19 Déc 2025
Jean-Luc Deuffic

Daoulas : une abbaye entre Léon et Cornouaille

Ce premier volume d’une trilogie consacrée à Daoulas, aborde l’histoire de son abbaye, maison de chanoines réguliers de saint Augustin, et propose une étude approfondie de l’un des établissements religieux les plus remarquables de Basse-Bretagne, dont le cloître du XIIᵉ siècle constitue un exemple unique de l’art roman dans cette région. Après avoir situé l’abbaye dans son contexte géographique, abordé son architecture, l’ouvrage s’attache à retracer, à travers la succession de ses abbés, les grandes étapes de la vie de la communauté canoniale entre le XIIᵉ et le XVIIIᵉ siècle.
S’appuyant sur une documentation variée – archives, sources narratives, vestiges matériels –, l’auteur met en lumière la manière dont chaque abbé, selon les circonstances de son temps, a cherché à affermir l’autorité de la maison et à orienter son développement. L’adage « gouverner, c’est prévoir » prend ici tout son sens : sur plus de cinq siècles, les chanoines de Daoulas ont su consolider leur pouvoir, accroître leurs revenus et s’imposer comme un acteur local de premier plan, parfois en position de contre-pouvoir face aux autorités laïques et épiscopales.
Toutefois, leur influence ne se limite pas au domaine économique ou politique. Par une pastorale active et une présence constante dans la vie paroissiale, les chanoines ont largement contribué à la vitalité religieuse d’une partie du Léon et de la Cornouaille, notamment à travers un réseau dense de prieurés.
En conjuguant approche institutionnelle, prosopographique et territoriale, ce volume restitue la place singulière qu’occupa l’abbaye de Daoulas dans la Basse-Bretagne médiévale et moderne, et ouvre la voie à une relecture globale du rôle des communautés de chanoines réguliers dans la structuration religieuse et sociale de l’Ouest breton.

This first volume of a trilogy dedicated to Daoulas addresses the history of its abbey – a house of regular canons of Saint Augustine – and offers an in-depth study of one of the most remarkable religious establishments in Lower Brittany, whose 12th-century cloister represents a unique example of Romanesque art in this region. After situating the abbey in its geographical context and discussing its architecture, the work endeavors to trace, through the succession of its abbots, the major stages in the life of the canonical community between the 12th and 18th centuries. Drawing on varied documentation – archives, narrative sources, material remains – the author sheds light on how each abbot, according to the circumstances of his time, sought to strengthen the authority of the house and guide its development. The adage « to govern is to foresee » takes on its full meaning here: over more than five centuries, the canons of Daoulas were able to consolidate their power, increase their revenues, and establish themselves as a leading local actor, sometimes in a position of counter-power against lay and episcopal authorities. However, their influence is not limited to the economic or political domain. Through an active pastoral ministry and a constant presence in parish life, the canons largely contributed to the religious vitality of a part of Léon and Cornouaille, notably through a dense network of priories. By combining institutional, prosopographical, and territorial approaches, this volume restores the singular place occupied by the Daoulas abbey in medieval and modern Lower Brittany, and paves the way for a comprehensive rereading of the role of communities of regular canons in the religious and social structuring of western Brittany.

Jean-Luc DEUFFIC, Daoulas : une abbaye entre Léon et Cornouaille
Tome I. 2025
ISBN : ‎ 979-1097611453
Relié. 469 p. 22 x 29 cm. Illustré. 1, 3 kg.
ou en commande auprès de votre libraire

ou directement auprès de l’auteur: jldeuffic@gmail.com

Abbatiale Notre-Dame de Daoulas (Finistère, Bretagne)
16 Oct 2025
Jean-Luc Deuffic

PECIA 28 : Appel à contributions : Gloses et langues vernaculaires au Moyen Âge

Les gloses constituent l’un des moyens privilégiés de contact entre le latin savant et les langues vernaculaires médiévales. À travers les marges des manuscrits, les interlignes des textes, ou les recueils d’explications lexicales, elles révèlent les dynamiques de compréhension, de traduction et d’appropriation du savoir dans l’Europe médiévale.

Ce volume collectif entend explorer les formes et fonctions des gloses dans leur rapport aux langues vernaculaires : comment les langues d’usage s’inscrivent-elles dans le champ du commentaire, de l’enseignement et de la lecture ? Quelles stratégies philologiques et pédagogiques sous-tendent ces pratiques ? Comment circulent les gloses, d’un texte à l’autre, d’un scriptorium à l’autre, d’une langue à l’autre ?

