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7 Sep 2020
Jean-Luc Deuffic

Le livre d’heures enluminé en Bretagne

Lorsqu’un projet personnel de deux dizaines d’années voit enfin le jour, c’est bien une nouvelle page de votre vie qui s’ouvre … comme la naissance d’un nouveau né tant attendu. Même si tout ne fut pas facile sur cet énorme « chantier », les satisfactions ont été grandes à découvrir et à admirer tant de richesses. Cet ouvrage, fruit d’une insatiable recherche, représente l’aboutissement d’un lointain projet, construit autour d’une passion pour les livres d’heures. Mais au-delà de la solitude d’un travail, parfois ingrat, s’établit aussi un réseau de contacts, aides indispensables à l’aboutissement d’une si grande entreprise. La persévérance a eu raison de mes compétences limitées, qui maintes fois se sont érigées en barricades …  J’ai ainsi bénéficié des échanges constructifs et des notes érudites de mon amie d’Outre Atlantique Diane Booton dont les travaux de bibliologie bretonne m’ont bien servi. Mais cet ouvrage n’aurait pu voir le jour sans l’accueil bienveillant d’Alison Stones, qui a bien voulu l’inclure dans la série « Manuscripta Illuminata« , qu’elle dirige avec  Adelaide Bennett sous la supervision du Publishing Manager Johan  Van der Beke des éditions BREPOLS. Dans cette grande et historique maison je dois aussi remercier Eleni Souslou qui a supervisé, avec patience je présume, toute la matière de ce livre.
Contempler, toucher, palper un livre d’heures c’est comme pénétrer l’âme de ses anciens possesseurs, c’est en quelque sorte revivre sa minutieuse élaboration, suivre les mains expertes des enlumineurs et des ornemanistes, les manies d’un copiste singulier. Comprendre le manuscrit reste l’objectif principal du chercheur. Né du désir d’un commanditaire, modeste ou prestigieux, le livre d’heures, livre de piété privée par excellence, s’illumine comme le miroir du pécheur en prière. Aussi, s’est-il souvent représenté en imploration devant son saint patron, unique intermédiaire avec Dieu. C’est du moins une grande caractéristique des manuscrits bretons. Un autre élément révélateur de ces livres d’heures, dont l’origine n’est pas toujours établie, reste la présence des saints locaux dans les calendriers ou (et) les litanies. Pour la Bretagne, les diocèses de Saint-Pol-de-Léon et de Vannes nous ont fourni des listes hagiologiques précieuses. Enfin, soulignons l’intérêt des livres de raison, ces livres d’heures portant naissances ou décès des membres d’une même famille, parfois sur plusieurs générations. Documentation inédite de première main, ces ouvrages de piété attestent indéniablement de la diversité de la production manuscrite bretonne et de sa décoration parfois étonnante, dans un contexte plus étendu, celui de la mobilité des hommes et des influences acquises. Du plus modeste au plus luxueux, le livre d’heures offre aux chercheurs une palette suffisamment étendue pour y déceler l’âme bretonne dans toute son infinie complexité.

