22 Jan 2026
Jean-Luc Deuffic

I N C I P I T

Ce blog, dédié au maître Léopold Delisle (1826-1910) et à l’érudit breton François Duine, clericus dolensis (1870-1924) est exclusivement (ou presque !) consacré au manuscrit médiéval, jusqu’à ses rapports avec les premiers incunables.
This blog is dedicated to the great manuscript scholar Léopold Delisle (1826-1910) and to François Duine, clericus dolensis (1870-1924), and (almost exclusively!) to medieval manuscripts, up to and including their relationships with early printing.
Jean-Luc Deuffic
Contact : pecia29@orange.fr  

[ Illustrations : Cambrai BM, 620 . © Institut de recherche et d’histoire des textes – CNRS ] – Léopold Delisle – François Duine, hagiologue, historien, folkloriste ]

L A   R E V U E  /  T H E    J O U R N A L
PECIA : LE LIVRE ET L’ECRIT [link] – Edition : Brepols Publishers (Turnhout)

DERNIERS VOLUMES PARUS
Pecia. Le livre et l’écrit, 19 (2016): Outils et pratiques des artisans du livre au Moyen Âge.
Pecia. Le livre et l’écrit, 20 (2017) : Livres de maîtres, livres d’étudiants: le manuscrit universitaire au Moyen Âge
Pecia. Le livre et l’écrit, 21 (2018). Livre manuscrit et mécénat du Moyen Âge à la Renaissance
Pecia. Le livre et l’écrit, 22 (2019) et 23 (2020). Le manuscrit médiéval: texte, objet et outil de transmission. Volume I et volume II.
Pecia. Le livre et l’écrit, 24 (2021). Du manuscrit à l’imprimé: une autre modernité.
Pecia. Le livre et l’écrit, 25 (2022). Miscellanées. Volume du 20e anniversaire.
Pecia. Le livre et l’écrit, 26 (2023, publ. 2024) Hommage à François Duine (1870-1924)

Toujours disponible
Jean-Luc Deuffic. Inventaire des livres liturgiques de Bretagne. Livres d’heures, de piété, de dévotion et ouvrages associés antérieurs à 1790. Présentation [lien / link]
Compte-Rendu, Yann Celton, dans Revue d’Histoire de l’Eglise de France [ lien ]

Le livre d’heures enluminé en Bretagne (BREPOLS Publishers)

22 Jan 2026
Jean-Luc Deuffic

Pecia. Le livre et l’écrit, 27 : De Fulda à la Faculté de décret de l’Université de Paris : manuels d’enseignement et itinéraires d’étudiants

Nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie de notre dernier volume :

De Fulda à la Faculté de décret de l’Université de Paris: manuels d’enseignement et itinéraires d’étudiants

In the Middle Ages, educational institutions played a fundamental role that extended well beyond the mere transmission of knowledge. Recent scholarship highlights how schools contributed to the structuring of social and religious life, notably through the regulation of time via calendars, liturgical observances, and communal rituals, thereby reinforcing collective identity. Male students, particularly in urban contexts, received instruction designed to prepare them for civic responsibilities, while female education – though less institutionalized – was nonetheless present, often delivered within domestic settings, monastic environments, or select schools. From the twelfth century onward, cathedral and monastic schools gradually gave rise to universities, structured around the liberal arts curriculum (trivium and quadrivium), with theology positioned as the apex of intellectual formation. Contemporary historians increasingly reassess these medieval educational systems in relation to modern concerns such as identity construction, knowledge accessibility, and the sociopolitical functions of schooling.

Au Moyen Âge, les écoles jouaient un rôle essentiel, bien au-delà de la simple transmission de savoirs. Les recherches récentes montrent qu’elles structuraient la vie sociale et religieuse à travers l’organisation du temps scolaire (rythmes, fêtes, rituels) qui renforçait le sentiment d’appartenance communautaire. Les garçons, surtout dans les villes, recevaient une éducation visant à former des citoyens responsables, tandis que les filles, bien que moins souvent scolarisées, accédaient tout de même à une forme d’instruction via la famille, les monastères ou certaines écoles. À partir du xiiᵉ siècle, les écoles cathédrales et monastiques évoluent en universités organisées autour des arts libéraux (trivium et quadrivium), avec la théologie comme sommet du cursus. Aujourd’hui, les historiens réévaluent ces structures éducatives médiévales à la lumière de questions contemporaines, comme la formation des identités collectives, l’accès au savoir et le rôle des institutions scolaires dans la société.

