vos pays, le requiert.
Sire, s’il vous plaist que ne croyez pas que le regret de la ville et du pays dont je suis natif, de la maison, de ce petit héritaige que je puis avoir, ne de mes parents et amys de par deçà, ne aussi la crainte de l’air de par delà, qui est peut-être plus gras et plus fort qu’il n’est icy, me le feront faire ; car il n’est chouse que ne voulsisse de bon cueur abandonner et repousser pour vostre service, non seulement mon vaillant, mais aussi bien ma personne et ma vie. Et bien mal me seroit que de vostre grâce me vouldriez avancer en si grant honneur et estat, il vous tournast par mon défault à desplaisir ou domaige.
Pourquoy, sire, vous supplie très humblement, qu’il vous plaise m’avoir pour excusé, et me tenant à vostre grâce, tousjours me mander et commander vos bons plaisirs, et je les accomplirai à mon pouvoir au bon plaisir (de) Nostre Seigneur, auquel je prye qu’il vous doint très bonne vie et longue, et accomplis, sement de vos très nobles désirs.
Escript en vostre ville de Saulmur, le samedi 23e jour d’avril 1475.
Vostre très humble et très obéissant serviteur,
Jean Binel

(Source : Théodore de Quatrebarbes, Oeuvres choisies du roi René, avec une biographie et des notices, I, Angers, 1848, p. cxxx-cxxxi 

Notes
(1) \”Fait de (se) remettre en mémoire, de (se) rappeler qqc., souvenir\”
(2) Revue de l’Anjou et du Maine, I, 1857, p. 2-3.

Le nom de Jean Binel se retrouve sur plusieurs manuscrits :
Au f. 367 du ms Rouen BM 10 (ancien A32), une Bible du XIIIe s., est un acte de vente aux encheres (1462) de ce manuscrit, adjugé pour la somme de vingt-trois 6cus d’or par « Jean Lemercier, garde de la librairie de l’université d’Angers », à « Maistre Jehan Binel, licencie en loys, seigneur de Lesse » . Il avait appartenu auparavant à Jean de Cherbeye (ou d’Escherbaye), qui 1’avait acheté 40 francs. Une liste de livres de droit, avec les prix auxquels ils avaient été payés, probablement en 1291, couvre le f. 371v.


(C) London, British Library, Burney 209, détail. Marque des Jésuites de Paris.

Un exemplaire incomplet des Institutes de Justinien, Angers BM 334, du XVe s. porte également la marque de Jean Binel : \”Pro me Johanne Binel, legum minimo doctore\”. (Catalogue généra, \”Angers\”, Paris, 1898, p. 312-313)


Angers BM 334. Détail, f. 10. © Institut de recherche et d’histoire des textes – CNRS. Base Enluminures

Enfin, citons à la British Library, sous la cote Burney 209, un Valerius Maximus, Facta et dicta memorabilia, copié en 1463 par Jean Davarant. On peut y lire :

Arietis diuo fauente num(in)e luce tercia Anno incarnac(i)o(n)is do(mini)ce mille(si)mo quadringente(si)mo sexagesimo tercio. Est hic Valerii maximi historiographi complete graficatus liber pro […lignes grattées …] D(omi)no meo colendissi(m)o mag(ist)ro Johanne binel arciu(m) mag(ist)ro ac in legibus licenciato. Me Johanne dauarant et si fas de seip(s)o talia fari foret, arciu(m) mag(ist)ro legu(m) baccalario et tu(n)c t(em)p(o)ris in fructuu(m) universitate amplissi(m)a pro norma(n)nor(um) natione procuratore. Manib(us) protrahente ; Dei genitrici laudes. Amen. (f. 179v) ;

Signature (identique à celle du manuscrit d’Angers) :

Pro Iohanne binel legum minime doctore Binel (f. 181).

Le manuscrit a fait, par la suite, partie des collections de Gilles Ménage (1613-1692), le philologue bien connu. Voir description et bibliographie de ce manuscrit sur le site de la British Library [ Lien ]


Gilles Ménage (1613-1692)

8 Sep 2007
Jean-Luc Deuffic

Le jeu des échecs moralisés

When it first arrived in Europe, the game of chess was played with dice and for money. It was condemned and banned by the church which later softened its stance due to the increasing popularity of the game. The allegorical treatise Innocent Morality (Quaedam moralitas de scaccorio) attributed to pope Innocent III (1198-1216) was a first tentative attempt to \”moralise\” the game. Later, the Dominican monk Jacques de Cessoles gave Dominican sermons inspired by the game. Around 1315 he decided to compile these sermons under title Liber de moribus hominum et officiis nobilium sive super ludum sacchorum, which begins thus:
”In the name of the Lord, amen. Here begins the prologue to this Book of the Morals of Men and of the Duties of Noblemen according to the Game of Chess, which was written by brother Jacques de Cessoles of the order of the Preaching Brothers. Having been asked by the brothers of the Order, as well as by many laymen, to write about the entertaining game of chess which covers a remarkable amount of teaching to do with morals as well as with war, I am ceding to their request. It is true that I have previously preached on this subject to the people, and this was pleasing to many noblemen.”