Les contributions pourront s’appuyer sur des études de cas, des analyses codicologiques ou linguistiques, ou des approches particulières.

L’objectif est de croiser les perspectives philologiques, historiques, linguistiques et culturelles pour mieux comprendre la fonction du vernaculaire dans les pratiques de lecture et d’écriture médiévales.

Axes de réflexion possibles (non exclusifs) :

  • * Les gloses bilingues et multilingues : entre médiation linguistique et appropriation du savoir.
  • * Les pratiques pédagogiques : gloses d’enseignement, vocabularia, manuels et glossaires.
  • * Les gloses comme espace de vernacularisation : traduction, adaptation, paraphrase.
  • * Gloses et codicologie : supports, disposition, circulation manuscrite.
  • * Interférences linguistiques et culturelles entre latin et vernaculaire.
  • * Études de corpus : gloses bibliques, juridiques, médicales, littéraires.
  • * Outils lexicographiques et leur rôle dans la formation des langues.
  • * Gloses et identité linguistique : le vernaculaire comme marqueur culturel.
  • * Transmission et réécriture des gloses dans les imprimés des XVe–XVIe siècles.

Les propositions d’articles (titre provisoire + résumé de 200 à 300 mots) accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique (5–10 lignes) sont à envoyer avant le 31 novembre 2025 à : jldeuffic@gmail.com

Les articles peuvent être rédigés en français ou anglais.

La longueur attendue des contributions est de 30 000 à 50 000 signes (espaces compris).

Les articles seront soumis à une double évaluation anonyme.

Les normes éditoriales suivent le style de la collection Pecia. Le livre et l’écrit (Brepols) ; un guide détaillé sera fourni aux auteurs retenus.


Glosses represent one of the key points of contact between learned Latin and the medieval vernacular languages. Found in the margins of manuscripts, between the lines of texts, or in collections of lexical explanations, they reveal the dynamics of understanding, translation, and the appropriation of knowledge in medieval Europe.

This collective volume seeks to explore the forms and functions of glosses in their relationship to vernacular languages: how do languages of everyday use enter the fields of commentary, teaching, and reading? What philological and pedagogical strategies underlie these practices? How do glosses circulate—from one text to another, from one scriptorium to another, from one language to another?

Contributors may draw upon case studies, codicological or linguistic analyses, or other specific methodological approaches.

The aim is to bring together philological, historical, linguistic, and cultural perspectives in order to better understand the role of the vernacular in medieval reading and writing practices.

Possible topics (non-exhaustive list) :

  • * Bilingual and multilingual glosses: between linguistic mediation and the appropriation of knowledge.
  • * Pedagogical practices: teaching glosses, vocabularia, manuals, and glossaries.
  • * Glosses as spaces of vernacularization: translation, adaptation, paraphrase.
  • * Glosses and codicology: supports, layout, manuscript circulation.
  • * Linguistic and cultural interferences between Latin and the vernacular.
  • * Corpus-based studies: biblical, legal, medical, or literary glosses.
  • * Lexicographical tools and their role in the development of languages.
  • * Glosses and linguistic identity: the vernacular as a cultural marker.
  • * Transmission and rewriting of glosses in printed works of the fifteenth and sixteenth centuries.

Submission guidelines

Proposals for articles (provisional title + abstract of 200–300 words), accompanied by a short biographical note (5–10 lines), should be sent by 31 November 2025 to:

jldeuffic@gmail.com

Articles may be written in French or English.

The expected length of contributions is 30,000–50,000 characters (including spaces).

All submissions will undergo double-blind peer review.

Editorial guidelines will follow the style of the Pecia. Le livre et l’écrit series (Brepols); a detailed style sheet will be provided to accepted authors.

Illustration : manuscrit Partis, BnF, Lat. 10290. Priscianus Caesariensis, Ars grammatica sive Institutiones Grammaticae, libri I-XVII.

