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5 Mar 2012
Jean-Luc Deuffic

Des Heures de André Hachette …

Important livre d’Heures du XVe siècle, à l’usage de Paris, ayant appartenu au bibliophile et collectionneur André Hachette (19 mars 1873-3 décembre 1945). 

Passé à la vente Giraud-Badin (Collection André Hachette : Manuscrits du XIIe au XVIe siècle ; miniatures ; imprimes des XVe et XVIe siecles ; riches reliures armoriées, p. 14, n° 20, pl. VI) du 16 décembre 1953, Drouot, adjugé 2.000.000 AF.  22 grandes peintures avec encadrements. 
 

4 Fév 2012
Jean-Luc Deuffic

Doulce dame de misericorde, mère de pitié, fontaine de tous biens…

La maison Petrus Plancius propose actuellement à la vente le feuillet d’un Livre d’heures où l’on reconnait une miniature de la Lamentation, associée ici aux XV joies de Notre Dame, une prière très populaire au Moyen Âge. Voir Jean Sonnet, Incipit des prières en ancien français, n° 358 [ en ligne ] Ici :

Doulce dame de mi//sericorde mere de // pitie fontaine de // tous biens qui portastes Ihesu//crist .ix. mois en vos precieux // flans et la leitastes (= lalaitastes) de vos // doulces mamelles. Belle tres // [verso : ]
doulce dame ie vous crie mercy // et vous pri que vous vulle (=vueille) // prier vostre chier filz quil ait // pitie et mercy de moy et me //  doint en telle maniere uiure // en se siecle que ie puisse uenir // a sa misericorde et a la fin // vraye confession et vraye repe[n]//tence de tous les pechez que ie // fis oncques et me doint so[n] // benoit corps receuoir au // proufit de mon ame. Belle // très doulce dame et ie me age//nouilleray .xv. fois devant // vostre ymaige en lonneur // et en la remenbra[n]ce des .xv. [ioies]

Je laisse le soin aux spécialistes de déterminer de quel atelier sort ce Livre d’heures (Paris ? Rouen ?), du dernier quart du XVe s.
Dimensions du feuillet : 180 x 130 mm

4 Oct 2011
Jean-Luc Deuffic

Vidéos : Livres d’heures / Books of Hours

Vidéos relatives aux Livres d’heures

“Hours of Francis I / Heures de François 1er\” [ Galerie Les Enluminures / Sandra Hindman : en ligne ]

Du Pou-Veauce Hours (Usage de Poitiers ou de Paris) France, Tours, c. 1480 [ Galerie Les Enluminures / Sandra Hindman : en ligne ]

Heures imprimées à l’usage de Paris. Ulrich Gering et Berthold Rembolt pour Simon Vostre, 8 Septembre 1498 [ Galerie Les Enluminures / Sandra Hindman : en ligne ]

Un album de portraits royaux : le Livre d’heures de Catherine de Médicis[ Lien / Link ]

Un livre d’heures peint à Tours, ca 1460-1465, dans l’atelier de Jean Fouquet [ Lien / Link

Fitzwilliam Book of Hours Part 1 :

Fitzwilliam Book of Hours Part 2 :

Newberry Library : Book of Hours (Use of Salisbury) / Jill Gage :

Book of Hours. Circa 1460-1465, part of the University of Sydney Library Rare Books Collection :

Heures d’Anne de France – Jean Colombe 1474

Liturgy Hours Calendar – Book of Hours – Italy, Florence – Attavante Degli Attavanti 1490 :

The Art of Illumination : The Limbourg Brothers and the Belles Heures of Jean de France, Duc de Berry :

The Structure of a Medieval Manuscript :

Libro de Horas de Carlos V

Livre d’heures del Museo Diocesano di Mantova ayant appartenu à la comtesse Giovanna d’Arco Chieppio Ardizzoni, marchesa Guidi di Bagno :

The British Library. Anne Boleyn – The Book Of Hours [ Lien / Link ]

Les Heures Tavernier [ Lien / Link ]

23 Mai 2011
Jean-Luc Deuffic

Národní knihovna České republiky, VI.D.25 : un Livre d’heures de l’ancienne bibliothèque des Rohan au château du Verger


(c) Národní knihovna České republiky

Nombre de manuscrits de l’ancien château du Verger, somptueuse demeure des Rohan, ont été dispersés. Ainsi la Bibliothèque nationale de la République Tchèque conserve, issu de leurs célèbres collections, un Livre d’heures exécuté autour de 1500 dont on trouvera une description à cette adresse [ Lien ]
L’ouvrage a été entièrement numérisé [ Lien ]
Site Manuscriptorium [ Lien ] Shelf-mark : VI.D.25

Le manuscrit porte la note suivante Ce livre d’heures faisoit partie de la Bibliothèque du Maréchal de Gié au chateau du Verger. Il a été envoyé par M. le prince de Rohan a Madame la princesse de Guéménée sa belle fille qui l’a remis à la Bibliothèque de M. le maréchal prince de Soubise le 20 juin 1763, et l’ex libris imprimé d’Alain de Rohan daté 1911.

