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1 Oct 2013
Jean-Luc Deuffic

Le missel de Rennes de la Bibliothèque d’Avranches ou l’art (subtil ou non) de la restauration du parchemin …


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 208

Le manuscrit 43 de la Bibliothèque municipale d’Avranches, du XVe s. ( ca 1475), est (ou plutôt devait être initialement) un beau missel à l’usage du diocèse de Rennes. Mutilé en plusieurs endroits, iI a fait l’objet de restaurations, parfois très minutieuses, d’autres beaucoup moins, sur nombre de feuillets.
Curieusement, les f. 10, 14 et 17, sont des fragments d’un traité de médecine, du XIIIe s, apparemment d’origine italienne (et, semble-t-il, inédit), insérés en première partie du manuscrit primitif :


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 10


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 10

Au f. 230v, plusieurs notes du XVIe siècle montrent que le missel était en usage à Saint-Pierre de Chelun (commune d’Ille et Vilaine, La Guerche-de-Bretagne), qui fut jadis un prieuré de Saint-Aubin d’Angers :

Sensuyt les noms de ceulx et de celles qui en leurs vie et deraine voulonsté ont ordonné par testament les messes a estre dictes et celebrés en leglise de St Pierre de Challun par le recteur dud. lieu ou son comys …

[quelques noms : Dom Jammes Loriez ? – Marie Ferot – Denisse de la Mare – Machelette Meloche ? – Antoine de la Mare ]

Église (moderne) de Saint-Pierre de Chelun (source topic topos)
USAGE LITURGIQUE
Ce missel est nettement à l’usage de Rennes. On y retrouve en effet toutes les fêtes caractéristiques attachées au diocèse breton, notamment la dédicace de son église (3 novembre), avec au même jour la commémoration de saint Gobrien. Parmi les autres fêtes traditionnelles au diocèse de Rennes :
Saint Gildas (29 janvier)
Saint Moderan (ev. de Rennes, 16 mai)
Saint Yves (18 mai, en rouge)
Saints Donatien et Rogatien (24 mai)
Saint Hervé (17 juin)
Saint Mars et saint Méen (21 juin)
Saint Goulven (1er juillet)
Octave de saint Goulven (8 juillet)
Saint Samson (28 juillet)
Saint Guillaume (29 juillet)
Saint Armel (16 août)
Translation de saint Goulven (23 août)
Saint Sulin (1er octobre)
Saint Magloire (24 octobre)
Translation de saint Yves (29 octobre)
Saint Melaine de Rennes (6 novembre)
Saint Amand (ev. de Rennes, 13 novembre)
Saint Malo (15 novembre),

RESTAURATION EN TOUS GENRES …
A une date inconnue des feuillets enluminés en marge ont été arrachés du manuscrit  :


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43. Déchirure entre les f. 18 et 19, avec traces d’enluminure

La très bonne numérisation de manuscrit (IRHT-BVMM) nous a permis de relever de nombreuses traces de restauration du parchemin, collage, couture ou autres. 


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 38. Collage


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 43v. Couture.


Avranches, BM, 43, f. 147, bas du feuillet. Utilisation d’un ancien parchemin pour combler un manque. Traces d’écriture.


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 111.  Traces d’écriture sur le parchemin utilisé pour combler un manque


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 154v.


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 178v


© (BVMM/IRHT) Avranches, BM, 43, f. 170v.  Miniature (début XVIe s. ?) collée en marge…

Biblio : V. Leroquais, Les sacramentaires et missels manuscrits, t. 3, p. 163-164, n° 732.

3 Sep 2013
Jean-Luc Deuffic

INVENTAIRE DES LIVRES LITURGIQUES DE BRETAGNE

REMERCIEMENTS A  /// THANKS !

(40) Mr Eflam CAOUISSIN (An Gedour) – Bretagne-

(39) Mr Fanch BROUDIC (journaliste et écrivain) (langue bretonne) -Bretagne-

(38) Mr Henry CYPRIEN ( lien thèse ) (Archives Nationales) -France-

(37) Mme Michelle BROWN (University of London) -Cornwall- UK-

(36) Mr Pascal LORANT (Amis du Turnegouët) -Bretagne- France

(35) Mr Guy JAROUSSEAU (UCO) -France-

(34) Mr M. David DOMINE-COHN (GAHOM) – France-

(33) Mlle Joëlle QUAGHEBEUR – Maître de conférences – Université de Bretagne Sud – France-

(32) Mme Dominique BARBET-MASSIN (lien) -France-
(31) Mme Yvonne MADEC – Bretagne- France –
(30) Mlle Maria Alessandra BILOTTA (lien) – Instituto de Estudos Medievais (IEM) Lisboa (Portugal)
(29) Mr Gilles RICHARD -France-
(28) Mr Hervé OFFREDO (Linkedin) -USA / Bretagne-

(27) Mr Philippe LANOE (Bretagne Culture Diversité) -Bretagne – France-

(26) Mlle Elodie CUISSARD (Institut de Latin Beatus Rhenanus, Strasbourg) -France-
(25) Mr Ronan CALVEZ
(Brest, CRBC, directeur-adjoint) -Bretagne – France-
(24) Mr Philippe LAHELLEC (CIRDoMoC) -Bretagne – France-
(23) Mr Matthieu GERBAULT
-France-

(22) Mme Anne-F. GRALL-PERES -Bretagne – France-

(21) Mr Philippe CARON -Bretagne – France-

(20) Mr André-Yves BOURGÈS (CIRDoMoC – lien) -Bretagne – France-

(19) Mr Stéphane MORIN (Université de Rennes) -France-

(18) Mr Gearard BOYLE -United Kingdom-
(17) Mme Sarah TOULOUSE (Conservateur, Bibliothèque de Rennes Métropole) -Bretagne – France-
(16) Mr Jean-Louis PRESSENSÉ (libraire) -Bretagne – France-
(15) Mr Jean-Thomas BRUEL -France- lien

(14) Mme Tania LÉVY (Paris-Sorbonne) -France-

(13) Mme Virginia REINBURG (Boston College) -USA-

(12) Mme Véronique STOUFF -Bretagne – France-
(11) Mme et Mr. Elizabeth A. R. et Ralph S. BROWN – New-York -USA-  link 
(10) Mr Thierry et Roseline CLAERR (Ministère de la Culture et de la Communication) et (Archives nationales) -France-
(9) Ms Diane BOOTON (Academia) -USA-   
(8) Mr Pierre-Yves QUEMENER  (Academia) -Bretagne – France-    
(7) Mr Jean-Pierre MATHIAS (conteur de Haute-Bretagne) -Bretagne – France-
(6) Ms Sherry REAMES – Madison – (facebook) -USA-  
(5) Mr James MARROW  (Princeton University) -USA-   
(4) Mr Scott GWARAKing Alfred’s Notebook LLC -USA-
(3) Ms Alison STONES (University of Pittsburgh) -USA-  
(2) Mr Mikaël LE BARS -Bretagne – France-   
(1) Mr Sébastien BARRET CNRS-IRHT -France-
(A) Mr Heribert TENSCHERT  (Suisse)

The project

To find a similar synthesis on Breton liturgical books, we must return to 1922 and the works of the scholar from Dol, François DUINE (1870-1924). In that year his Inventaire liturgique de l’hagiographie bretonne was published by Honoré Champion in the series “La Bretagne et les Pays Celtiques”. In this work Abbot Duine emphasized the history and the cult of Breton saints.
For more than 30 years we have been working to update and expand the Inventaire. We have included devotional books that proved so popular in Brittany through the end of the 19th century (in French as well as in the Breton language), publications that we would like to reveal and redeem.
Our inventory, a CD-ROM of information in PDF format to facilitate search queries of the text, is dedicated to François Duine and will be accompanied by a booklet of introduction.
Back this project on :
Il faut remonter à 1922 et aux travaux de l’érudit de Dol François DUINE (1870-1924) pour trouver une synthèse sur les livres liturgiques de Bretagne. C’est en effet à cette date qu’est publié son Inventaire liturgique de l’hagiographie bretonne chez Honoré Champion dans la collection \”La Bretagne et les Pays Celtiques\”. L’abbé Duine privilégia dans cet ouvrage l’histoire et le culte des saints bretons.
Depuis plus de 30 ans nous travaillons à l’actualisation et au développement de cet Inventaire. Nous y avons inclus les ouvrages de dévotion dont le succès fut si populaire en Bretagne jusqu’à la fin du XIXe siècle (tant en français qu’en langue bretonne), publications que nous voulons faire découvrir et réhabiliter.
Notre inventaire, cd de données au format pdf pour une recherche en mode texte, dédié à François Duine, sera accompagné d’un livret de présentation.
Pour soutenir notre projet rendez-vous sur la plate-forme spécialisée
23 Mai 2013
Jean-Luc Deuffic

Le Pontifical de Philippe du Bec, évêque de Vannes (1559-1566) et la fondation de Jean Le Mether (1593)


© Médiathèque de Vannes, ms 2. BVMM (IRHT)

Parmi les manuscrits anciens conservés à la Médiathèque du Palais des Arts de Vannes figure un Pontifical (manuscrit 2), exécuté au XVIe s., ayant appartenu à l’évêque Philippe du Bec. En effet, on peut lire au f. 109v : « Ego sum reverendi in Christo Patris domini Philippi Du Bec, Dei gratia Venetensis episcopi. »


© Médiathèque de Vannes, ms 2. BVMM (IRHT)

Issu d’une ancienne famille de Normandie, Philippe était l’oncle de Jean du Bec, évêque de Saint-Malo, \”homme prudent, attaché à ses devoirs, appliqué à la lecture de l’Ecriture sainte \” (F. Duine, Bréviaires et missels, p. 111, note 1).
Philippe du Bec, né en 1519 et mort le 10 janvier 1605, fut successivement doyen de la cathédrale Saint-Maurice d’Angers, évêque de Vannes (1559-1566), de Nantes (1566-1594) et archevêque de Reims (1594-1605). Maître de la Chapelle du roi et Commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit, il est le second fils de Charles du Bec, seigneur de Bourri et de Vardes, vice-amiral de France, et de Marie de Beauvillier

Lire, par ex. E. Catta, \”Les évêques de Nantes des débuts du XVIe siècle aux lendemains du concile de Trente et aux origines de la « Renaissance Catholique » (1500-1617)\”,  dans Revue d’histoire de l’Église de France, 51, 1965, p. 23-70 (notamment p. 47sq)  sur Persée – Numérisé sur Gallica : \”Journal du secretaire de messire Philippe Du Bec, evesque de Nantes et archevesque de Reims, depuis l’an 1588 jusques en l’année 1605\”.