7 Sep 2025
Jean-Luc Deuffic

PECIA 27 : De Fulda à la Faculté de décret de l’Université de Paris : manuels d’enseignement et itinéraires d’étudiants

La préparation du volume 27 de notre périodique PECIA. Le livre et l’écrit (Brepols) est désormais bien avancée ; il m’est possible d’en présenter dès aujourd’hui le sommaire :
The preparation of volume 27 of our journal PECIA. Le livre et l’écrit (Brepols) is now at an advanced stage, and I am in a position to present its table of contents as of today :

De Fulda à la Faculté de décret de l’Université de Paris : manuels d’enseignement et itinéraires d’étudiants

Introduction de Jacques Verger, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres [ lien ], spécialiste de l’histoire des universités au Moyen Âge.

In fulda dogma sacrum didici: Hrabanus Maurus, and the Anglo-Saxon Exegetical Tradition
Eduard Oliver, O.S.B.
(Abbey of the Most Holy Saviour of Leyre)

The School of Abingdon in Early Medieval England
Claudio Cataldi
(Università degli Studi di Palermo, Italie)

Prolegomena to an Edition of a Twelfth-century Commentary on the Georgics Attributed to Hilarius of Orléans
Anthony Fredette – Simon Chedbee
(University of Phoenix, AZ) – (University of Toronto)

La virtù della caritas e le sue implicazioni nella riflessione di Gilberto di Poitiers (1 Cor. 12, 31–13,13): dall’habitus humilitatis alla visione di Dio
Maria Valeria Ingegno
( )

Les gloses comme témoins de l’enseignement à la Faculté des arts
Olga Weijers
(Paris, CNRS-IRHT (émérite)

L’âge d’or d’avant l’Université : Le studium juridique orléanais au XIIIe siècle
Marie Bassano
(École de droit de Toulouse, Université Toulouse Capitole, CTHDIP)

Pre-Theological Education at Paris for Monastic Students in the Fourteenth Century
William J. Courtenay – Thomas Sullivan
()

Et en vérité, des plus grans clercs du monde ont leu du matin … À propos de Guillaume Chalop, un maître breton moult suffisant
Jean-Luc Deuffic
(Chercheur indépendant)

Ranking and Adoption in the Licentiate Program of the Parisan Faculty of Canon Law, 1416-1448
Thomas Sullivan
(Monk of Conception Abbey, Conception, Missouri, USA)

Première étape ou couronnement de parcours ? L’Université de Paris dans le cursus des étudiants étrangers à la fin du Moyen Âge
Pauline Spychala
(Institut historique allemand, Paris)

Les collèges normands À Paris aux XIVe et XVe siècle
Marion Bernard-Schweitzer
(Université de Strasbourg, Bibliothèque)

BREPOLS PUBLISHERS

Illustration : Valenciennes 240. Gerson enseignant.

4 Juin 2025
Jean-Luc Deuffic

40 déjà ! Colloque du 15e centenaire de l’abbaye de Landévennec (1985)

(En hommage aux historiens disparus ! In tribute to the departed historians ! : Pierre Riché – Léon Fleuriot – Bernard Merdrignac – Louis Lemoine – Hubert Guillotel – Bernard Tanguy – Job an Irien – François Kerlouégan – Pierre-Roland Giot – Michel Huglo – David Dumville – Dom Jacques Dubois)

Le colloque du 15e centenaire de l’abbaye de Landévennec, qui se déroula du 25 au 27 avril 1985 fut un évènement mémorable, tant pour les Bretons que pour les amoureux de la Bretagne. Pour moi, alors jeune chercheur passionné, l’occasion de présenter les premiers résultats de mes travaux sur les scriptoria bretons, à l’appui et des contacts que j’avais alors avec l’éminent paléographe allemand Bernard Bischoff (1906-1991).
Ce colloque fut également un tremplin pour la création du CIRDOMOC, dont je fus, avec le regretté Gwenaël Leduc, le modeste initiateur. Aussi, je prends un réel plaisir en publiant ici, pour lui rendre hommage, le bref compte-rendu qu’en fit le grand celtisant Léon Fleuriot (1923-1987), qui décéda très peu de temps après le colloque.

The colloquium marking the 15th centenary of the Landévennec Abbey, held from April 25 to 27, 1985, was a memorable event for both Bretons and lovers of Brittany. For me, then a young, passionate researcher, it was an opportunity to present the initial findings of my work on Breton scriptoria, supported by my contacts at the time with the eminent German paleographer Bernhard Bischoff (1906-1991).
This colloquium was also a springboard for the creation of CIRDOMOC, of which I was, along with the late Gwenaël Leduc, the humble initiator.
Thus, it is with great pleasure that I publish here, in tribute to him, the brief report written by the great Celticist Léon Fleuriot (1923-1987), who passed away shortly after the colloquium.