Château du Verger, en Anjou

Sur d’autres manuscrits de Pierre de Rohan [ Lien ] ; liste donnée par L. Delisle [ Lien ]

Lecture : Pierre de Rohan et le \” domaine de Saint-Jacques \” à L’hôtellerie-de-Flée (Mayenne, c. Segré) [ Lien ]


(c) Paris, BnF

19 Mar 2011
Jean-Luc Deuffic

Des Heures … et des armes … Bertrand de Tourzel et Isabelle de Levis : un couple mécène

Ce post sera publié dans le volume 14, 2011, de la revue Pecia. Le Livre et l’écrit.

PECIA : Le livre et l’écrit

Edition : Brepols Publishers (Turnhout)

10 Mar 2011
Jean-Luc Deuffic

Les Heures du « Maître aux Fleurs » : pour un commanditaire breton ?

L’enluminure flamande a engendré d’admirables artisans et les noms de Simon Marmion, Simon Bening, Rogier van der Weyden, Gerard David, Jan van Eyck, et tant d’autres, restent attachés à de superbes productions.

Nous aimerions simplement parler ici d’une oeuvre bien particulière, les Heures du Maître aux Fleurs, un Livre d’heures en deux volumes conservé à la bibliothèque parisienne de l’Arsenal, ms 638/639, auquel ont collaboré :
<> le Maître du Livre de prière de Dresde (ca 1465–1515) à qui l’on doit entre autres : Livre d’heures du Fitzwilliam Museum ; Heures de Jean Carpentin, seigneur de Graville ; Heures, Jean Paul Getty Museum ; Bréviaire de la reine Isabelle de Castille (1480, London, BL, Add. 18851 ; Pierpont Morgan Libary M 1077 (R. S. Wieck, Painted Prayers, 1998, n° 72) ; Livre d’heures de la BL, Egerton 1147; etc. ). Nommé à partir d’un Livre d’heures conservé à Dresde (Dresden, Sächsische Landesbib., A311 ; plus 2 miniatures détachées à présent au Louvre (Paris), inv. 20694 et bis), actif à Bruges à partir de la fin du XVe s., cet enlumineur prolifique  a travaillé sur une cinquantaine de manuscrits, surtout apprécié pour ses vignettes illustrant les marges des calendriers, où son art s’est pleinement épanoui.  
<> le Maître des Livres de prières ca 1500, connu notamment par un exemplaire du Roman de la Rose (c. 1490-1500, Londres, BL, Harley 4425), sans doute commandé par Engelbert II de Nassau, courtisan de Charles le Téméraire. 
<> un \”disciple\” de Simon Marmion

Les Heures du Maître aux Fleurs, acquises par M. de Paulmy (1722-1787, fondateur au XVIIIe siècle de la Bibliothèque de l’Arsenal) avaient été jugées par leur acheteur : Ce beau manuscrit en deux volumes ne m’a couté que deux louis, mais il vaut davantage… 
Si la critique s’est surtout emparée de la décoration de ces Heures, l’identité de son commanditaire n’a jamais, il me semble, été abordée. L’étude du calendrier latin pourrait cependant nous mettre sur une piste. En effet, une remarque s’impose : la présence caractéristique de saints bretons, particulièrement nantais ne peut être le fait du hasard. Voici cette liste  :
Janvier
8 Felix ev. (Nantes)
29 Gildas (Bretagne, Nantais)
Février
8 Salomon m. (Bretagne) 
Mai
19 Yves conf (Bretagne)
24 Donatien ev. (Nantes)
Juin
17 Similien ev. (Nantes)
18 Hurnei conf. (sic, pour Hervé, Bretagne, mais honoré à Nantes, reliques. Le copiste a-t-il mal lu son modèle ?)
21 Meen ab. (Bretagne)
Juillet
12 Turiaw (Thuriaui epi) (Bretagne)
Août
16 Armel conf. (Bretagne)
Octobre
24 Martin ab. (Nantais, Vertou)
29 Yves conf. (Bretagne)
Novembre
15 Malo ev (Bretagne)
Décembre
12 Corentin ev (Bretagne)


© Paris, Arsenal, 638, f. 12v. Décembre. Corentini, au 12. Maître du Livre de prière de Dresde

Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises les liens culturels entre Flandre et Bretagne (voir dernièrement nos Notes de bibliologie, p. 292-293) qui ont conduit plusieurs nobles ou bourgeois bretons a passer commande de manuscrits auprès des ateliers flamands.  Les Heures à l’usage de  Gand ou Bruges des malouins Jean de Noual et Jeanne Mayngart ont ainsi été illustrées par le Maître de l’Ancien Livre de Pières de Maxilmilien 1er, et le Maître des Livres de Prières. Voir encore cet autre Livre d’heures à l’usage de Saint-Malo, Bruges, ca 1470 (Sotheby’s, 2001, lot 42). Il ne serait donc pas étonnant que les Heures du Maître aux Fleurs soit une commande bretonne…

Les relations de la Bretagne avec la Flandre avaient commencé dès le xiiie siècle. Elles se développèrent au xve siècle, grâce à l’alliance de François II avec Charles-le-Téméraire. Les Bretons fréquentaient surtout les grandes foires de Bergues, Bruges et Anvers. Celle de Bergues commencait huit jours après Pâques ; celle de Bruges s’ouvrait à la Sainte-Croix de Mai ; celle d’Anvers arrivait trois jours après la Pentecôte. Elles duraient chacune trois semaines. Les marchands y affluaient de toutes les parties de l’Europe. Les Bretons y portaient du drap de Rennes, du canevas de Vitré, de la toile et du sel. Ils achetaient de la mercerie et de l’épicerie, de la cire, de l’étain, du plomb, de l’alun, de la couperose, de la noix de galle, du fil de fer, du laiton, du gratte-fil de laiton, de la tôle, du cuivre, toute espèce de quincaillerie. Ils faisaient même des provisions de harengs. Parmi les négociants habitués à fréquenter ces foires figurent André Bernadaie, do Rennes, Bertrand Lebreton, Jean Ravenel, Macé Delaunay, de Vitré, Pierre Calays, Guillaume Loisel, Jean Maillard, Georget Day, Guillaume Lucas, Jean Legouz, Georget Lize, de Rennes. Tous étaient de riches négociants, qui figuraient parmi les notables de leur ville. A leur compagnie s’ajoutaient des marchands de Dol, Dinan, Montfort, Montcontour, Saint-Malo, Morlaix. Saint-Brieuc, Quintin, Tinténiac. Ils avaient en Flandre des facteurs et des commis chargés de veiller à leurs affaires, des correspondants qui emmagasinaient leurs marchandises. Ils ramenaient en Bretagne de grosses cargaisons, qu’ils vendaient aux foires de Rennes (M. Dupuy, L’industrie et le commerce en Bretagne au XVe siècle, dans Bulletin de la Société académique de Brest, VI, 1879-1880, p. 67).

Description du manuscrit de l’Arsenal :
Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l’Arsenal, I, p. 482-484.
Sur la base Luxury Bound d’Hanno Wijsman http://www.cn-telma.fr/luxury-bound/manuscrit2538/

Pour l’étude de la bibliothèque de Paulmy, qui fut à l’origine de la bibliothèque de l’Arsenal, on consultera, entre autres : Antoine-René d’Argenson, marquis de Paulmy : 1722-1787, Exposition à la Bibliothèque de l’Arsenal (24 juin-31 août 1987), Paris, Bibliothèque nationale, 1987, [20] p., portr., couv. ill.  Danielle Muzerelle, « La bibliothèque de Monsieur le Marquis de Paulmy [suivi de quatorze lettres inédites du Marquis de Paulmy] », dans Voyages de bibliothèques. Actes du colloque des 25-26 avril 1998 à Roanne [organisé par l’] Institut Claude Longeon Renaissance et Age classique, Université Jean Monnet, Saint-Etienne ; textes réunis par Marie Viallon, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 1999.

Biblio :
Henry Martin et Philippe Lauer, Les principaux manuscrits à peintures de la bibliothèque de l’Arsenal à Paris (Bulletin de la Société française de reproductions de manuscrits à peintures, 11), Paris 1929, p. 59 (ill. 84 : f. 106, 111)
Paul Durrieu, La miniature flamande au temps de la cour de Bourgogne (1415-1530), Bruxelles, 1921, n° 82 (f. 48)
Antoine De Schryver, ‘De miniatuurkunst te Gent’, Gent. Duizend jaar kunst en cultuur, exhib. cat., Ghent 1975, p. 323-396, n° 625b
Georges Dogaer, Flemish Miniature Painting in the 15th and 16th centuries, Amsterdam, 1987.
Bodo Brinkmann, Die flämische Buchmalerei am Ende des Burgunderreichs : der Meister des Dresdener Gebetbuchs und die Miniaturisten seiner Zeit, 2 vol., Turnhout 1997, n° 37, p. 13, 305-307, ill. 308-310.
Elisabeth Antoine et al., Sur la terre comme au ciel. Jardins d’occident à la fin du Moyen Âge. Catalogue, Paris 2002, n° 99.
Anne-Marie Legaré, « The Reception of the Dresden Prayer Book Master in the Hainaut », dans J. Hamburger, A. Korteweg (eds.), Tributes in Honor of James H. Marrow Studies in Painting and Manuscript Illumination of the Late Middle Ages and Northern Renaissance, Brepols, 2006.