When a personal project of some two decades finally sees the light, it is indeed a new page of your life that opens … like the birth of an infant so eagerly awaited. Even if all was not easy on this enormous ‘construction site’, there was great satisfaction to discover and admire so many riches. This work, the fruit of insatiable research, represents the completion of a faraway project, built around a passion for books of hours. But beyond the solitude of work, sometimes unappreciated, is the creation of a network of contacts, vital assistance for the completion of such a substantial undertaking. Persistence conquered my limited skills, which many times had set up barricades … I have thus benefited from helpful exchanges and scholarly notes of my friend on the other side of the Atlantic, Diane Booton, whose research on Breton bibliology has assisted me considerably. But this work would not have seen the day without the generous welcome of Alison Stones, who kindly wished to include it in the series ‘Manuscripta Illuminata’, which she manages with Adelaide Bennett under the supervision of Publishing Manager Johan Van der Beke of Brepols Publishers. In this great and historical company, I must also thank Eleni Souslou who supervised, with patience I presume, everything concerning this book.
To gaze, touch, feel a book of hours is to enter the soul of their former owners, to relive its meticulous creation in a way, to follow the skilled hands of illuminators and decorators, the obsessions of a remarkable scribe. To understand a manuscript remains the primary aim of the researcher. Born of a patron’s wishes, modest or prestigious, the book of hours, the ultimate book of private devotion, lights up like the mirror of a sinner in prayer. In addition, he is often represented imploring his patron saint, sole intermediary with God. It is at least a important characteristic of Breton manuscripts. Another revealing aspect of these books of hours, whose origins are not always identified, remains the presence of local saints in the calendars and/or the litanies. With regard to Brittany, the dioceses of Saint-Pol-de-Léon and Vannes provide us with invaluable hagiologic lists. Finally, let us underscore the interest in ‘livres de raison’, these books of hours bearing mentions of births or deaths of members of the same family, sometimes over several generations. Unpublished first-hand documentation, these works of piety attest undeniably to the variety of Breton manuscript production and its sometime astonishing decoration, and in a larger context, to the mobility of men and vested influences. From the most modest to the most luxurious, the book of hours offers researchers a sufficiently extensive palette to detect the Breton soul in all its infinite complexity.

J.-L. Deuffic
Le livre d’heures enluminé en Bretagne
Car sans heures ne puys Dieu prier
Manuscripta Illuminata (MI 5)
742 p., 22 b/w ill. + 125 colour ill., 216 x 280 mm, 2019
ISBN: 978-2-503-58475-1
Hardback // Relié

BREPOLS Publishers

6 Oct 2016
Jean-Luc Deuffic

Un lecteur bien particulier de Raoul le Breton : Gaspare Tagliacozzi (1545-1599)

L’éminent Raoul le Breton, originaire de Ploudiry (Finistère, Bretagne), sera bientôt de nouveau à l’honneur avec la publication par G. Wilson, de ses Quaestiones super Priora Analytica Aristotelis (http://upers.kuleuven.be/nl/book/9789462700864).
A vrai dire, l’homme n’est pas très connu sur ses propres terres, et cela reste bien dommage !
Quoiqu’il en soit, notre billet concerne un de ses manuscrits, aujourd’hui à la British Library: le Harley, 7357, probablement d’origine italienne, comme plusieurs témoins de la tradition manuscrite des oeuvres du docte recteur de Sorbonne (+ ca 1320).

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Sur le premier feuillet on peut lire une note : Ad usum Gasparis Taliacotii, et amicorum. La notice en ligne porte fautivement \ »caliacotij\ », mais il s’agit bien de la signature du médecin italien bien connu Gaspare Tagliacozzi (1545-1599). On retrouve d’ailleurs la même inscription sur un ouvrage de Johann Roszfeld (Rosinus), conservé à Cologne, ci-dessous, et sur un autre de Jean Fernel (1497-1558) de la Bibliotheca Osleriana (n° 2574).

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Considéré comme l’un des premiers à avoir pratiqué la chirurgie faciale, Gaspare Tagliacozzi nous a laissé une oeuvre importante : De curtorum chirurgia per insitionem, imprimé à Venize en 1597. 

Biblio:
The Life and Times of Gaspare Tagliacozzi, Surgeon of Bologna, 1545-1599, with a Documented Study of the Scientific and Cultural Life of Bologna in the Sixteenth Century. Martha Teach Gnudi , Jerome Pierce Webster

6 Juin 2016
Jean-Luc Deuffic

Les manuscrits du château d’Anet

Nous avons le plaisir d’annoncer la mise en ligne d’un nouveau site dédié aux manuscrits du château d’Anet, la célèbre demeure de Diane de Poitiers [ lien ]

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Dispersés en 1724, on les retrouve aujourd’hui dans plusieurs bibliothèques importantes d’Europe et des USA. Une paraphe particulière permet de les reconnaître :


(c) Paris, BnF, Fr. 370

Il apparaît aujourd’hui qu’aucun de ces ouvrages n’a appartenu à Diane, « les manuscrits de la maîtresse royale avaient quitté, probablement avant même le passage aux Vendôme, le château d’Anet » (François Avril).
C’est aussi le lieu de dire que les pages publiées sur ce nouveau site doivent beaucoup aux renseignements de Monsieur François Avril, ancien conservateur général du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, qui connait depuis longtemps les manuscrits d’Anet et sur lesquels il a amassé une importante documentation.
Mon premier objectif est de présenter cette collection assez remarquable, dont il semble bien qu’un noyau important provienne de l’éclatement de plusieurs bibliothèques bretonnes, entre autres celles de Tanguy du Chastel et de Jean de Laval, seigneur de Châteaubriant.