Armes : Écartelé : aux 1 et 4, fuselé d’argent et de gueules (Crespin du Bec) ; aux 2 et 3, fascé d’argent et de sinople, les fasces d’argent ch. de six merlettes de gueules, 3, 2 et 1 (de Beauvilliers). Sur le tout écartelé : a. de gueules à la bande d’or (Chalon) ; b. de gueules à la croix d’argent ; c. de Bourgogne ancien ; d. d’argent à deux fasces de gueules. Sur le tout du tout d’azur à six annelets d’argent (Husson)



Nous ignorons de quelle manière le Pontifical de l’évêque Philippe du Bec est parvenu entre les mains d’un marchand de Vannes nommé Jean Le Mether lequel a apposé sa signature au f. Av et B

Jan Le Mether eternel amy

Nos recherches sur ce personnage n’ont guère abouti. Est-il apparenté à Me François Le Méther, sieur de Kerdaniel, procureur au parlement de Bretagne? Seul élément significatif, la dotation qu’il effectua le 2 novembre 1593 pour la Confrérie des Trépassés de Saint-Michel de Vannes (fondée en 1543).
[Vannes, Archives départementales, 87G 3]

Le jour et feste des trespassés second du mois de novembre mil cinq centz quatre vingtz traeze devant nous notaires roiaulx soubzsignez de la court de Vennes o submission et prorogation de jurisdiction, jurée par serment a icelle et obligation de biens et de personnes en l’église de monsieur sainct Michel es fausbourc dudit Vennes durant la grand messe des freres de la frarie des trespassez erigée et servie en icelle eglise Grand nombre de peuple et freres de la dicte frarie y congregez et assemblez tant pour faire et ouir le service divin qui y est apareil jour, dit et célébré que mesmes pour deliberer en corps politique des affaires utiles dicelle confrarie comme appartient En laquelle congregation estoint entre aultres Jean Le Mether marchant demeurant en ceste ville, Missires Raoul Teixier, recteur de sainct Salamon, Jullien Denoual, Yves Joanyc, Vincent La dure, Jacques Daullet, Jean Canderf, Francois Joubel, Francois Jegubes et chaincun freres et prebstres servants ladicte confrarie, Maistre Berthelemy Le Metayer, Pierre Daullet, Pierre Thomas, Jean Gainche (1) et plusieurs aultres confreres de ladicte confrarie En laquelle compaignye et assemblée ledit Jean Le Mether a remonstré et donne a entendre que en augmentant icelle a devotion et affection de faire prier Dieu pour toutz fidelles trespassez en general et singulierment pour ceulx quil est tenu de prier et faire prier et a celle fin voulloir fonder et doter a tout jamais en perpetuel en ladicte eglise en adjouxtant a icelle confrarie et sainct service divin et aux prieres oraisons et devotions que l’on a ordonné et accoustumé y faire pour lesdictz trespassez ung de Profondis et fidelium avecques la croix en l’air, ung cierge ardant au devant et pres le grand autel de ladicte eglise a l’issue et retour de la prosession qui se fera chaincun jour de jeudy de chaincune sepmaine faisant laquelle procession se dira pareillement ung de Profundis et fidelium sur le reliquaire pour lesdictz trespassez et se feront lesdictes prieres par chaincun desdictz jours par huict pbres servans la dicte frarie Et pour leur sallaire auront chaincun desdictz huict pbres douze soulz seix deniers par chaincun an Et le parsurs demeurera pour le luminaire et entretenement de ladicte eglise et confrarie Ce que lesdictz pbres abbez freres et chaincun ont voulleu promis et juré par leurs sermentz faire, faire et continuer a tout jamais a leur pouvoir, chaincun en son endroict. Et tout incontinant et a l’issue de la dicte eglise ledit Le Mether pour la dicte fondation et dotation a baillé, mips et livré comptant en noz presences et mesmes desdictz freres et de leurs consentementz auxdictz Pierre Thomas et Jean Gainche, abbez a present de lad. confrarie la somme de vingt cinq escuz sol en espece de tiers quarts d’escuz et douzaines jusques a la dicte somme. De quoy lesdictz abbez se sont contentez et quicte ledit Le Mether. Et pour maere seurté de la dicte fondation et entretenement d’icelle a jamais en perpetuel a esté admis par lesdictz freres que lors et es foys que l’on trouvera le moyen et commodité l’on convertira lad. somme de vingt cinq escuz en? heritaige o l’advys desdictz freres. Et en attendant lesdictz abbez et aultres gens de bien et solvables avecques leurs cauptions les pouront avoir a certain et honneste proufict pour du revenu en provenant entretenir ladicte fondation a perpetuité sans en rien diminuer ladicte somme et la bailler aux abbez des ungs aux aultres comme ils changeront a la discretion desdictz freres. Ce que lesdictz Thomas et Gainche et mesmes toutz lesdictz freres que mesmes ledit Le Mether ont promis, voullu et juré tout ce que dessus par leurs sermentz et sur l’obligation de toutz et chaincuns biens entheriner et accomplir et les y avons a leurs prieres et requestes, condempnez et condemnons par le jugement de notre dicte court soubz noz signes. Avecques les signes desdictes parties. Et fut faict et gré tant en ladicte eglise de sainct Michel que mesmes incontinant l’issue du cymitiere dudict sainct Michel, lesdictz jour et an.
[signatures de Lemetayer, notaire royal, et Thomas]

(1) Fondation de la messe du samedi par Jean Gainche, sr de Cagars, marchand bourgeois, et Jeanne Chenadec, sa femme, qui dotent, dans ce but, le couvent de Saint-François de 240 l. (Vannes, ADM)

Vannes, Médiathèque du Palais des Arts, ms 2
110 f., plus les feuillets préliminaires A-B
Dimensions : 220 × 148 mm
F. C. « Tabula »
F. 1. « De ordinibus conferendis… »
F. 5. « De clerico faciendo… »
F. 57. « De vesperis pontificalibus… »
F. 61. « De missa pontificali, pontifice solemniter celebrante… »
F. 103-109. Additions du XVIIe siècle. « De confirmatione… »
F. 110. Note de M. Salmon sur l’évêque Philippe du Bec.
Sur ce manuscrit voir : V. Leroquais, Les pontificaux manuscrits des bibliothèques publiques de France …, n° 224.
F. Duine, Inventaire, n° 225, p. 176 ; Bréviaires et missels, p. 110-111.
Numérisation sur BVMM : Bibliothèque virtuelle des manuscrits médiévaux (IRHT)

Je remercie Gilles Richard pour ses photos

27 Sep 2012
Jean-Luc Deuffic

Rennes, Bibliothèque Métropole, ms. 1512 : le sénéchal de Morlaix, Michel Le Levyer, et son Livre d’heures

La Bibliothèque de Rennes Métropole, dont on a souvent relevé ici le dynamisme en matière d’acquisition de manuscrits médiévaux, conserve sous la cote 1512 un Livre d’heures du XVe siècle, qui bien que modeste, n’en est pas moins intéressant de par sa provenance, et comme témoin de la circulation des manuscrits en Bretagne. Je remercie chaleureusement Mme Sarah Toulouse, conservatrice en chef, pour son aimable concours à me fournir une description précise du manuscrit, lequel a rejoint les collections de la Bibliothèque de Rennes à la suite de la vente de Paris-Drouot de 1993.
Ce petit ouvrage de 165 f., aux dimensions 110 x 80 mm, contient des heures de la Vierge à l’usage de Paris. Du reste, le calendrier et les litanies n’ont aucune connexion avec la Bretagne, et c’est bien dommage. Par contre la reliure du XVIe siècle, en parchemin souple ornée d’un décor doré à la fanfare, porte la marque d’un ancien possesseur :
« A Escuier Michel le Levier » (plat supérieur)
« sieur du Restigou » (plat inférieur)
En 1881, le manuscrit, appartenant alors au chanoine de La Paquerie, se trouvait exposé à Quintin avec deux autres Livres d’heures (Association Bretonne, session de Quintin, 1880 (1881), p. 362). Le chanoine de La Paquerie, admis comme membre de la Société archéologique du Finistère lors de la séance du 27 janvier 1887 par MM. Guépin et Trévédy, demeurait 12, rue de Pont-l’Abbé à Quimper.


© Bibliothèque de Rennes Métropole. Manuscrit 1512, f. 82 : le Couronnement de la Vierge

La famille Le Levyer (ou Le Levier) reste attachée à la région de Morlaix. Dans son Nobiliaire et armorial de Bretagne (t. II, p. 98), Potier de Courcy fait mention des Le Levier, sr de Kerroc’hiou, paroisse de Ploujean, de Penarstang, de Keranfors et de Kerloassezre, paroisse de Plougonven, de Meshir, de Keramprévost, de Coat glaz, de Kervézec. Ils furent déboutés à la réformation de 1669, dans le ressort de Morlaix. Ils portaient : d’argent à la fasce d’azur surmontée d’une merlette de même, accompagnée de trois trèfles de gueules (Guillaume le Borgne). Jean, sénéchal de Morlaix en 1533 ; Jean, gouverneur du château du Taureau en 1574 ; Jean, conseiller au parlement en 1588, marié à Françoise de Talhouët de Boisorhant.
Notre Michel Le Levyer, sénéchal de Lanmeur (attesté le 12 aout 1576), puis de Morlaix en 1596, sieur de Restigou et Keropartz, fut marié en 1600 à Barbe Quintin (Sources : Le Guennec). En 1579, il assiste avec Jean Le Levyer aux Etats de Bretagne, au nom du Tiers état, comme représentants de la ville de Morlaix (Olivier Tréhet, Le Tiers Etat aux Etats de Bretagne au seizième siècle (1491-1589), 1992, p. 110 : \”Lelevier Michel, sr de Restigou, 1579\”. Archives de Bretagne : recueil d’actes, de chroniques, etc …, Volume 15, p. 127). 
Les anciennes prééminences de l’église Saint-Melaine de Morlaix font mention d’un banc familial :

Et entre le cinquiesme et sixiesme pilier, il y a quatre bancs scavoir, le plus bas et joignant le cinquiesme pilier et l’autel de sainct Joseph du costé de l’epistre contenant de long quatre piedz, fors deux poulces, et de laize trois piedz appartenant au sieur de Penanyun, prestre, celuy de dessus armoyé des armes des Levier contenant quatre piedz de long et deux piedz et un poulce de laize appartenant au sieur de Restigou, au costé du quel et à vis d’autre autel de Ecce Homo où est un tableau de l’image de Jésus descendu de la croix, …\”.