15 Jan 2011
Jean-Luc Deuffic

British Library, Harley 2921 : Les Heures de dame Catherine Boutechoux

Le manuscrit Harley 2921 de la British Library est un Livre d’heures de 105 f. aux dimensions de 175 x 125 (110 x 65) mm, datant des années 1430/140. On trouvera sur le site de la BL une description sommaire et un renvoi au Catalogue of the Harleian Manuscripts in the British Museum, 1808-1812, II, n° 2921. La décoration consiste en 11 grandes miniatures pleine page. L’inscription du f. 1v nous a permis d’identifier comme possesseur de ce Livre d’heures Catherine Boutouchoux, femme du juge de la \”Regalie\” de Besançon, Humbert Jantet.

Catherine Boutechoux, était la fille de Simon (4e fils de Jacques Boutechoux et de Guillemette Marmier) et de Parise L’Espard. Elle épousa \”Noble Homme & sage Humbert Jantet, Docteur ès Droits, Conseiller de L’Empereur, & Juge de la Régalie de Besançon\”. ( Jean-Baptiste Guillaume, Histoire généalogique des sires de Salins au comté de Bourgogne …, Volume II, 1758, p. 61.)
Armes : d’argent, à trois bandes d’azur ; au chef de gueules, chargé d’un lion passant d’argent\”.

Il existe un autre juge qui connaît des affaires criminelles, appartenant, je crois, à l’une et l’autre magistratures, à la civile ou profane, et à la pontificale ou canonicale. On l’appelle aujourd’hui Régale, et cette charge est remplie par Humbert Jantet, très-savant en droit et en coutumes étrangères, et en même temps homme de cœur et de circonspection\”. Description de la Franche-Comté par Gilbert Cousin, de Nozeroy (1550), traduite par Achille Chereau, 1866, p. 15.



Mémoires de la Société d’émulation du Doubs, 1891, p. 54-55.

Sur la famille Boutechoux :
Besançon BM 1206. Recueils Boisot. « Papiers concernant plusieurs maisons de la province [de Franche-Comté] ; A-F. XVe-XVIIe siècle. Fol. 309 : Notes généalogiques sur la famille Boutechoux. XVIIe siècle

15 Déc 2010
Jean-Luc Deuffic

Les Heures de Guillaume de Seigne, British Library, Harley 2969

Le manuscrit Harley 2969 de la British Library, un Livre d’heures dont la décoration est attribuée au Maître de Spencer 6, fut exécuté vers 1508 à l’occasion du mariage de Guillaume de Seigne et de Claudine Fortier. Plusieurs inscriptions nous renseignent, dont celle du f. 156 (lecture catalogue en ligne de la BL) :
Le lundi vingthuitiesme jour daoust lan mil cinq cens et huit furent espousez en leglise parroichiale de blere guillaume de seigne tresorier de lartillerie et Claudine Fortier fille de monseigneur le tresorier maistre Florimont Fortier,
Au reste les naissances et baptêmes de leurs enfants entre 1514 et 1528 y ont été inscrits aux f. 156-159.
Par ailleurs :
A damoyselle Anne de Seigne dame de Beauchesne (?) et de Boyspateau (f. 1v).
Par la suite le manuscrit échut à une famille Vasselin, sans doute alliée au de Seigne, puisqu’occupant le même fief à Bléré :
Le lundi xxvije iour de octobre mil cinq cens soixante sept une heure apres mynuict nasquit Alexandre Vasselin et furent ses parains Iacques Chappeau sr du grend goustan pres seymes et Pierre Regnault sr de la Bochestiere : et marayne Claude Dargy dame de mesvre et fut baptize en leglise de blere et nasquit A Boys pateau (f. 2); autres notes sur les Vasselin aux f. 158v-161v.
Inscription du XVIe s. : Ces heures apartiene a Mademoiselles decorat////// (f. 2).


London, British Library, Harley 2969, f. 50v. La Visitation. Initiales G (Guillaume) et C (Claude).