Les manuscrits du château d’Anet

24 Mai 2016
Jean-Luc Deuffic

Remarques sur quelques livres d’heures de la Bibliothèque municipale de Nantes


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 3072

La Bretagne (historique) s’enrichit régulièrement de nouvelles numérisations. Ainsi, la Bibliothèque municipale de Nantes s’emploie pleinement à promouvoir ses richesses patrimoniales sur la toile, trésors parfois méconnus du grand public (et même de certains spécialistes). Nous avons à plusieurs reprises fait référence à la précieuse bibliothèque des Oratoriens qui a fourni aux collections nantaises des manuscrits de grande valeur, actuellement sous la garde de Marion Chaigne, conservateur, laquelle a déjà participé à l’élaboration de la bibliothèque numérique de Sainte-Geneviève (Paris).

Ce post n’abordera que quelques livres d’heures sur lesquels nous travaillons pour notre future publication : même modestes ils révèlent souvent des parcours inattendus …

À tout seigneur, tout honneur, quelques mots sur les superbes Heures de Montbéron (ms. 3072). Nous y avons remarqué un petit texte, semble-t-il inédit, reflet de la poésie des Grands Rhétoriqueurs, avec l’emploi de termes assez significatifs de leur style : olympicque, pluthonicque, deificque, etc, faisant penser aux oeuvres des Molinet (+ 1507), Gringore (+ 1539), et même de Clément Marot (+1544), auteur du « Par toy fuyons le regne Plutonique », etc

« Le filz de Dieu du hault mont olympicque
Par charité qui son joli cueur picque
A rapaisé lire de Dieu son pere
Et pour Adam a souffert mortamere
Le delivrant du resgne pluthonique
Dame au seigneur Tant magnificque
Plut en ton corps faire ung temple deificque
Pour reposez comme au ventre sa mere
Le filz de Dieu »

Probablement ces vers ont-ils été écrits du temps de Jacques de Montbéron, seigneur de Miré, de Chartres et d’Avoir, décédé en 1542/1543. Il avait épousé Louise Goheau, dame de Souché et des Jamonnieres, fille de François Goheau, seigneur de Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, et de Françoise Hamon, nièce de l’évêque de Nantes. En fait, le livre d’heures en question, exécuté vers 1420, pourrait provenir à l’origine de ces Goheau.

Louise Goheau a fait peindre ses armes en fin du volume. : Parti au premier, coupé fascé d’argent et d’azur (de Montberon), et de gueules semé de trèfles d’or, à deux bars adossés de même (Clermont-Nesle), au second d’argent, à trois trèfles de gueules (Goheau).
François, seigneur de Monberon, de Maulévrier et d’Avoir, épousa le 28 mai 1403 Louise de Clermont, vicomtesse d’Aunay, d’où les armes de Clermont.


© Bibliothèque municipale de Nantes

Par la suite, Hector de Montbéron, fils de Jacques, inscrivit sur le manuscrit les naissances de ses enfants, qu’il eut avec sa seconde femme, Radegonde de Noyelles :

Le quatorziesme jour de septambre mil / cincq cens quatre vins sept René de Montberon / filz de Hector et de Ragonde de Noielle fut / né a dix heures du soir.

Nota que le jour de Nouel mil cinq cens quatre vins / huict Hector de Montberon fut né a dix houres du soyr / un dimanche »
« Louis de Montberon fut né le vint yesme jour de janvyer a deulx heures apres minuit / lan mil cinq cens quatre vint dix »

Nota que le dixneuf / yesmme jour de decembre / mil cincq cens quatre / vins troys [Adrienn]e de / Montberon fut nee a dix / heures du matin.