A Guimaëc, non loin du manoir des Kergomar, fondateurs de la chapelle de Notre-Dame de la Joie, s’élève une croix montée sur un socle hexagonal, un dé aux angles ornés de griffes. Primitivement elle se trouvait à l’entrée du manoir de Keropartz en Lanmeur, élevée par Michel Le Levyer et Barbe Quintin. Elle porte les armes de ses deux mécènes : une fasce surmontée d’une merlette et accompagnée de trois trèfles, mi parti d’un lion accompagné de trois molettes. Transportée au cimetière de Guimaëc, elle fut ensuite placée près de la chapelle Saint-Mélar, et, après la chute de celle-ci, transférée à la Joie. Parmi les statues de la croix, celle de sainte Barbe. Ci-dessous dessin de notre ami Yves-Pascal Castel (\”Atlas des croix et calvaires du Finistère\” )

Une chapelle, détruite aujourd’hui, dédiée à la martyre d’Héliopolis, si célèbre en Bretagne (voir Buhez sante Barba, Mystère de sainte Barbe, texte de 1557), appartenait également au domaine de Keropartz, probablement édifiée par Le Levyer et son épouse. Cette dernière était issue des Quintin (d’argent au lion morné de sable, accompagné de trois molettes de sable ; devise : Calcaribus recalcitram) dont le manoir de Coatanfrotter ou Coat ar Frotter (XVe siècle) en Lanmeur possédait aussi autrefois une chapelle privée dédiée à saint Barbe. Adeline La Forêt par son mariage avec François Quintin, seigneur de Coatamour, apporta cette possession aux Quintin.


Le manoir de Coat ar Frotter en Lanmeur (Finistère)

Louis Le Guennec, dans Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 45, 1918, p. 184.
Manuscrit 1512 : Feuillets numérisés sur le site de la Bibliothèque Rennes Métropole

1 Avr 2012
Jean-Luc Deuffic

Paris, BnF, Lat. 7656 : l’exemplaire manuscrit du catholicon breton du château d’Anet ?


Château d’Anet : dessin de Jacques Rigaud. XVIIe s. Source : [ gallica ]

Diane de Poitiers (1499/1500 – 26 avril 1566), comtesse de Saint-Vallier, duchesse de Valentinois, fut la favorite du roi de France Henri II, pendant plus de 20 ans.


(c) Diane, par Clouet. Chantilly, musée Condé, inv. MN 204

Dans son château d’Anet Diane conservait une importante et somptueuse collection de manuscrits enluminés, d’imprimés de grandes valeurs. L’inventaire, dressé en 1723, à la mort d’Anne de Bavière, Catalogue des manuscrits trouvez après le décès de Madame la Princesse, dans son Château Royal d’Anet, a été publié en intégralité par Ernest Quentin-Bauchart, Les femmes bibliophiles de France (XVIe, XVIIe, & XVIIIe siècles), tome I, Paris 1886, p. 310-340. Dans la rubrique des manuscrits sur papier de format in-folio, au n° 68, apparait un Glossaire Bas-Breton, François-Latin, sans autres indications. Il s’agit bien ici de l’exemplaire aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France sous la cote Latin 7656. En effet, plusieurs notes apparaissent sur ce manuscrit confirmant cette illustre provenance. Sur un f. de garde le même libellé : \” Glossaire bas breton françois latin // 1464 // n° 160\”. Plus loin, \” xx // iiii-xix // signature d’Antoine Lancelot \”.  \”Ant. Lancelot // 3\”, \”Codex Lancellot 160 // Regius 7366\”. Le manuscrit faisait-il partie du \”noyau dur\” de la collection de Diane de Poitiers ? Ce qui est certain c’est qu’Antoine Lancelot en fit acquisition en 1723. Voir les quelques notes de Léopold Delisle sur cette vente [ lien ]


© Paris, BnF, Lat. 7656 : Catholicon breton de Jean Lagadeuc

François Avril qui connait si bien les anciennes collections du château d’Anet me précise qu’elles ont du englober plusieurs bibliothèques bretonnes, agrégées sans doute à l’occasion de différentes successions depuis la fin du XVe siècle, la plus importante étant celle de Tanguy du Chastel. Beaucoup de ses manuscrits actuellement conservés à Vienne, à la BnF et ailleurs, portant ses marques d’appartenance, sont identifiables dans le catalogue d’Anet. Quel chemin a suivi notre Catholicon breton ?

Un manuscrit acheté du château d’Anet :


© Paris, BnF, Fr. 24380 : Le Jouvencel, par Jean de Bueil. Manuscrit probablement acheté par Guyon de Sardière, dont la bibliothèque fut acquise vers 1759 par le duc de La Vallière (voir pour ce ms, Catalogue La Vallière, II, p. 642-643, n° 4127).
Numérisé sur [ Gallica ]

Antoine Lancelot érudit, (1675- 8 novembre 1740), \”garçon de bibliothèque\” à la Mazarine de 1698 à 1701, \” savant de valeur, collaborateur d’Herbinot, de Bayle, de Prosper Marchand, de Valbonnais, élève de Mabillon, avait été souvent expert ; il fut un des savants nommés pour apprécier la valeur de la bibliothèque de Colbert en 1732 (Ch. de la Roncière et P.-M. Bondois, Catalogue des Mélanges Colbert, 1920, in-8°, p. m). Il fut désigné par les pairs pour faire des recherches sur leurs droits ; en reconnaissance, ces grands seigneurs lui achetèrent une charge de secrétaire du roi. Inspecteur du Collège royal, il était « commissaire du Trésor des chartes », ce qui explique son choix par Joly de Fleury. Il fut chargé aussi, de 1737 à 1740, d’une importante mission historique en Lorraine. Il était membre de l’Académie des inscriptions. (BEC, 1925). En 1733, Antoine Lancelot offrit au Roi, en même temps que ses portefeuilles relatifs à l’histoire de France (BnF, Nlle acq. Fr. 9632-9826), 206 manuscrits anciens. Parmi ceux-ci le Catholicon breton de Jean Lagadeuc…
Catalogue des Livres de feu M. Lancelot, de l’Académie Royale des Belles-Lettres. Paris, G. Martin, 1741 [ voir notice sur le site de l’ENC ]

A ce jour nous avons recensé 6 exemplaires de l’édition imprimée à Tréguier en 1499
Paris, Bibliothèque nationale de France, deux, un complet (RES-X-253), l’autre non (RES-X-453).
Rennes, Bibliothèque Rennes Métropole (15203) légèrement incomplet mais avec un complément (cote : 15203 bis) [ lien ]
Quimper, Bibliothèque municipale, exemplaire complet : Res 28
Manchester University, The John Rylands Library, Deansgate – Shelfmark : /12318
Vienne, Österreichische Nationalbibliothek

Edition de 1521, Paris, Y. Quillevéré, numérisé sur Gallica [ en ligne ]
Site web consacré au Catholicon breton

Biblio :
Le Catholicon de Iehan de Lagadeuc : dictionnaire breton, français et latin publié par R. F. Le Men d’après l’édition de Me Auffret de Quoetqueveran  [ en ligne sur Université Rennes /2 ]
Pierre Trépos, \”Le Catholicon de Jehan Lagadeuc. Pour son cinquième centenaire\”, dans Annales de Bretagne, 71/4, 1964, p. 501-552 [ sur Persée ]
Gwennolé Le Menn, Le vocabulaire Breton du Catholicon (1499). Le premier dictionnaire breton imprimé breton-francais-latin de Jehan Lagadeuc. Breizh, Skol 2001 (Bibliothèque bretonne. 11.).

27 Mar 2012
Jean-Luc Deuffic

L’Histoire ancienne jusqu’à César : le manuscrit Rennes Métropole 2331 de Tanguy du Chastel


© Rennes Métropole – Histoire ancienne jusqu’à Cesar – Les armes de Tanguy du Chastel –

La Journée du Centre d’Etude des Textes Médiévaux  (CETM), 5 avril 2012, aux Champs Libres (Rennes) sera entièrement consacrée à : L’Histoire ancienne jusqu’à César
Manuscrit récemment acquis par la Bibliothèque de Rennes Métropole – Soulignons ici la politique exceptionnelle en matière d’acquisition de manuscrits médiévaux de la bibliothèque rennaise, et ce depuis l’arrivée en 1982 de Marie-Thérèse Pouillias, enrichissements continués par Mme Sarah Toulouse, actuelle conservatrice en chef.

PROGRAMME

11 heures
§ Conférence-présentation du manuscrit de l’Histoire ancienne jusqu’à César
14h 30
§ Michelle Szkilnik (Paris III-Sorbonne Nouvelle) : « Qui a écrit l’Histoire Ancienne jusqu’à César ? »
15h15
§ Catherine Croisy-Naquet (Paris III-Sorbonne Nouvelle : « Les trois rédactions de l’histoire ancienne, leurs choix et leurs enjeux » 
16h
§ Hélène Tétrel (Brest) : « L’Histoire Ancienne et les versions islandaises du Brut ».
Entrée ouverte à tous, mais places limitées.