TABLE OF CONTENTS

Oliver, Eduard, O.S.B., In fulda dogma sacrum didici: Hrabanus Maurus, and the Anglo-Saxon Exegetical Tradition
Cataldi, Claudio, The School of Abingdon in Early Medieval England
Fredette, Anthony – Whedbee, Simon, Prolegomena to an Edition of a Twelfth-century Commentary on the Georgics Attributed to Hilarius of Orléans
Ingegno, Maria Valeria, La virtù della caritas e le sue implicazioni nella riflessione di Gilberto di Poitiers (1 Cor. 12, 31–13,13): dall’habitus humilitatis alla visione di Dio
Weijers, Olga, Les gloses comme témoins de l’enseignement à la Faculté des arts
Bassano, Marie, L’âge d’or d’avant l’Université : Le studium juridique orléanais au XIIIe siècle
Courtenay, William J. – Sullivan, Thomas, Pre-Theological Education at Paris for Monastic Students in the Fourteenth Century
Deuffic, Jean-Luc, Et en vérité, des plus grans clercs du monde ont leu du matin … À propos de Guillaume Chalop, un maître breton moult suffisant
Sullivan, Thomas, Ranking and Adoption in the Licentiate Program of the Parisan Faculty of Canon Law, 1416–1448
Spychala, Pauline, Première étape ou couronnement de parcours ? L’Université de Paris dans le cursus des étudiants étrangers à la fin du Moyen Âge
Bernard-Schweitzer, Marion, Les collèges normands à Paris aux XIVe et XVe siècle

https://www.brepols.net/products/IS-9782503615776-1

19 Déc 2025
Jean-Luc Deuffic

Daoulas : une abbaye entre Léon et Cornouaille

Ce premier volume d’une trilogie consacrée à Daoulas, aborde l’histoire de son abbaye, maison de chanoines réguliers de saint Augustin, et propose une étude approfondie de l’un des établissements religieux les plus remarquables de Basse-Bretagne, dont le cloître du XIIᵉ siècle constitue un exemple unique de l’art roman dans cette région. Après avoir situé l’abbaye dans son contexte géographique, abordé son architecture, l’ouvrage s’attache à retracer, à travers la succession de ses abbés, les grandes étapes de la vie de la communauté canoniale entre le XIIᵉ et le XVIIIᵉ siècle.
S’appuyant sur une documentation variée – archives, sources narratives, vestiges matériels –, l’auteur met en lumière la manière dont chaque abbé, selon les circonstances de son temps, a cherché à affermir l’autorité de la maison et à orienter son développement. L’adage « gouverner, c’est prévoir » prend ici tout son sens : sur plus de cinq siècles, les chanoines de Daoulas ont su consolider leur pouvoir, accroître leurs revenus et s’imposer comme un acteur local de premier plan, parfois en position de contre-pouvoir face aux autorités laïques et épiscopales.
Toutefois, leur influence ne se limite pas au domaine économique ou politique. Par une pastorale active et une présence constante dans la vie paroissiale, les chanoines ont largement contribué à la vitalité religieuse d’une partie du Léon et de la Cornouaille, notamment à travers un réseau dense de prieurés.
En conjuguant approche institutionnelle, prosopographique et territoriale, ce volume restitue la place singulière qu’occupa l’abbaye de Daoulas dans la Basse-Bretagne médiévale et moderne, et ouvre la voie à une relecture globale du rôle des communautés de chanoines réguliers dans la structuration religieuse et sociale de l’Ouest breton.

This first volume of a trilogy dedicated to Daoulas addresses the history of its abbey – a house of regular canons of Saint Augustine – and offers an in-depth study of one of the most remarkable religious establishments in Lower Brittany, whose 12th-century cloister represents a unique example of Romanesque art in this region. After situating the abbey in its geographical context and discussing its architecture, the work endeavors to trace, through the succession of its abbots, the major stages in the life of the canonical community between the 12th and 18th centuries. Drawing on varied documentation – archives, narrative sources, material remains – the author sheds light on how each abbot, according to the circumstances of his time, sought to strengthen the authority of the house and guide its development. The adage « to govern is to foresee » takes on its full meaning here: over more than five centuries, the canons of Daoulas were able to consolidate their power, increase their revenues, and establish themselves as a leading local actor, sometimes in a position of counter-power against lay and episcopal authorities. However, their influence is not limited to the economic or political domain. Through an active pastoral ministry and a constant presence in parish life, the canons largely contributed to the religious vitality of a part of Léon and Cornouaille, notably through a dense network of priories. By combining institutional, prosopographical, and territorial approaches, this volume restores the singular place occupied by the Daoulas abbey in medieval and modern Lower Brittany, and paves the way for a comprehensive rereading of the role of communities of regular canons in the religious and social structuring of western Brittany.