Landévennec et le monachisme breton dans le Haut Moyen Âge. — Actes du Colloque du 15e centenaire de l’Abbaye de Landévennec, 25-26-27 avril 1985. Publication de l’Association Landévennec 485-1985, 1986, 335 p. in-4°.

Ce beau volume, abondamment illustré, a pu être publié dans un délai extrêmement court, grâce à l’activité de la communauté monastique de Landévennec, du Père Jean de la Croix et du Père Marc en particulier. Le contenu du volume est de première importance pour l’histoire de la Bretagne la plus ancienne. Il suit l’ordre des conférences prononcées dans le congrès international qui a célébré le quinzième centenaire, à côté de fêtes religieuses. Voici une liste très résumée des conférences ici publiées : P. Riché a traité des « Gesta Sanctorum Rothonensium », à la veille d’être publiés, tant en France qu’en Grande-Bretagne avec des traductions en français et en anglais. B. Merdrignac a exposé ce que l’on sait de la vie quotidienne dans les monastères bretons anciens. L. Lemoine a examiné les méthodes d’enseignement qui s’y trouvaient appliquées. L. Fleuriot a donné une traduction française des « Excerpta de libris Romanorum et Francorum » et proposé de placer au ve siècle la date des « Libri » primitifs. W. Davies a montré tout l’intérêt du Cartulaire de Landévennec sommairement exécuté par des critiques antérieures. J. M. H. Smith a étudié la politique frontalière de l’Empire franc et du Royaume breton dans la vallée de la Vilaine. B. Tanguy a scruté les enseignements qu’apporte la toponymie du Cartulaire de l’abbaye où se tenait ce congrès. R. Barrié et P. Castel ont fait le point des études sur la croix d’ivoire de Millizac. J. A. Irien a parlé des saints comiques et bretons, souvent les mêmes. X. Barrai y Altet a fait une communication très intéressante sur l’abbaye médiévale et ses bâtiments. F. Kerlouégan a pris pour sujet le latin de la « Vita Pauli Aureliani », P. R. Giot les fouilles de l’île de Lavret, Ph. Guigon celles de la crypte de Lanmeur, M. Huglo les évangéliaires de Landévennec, D. Dumville l’Amalarius de Landévennec, J. C. Alexander l’art breton du ixe siècle, C. Brett l’hagiographie de Winwaloe (Gwénolé). J. L. Deuffic a publié une liste commentée de 122 manuscrits d’origine bretonne antérieurs au xie siècle. Les travaux du Professeur B. Bischoff ont permis l’identification d’un grand nombre des manuscrits de cette liste. D. J. Dubois a tiré, avec science et humour, les conclusions de ce colloque. Il est impossible ici de résumer l’immense matière traitée dans ces exposés et d’autres que nous allons maintenant mentionner. De courtois échanges de vues ont eu lieu, avec pour seul souci l’avancement de la recherche. Par exemple H. Guillotel a exprimé des vues différentes de celles de W. Davies ou de B. Tanguy sur l’intérêt du Cartulaire de l’abbaye. L’intéressant exposé de Y. Tonnerre sur le Cartulaire de Redon montre la nécessité d’étudier le breton ancien pour l’étude de la Bretagne ancienne : dre ne « donne » pas drich dans les noms propres. C’est au contraire cette dernière graphie qui représente le mieux la prononciation d’un terme identique au « gallois » drych, edrych, avec le sens ancien d’« aspect » (Drichglur est une meilleure graphie que Dreglur). Dans d’autres domaines, le « baroque » du latin brittonique de Uurmonoc a pour pendant l’originalité de l’art breton ancien qui affirme sa vigueur face à l’art de l’Empire franc comme l’ont souligné J. J. C. Alexander et P. Mac Gurk. Les mânes de H. Bradshaw qui, il y a près d’un siècle, avait affirmé, après de longues années de recherches paléographiques, que la Bretagne armoricaine avait joué un très grand rôle dans les échanges intellectuels au Haut Moyen Âge, ont dû tressaillir. On commence, dans le monde scientifique, à se rendre compte de l’importance de cette région longtemps négligée, « long overlooked » comme disait H. Bradshaw. (Léon Fleuriot, dans Études celtiques, 24, 1987, p. 346-347)

Patrick Mac Gurk (1953-1988) et David Dumville (1949-2024)

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