DESCRIPTION DU MANUSCRIT
[France, Brittany], 1474 – 345 x 250 mm. 376 leaves : 1-478, catchwords along the inner ruledvertical in the lower margin of final versos, irregular modern pencil foliation, two columns of 41 lines in brown in a cursive bookhand between four verticals and 42 horizontals ruled in pink, justification : 250 x 168mm, rubrics, text capitals touched yellow, paragraph marks and line-endings in red or blue, two-line initials alternately of blue or red, guide letters often remaining, THIRTY-THREE HISTORIATED INITIALS with single burnished gold bars and partial borders of hairline tendrils with terminals of leaves and disks in burnished gold and painted leaves and flowers between larger sprays of painted fruit and flowers, initials 4-9 lines high, staves usually of gold on grounds of pink and blue patterned with white, THIRTY-FOUR SMALL MINIATURES framed in liquid gold or pink-red with single burnished gold bars and partial borders, mostly placed outside the text block in the lower margins, ONE LARGE ARCH-TOPPED MINIATURE IN SIX COMPARTMENTS divided and framed in burnished gold with FULL-PAGE ARMORIAL BORDER and historiated initial (opening folios, including large miniature rubbed, slight flaking in a few miniatures, lower corners missing f. 2-5). 18th-century English calf gilt. Beginning at the Creation this great chronicle incorporates Biblical history into narratives of the empires of Babylon, Ninevah, Thebes, Troy, Macedon and Rome. Its anonymous author, writing for the châtelain of Lille between 1208-1213 also directly points the moral lessons to be drawn from the past by didactic poems that introduce and then intersperse his prose narrative. He intended to bring his history up to the present day but his task was never completed: the text ends abruptly during Julius Caesar’s Gallic Wars as he erects a temple to Jupiter. The work proved enormously popular, fuelling and satisfying the burgeoning demand for classical and middle-Eastern history in the vernacular, essential knowledge for an educated gentleman of the day. There are about 70 manuscripts that preserve the text in whole or part and it was printed in Lyon c. 1480. Extraordinarily, there is no complete modern edition of this work that was so important in popularising ancient history and interpretating the classical past (M.-R. Jung, ‘La légende de Troie’ en France au moyen âge, 1996, pp. 334-357).
This copy is of considerable interest in preserving the original text comparatively intact. The prologue and 22 chapters in verse, known from 13th-century copies in Paris (BnF, Ms Fr. 20125) and Vienna, (ÖNB, cod. 2576) were rapidly dropped to focus on the narrative history; most unusually, this copy still has some moral verse commentaries. The continuing desire for the past to inform the present is shown by the scribe’s interpolations of his own reflections: on f. 195v he relates the destruction of Rome by Brennius to le temps ou vous estes maintenant. mil iiijc. lx et. xiiij, showing that he was at work in 1474. A further distinctive feature of this recension is the retention of Book I — from the end of the 13th century, the material from Genesis was commonly omitted — and the abrupt termination of Book XI. From the 14th century, this was standardly replaced by the Livre des faits des romains to continue the history of the Roman Empire to a more logical termination. This manuscript can be added to the six listed by Jung as having Books I-XI without the Livre des faits des romains either present or intended ; of these only the copy in the Pierpont Morgan Library, MS 212-213 can be dated to the 15th century. It is, therefore, likely that this manuscript was copied from a much earlier exemplar, as borne out by the miniatures which preserve the antique charm of an earlier age. The ms’s first owner, Tanguy du Chastel also owned a profusely illustrated 14th-century copy, with no verses and Book XI replaced by the Livre des faits des romains, which may have come from his wife’s family (Lot 20, Chester Beatty Sale, Sotheby’s 6 June 1932 ; Cimelia, H. P. Kraus, Catalogue 165, 1983). Moreover, he commissioned a copy of a vastly expanded version, from which two volumes survive in the New York Public Library, with miniatures by the same hands as the present lot (Spencer Ms 41, J. J. G. Alexander et al., The Splendor of the Word, 2006, p. 371-5). The illuminators of the Histoire ancienne and the Spencer manuscript, who could appropriately be named the Masters of Tanguy du Chastel, continue the traditions of artists employed by the ducal house of Brittany from the mid-15th century (see F. Avril and N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, 1993, nos 94-95). The broad-faced figures are idiosyncratically proportioned to give the essentials of a scene, usually limited to the main protagonists against formalised settings, often with patterned backgrounds. This direct treatment of ambitious visualisations of antiquity results in an appealing sequence of scenes with wide-ranging subject matter.The early manuscripts are illustrated by both historiated initials and small miniatures within the text: small miniatures below the text are more of an Italian than a French convention, although the model used here cannot be identified with any surviving Italian manuscript. It apparently belonged to the oldest iconographic type: the Creation miniature over an historiated initial of God enthroned derives from the earliest conventions for illustrating the text, as seen in a Parisian copy of the second quarter of the 13th century (Brussels, KBR Ms 18295). Traditional patterns are also followed in such scenes as the death of Hector, f. 133v, or Alexander kneeling before the name of God, f. 253 (D. Oltrögge, Die Illustrationszyklen zur ‘Histoire ancienne jusqu’à César’ 1250-1400, 1989). The soldiers remain in 13th-century armour, with cylindrical helmets, loose surcoats and chain mail, while even the elephants and castles reflect an earlier iconographic tradition. Since painters usually modernised their patterns, the archaic forms may have been deliberately retained to give a sense of the past and of distant, exotic countries. Although fearsome monsters like the Sphinx, the Theban Tiger and the Minotaur, f. 91v, 112, 117v, have lost their awfulness over the centuries, the miniatures strikingly represent the continuum of history as then understood. Text and illustrations together afford direct contact with mediaeval perceptions of the classical and middle eastern heritage and their changing emphases. These can be charted from c. 1210, when the original text was compiled, through its various modifications up to 1474, the date of this extensively illustrated copy commissioned by a leading bibliophile and member of the French court.
The subjects of the miniatures are as follows :
f. 1 Large miniature in six compartments : God separates darkness from light ; creation of the sun and moon ; creation of land and sea ; creation of plants ; creation of animals, birds and fish ; creation of Eve ;
f. 4v The Lord cursing Cain ;
f. 7 Noah and his family look out from the Ark at the birds and animals coming aboard ;
f. 8v The drunkenness of Noah ;
f. 10v Shem, Ham and Japheth and their descendants, including the giant Nimrod ;
f. 11 Nimrod supervises the building of the Tower of Babel ;
f. 31 Lot and his family are led by an angel from Sodom, which collapses in flames on the inhabitants ;
f. 45 Jacob receives Isaac’s blessing ; in the background Esau returns from the hunt ;
f. 57 Esau and Jacob place Isaac in his tomb ;
f. 68v Pharoah dreaming of the lean and fat kine ;
f. 71 Jacob gives his sons money to buy corn in Egypt ;
f. 71v Joseph orders his brethren to fetch Benjamin ;
f. 82 Joseph and his brethren place Jacob in the tomb ;
f. 89v Oedipus hung up by the ankles ;
f. 95v Polynices and Etiocles, as armed knights, fight on horseback ;
f. 112 The ‘Tiger’ raised by Antigone and Ismene of Thebes ;
f. 119 Queens Marpesia and Lampeto lead the Scythian women to battle ;
f. 119v The Amazons putting men to flight ;
f. 123 Hercules killing Cacus ;
f. 123v Jason and the Argonauts aboard ship ;
f. 133v Achilles kills Hector ;
f. 141 Penthesilea leads her troops, one on a camel, to Troy ;
f. 142 Penthesilea fights Pyrrhus ;
f. 158v Dido kills herself on the towers of Carthage as Aeneas sets sail ;
f. 160v The Minotaur ;
f. 174 Aeneas leads his troops against Turnus ;
f. 209 A city welcomes Holofernes with music and surrenders its keys ;
f. 236 Fortune turning her wheel ;
f. 237 Alexander fights Indian troops in castles on elephants ;
f. 241 A terrible beast with three horns which attacks Alexander’s troops ;
f. 250v Alexander and King Porus of India fight on horseback ;
f. 279 The two-headed statue of Janus watches those who bring the arms of the conquered to his temple and those who come to arm themselves from the common store ;
f. 299 Scipio and Hannibal fight on horseback ;
f. 338v Marius knocks Jugurtha from his horse ;
f. 339 Jugurtha taken captive to Rome in a chariot.

The subjects of the historiated initials are as follows :
God seated on the rainbow f. 1 ;
Cain killing Abel f. 4 ;
the three men, as angels, are welcomed by Abraham f. 29 ;
the sacrifice of Abraham f. 35v ;
Joseph and Potiphar’s wife f. 65v ;
Pharoah gives Joseph a chariot when he makes him ruler of Egypt f. 70 ;
Joseph reveals his identity to his brethren f. 77 ;
Jacob rejoices to have news of Joseph f. 78 ;
Jacob before Pharoah f. 80 ;
King Ninus f. 84 ;
King Laius and Queen Jocasta of Thebes f. 89v ;
Oedipus and the Sphinx f. 91v ;
the Minotaur eating one of his victims f. 117v ;
Hercules and Theseus capture the Amazons Menalippa and Hippolyta f. 121 ;
Pelleus tells Jason to fetch the Golden Fleece f. 123v ;
Aeneas’s ships leave Troy f. 149 ;
three men build Rome f. 182 ;
Brutus is elected first consul f. 188 ;
the infant Cyrus, abandoned to wild beasts, is rescued f. 202 ;
Cyrus’s son Cambyses becomes king f. 208 ;
Judith cuts off the neatly night-capped head of Holofernes f. 211v ;
Nectanebus, Alexander’s father according to some, and Olympias, his mother f. 229 ;
Alexander kneels before the name of God on the tablet of gold held by the High Priest of the Temple in Jerusalem f. 235 ;
the beast with two heads f. 243v ;
games held at Tarentum so that the Romans take the city by surprise f. 259v ;
soldiers in castles on elephants arrive to help Tarentum f. 260v ;
Romans and Carthaginians fight on horseback f. 264v ;
Hannibal plans to avenge his father’s death f. 281v ;
a writer at his desk f. 300v :


© Rennes Métropole

the Carthaginians deliver up their armour to the Roman ships f. 311v ;
Mithridates receives a Roman messenger f. 358v ;
Pompey enters Rome in a chariot f. 369v ;
Roman senators ? bearing swords f. 370.