Parchemin. 161 f. 210 x 125 (120 x 65) mm. 14 grandes miniatures. Attribuées au Maître de Spencer 6 (Reynaud, p. 343-344)

Bléré (Indre-et-Loire) conserve encore la chapelle mortuaire édifiée vers 1526 par Jehan de Seigne pour recevoir la dépouille de son père Guillaume :


(c) Photo L’Haridon

Les origines des Seigne ne sont pas établies avec certitude :


…………………………………………………………………………………

Charles de Grandmaison, \”La chapelle de Seigne à Bléré\”, dans Réunion des sociétés des beaux-Arts des départements, t. XXV, 1901, p. 83-94 (p. 88-89).

Guillaume de Seigne, seigneur de Boispateau, est attesté trésorier général de l’artillerie en 1518. il exerce encore en 1524 et résigne en avril 1526. Il est remplacé le 2 mai par Florimond Fortier (Catalogue des actes de François 1er, V, p. 375, 760 ; Paris, BnF, Fr. 2008, f. 35)


Manoir de Boispateau ou Bois-Plateau : Il relève au Moyen Age du fief de Saint-Julien de Bléré. Possession de Guillaume de Seigne, il devient lui même un fief en 1522 en échange avec les chanoines d’une maison de Bléré. A partir du XVIIe siècle il est annexé à la terre de BLéré. (Source : Alain Chalon)


Jacques Xavier Carré de Busserolle, Dictionnaire géographique, historique et biographique d’Indre-et-Loire, Volume I, Tours, 1878, p. 288. 

Archives d’Indre et Loire : H 170 : Ratification par Galliot de Seigne, seigneur de Bois-Pateau, commissaire de l’artillerie, de la vente d’une maison à Bléré, faite aux Chartreux par sa mère, veuve de Guillaume de Seigne, 1559.

2 mai 1526 : Provisions en faveur de Florimond Fortier de l’office de trésorier et receveur général de l’artillerie, vacant par la résignation de Guillaume de Seigne (Deseigne) au profit dudit Fortier. Cognac. Paris, BnF, Fr. 5502, f. 9v. (Mention.)
11 juillet 1534 : Déclaration de foi et hommage de Florimond Fortier, sr de Renay, comme procureur de Claude Fortier, sa sœur, veuve de Guillaume de Seigne, sr de Boispateau, pour la seigneurie de Faussesbesses ( Fosse-Besse, paroisse de Bléré), mouvant d’Amboise. Saint-Germain en-Laye (Collections des ordonnances …Original. Paris, AN, Chambre des Comptes de Paris, P12 n° 3969).


Archives royales de Chenonceau, Paris, 1864, p. 82.


Fief de Boisramé, à Bléré

 
Bibliographie
Description en ligne du ms BL, Harley 2969
A Catalogue of the Harleian Manuscripts in the British Museum, 4 vol., London, 1808-1812, II, n° 2969.
Janet Backhouse, Books of Hours, London, British Library, 1985, p. 58, pl. 57.
François Avril, Nicole Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, Flammarion, 1993, p. 307, 315, 343, 344.
Janet Backhouse, Illumination from Books of Hours, London, British Library, 2004, fig. 32.

Liens vers le maître de Spencer 6 =
New York Public Library Spencer 6
Pentecôte, chez Sam Fogg
CATHERINE D’AMBOISE (1481-1550), La complainte de la dame pasmée contre fortune (chez Christie’s)

26 Août 2010
Jean-Luc Deuffic

Pierpont Morgan Library 129 et 176, British Library Stowe 25, etc : Nicolas Le Camus, notaire et bibliophile, admirateur de Ronsard …

Un patronyme pourtant bien ordinaire … que ce LE CAMUS …
La consultation du catalogue CORSAIR de la Pierpont Morgan Library (une des légendaires \”malles au trésor\” de New-York) m’a révélé le nom de NICOLAS LE CAMUS (*) sur deux manuscrits qu’elle conserve : les 129 et 176, un Livre d’heures et un psautier.

Le premier, un Livre d’heures à l’usage de Rouen, porte encore sur sa reliure ancienne le nom de IEHANNE | FORTIN qui fut sa seconde (ou 3eme) femme. A l’intérieur, une note datée de 1578 : \”Appo[r]téées de prouins (1) et a moy baillées par la veufe* de bondis\”, et une marque d’appartenance \”Heures de n[ot]re Dame. Marguerite Lecamus // espouse de Mr Leonor de st leu notaire au ch(ate]let (2).