(c) Paris BnF Fr. 1166. Ci-dessous détail du f. 14v:

A leur apparition en Europe, les échecs se jouent aux dés et pour de l’argent. Ils sont condamnés et interdits par l’Église mais celle-ci doit s’incliner devant la popularité croissante du jeu. Le traité Innocente Moralité, attribué au pape Innocent III (1198-1216), marque une première tentative de \”moraliser\” les échecs. Plus tard, le moine dominicain, Jacques de Cessoles, propose des prêches dominicaux inspirés du jeu. C’est vers 1315, qu’il décide de compiler ses sermons sous le titre de Liber de moribus hominum et officiis nobilium sive super ludum scacchorum qui débute ainsi:
”Au nom du Seigneur, amen. Ici commence le prologue de ce Livre des Moeurs des Hommes et des Devoirs des Nobles, au travers du Jeu des Échecs, qui fut composé par le frère Jacques de Cessoles, de l’ordre des Frères Prédicateurs. Ayant été prié par des frères de l’Ordre, ainsi que par divers séculiers, de transcrire l’amusant jeu des échecs, qui contient un enseignement remarquable quant à la conduite des moeurs ainsi que celle de la guerre, je réalise leur désir. Il est vrai que j’en avais prêché au préalable le contenu au peuple, et cela avait plu à moult gentilshommes”.
Avant tout, traité de morale, l’ouvrage connut de nombreuses traductions et adaptations en langue vernaculaire parmi lesquelles trois versions françaises dès la première moitié du XIVe siècle (Jean de Vignay, un anonyme lorrain et Jean Ferron).
It was above all a treaty of morals, and the work was translated and adapted numerous times into vernacular languages, including three in French from the first half of the fourteenth century (one by Jean de Vignay, one by an anonymous translator from the Lorraine, and another by Jean Ferron). A digital version is available online from the Lawrence J. Schoenberg Collection, ljs267 (Italy, 1409). f. 1-56:
Voir en ligne : Lawrence J. Schoenberg Collection
ljs267 (Italie, 1409). f. 1-56:
Jacobus de Cessolis, Ludo Schaccorum. Explicit : … donatem illo aquo descendit omnem donum optimum et perfectum. Deo igitur sit honor et gloria in saecula saeculorum amen.

Les traducteurs français
JEAN DE VIGNAY  [Religieux hospitalier de l’ordre de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, a traduit du latin en français de nombreux textes à l’intention du roi Philippe VI de Valois … Lien Paris BnF]
Incipit prol. :
”A Tres noble et Excellent prinpce Iehan de france duc de Normandie et Ainsne fils de philippe pour la grace de dieu Roy de france frere Iehan de Vignay”
… Incipit tit. :
”Ci commencent les tiltres des chapistres du livre de la moralite des nobles hommes et des gens du pueple sur le gieu des esches translate de latin en francois par frere Iehan de vignay hospitalier de l’ordre de hault pas … ”
Incipit op. :
”Ci commence le livre de la moralite de nobles hommes fait sur le Gieu des esches et soubs quel Roy ils furent trouves premierement. Entre tous les mauves signes qui puent estre en nul homme C’est quant homme ne doubte a couroucier par pecchie …”

Voir : Christine Knowles, Jean de Vignay, un traducteur du XIVe. siècle, dans Romania, 75, 1954, p. 353-383.
C. S. Fuller, A Critical Edition of Le Jeu des eschés, moralisé, Translated by Jehan de Vignay, Thèse inédite, Catholic University of America, 1974, recense 48 manuscrits.