© Rennes Métropole  – Source

PROVENANCE
1. Tanguy du Chastel (d. 1477) and his wife Jeanne Raguenel de Malestroit : on f. 1 his arms are in the centre of the border and hers in a lozenge to the right ; their initials are intertwined in the side border. The Breton noble, Tanguy du Chastel, was grand écuyer to both Charles VII and Louis XI. With an apparently insatiable appetite for illuminated manuscripts, he commissioned new books and exploited royal favour : in 1476 he received many of the books confiscated from Jacques d’Armagnac, duc de Nemours, inheritor of much of the duc de Berry’s library.
2. Library of the château of Anet : seventh manuscript listed in the catalogue drawn up after the death of Anne de Bavière, princesse de Condé as ‘orné de miniatures très singulières’, Catalogue des manuscrits trouvez après le décès de Madame la Princesse, dans son Château Royal d’Anet, 1723.
3. William Bragge (1823-1884) : his sale, Wellington St, London, 7 June 1876. In Paris since 1872, Bragge returned to Birmingham in 1876 when his French business venture failed.
4. Jonathan Peckover (1835-1882) of the Quaker banking family : his armorial bookplate.
5. The Hon. Alexandrina Peckover (1860-1948) : pencilled note ‘left by her uncle Jonathan Peckover who died Feb 8th 1882’. Alexandrina was the second daughter of Jonathan’s elder brother, the noted book-collector Alexander, created Lord Peckover of Wisbech in 1907.
6. Alexander Peckover Doyle Penrose (1896-1950) : armorial bookplate. He was the son of Alexandrina’s elder sister Elizabeth and James Doyle Penrose of Watford and brother of the surrealist painter Roland Penrose ; for a photograph of these two owners with family members, see A. Penrose and A. MacWeeney, Home of the Surrealists, 2001, p. 12. Lot 20 in the Peckover Sale, Sotheby’s, 3 December 1951.
7. William Foyle (1885-1963) : his leather bookplate ; lot 86 in The Library of William Foyle, Christie’s, 11 July 2000.8. Michael Sharpe : his leather bookplate
8. Vente Christie’s 11-13 juillet 2000 [ lien ]

Sur les manuscrits du couple du Chastel / Raguenel voir l’excellente étude de Roseline CLAERR : \”Un couple de bibliophiles bretons du XVe siècle : Tanguy (IV) du Chastel et Jeanne Raguenel de Malestroit\”, publiée dans les Actes du colloque de Brest 2004 : Le Trémazan des Du Chastel, du château fort à la ruine.
Voir également notre contribution : Jean-Luc DEUFFIC, \”L’évêque et le soldat. Jean et Tanguy (IV) du Chastel, à propos des reliques de saint Pelade … et de leurs manuscrits\”, dans Le pouvoir et la foi au Moyen Age, PUR, 2010, p. 299-316 (p. 307-308).

LIENS

Bibliothèque Rennes Métropole [ lien ]
Manuscrits numérisés de Rennes Métropole [lien]
L’Histoire ancienne jusqu’à Cesar, sur ARLIMA – Manuscrits et bibliographie –
Data.BnF [lien]
Voir la thèse d’Emilie Maraszak : Figures et motifs des croisades : l’étude des manuscrits de l’Histoire Ancienne jusqu’à César, Acre, 1260-1291, sous la direction de Daniel RUSSO [ lien ]

Jean-Luc Deuffic, Les manuscrits de Jean du Chastel, évêque de Carcassonne (+ 1475) [ lien ]

BIBLIO

Sarah Toulouse, \”Les manuscrits médiévaux de la Bibliothèque de Rennes Métropole\”, dans De Bibliotheca Publica, Mélanges offerts à Marie-Thérèse Pouillias, Rennes, 2007, p. 95-99.

MANUSCRITS NUMERISES
Quelques exemplaires …

§ Cologny, Fondation Martin Bodmer, Cod. Bodmer 160 [E CODICES]
§ London, British Library, Egerton 912 [lien BL]
§ London, British Library, Royal 20 D I [lien BL] – Exemplaire du roi de France Charles V, enluminé par Perrin Remiet
§ London, British Library, Stowe 54 [lien BL]
§ New York, New York Public Library, Spencer Collection 041 [DIGITAL SCRIPTORIUM] – exemplaire de Tanguy du Chastel [armes]
Un exemplaire avec les armes de Jeanne Raguenel, 2 vol. 185 + 149 f., 397 x 283 mm, se trouve actuellement dans une collection privée (voir R. Claerr, p. 186-187)
§ Oxford, Bodleian Library, Douce 353 [LUNA]
§ Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 246, 1364 [GALLICA]
§ Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 250, XVe s. [GALLICA]
§ Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 256, XVe s. [GALLICA] – Exemplaire du duc de Berry
§ Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 1386, XIVe s.  [GALLICA]
§ Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 12586, XIII-XIVe s. [GALLICA]
§ Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 15455, XVe s. [GALLICA] – Au f. 1, armoiries, fascé d’or et de sable (pour un membre de la famille de Coëtivy).
§ Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 17177, XIVe s. [GALLICA]
§ Paris, Bibliothèque nationale de France, français, 20125, XIIIe s. [GALLICA]
§ Philadelphia, University of Pennsylvania, Rare Book and Manuscript Library, Lawrence J. Schoenberg Collection — Manuscript ljs017 [ en ligne ] – exemplaire d’Yvon du Fou – Voir Jean-Luc Deuffic, \”Les manuscrits d’Yvon du Fou, conseiller et chambellan de Louis XI\”, dans Notes de Bibliologie (Pecia 7, 2009), p. 221-245.
The Hague, KB, 78 D 47 [Medieval Illuminated Manuscripts]

Livres précieux, manuscrits et imprimés, faisant partie de la bibliothèque de M. Ambroise Firmin-Didot – 1883, lot 34 :


19 Déc 2011
Jean-Luc Deuffic

Encore un copiste breton : le cornouaillais Salomon de Kerigou (XIVe s.)

A notre liste des copistes bretons publiée dans le dernier volume de Pecia (Du scriptorium à l’atelier) [ lien / link ], ajoutons celui de Salomon de Kerigou, dont le nom se trouve au colophon d’un manuscrit de la Bibliothèque capitulaire de Tolède (Biblioteca Capitular de Toledo, ms 9-22), un recueil de textes de Bernard de Clairvaux et d’Alain de Lille, du milieu du XIVe s. Au f. 131v on peut lire : \”Hic liber est scriptus per Salomonem Guillelmi de Kerigou, clericum corisopitensis diocesis, qui sit benedictus. Amen.\”
Le manuscrit a appartenu à l’archevêque de Tolède, Gil Álvarez Carrillo de Albornoz (1338-1350), cardinal au titre de Saint-Clément (1350-1356).
Note au f. 322v : \”Anno Domini M CCC LIII die Jovis decima Januarii reservavit dominus noster Innocentius papa sextus magisterium de Montesa dispositioni sue et mandavit mihi Egidio tituli sancti Clementis presbitero cardinali quod deberem scribere et hoc precepit oraculo vive vocis\”.


Le cardinal Gil de Albornoz et le pape Innocent VI. Fresque de la chapelle des Espagnols (couvent dominicain de Santa-Maria Novella à Florence, XVe s.)

Autre note au f. 199, formule de copiste : \”Finito libro si laus et gloria Christo. Finis adest operis, mercedem posco laboris\” (voir par exemple, New York, Public Library, Spencer 77) . 322 f. 295 x 210 mm. 2 col. 42/44 l. Au f. 322, armes de Don Pedro Tenorio, archevêque de Tolède (1377-1399)
Salomon, fils de Guillaume de Kerigou devait exercer à Montpellier, Toulouse ou à Avignon, comme plusieurs de ses compatriotes.
Plusieurs villages de Kerigou en Cornouaille (Finistère) : un dans la commune de Crozon, près de Morgat, un autre en Saint-Ségal. Mais, comme me l’indique Hervé Torchet, il doit s’agir de celui d’Edern, lieu noble détenu en 1426 par Guillaume de Kerigou, faisant partie de la seigneurie de la Roche-Helgomarc’h. Guillaume est cité en 1421 dans le compte du trésorier Jean Mauléon, en 1425 dans celui de Raoullet le Neveu pour le voyage du duc de Bretagne à Amiens.  

Biblio : Antonio GARCÍA Y GARCÍA y Ramón GONZÁLVEZ, Los manuscritos jurídicos medievales de la Catedral de Toledo, Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Científicas ; Roma, Delegación de Roma del C.S.I.C, 1970, p. 256-257.
Voir également notre post : Quelques copistes bretons dans les bibliothèques espagnoles

28 Nov 2011
Jean-Luc Deuffic

Pierre de Nantes et l’« Histoire des Trois Maries » de Jean de Venette (1357)


Claudia Rabel (IRHT), dans une très belle étude (1) − “Des histoires de famille : la dévotion aux trois Maries en France du XIVe au XVe siècle : textes et images”, dans la Revista de historia da arte, 7, 2009, p. 121-136 − nous a glissé, p. 123-124, quelques notes sur le rôle de Pierre Benoit (et non ” Pierre Bernard “, dit Pierre de Nantes, ou de Guéméné) dans la propagation du culte des Trois Maries. En fait, c’est à Jean de Venette, carme parisien (et sans doute chroniqueur ? second continuateur de la Chronique latine de Guillaume de Nangis ?) que nous devons de précieux renseignements sur notre Breton. Auteur vers 1357 d’un long poème en vers français sur l’histoire des Trois Maries (encore inédit), Jean Fillon, dit de Venette, près de Compiègne, raconte qu’
il rendit plusieurs fois visite à Pierre de Nantes, alors évêque de Saint-Pol de Léon, retenu dans son lit, à Longjumeau, près de Chilly (au prieuré de Saint-Eloi, dépendant du Val-des-Ecoliers) (2), malade de la goutte dont il ne dut la guérison miraculeuse qu’à l’intercession des trois Maries, et qu’il se rappelait avec certain plaisir les repas qu’ils avaient pris ensemble … [ dans l’édition de Lyon : en ligne sur Gallica ].