Concernant la provenance de ce somptueux manuscrit, nous avons relevé la présence sur la garde de reliure, de l’ex-libris armorié des Verdier de Genouillac, qui ont conservé la célèbre devise du fameux Galiot de Genouillac (1465-1546) : J’AYME FORTUNE.

Sur cette famille, voir : Henry DU VERDIER. Une famille à travers cinq siècles. La famille du Verdier et du Verdier de Genouillac, Paris, 1987 
L’émotion nous gagne avec le manuscrit 19 de la BM de Nantes (col. des Oratoriens). En effet, plusieurs notes d’un ancien possesseur nous rappellent l’importance du livre d’heures à toute époque, livre gardé précieusement dans les familles, souvent pendant plusieurs générations. Celui-ci porte la marque d’un petit écolier de Nantes, alors à peine âgé de 12 ans et orphelin de père, Jean BUROT, qui se dit \ »bon enfant\ ». Il note en 1612, et à plusieurs reprises, son nom en lettres capitales:


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 19

Ce Jean Burot, né le 10 novembre 1600 à St Nicolas de Nantes, est le fils de Guillaume (1567-1610), marchand de la ville, et de Guillemette Langlois (+ 1615). Il épousera le 28 août 1622, à Nantes, Anne Tourayne (1604-1685), fille de François Joseph, sieur de la Brunière (1578-1623) et de Marguerite Luzeau, et décédera dans la vieille cité ligérienne le 27 février 1659 (source : Gerard Vinouse, d’après registres paroissiaux).
Noble homme Jean BUROT sieur du Pé, bourgeois à La Fosse de Nantes, fut nommé échevin de la ville en 1658. \ »Marchand très combatif, il mène la lutte en 1630 contre la concurrence de la colonie portugaise\ » (Guy Saupin, Nantes au XVIIe siècle, PUR Rennes, 1996, p. 229, 230, 328).

Le parcours du livre d’heures, manuscrit 20, me parait tout à fait intéressant et nous instruit sur la circulation des manuscrits en Bretagne. En effet, ce n’est pas une production locale (et n’est donc pas à l’usage de Nantes). Les litanies sont plutôt flamandes (s. Amand, Ghertudis, Amelberga). La décoration et l’écriture ont un caractère méridional, et nous orientent vers l’Espagne. Josefina Planas, de l’Universidad de Lleida, que je remercie ici pour son aide, m’indique que le manuscrit a pu être exécuté en Castille, peut-être vers le milieu du XVe siècle. De plus, une main (antérieure à celle du texte principal, XVIe s.?) a noté, en fin d’ouvrage, quelques lignes en vieil espagnol (castillan ancien) (et non en Breton, comme l’affirme l’ancien catalogue) : \ »Dyze santo Agustyn que es imposible ser condenado qyen la sygyente oracion rezare cada dya\ » (\ »Saint Augustin dit qu’il est impossible que quelqu’un soit condamné s’il prie chaque jour l’oraison suivante). Je suis redevable de cette transcription à Mercedes López-Mayán (University of Santiago de Compostela).

Peut-être ce livre d’heures est-il arrivé par le grand port marchand de Saint-Malo? Est-il passé avant par les anciens Pays-Bas ou a-t-il été en usage dans la communauté flamande d’Espagne? 


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms 20


Dès le tout début du XVIIe, en 1602, le manuscrit se trouve entre les mains du recteur de Bourseul (Côtes d’Armor): Jean DIVEU. Nous savons que celui-ci fut par la suite nommé dans une autre paroisse des environs, à La Landec, où on trouve sa signature sur un des registres paroissiaux, en 1630, au baptême de Jean Amiot : « par moy Don Jan Diveu recteur de laditte paroisse ». Jean Diveu fut inhumé à Plélan-le-Petit, le 11 avril 1634.