[ Voir description sur le site de la Pierpont Morgan Library ]

Le second (176) est un psautier de la fin du XIVe siècle, mesurant 180 x 120 mm. La reliure – comme celle du premier manuscrit –  date du XVIe s. ; on y remarque les initiales de Nicolas Le Camus, notaire : \”N.L.C.N\”.
A l’intérieur, une inscription : \”A moy scripteur de l’uniuersite et not[aire] en cha[te]llet Lecamus, 1562\”. Le nom de \”Elizabeth Lecamus\” s’y trouve aussi. 

[ Voir description sur le site de la Pierpont Morgan Library ]

Un autre Livre d’heures ayant appartenu à Nicolas Le Camus se trouve actuellement à la British Library, Stowe 25, Livre d’heures dont la décoration est attribuée au cercle du \”Maître de Coëtivy\”.
Parmi les diffèrentes inscriptions :
\”A moy Lecamus noter. .1592. .27. figures. 221 feuilles escripts\”
\”Apres le deces de feue madame et mere / que dieu absollet. qui fut en juillet .1595. // Ce livre me fut doné par mr et pere affin de prier dieu po(ur) tous deux. // Catherine LeCamus\”


\”Ce livre a este donne par. Lecamus noter a Catherine Lecamus fille de luy et de feux Jehanne Fortin deceddee le xe. juillet .1595. / que dieu absolue affin de y prier dieu po(ur) tous deux. C. Lecamus’ (f. 224), and
\”A Catherine Lecamus sa fille 1595\” 
La reliure ancienne porte le nom de Nicolas Lecamus.
Catherine Le Camus épousa le notaire Gilles LE SEMELIER qui exerça à Paris, entre 1604 et 1625, rue aux Ours, dans la paroisse Saint-Leu-Saint-Gilles (ETANOT). Elle mourut avant 1611, date du remariage de Gilles Le Semelier avec Madeleine Sauvage (+ 1628), ce dernier épousant avant 1638 Marguerite Morice, mère de Martine (15 ans), Charles l’aîné (12 ans), Charles le jeune (9 ans) [ acte en ligne ]

[ Images et description sur le site de la British Library ]

Pour poursuivre avec les Livres d’heures de Nicolas Le Camus signalons celui de la Bibliothèque du Musée Condé à Chantilly, manuscrit 81. Il porte la date de 1576, époque de la reliure où Nicolas Le Camus fit mettre son nom, et à l’intérieur les armes d’un premier possesseur non identifié : d’or à la croix échiquetée d’argent et d’azur, cantonnée de quatre lions de sable armés de gueules. Au feuillet de garde on peut lire l’inscription suivante : « A Madeleine Le Camus, maintenant épouse de messire Henry Duport, procureur au Châtelet » ; puis une autre, postérieure : « Ce livre appartient à Antoine-Philbert Chibert, mon petit-nepveu et filleul, à quy je le donne et le prie de le garder en mémoire de moy. Anne de Sainct-Leu ». Issu de l’ancienne Collection Cigonge, n° 54 [ En ligne ]. Voir : J. Meurgey, Les principaux manuscrits à peintures du Musée Condé à Chantilly, 1930, p. 152-154 et pl. CIV.

[ Description sur le catalogue en ligne de la Bibliothèque du musée Condé de Chantilly ]

Autres Heures possédées par Nicolas Le Camus : Paris, BnF Lat. 17965, fragment  de 34 f. portant la mention \”Lecamus notaire 1599\”, et cette inscvription : \”moy soubzsigné notaire ou chastellet, garde du petit scel du pallais et scripteur de l’université. Le Camus 1597\”. Sur la reliure deux médaillons formés par des rameaux de feuillages au milieu desquels on lit d’un côté \”NICOLAS\” et de l’autre \”LE CAMUS\”. Voir Monuments et Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, année 1946.

Dans ce contexte on lira avec beaucoup d’intérêt la notice que François Avril consacre aux Heures de Jean Lallemant l’Ainé (+ 1533) dans Les manuscrits à peintures, p. 312-313. Ce manuscrit, illustré en autres par le célèbre Jean Poyet, possédé par Nicolas Le Camus, est aujourd’hui dispersé entre plusieurs bibliothèques :
– Londres, British Library Add. 39641 (41 f)
– Baltimore, Walters Art Gallery, w 459 (33 f.). Voir Lilian M.C. Randall, Medieval and renaissance Manuscripts in the Walters Art Gallery, volume II, part 2, n° 206, p. 501-509.
– Quatre miniatures figuraient sous forme de feuillets séparés à la vente Firmin-Didot de 1884
– Cambridge, Fitzwilliam Museum, Marlay Cutting, Fr. 7 : une miniature
– Une miniature à la vente Bonaventure, du 9 mai 1936 (lot 376) à New York, American Art Association