Uns prélat fu moult charitables,
Bons clercs était et véritables
de saint Pol de Lyon yère (= était)
Evesque, et est son nom Pierre.
C’est un prélat qui vit encore
Nul plus preudomme ne scay je ore (= maintenant)
Et moult bon clerc est-il sans faille …

Pierre, guéri, accomplira le pèlerinage promis sur les tombeaux de Marie Jacobé et Marie Salomé aux Saintes-Maries-de-la-Mer. En cette circonstance, il compose un office et fait élever trois autels en leur honneur : dans la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, à Longjumeau, et au couvent des Carmes de Paris de la place Maubert ( un des tableaux situés à l’arrière du choeur portait la signature de son auteur : F. Yvo carmelita 1357 , certainement un carme breton) (3) :

Quant guaris fut ly bons prélats
Et partit son pèlerinage,
Office en fit de biau latin
pour dire au vespre et au matin ;
Et fit fonder de biaux auteulz
Vous ne verrez des moys auteulz :
Un en fonda droit à Saint Pierre
De Nantes, qui est fait de pierre
Moult noblement, trestout d’albatre,
Ymages sont ou trois ou quatre ;
Un autre au Val des Escoliers,
A Longiumel près de Paris :
Fist il fonder quant fu guéris.
Après des biens dont habonda
Un bel autel aussi fonda
A Paris, au revestiaire (= sacristie)
Des Carmelistres le fit faire :
Et de ses mains le dédia
Au nom des suers où se fya :
Belle painture et délittable (= délectable)
Mist sur l’autel en une table ;
Derrier le grant autel quérez
Au long du cuer, là trouverez
L’autel moult bel et les paintures
Des Maries, et les figures
De leurs maris et de leurs filx :
Tout y est mis, je vous affis (= assuré) ;
Ne verrez maz (= davantage), plus biaux ymages,
Sy bien pourtraiz ne telz visages.
(Paris, BnF, Fr. 1351, f. 220v-221)

Suite au décès de Guillaume de Kersauzon, Pierre fut nommé à l’évêché de Saint-Pol de Léon le XV des calendes de juin (18 mai) 1328. Il était alors doyen de Châteaubriant, au diocèse de Nantes, et simple diacre. Nous savons qu’il était allié à la famille Bardoul qui donna quelques légistes de renom. En 1334, il consacre la cathédrale de Saint-Pol. Il fit soumission à la Chambre apostolique le 14 de Juillet 1349 pour sa nomination à l’évêché de Saint-Malo, et l’année suivante fit des statuts pour son nouveau diocèse. Il permute, en février 1359, avec Guillaume Poulart, évêque de Rennes, cité où il entre solennellement le 3 novembre 1359, consacrant le même jour sa cathédrale. Pierre de Nantes mourut vers la fin de l’an 1363. Les verrières de Rennes lui donne pour armoiries : d’argent semé de merlettes d’azur à un croissant d’or en abîme et au franc quartier de sable (A. Guillotin de Corson, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, Volume 1,  p. 73)


Vitrail de Rennes [ lien ]. Merci à François du Fou.

(1) Claudia Rabel, “Des histories de famille. La dévotion aux Trois Maries en France du XIVe au XVe siècle. Textes et images”, in Revista de História da Arte, n.º 7 (2009), pp. 121-136[ en ligne, format pdf ]
(2) Depuis août 1331, Chilly et Longjumeau appartenaient au duc de Bretagne [ lien ]. Sur les Augustins du prieuré de Saint-Eloi de Longjumeau voir AD Essonne, 4 H. Catherine Guyon, Les Ecoliers du Christ: l’ordre canonial du Val des Ecoliers, 1201-1539, Publications du CERCOR, 1998, p. 101 sq. [ extraits ]
(3) Milin, Antiquités nationales, 4, p. 24.

Manuscrits de l’histoire des trois Maries

<> London, British Library, Egerton 3050. Ancien Ashburnham 602. XIV/XVe s. Papier. 223 f. Bâtarde. 2 colonnes de 41 lignes. Initiales. [ description en ligne ]
<> Paris, BnF, Fr. 1531  [ numérisé sur Gallica ]. Provenance : Jacques d’Armagnac, duc de Nemours ; Bourbon (armes).
<> Paris, BnF, Fr. 1532  [ numérisé sur Gallica ]. Provenance : Jacques d’Armagnac, duc de Nemours ; Bourbon (armes)
<> Paris, BnF, Fr. 12468. [ numérisé sur Gallica ]. Parchemin. 232 f.  300 x 220 mm. 2 col. XIV/2 s. A la fin, le nom du copiste (f. 232 v) : « Per manum P. de Cruce » ; et une note grattée : « Ce livre est de messire B… [mil] CCCCXLVIJ. ». Au f. 1, ex-libris : « Bibliotheca Sedanensis. »
<> Paris, BnF, Fr. 24311. Parchemin. iv et 226 feuillets à 2 col. 320 × 235 mm. Reliure maroquin rouge.
Miniatures en grisaille. Provenance : Jean Rolin, évêque de Chalon puis d’Autun, armes, d’azur, à trois clefs d’or posées en pal 2 et 1 peintes aux f. 1 et 5. Ancien De La Vallière 2765 :

Cy commence le liure intitule le liure des troiz maries lequel compila fit & ordonna frère Jehan Filions de Venette lez compiegne en beauuoisins de lordre des Carmes lan 1357 acompli ou moys de may ledit an a lheure des compiles, in fol. m. r.
Très Beau Manuscrit sur vélin du milieu du XV siecle, contenant 232 feuillets écrits en lettres appellées ancienne bâtarde, sur 1 colonnes. Les titres y sont en rouge, & les lettres tourneures peintes en or & en couleurs. Il est orné de 7 miniatures qui sont exécutées en camaïeu gris. Il a appartenu à un Abbé ou à un Evêque de la maison de Rolin, dont les armes avec une crosse se voient sur le 10e feuillet.
Les trois Maries dont il est parlé dans l’Ouvrage en vers de Jean de Venette, sont : Marie, Mère de Notre Seigneur, Marie Cleophé & Marie Salomé. M. de Sainte Palaye dans le tom. XIII. des Mém. de l’Académie des Inscriptions ; & l’Abbé Goujet, dans le tom. IX de sa Bibliotheque, ont donné de longues notices de ce Poème de Jean de Venette, qui est aussi Auteur de la seconde continuation de la Chronique de Guillaume de Nangis. (Catalogue, II, 1783)

<> Paris, BnF, Fr. 24344, f. 213v-232v. Divers traités dont l’histoire des Trois Maries.  XVe siècle. Parchemin et papier. 404 f. 300 × 215 mm. Demi-reliure.

Listoire Des Trois Maries, Par Frere Jehan De Venette.
Prologue :
In nomine domini amen.
Chi commenche li prologues du livre de la saincte et haulte histore des glorieuses maries filles
madame saincte anne et de ses trois maris.
Incipit :
Un amy ay droit a paris
Avltre nom porte que paris
Qui moult me prie et admoneste
Qune matere treshonneste
Maite en romant a ceste fye
De trois dames ou tant se fye.
Se termine :
Lan mil ccc sept et cinquante
En may que li rossinoz chante
Un po de tamps devant complie
Fu ceste oeuvre tout acomplie
Cest listoire des trois maries
Les hautes suers tres bien meries

La matere est belle et honneste
Freres Jehans dis de venette
Nommes fillons la ordonnee
De Dieu soit s’ ame couronnée,
Qui nous doint paix et paradis :
Dites amen, adieu vous dis.
Explicit l’istoire des trois Maries, c’est de nostre Dame la haute dame Vierge, mère de nostre seigneur Jésus-Christ, et de ses deux suers, dittes Marie Jacobée et Marie Solomée, toutes filles à Madame sainte Anne, et aussi l’histoire de sainte Anne, et de touz leurs maris et leurs enfants, et de leur trespas de toutes et de touz, et moult d’autres belles narracions touchans et appartenans à elles. Fait et accompli, à Paris, par un frère des Carmes, l’an mil IIIc LVII du moys de may. Priez pour lui. Amen.

C’est loroison en latin que ly bons evesques Pierres de Nantes adont evesque de Saint Pol de Leon en Bretaigne dont mencon est faite vers la fin de ce livre fist en la maladie qui est recitee illec endroit et disoit ???? en la dicte langueur ou il estoit et en guery, et est mise en françoiz ou livre. »
Ci-dessous Paris BnF, 1531 et 1532. Quelques légères différences.

 


(c) Stockholm, Musée national, B 1211, f. 207v

Nobile collegium
Sanctarum Sororum trium
Quibus nomen est Maria,
Vestrum sanctum suffragium
Imploro ad praesidium
Nunc in ista angustia.
Quae erit Christo gratior,
Aut quae sibi acceptior
Quam sit vestra oratio!
Nulla sibi conjunctior,
Nulla sibi proximior
Quam sit vestra cognatio.
Tu sibi, Virgo, mater es,
Inde sibi quod imperes
Et naturae dat ratio.
Vos vere duae caeterae
Estis ejus marterterae.
O quam ingens affectio!
Vobis me dedicaveram
In servum, et decreveram
Me met ipsum expendere,
In devotis officis
Et debitis obsequiis
Vestri Deique munere.
Sed in morbo jam imbibor
Deficiens et delibor,
Si nunc desit remedium.
Ergo, dulce consortium,
Vestrarum precum dulcium
Sentiam nunc auxilium.
Amen.