JEAN FERRON [Dominicain du couvent Saint-Honoré à Paris et chapelain de l’écuyer Bertrand Aubert de Tarascon en 1347 … Lien  ARLIMA]
Incipit prolog. :
”Au noble home Bertran Aubert de Tharascon, frere Jehan Ferron de l’ordre des freres prescheurs de Paris son petit et humble chappellain soy tout la Saincte Escripture dit que Dieux nous at fait a chescun mandement de pourchascier a tous noz prochains leur sauvement …”
Incipit op. :
”Moult ay este prie et requis de religieux et seculiers.”
Explicit :
”Or recourons donc a Celui qui est vertu et m a donné grace d escripre aucune chose a l honneur et a la doctrine des nobles selon mon petit povoir. Et nous doint en present grace sy que nous puissions vivre avec lui pardurablement. Ecce vivit et regnat etc. Amen. Explicit.” (Collet, éd. 1984, puis 1999).
Lire:
Thomas Kaeppeli, Scriptores Ordinis Praedicatorum Medii Aevi, II, Rome, 1975, n° 2323.

Quelques manuscrits
F : Ferron – V : de Vignay
§ Besançon BM 434. f. 245-292v. 1372. f. 245, ci-dessus : Jean de Vignay remettant son ouvrage à Jean II le Bon. Site Enluminures.
§ Chartres BM 419, f. 67-93v. XIVe s. (F)
§ Dijon BM 268. Jacobus de Cessolis, Jeu des echecs moralisés. Fin XIVe s. Site Enluminures.
§ Dijon BM 525, f. 185-201. 1355-1362. (F)
§ Paris BnF Fr. 578, f. 71-101. XVe s. (F)
§ Paris BnF Fr. 580. Jacques de Cessoles, Le Livre des échecs moralisés. Copie du XIVe siècle.
Livre des nobles hommes et des gens de peuple selon le jeu des eschies, translaté de latin en françois par frere Jehan de Vignay. Commence : \”A tres noble et excellent prince Jehan de France, duc de Normandie et ainsné filz de Phelippe … \”. Finit : \” … a la gloire du roy de paradis, a l’onneur des corps et ou proufit des ames.\”
§ Paris BnF Fr. 1165. Jacques de Cessoles, Le Livre de la moralité des nobles hommes et des gens du peuple sur le jeu des échecs. Traduction de Jean du Vignay.
§ Paris BnF Fr. 1166. Ibid. Paris, fin du XIVe siècle ou début du XVe. Parchemin. 305 f.
§ Paris BnF Fr. 1167.
§ Paris BnF Fr. 1170. XVe s. (F & V)
§ Paris BnF Fr. 1172. Jacques de Cessoles, Le Livre des échecs moralisés. Traduction française de Jean de Vignay.
§ Paris BnF Fr. 2000. Jacques de Cessoles, Le Jeu des échecs moralisés. Traduction française de Jean Ferron. Vers 1480-1485. Parchemin. 56 f. 237 x 155 mm. f. 4, ci-dessous : Sermon sur \”les moeurs et les devoirs des hommes à travers le jeu des échecs\”.

§ Paris BnF Fr. 2146. XVe s. (F & V)
§ Paris BnF Fr. 2147. XVe s. (F & V)
§ Paris BnF Fr. 2471. Jacques de Cessoles, Le Jeu des échecs moralisés. Vélin. XVe siècle. (F & V)
§ Paris BnF Fr. 12440. XVe s. (F & V)
§ Paris BnF 19115. XIVe s. (F)
§ Paris BnF Fr. 24274, f. 1-47. 156 f. 275 x 205 mm. 1487. (F) [Lien]
§ Paris BnF Nlle acq. fr. 720. Jacques de Cessoles, Le Jeu des échecs moralisés. Traduction française de Jean Ferron. Parchemin, 45 f. (28,5 x 21 cm). XIVe siècle.
§ Berlin Staatsbibliothek Ham. 349a. XVe s. (F)
§ Bruxelles BR 11045. XVe s. (F & V)
§ Chicago Univ. Libr. 392. XVe s. (F & V). De Ricci I, p. 583.
§ Huntington Library EL 26 A 3, f. 213-278v. France, Troyes? 1410/1415. (V)
§ La Haye KB 70H33. XV/2 s. Version allemande.
§ London British Library Royal 19 A VIII, f. 73-110. XVe s. (F)
§ London British Library Add. 20697, f. 1. XIVe s. (F)
§ London British Library Add. 21461. XVe s. (F)
§ Stockholm KB XLVIII. XVe s. (V & F)
§ Vatican Pal. Lat. 1965. XVe s. (F)
§ Schoenberg Collection ljs058. XVe s. (V)
§ Madrid Biblioteca Nacional de España. Jacobus de Cessolis, Tractatus de ludo Scacorum. 1430-40. Bohemia Tempera. 44 f. 183 x 128 mm. Illustration ci-dessous :
§ Voir sur le site de la librairie Les Enluminures la description d’un manuscrit copié à Avignon (1450-60). Au f 126-203, dans la traduction de Jean Ferron, le Jeu des Echecs. Au f. 207 : ”Alés en la premiere église des Celestins a Avignon et y trouverés c que cy dessus est escript en un tableau auquel est painct le corps mort d’une femme.”
[En ligne]