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 20

Nous n’avons pas encore découvert comment ce livre d’heures est advenu dans la famille de Trevelec. Le nom de Jean de Trevelec s’y trouve.
Il serait tentant de voir sous ce nom celui de Jean de Trevelec (1594-1639) marié à Anne Martel, dame de La Salle-Patissière. — Le 26 novembre 1639, fut inhumé Jean de Trevelec, écuyer, sieur de Penhouet et de la Paticière, dans l’enfeu de la Paticière (église Saint-Hermeland de Saint-Herblain). Le curé Chupaut a ajouté :

« Ce bel esprit, non plus que le soleil, 
N’a pas laissé au monde son pareil, 
Et ceux qui ont cogneu son excellence 
Regretteront à jamais sa présence.
Partant, lecteur, pour ce bon trépassé, 
Dis avec moi : Requiescat in pace. » 

Quelques décennies plus tard une main a noté les naissances des enfants de Mathieu de Trevelec (un frère de Jean) et de ses deux épouses, Jeanne Legal (X 1629) et Julienne Bourdic (X 1642) pour finir par une humble prière:

Le 16 octobre 1641 deseda Janne / Legal dame de Trevelec, agéé / seullement de 28 ans, premiere fame / de messire Mathieu de Trevelec sgr / dud. lieu et laissa six (« cinq » barré) enfans savoir / Jan Marie Yves Claude  autre. Yves / et Fransois et Charlotte a presant religieuse / lad. dame fut enterée en leglise dher[bign]ac

Le 19e janvier 1657 deseda Julienne / Bourdic segonde fame dud. seigneur / de Trevelec agée de 48 ans et fut / enterrée en leglise S. Aubin de Guerande. Elle laissa 4 enfans / de ce mariage; savoir Jacques / Guillemette, Magdelaine et Pellagie
Prions Dieu pour eux/
Eternellemant /
Amy lecteur sy tu testonne
Qu’on recommande ses personnes
A toutte la posterité
Enquiers toy de leur hault meritte
Car cette ligne est trop petitte
Pour despaindre tant de bonté

Nous terminerons ce post avec le manuscrit 21, un livre d’heures de moyenne facture, malheureusement mutilé de ses grandes peintures, celui-ci d’origine bretonne, à l’usage de Nantes. Ayant fait partie des collections du couvent des Minimes de Nantes, il est présenté comme venant d’Anne de Bretagne: peut-être même a-t-il été exécuté pour le duc François II (+ 1488). Certaines initiales portent des mouchetures d’hermines ou des fleurs de lys (f. 44v, 57, 121, etc.); au f. 49, en marge, un porc-épic; sur d’autres marges, la fameuse cordelière.


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 21.

Un des possesseurs de ce manuscrit, au XVIIe siècle, y a laissé son nom, au f. 2v,  Jean Philloux prebstre / de Toussains sur / les Ponst, et au f. 178v : Jan Philloux.
Nous avons retrouvé trace de ce prêtre dans le plus vieux des registres de l’aumônerie de Toussaints de Nantes. Le malheureux fut inhumé le 13 novembre 1605 dans le cimetière de l’hôpital de l’Anerie, fondé en 1572 « pour y établir les malades pestiférés ». Le registre précise bien « Mre Jean Philloulx, chapelain d’une chap[el]le de Toussaincts, enterré au cymityere de la Sancté appelé l’Asnerye estante au bas de la Fosse de Nantes. » (Nantes, AM, GG. 484).
L’aumônerie de Toussaints de Nantes se trouvait sur les ponts « seize en Bièce, sur le chemin par où l’on vat de Nantes à Pirmil » ( fondation le 27 avril 1362 par Charles de Blois et son épouse Jeanne de Penthièvre, pour les pèlerins qui se rendent vers Saint-Jacques-de-Compostelle).


© Bibliothèque municipale de Nantes. Ms. 21

Ce livre d’heures fut, au XVIe s. aux mains d’une famille de marchands nantais, les BIZEUL, plus exactement de Mathurin Bizeul et Perrine Lesage. Mathurin fut un temps installé à Bilbao, logé chez le négociant Ochoa Lanier (1563).

Remerciements à mon amie Cynthia J. Brown (University of California), à Mercedes López-Mayán (University of Santiago de Compostela); à Josefina Planas, Universidad de Lleida; à Claire Sicard (https://clairesicard.com/); Erik Kwakkel; Peter Kidd; Dominique Vanwijnsberghe; François du Fou; Alberto Velasco Gonzàlez

Lien vers les livres d’heures numérisés de la Bibliothèque municipale de Nantes

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