L’édition revue de Jean Drouyn, imprimée de Lyon, 1519 (1e éd. Paris, 1505) :

La Vie des troys Maries, de leur mère, de leurs enfans et de leurs maris. Composé en rime françoise par Jean de Venette et translaté de rime en prose par Jean Droyn. Nouvellement corrigée par ung vénérable docteur en théologie… imprimée à Lyon sur le Rosne par Claude Nourry, “alias” Le Prince, le VI jour de juillet, l’an de grâce mil cinq cens et XIX [ en ligne sur Gallica ]

Biblio :
M. de La Curne, Mémoire concernant la Vie de Jean De Venette, avec la Notice de l’Histoire en vers des Trois Maries, dont il est Auteur, 1736  [ en ligne ]
Hercule Géraud, “De Guillaume de Nangis et de ses continuateurs”, dans Bibliothèque de l’école des chartes, 3, 1842, p. 17-46 [ en ligne sur Persée ]
M. Faillon, Monuments inédits sur l ́apostolat de S.Marie Magdaleine en Provence, Publié par l’abbé Migne, 1848-1850, t. I, c. 1316, t. II, c. 945-950.
E. Déprez, Une tentative de reforme du calendrier sous Clement VI :
Jean des Murs et la Chronique de Jean de Venette [ en ligne sur Persée ]
Jeanne Bouny, Edition critique des “Trois Maries”, version de Pierre de Beauvais (XIIIe s.) et de Jean de Venette (XIVe s.), 1937, Thèse de licence, Université libre de Bruxelles.
Alfred Coville, ” Jean de Venette, auteur de L’Histoire des Trois Maries “, dans Histoire littéraire de la France, t. 38, Paris, 1949, p. 355-404.
R. Newhall et J. Birdsall, The Cronicle of Jean de Venette, Columbia University Press, New York, 1953.
La chronique dite de Jean de Venette, édition critique, par Erik Le Maresquier, p. 83-85, dans Positions des thèses, Ecole nationale des chartes, 1968.
Chronique dite de Jean de Venette, Traduction Colette Beaune, LGF/Le Livre de Poche, 2011.

Base JONAS (IRHT) [ lien ]

1ere illustration : Sainte Anne et les trois Marie. Heures d’Étienne Chevalier, enluminées par Jean Fouquet. Paris, BnF, département des Manuscrits, NAL 1416, f. 115.

Quelques lieux de culte aux Trois Maries en Bretagne
Au XVIIe siècle, Corps-Nuds, en Ille-et-Vilaine, est quelquefois appelé Cornut-les-Trois-Marie ou Corps-Nuds-les-Trois-Marie, à cause de la chapelle des Trois-Maries qui fut probablement l’église primitive : Sanctus Petrus de Corporibus Nudis vel tres Mariae.
L’église de Cardroc (Ile-et-Vilaine) est sous l’invocation des Trois Maries.
Chapelle des Trois-Maries à Vitré ( Ille-et-Vilaine )
Couvent des Carmes des Trois-Maries, près de Vannes (Morbihan), fondé par la duchesse Françoise d’Amboise. Le sceau du couvent représentait une ” Vierge au manteau “, le ” front ceint du bandeau royal, portant sur ses épaules un vaste manteau, dont un côté soulevé par sa main gauche laisse voir un grand nombre de religieuses dans l’attitude de la prière et de la contemplation, et l’autre côté, soulevé par l’Enfant Jésus assis sur le bras droit de sa mère, d’autres religieuses abritées sous ses plis”. André Jean Marie Hamon, Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France, IV, Paris, 1864, p. 429. Voir pour d’autres exemples de ” Vierge au manteau “, l’article de Claudia Rabel cité plus haut. Voir : ” Visa de la Chambre des Comptes de Bretagne relatant la : commission de la reine Anne autorisant le déplacement du couvent des Trois-Maries du Bondon, qui est étroit et malsain, et déléguant Ph. De Montauban, chancelier de Bretagne, J. Berthelot, docteur ès droits, vice-chancelier, G. du Quirisec, archidiacre de Vannes, Louis des Déserts, sénéchal de Vannes, O. de Loyon, son premier écuyer tranchant, capitaine de Vannes, la mission d’examiner les imperfections du couvent et de choisir, s’il y a lieu, un autre emplacement d’une étendue de 8 journaux, et décrétant que le nouveau couvent sera édifié sous l’invocation de la Conception de Notre-Dame (1513) “. ADLA H 381.
Chapellenie des Trois-Maries en l’île de Bouin (ancien diocèse de Nantes)
Cathédrale Saint-Pierre de Nantes : Chapellenie des Trois-Maries (ADLA, G 185) – \” Maison des Trois Maries \” près de la rue des Carmelites.
Chapellenie des Trois-Maries à Saint-Aignan (Loire-Atlantique)
La troisième des trois fontaines du sanctuaire marial de Gouézec (Finistère) est placée sous la protection des Trois Maries [ lien ] (Merci à André-Yves Bourgès par cette référence

Le culte des Trois Maries reste très présent dans la maison ducale bretonne durant tout le Moyen Âge.

A lire sur le sujet : différents messages sur la liste de discussion : La Bretagne au Moyen Âge (André-Yves Bourgès, Pierre-Yves Quémener, Amaury de La Pinsonnais …)

27 Sep 2011
Jean-Luc Deuffic

Jehan Bretet : un copiste breton de Nantes ?

Le manuscrit français 23019 de la Bibliothèque nationale de France (numérisé sur GALLICA), un petit recueil de chroniques, porte au dernier folio le nom de son copiste, malheureusement sans mention de lieu : « Les Croniques des papes et des empereurs et des roys de France et d’Engleterre, qui faictes et aconplies furent l’an mil CCCCLXV, le xve jour de fevrier, » et la signature de J[ehan] Bretet.


(c) Paris, BnF, Fr. 23019. Gallica

Orné de tableaux synoptiques, de miniatures, le manuscrit résume sur quatre colonnes (papauté – empire – France – Angleterre) les grandes lignes de l’histoire de ces parties du monde.
f. 13. Ly sensuivent les papes qui ont este a Rom[m]e … / Ly sensuivent les empereurs qui ont este a Rom[m]e … / Ly sensuyvent les lignes des roys de France … / Cy sensuyvent en ceste figure les VII royaumes qui furent ordonnes en engleterre
f. 13v. Nostre seigneur Ihucrist qui est sans fin et sans commencement… // Iulles cesar fut homme moult chevaleureux et hardi
f. 14. A tous nobles qui ayment biaux fais et bonnes hystoires veil escripre et ensaigner au plaisir de dieu …
f. 15v. Cletus de la nassion de Romme fut pape lan IIIIxx. XIIII
f. 16. Comment les francoiz firent si grant occision des rommains que toutes les autres nations en furent si durement espoventes que onques puis nulz ne leur osa demander treu.
f. 16v. Yginus de la nation de grece fut pape lan CXL …
f. 17v. Constantin le grant empereur vint a sevestre pape pour estre nettoie de sa maladie …
f. 18. Comment France fut en grant pestilance au temps du roy merovee …
f. 19. Comment le roy alvred devisa sa terre en plusieurs parties et fut le premier roy engloiz enouingt …
f. 20. Comment la royne fredegonde fist occire le roy chilperith son seigneur …
f. 20v. Comment et pour quoy fut ordonne lexaltacion de sainte croiz
f. 21. Comment le roy Adthelstan subiuga les galoys et le roy de ecoce …
f. 22. Clovis le second commenca a regner lan VIc XLVI
f. 23. Dagoubert segond fut couronne apres son pere Childeberd lan VIIc XVI. En son temps fut la guerre de Charles Martel …
f. 28. Cy commence la lignie de Hue Cappet qui nestoit pas de la droite lignie royale …
f. 33. Apres Charles le bel qui mourut sans hoir de son corps fut couronne philippe le conte de Valois son cousin germain lan M IIIc XXVIII …
f. 33v. Charles qui estoit regent et duc de Normendie fut couronne lan mil CCC LXIIII encelan fut desconfit mesire Charles de Blois et mort en champ de bataille et la morut moult de nobles gent de France. Et fut par messire Iehan de Montfort et ces gens et gaigna la duché de Bretaigne …


Le très court résumé relatif à la France a été construit à partir des Croniques de Saint-Denis (f. 14). 
On lit, sur les plats de la reliure, le nom de « Herovard ». XVe siècle. Parchemin. 34 feuillets à 2 col. 290 x 200 mm. Rel. parchemin. Provient de la bibliothèque de l’abbaye Saint-Victor de paris, n° 224.

Le patronyme BRETET nous semble provenir du pays nantais (ou peut-être du proche Poitou?). On retrouve en 1467 (à l’époque de la rédaction du manuscrit des Chroniques) un Jehan Bretet dans un conflit avec la collégiale de Notre-Dame de Nantes (Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, t. 39, 1898, p. 151-152).
En 1481, Perrine Bretet était la nourrice du duc de Bretagne : Perrine Micault, veuffve de feu Guillaume Bretet, laquelle fut nourice du duc (Annales de Bretagne, 1889, p. 313).

25 Fév 2011
Jean-Luc Deuffic

La Bible historiale d’Hervé de Léon (ms Sainte-Geneviève 22) et la \”librairie\” d’un seigneur (breton ?)

Le manuscrit 22 de la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, ”Bible historiale” de Guyart des Moulins, exécutée vers 1330, apporte une information généalogique précise sur  l’illustre famille bretonne des seigneurs de Léon dont les exploits de certains membres ont été contés par le chroniqueur Froissart. On y trouve en effet au recto du dernier feuillet cette note très détaillée de la naissance en 1341, à la Roche-Maurice (Finistère), le dimanche après la translation de saint Martin, à deux heures environ avant le lever du soleil, d’Hervé VIII de Léon, fils d’Hervé VII et de Marguerite d’Avaugour, sa seconde femme  :
« Anno Domini M° CCC° XLI°, die Jovis post translacionem beati Martini, de nocte, quasi per duas leucas ante diem, aput Rocham seu Rupem Mauricii , fuit natus HERVEUS DE LEONIA, ex nobilissimis parentibus procreatus, patre scilicet domino HERVEO DE LEONIA, matre autem domina Margareta de Alvalgoria ; et hoc, tempore guerre super ducatu Britannie inter Karolum Blesensem, dominum de Penthevreia, ex una parte, et comitem de Monte Forti ex alia ; et fuit conceptus in reditu guerre dominorum regum Francie scilicet et Anglie. Sit longevus ut Matusale, sapiens ut Salomon, robustus ut Samson, salvatus ut Petrus Symon ! Amen ». Ainsi, cette Bible appartint à Hervé VII de Léon, chevalier, seigneur de Noyon-sur-Andelle.