Enfin pour terminer (mais je suppose qu’il en existe d’autres …) une \”Note de Mme Olga Rojdestvenskaïa sur des manuscrits à peintures de la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg\”, publiée dans les Comptes-rendus des séances de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 69, 1925, p. 186, fait état d’un imprimé de Vérard portant en ex libris la \”signature de Lecamus, notaire, demeurant rue Saint-Séverin, à Paris, en 1591, qui le donna à sa femme Jeanne Fortin; il appartenait encore à une demoiselle Lecamus en juillet 1790\”. Je n’ai pu encore consulter l’année 1946 des Monuments et Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, qui font mention d’autres manuscrits de Nicolas Le Camus …

Toute l’activité notariale de Nicolas Le Camus se trouve aux Archives Nationales, à Paris, et la base de données ETANOT nous en décrit les grandes lignes, avec des informations biographiques sur notre bibliophile :

Dates d’exercice : du 9 décembre 1553 au 28 décembre 1608.

1) marié en premières noces à Anne d’Espoigny (3) (voir ET/XXIII/179, 4 avril 1569, inventaire après décès d’Anne d’Espoigny, épouse de Nicolas Le Camus)

2) marié en secondes noces à Marie Le Roy (voir ET/VIII/578, folio 76, 25 janvier 1611, contrat de mariage de Gilles Le Semellier, notaire, et Madeleine Sauvage, en présence de Marie Le Roy, veuve de Nicolas Le Camus et belle-mère du futur époux, à cause de Catherine Le Camus, femme défunte dudit futur époux)

3) marié en troisièmes noces à Jeanne Fortin (voir ET/CXXII/1596 folio 24, 19 décembre 1618, échange de la moitié d’une maison entre Jeanne Le Camus et Louis Duport son mari, d’une part, et Paul Chenevix, d’autre part, cette partie de maison provenant de l’héritage de défunts Nicolas Le Camus et Jeanne Fortin, sa femme)

Ses manuscrits et quelques textes nous apprennent que Nicolas Le Camus obtint le 21 septembre 1572 son office de \”garde du scel\” par \”Monsieur de Thou maistre des Requestes\” (Jacques Auguste de Thou, le bibliophile bien connu : voir le Blog du bibliophile). 


Un admirateur de Ronsard

Nicolas Le Camus fut un fervent admirateur de Ronsard. C’est ainsi qu’en 1580 il fit imprimer à ses frais :
Les figures et portraicts des Sept Aages de l’homme, avec les subjects par quatrains de feu Mons. de Ronssart, au pied de chacun d’iceulx. Taillez et gravez sur les principaulx inluminez de feu M. Baptiste Pellerin.— Paris, 1595. Pour N. L. C. N.
In-fol. oblong. La dernère estampe porte : \”Parachevez de taillez et graver en décembre 1580. Pour Nicolas le Camus, notaire\”.
Une autre édition sortit en 1609 des presses de l’imprimeur parisien Jean Leclerc.
(Exemplaire à Paris, BnF Z 3349)
L’inventaire après-décès de sa première épouse, Anne d’Espoigny (Paris, AN ET/XXIII/179), dressé le 4 avril 1569 énumère une liste de tableaux (de Jean Cousin, par ex.) naguère relevée par G. Wildenstein, \”La collection de tableaux d’un admirateur de Ronsard\”, dans Gazette des beaux-arts, janvier 1958, p. 5-8. [ étude non vue ]
Au reste on doit à Nicolas Rapin (1535-1608) [ lien Wikipedia ] une \”Autre Elégie à M. Le Camus Parisien\”, publiée dans Les Plaisirs du Gentilhomme champestre, Paris, Lucas Breyer, 1581, f. 25r-28v [ En ligne ], qui se termine :
 
Mais afin de te faire auoir en ton estude
Comme un doux souvenir de l’amour fraternel
Qui est entre nous deux beaucoup plus eternel
Et plus digne cent fois que ma musique rude.

NOTES

(*) A ne pas confondre avec un homonyme, conseiller au Grand Conseil, procureur général de la Cour des aides de Paris, conseiller d’État en 1632.

(1) Cette allusion à Provins peut être significative. François Pesloe, \”notaire et secrétaire du roi, bailly de son artillerie, et élu de Provins\” était inhumé aux Célestins de Paris. Milin, dans ses Antiquités Nationales, y a relevé cette inscription : \” … a été apposé à la mémoire du defunt, en septembre 1577, par Nicolas Camus, son cousin, notaire du roi au Châtelet, garde du scel au baillage du palais, et naguère scripteur de l’université\”. Le Livre d’heures de la Pierpont Morgan Library émane peut-être de la succession du notaire de Provins. Olivier de Magny, dans une de ses Odes s’adresse \”A François Pesloe, sur la mort d’une sienne soeur\”. Voir Olivier de Magny. Les trois premiers livres des Odes de 1559, éd. F. Rouget, Droz, 1995. Sa \”bibliothèque\” ( 17 titres) est inventoriée dans Paris, AN ET LIV, l. 86, en date du 2 janvier 1576 (Maison de la rue des Poulies). Voir Hélène Michaud, \”Les bibliothèques des secrétaires du roi au XVIe siècle\”, dans Bibliothèque de l’Ecole des chartes, 126, 1968, p. 333-376.