Jean-Luc DEUFFIC, Daoulas : une abbaye entre Léon et Cornouaille
Tome I. 2025
ISBN : ‎ 979-1097611453
Relié. 469 p. 22 x 29 cm. Illustré. 1, 3 kg.
ou en commande auprès de votre libraire

ou directement auprès de l’auteur: jldeuffic@gmail.com

Abbatiale Notre-Dame de Daoulas (Finistère, Bretagne)
16 Oct 2025
Jean-Luc Deuffic

PECIA 28 : Appel à contributions : Gloses et langues vernaculaires au Moyen Âge

Les gloses constituent l’un des moyens privilégiés de contact entre le latin savant et les langues vernaculaires médiévales. À travers les marges des manuscrits, les interlignes des textes, ou les recueils d’explications lexicales, elles révèlent les dynamiques de compréhension, de traduction et d’appropriation du savoir dans l’Europe médiévale.

Ce volume collectif entend explorer les formes et fonctions des gloses dans leur rapport aux langues vernaculaires : comment les langues d’usage s’inscrivent-elles dans le champ du commentaire, de l’enseignement et de la lecture ? Quelles stratégies philologiques et pédagogiques sous-tendent ces pratiques ? Comment circulent les gloses, d’un texte à l’autre, d’un scriptorium à l’autre, d’une langue à l’autre ?

Les contributions pourront s’appuyer sur des études de cas, des analyses codicologiques ou linguistiques, ou des approches particulières.

L’objectif est de croiser les perspectives philologiques, historiques, linguistiques et culturelles pour mieux comprendre la fonction du vernaculaire dans les pratiques de lecture et d’écriture médiévales.

Axes de réflexion possibles (non exclusifs) :

  • * Les gloses bilingues et multilingues : entre médiation linguistique et appropriation du savoir.
  • * Les pratiques pédagogiques : gloses d’enseignement, vocabularia, manuels et glossaires.
  • * Les gloses comme espace de vernacularisation : traduction, adaptation, paraphrase.
  • * Gloses et codicologie : supports, disposition, circulation manuscrite.
  • * Interférences linguistiques et culturelles entre latin et vernaculaire.
  • * Études de corpus : gloses bibliques, juridiques, médicales, littéraires.
  • * Outils lexicographiques et leur rôle dans la formation des langues.
  • * Gloses et identité linguistique : le vernaculaire comme marqueur culturel.
  • * Transmission et réécriture des gloses dans les imprimés des XVe–XVIe siècles.

Les propositions d’articles (titre provisoire + résumé de 200 à 300 mots) accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique (5–10 lignes) sont à envoyer avant le 31 novembre 2025 à : jldeuffic@gmail.com

Les articles peuvent être rédigés en français ou anglais.

La longueur attendue des contributions est de 30 000 à 50 000 signes (espaces compris).

Les articles seront soumis à une double évaluation anonyme.

Les normes éditoriales suivent le style de la collection Pecia. Le livre et l’écrit (Brepols) ; un guide détaillé sera fourni aux auteurs retenus.


Glosses represent one of the key points of contact between learned Latin and the medieval vernacular languages. Found in the margins of manuscripts, between the lines of texts, or in collections of lexical explanations, they reveal the dynamics of understanding, translation, and the appropriation of knowledge in medieval Europe.

This collective volume seeks to explore the forms and functions of glosses in their relationship to vernacular languages: how do languages of everyday use enter the fields of commentary, teaching, and reading? What philological and pedagogical strategies underlie these practices? How do glosses circulate—from one text to another, from one scriptorium to another, from one language to another?

Contributors may draw upon case studies, codicological or linguistic analyses, or other specific methodological approaches.

The aim is to bring together philological, historical, linguistic, and cultural perspectives in order to better understand the role of the vernacular in medieval reading and writing practices.

Possible topics (non-exhaustive list) :

  • * Bilingual and multilingual glosses: between linguistic mediation and the appropriation of knowledge.
  • * Pedagogical practices: teaching glosses, vocabularia, manuals, and glossaries.
  • * Glosses as spaces of vernacularization: translation, adaptation, paraphrase.
  • * Glosses and codicology: supports, layout, manuscript circulation.
  • * Linguistic and cultural interferences between Latin and the vernacular.
  • * Corpus-based studies: biblical, legal, medical, or literary glosses.
  • * Lexicographical tools and their role in the development of languages.
  • * Glosses and linguistic identity: the vernacular as a cultural marker.
  • * Transmission and rewriting of glosses in printed works of the fifteenth and sixteenth centuries.

Submission guidelines

Proposals for articles (provisional title + abstract of 200–300 words), accompanied by a short biographical note (5–10 lines), should be sent by 31 November 2025 to:

jldeuffic@gmail.com

Articles may be written in French or English.

The expected length of contributions is 30,000–50,000 characters (including spaces).

All submissions will undergo double-blind peer review.

Editorial guidelines will follow the style of the Pecia. Le livre et l’écrit series (Brepols); a detailed style sheet will be provided to accepted authors.

Illustration : manuscrit Partis, BnF, Lat. 10290. Priscianus Caesariensis, Ars grammatica sive Institutiones Grammaticae, libri I-XVII.

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