A propos de l’exposition Prague, The Crown of Bohemia, 1347-1437

It is in such a context that we also find the versified work of Guillaume de Saint-André, an advisor to the Duke of Brittany at the end of the fourteenth century. This text, which is found as the conclusion to his Livre du bon Jehan, is an echo of the contemporary debates on the question of power. It seems to be so placed in order to act as a kind of mediating text. Addenda & Corrigenda of the first edition can be read on the site Tudchentil.
C’est dans cet environnement que l’on situe l’oeuvre versifiée de Guillaume de Saint-André, conseiller du duc de Bretagne à la fin du XIVe s. Ce texte, placé en conclusion de son Livre du bon Jehan, se fait l’écho de débats contemporains sur la question du pouvoir. Il s’y place, semble-t-il, en médiateur.
Jean-Michel Cauneau et Dominique Philippe, Guillaume de Saint-André. Chronique de l’Etat breton : Le bon Jehan et Le jeu des échecs : XIVe siècle. Rennes, PUR, 2005.
Lire sur le site Tudchentil Addenda & Corrigenda de la première édition.

Les impressions incunables
§ Libro di givocho di scacchi. Firenze 1493. [Image La Haye KB]
§ Paris, pour Antoine Vérard, 1504. [Image Paris BnF]

Liens
Le jeu d’échecs. Incontournable : Dossier pédagogique sur le site de la Biblothèque nationale de France.
The Chess Theory Virtual Museum of Art
Sur le site ARLIMA:
Jacques de Cessoles
Jean de Vignay
Jean Ferron

Bibliographie
Thomas Kaeppeli, Scriptores Ordinis Praedicatorum Medii Aevi, II, Rome, 1975, n° 2066, p. 312-317, donne une liste des manuscrits du Libellus de moribus hominum et de officiis nobilium super ludo scaccorum de Iacobus de Cessolis. De même les manuscrits des traductions anglaise (Buke of the Chess), catalane, française, allemande (Schachzabelbuch), italienne, hollandaise (Scaecspel). Importante bibliographie.
Jean Rychner, Les traductions francaises de la Moralisatio super ludum scaccorum de Jacques de Cessoles, dans Mélanges Brunel, II, Paris, Société de l’Ecole des chartes, 1955, p. 480-493.
H.-J. Kliewer, Die mittelalterliche Schachallegorie und die deutschen Schachzabelbücher in der Nachfolge des Jacobus de Cessolis (thèse), Heidelberg, 1966.
Jacques de Cessoles, Le Livre du jeu d’échecs ou la société idéale au Moyen Âge, XIIIe siècle. Traduction et présentation de Jean-Michel Mehl. Paris, Stock-Moyen Âge, 1995.
Jacques de Cessoles, Le Livre des eschaz moralisé, traduction de Jean Ferron, 1347. Édition publiée par Alain Collet. Paris, Honoré Champion, 1999. Cf. du même, Jean Ferron, Le Jeu des Eschaz moralisé, 1347, édition critique, dans Perspectives médiévales, 10, 1984.
Jacques de Cessoles, Le Livre des moeurs des hommes et des devoirs des nobles au travers du jeu d’échecs, vers 1315. Adaptation de Jean-Michel Péchiné. Paris, Gallimard, \”Découvertes\”, 1997.
F. Lecoy, Guillaume de Saint André et son jeu des échecs moralisés in Romania, 67, 1942-43, 491-503.
J. Berlioz, L’invention du jeu d’échecs d’après Jacques de Cessoles (XIIIe s.). dans : Pays d’Islam et monde latin Xe-XIIIe siècles. Textes et documents, p. 277-281.
Jean-Michel Cauneau et Dominique Philippe, Guillaume de Saint-André. Chronique de l’Etat breton : Le bon Jehan et Le jeu des échecs : XIVe siècle. Rennes, PUR, 2005. Lire le compte-rendu de D. Dominé-Kohn sur le site des Cahiers de recherches médiévales [En ligne]

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