(2) Marguerite mourut avant 1627, année d’un bail fait par Léonor de Saint-Leu, \”agissant comme tuteur des enfants qu’il a eu de défunte Marguerite Le Camus\”. Le notaire du Châtelet Leonor de Saint-Leu (voir pour son étude, ETANOT), porte un prénom qui tire son origine du saint breton Lunaire, dont les reliques furent déposées à Beaumont-sur-Oise à l’époque des invasions normandes en Bretagne, vers le début du Xe s. Fils de Noël de Saint-leu, Il possédait le fief de La Neuville, sis à Beaumont (Archives Départementales Oise, A 1438 et 1439). En 1529, Jean de Saint-Leu, devenu lieutenant particulier du bailli de Beaumont, résigna son office de notaire au profit de Nicolas son fils. Compte-tenu des dates, il ne peut s’agir ici de notre Nicolas bibliophile.

(3) Peut-être apparenté à Gilles d’Espoigny, notaire au Châtelet vers 1550, époux de Marie Dain.

Crédit image :
Pierpont Morgan Library
British Library
Paris, Bibliothèque nationale de France

22 Juil 2010
Jean-Luc Deuffic

Maitre Gui D’Avenel, conseiller au Présidial du Mans (ca 1570), à propos d’un Livre d’heures …

A la vente de Montignac-Lascaux du 24 août prochain, l’étude Galateau disperse un très bel ensemble d’où ressortent plusieurs pièces exceptionnelles, incunables et manuscrits.
Le lot 647 est un Livre d’heures à l’usage de Rome du XVe siècle dont l’enluminure est attribuée au Maître de Jean d’Albret, nommé ainsi d’après deux incunables parisiens qui lui étaient destinés. 195 x 135 mm. Reliure en maroquin brun du XVIIe siècle. Dos à nerf orné. Plats ornés au centre d’une plaque dorée : Christ en croix, Marie et saint  Jean.

Au f. 74v, un ex-libris du XVIe siècle : je suis à Marguerite Bellangier femme de m. Guy Davenel
Ce dernier personnage n’est pas un inconnu. Licencié \”ès-lois\”, il exerçait comme contrôleur des \”deniers communs\” du Mans en 1554 (ADS, G 88). Jusqu’en 1571 il fut conseiller au Présidial du Mans, année où il laissa sa charge à Charles Davenel, son fils. Il épousa Marguerite Bellanger, fille de Jacquine Amy et de jehan Bellanger.
Le Livre de famille de Pierre Bellenger et Marguerite de la Porte relate la naissance d’une certaine Marguerite, apparentée  : \”Le XVIIIe jour de mars Mil Vc trente et huict, fut née Margarite Bellengier, à une heure après mynuit, et fut baptisée à Saint-Benoist ; parain M\” Jehan Le Boucher, chanoyne de Sainct-Pierre ; mareines : Jacquine Amy, femme de Jehan Bellengier, capitaine pour le roy du navire SainctPhelippe, et Margarite Ferrault, femme de Denis Heullant\”,
\”Il a existé dans la province du Maine une famille de Bellanger, sgr de Bizerais en la par. de Spay et du Gué, qui, le 10 mai 1599, obtint une ordonnance de confirmation de noblesse des commissaires généraux chargés du régalement des tailles, dans la personne de Nicolas Bellanger, sgr de Bizerais et du Gué\” (Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, I, p. 421).
Biblio : J. Chappée, \”Un Livre de famille manceau (familles Bellenger, Hoyau et Le Divin)\”, dans La Province du Maine, XI, 1903, p. 354-359; 378-383. Etude à partir de notes manuscrites tirées d’un Livre d’Heures imprimé, à l’usage du Mans, chez Yolande Bonhomme, en 1532.
Un acte du 31 octobre 1542 fait mention \”d’honorable femme Jacquine Amy, veufve de deffunct noble Jehan Bellenger, sieur des Bizerais et du Perrigne comparant par Me Guy d’Avenel, son gendre\” (ADS, E 87).
Le patronyme Davenel est très présent en Ille-et-Vilaine, dès le XVIe s.

Voir description d’après le catalogue de la vente Galateau [ Lien ]

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