Pour l’histoire même du manuscrit, notons la présence au verso du dernier feuillet d’un inventaire très précieux :
« Ensuit les noms et nombres des livres que a Monsr. » Qui est donc ce « Monseigneur » ?
Tout d’abord il importe de savoir que notre Bible passa par l’officine du libraire parisien Geoffroy de Saint-Léger, connu pour avoir exercé comme libraire-juré de l’Université de Paris en 1316. Au bas du f. 37v, il signe « C’est Geufroi de S. Ligier ». L’initiale \”G\” placée au f. 56 et accompagnant plusieurs illustrations ont conduit François Avril à voir aussi en lui l’enlumineur. Dans tous les cas il doit être celui qui vendit le manuscrit au seigneur de Léon.
Nous savons qu’Hervé de Léon possédait à Paris la « Maison d’Ardoise … assise … en la grant rue S. Denis », laquelle fut du reste vendue par sa femme Marguerite d’Avaugour à la confrérie Saint-Jacques aux Pélerins en 1343-1344 pour la \”délivrance\” de son mari alors prisonnier en Angleterre (1). Au début de l’année 1341, Hervé de Léon testa à Paris, en présence notamment du canoniste breton Henri Bohic, dans la demeure de Guy de la Roche, in vico alterius divitis, en la rue de l’autre Riche (sic = il s’agit en fait de la rue d’Autriche), près du Louvre (voir en ligne), non loin du quartier de la Petite Bretagne..


La Maison d’Ardoise était située rue Saint-Denis, entre la rue du Cygne et la rue Mauconseil : voir le plan in extenso.

On peut donc supposer qu’Hervé de Léon acquit cette bible de Geoffroy de Saint-Léger. Pour ce qui est du « Monseigneur » de l’inventaire, conjecturons que le manuscrit passa aux héritiers des seigneurs de Léon que furent les vicomtes de Rohan. Jean I du nom épousa en 1349 Jeanne de Léon ( + 1372). Et l’on connaît assez l’attrait de certains Rohan envers les livres et les manuscrits pour envisager que ce \”Monseigneur\” est issu de cette famille et que l’inventaire en question a pu être celui de la \”librairie\” d’un seigneur de Rohan : Pierre (+ 1518), Jean II (+ 1516), Alain IX (+ 1462) … ?. Mais le doute subsiste …
La mention du Testament de maître François Villon dans cet inventaire ne permet toutefois pas d’en placer la rédaction avant 1460. D’autre part il est souvent difficile de savoir s’il s’agit d’imprimés ou de manuscrits.


(c) Manuscrit Sainte-Geneviève 22, f. 175. Salomon et la reine de Saba

Parchemin. 545 f. 455 x 320 mm. 2 colonnes de 50/52 lignes. Maître du Roman de Fauvel. 125 miniatures « représentatives d’une certaine production commerciale qui envahit le marché parisien autour des années 1320-1335 » (F. Avril). Se trouvait à Sainte-Geneviève dès 1698 d’après la note inscrite au haut du premier feuillet : « Ex libris S. Genovefae Paris., 1698, 20 livres ».

Le style de cet artiste (le Maître du Roman de Fauvel) se repère facilement par le traitement des carnations en blanc, les compositions souvent un peu maladroites, les visages aux bouches, nez et yeux rapprochés, les chevelures bouclées, les drapés fluides aux plis cassés qui ne dévoilent aucune anatomie. Il favorise l’aspect narratif et expressif des personnages. Comme il a beaucoup produit d’enluminures, il se répète souvent et commet des erreurs iconographiques (Éléonore Fournié)

Au verso du dernier feuillet, 545v :

« Ensuit les noms et nombres des livres que a Monsr
1 Lancelot du Lac
(= peut-être le manuscrit ayant appartenu à Francis Douce : Printed books and manuscripts bequeathed by Francis Douce, Oxford, 1840, lot 189. Fiche ARLIMA– Voir le manuscrit numérisé de RENNES).
2 Giron le courtoys
(= un exemplaire de \”Gyron Le Courtoys\”, daté ca 1430, ayant appartenu à un Rohan, est signalé à la vente Quaritch de novembre 1880, catalogue 332, lot 50. Voir  : Gyron le Courtois , avec la devise des Armes de tous les Chevaliers de la Table Ronde ; translaté et compilé par Rusticien de Puise. Paris, Verard, gothique, in-fol – Fiche ARLIMA).
3 Le sainct Greal
(= L’Histoire, ou Roman du Sainct Greal, qui est le fondement de la Table Ronde, que on dit de Lancelot du Lac et du Roy Artus et des autres Chevaliers de la Table Ronde, translaté en Romance par Messire Rob. de Borron. Voir l’édition de Galliot du Pré, de 1516 – Le ms numérisé Paris, BnF, Fr. 113).
4 Merlin et ses prophecies
(= manuscrit ou imprimé ? : L’Histoire de Merlin, et ses Prophéties. Paris, Verard, 1498, gothique – Merlin de Robert de Boron, Fiche ARLIMA).
5 Godeffroy de Billon
(= Li Roman de Godefroy de Bouillon – Voir sur Persée l’analyse du roman par Le Roux de Lincy, dans BEC, 1841).
6 Le Regime des princes
(= Le De regimine principum fut composé vers 1280 par Gilles de Rome, précepteur de Philippe Le Bel (BnF). Gilles de Rome sur ARLIMA. Ce fut un grand succès de la littérature politique médiévale (près de 200 manuscrits latins conservés), traduit en français dès 1282. Charles V en possèdait une dizaine d’exemplaires dans sa \”librairie\”). 
7 Un aultre petit livre du sang Greal
(= Cf.  Conqueste de la très doulce mercy au coeur d’amour espris ; ensuivant les termes du parler du livre de la Conquête du Sang Greal : Ouvrage mêlé de prose et de vers, composé par René (d’Anjou Roy de Sicile, oncle et cousin de Jean II, Duc de Bourbon et d’Auvergne, à qui il est dédié ) M.S. in-fol – Voir le manuscrit numérisé Paris, BnF, Fr. 343
8 Le Livre des Anges
( = Le Livre des saints anges, premier ouvrage imprimé à Genève, et achevé le 23 Mars 1478; pour les manuscrits, par ex. \”Le Livre des Anges, compilé par Frère Françoys Eximinez de l’Ordre des Frères Mineurs, à la requeste de Messire Pierre d’Artes, Chevalier-Gouverneur jadis du Roy d’Arragon\”. in-fol. Manuscrit sur vélin, du 15e siècle, enrichi de deux belles miniatures, avec les Sommaires en rouge & ses lettres tourneures peintes en or & en couleurs. Vendu 39 liv. chez M. le Duc de la Vallière.
9 Regnaud de Montauban
(= Renaut de Montauban. Paris, BnF, Fr. 764, XVe s., Flandre). Sur ARLIMA.
10 Le Champion des dames
(= Le Champion des Dames, contenant la deffense des Dames contre Mallebouche et ses consorts ; (ou critique du Romant de la Rose 🙂 composé en vers par Martin franc Secretaire du Pape Felix V. avec figures. Paris, Galliot du Pré, 1530. Martin Le Franc ;  Incunable sur Gallica.
11 Le Romant de la Rose
(= voir ici)
12 Alixandre en prose
(= Vasquez de Lucène, littérateur portugais, dans la traduction française qu’il fit de Q. Curce en 1468, dit que l’ Histoire d’Alexandre se trouvait de son temps « en francois en rime et en prose en six ou sept manières, mais corrompues, changées, fausses et pleines de évidens mensonges. » Sur le Roman d’Alexandre. Voir la numérisation en ligne sur le site de la BnF du manuscrit Paris, BnF, Fr. 9342, XVe s., pour Philippe Le Bon, duc de Bourgogne.
13 Alixandre en ryme
(= Le roman d’Alexandre en vers, sur ARLIMA)
14 Le Romant de Regnart
(= Le roman de renart, sur ARLIMA. Dossier pédagogique sur la BnF et le manuscrit numérisé Paris, BnF, Fr. 12584).
15 Deon (sic) de Meances
(= Doon de Mayence. Voir fiche sur ARLIMA. Edition en ligne, Guessard, 1859).
16 Le livre de Ysopet
(= Ysopet, de Marie de France ?. ARLIMA – Mohan Halgrain, Autour du stemma de l’Isopet de Marie de France).
17 Le Livre de Mandeville
(= Jean de Mandeville, Le Livre des Merveilles du Monde. Fiche ARLIMA. Paris, BnF, Fr. 22971,
18 Aubri le Bourgoignon
(= Auberi Le Bourguignon. Fiche ARLIMA. Edition Tarbé en ligne. Passage de Codex and Context. Un exemplaire manuscrit de la bibliothèque de La Vallière).
19 Le Testament M. F. Vouillon
(= Le Testament de François Villon. Fiche ARLIMA – Le Grand testament, sur Wikisource – Illustrations sur GallicaSociété François Villon).
20 Plusieurs aultres l
21 Beuffves d’Antonne
(= Beuve d’Hantone. Fiche ARLIMA.
22 Un livre de sermons
23 Un livre des Sept Sages de Romme
(= Les sept sages de Rome. Voir dans Brunet. Etude dans le Bibliophile français. Fiche ARLIMA.
24 La Guillemine
(= ?)
25 Les Croniques du roy d’Angleterre
(= Recueil des croniques et anciennes istoires de la Grant Bretaigne, de Jean de Wavrin. Fiche ARLIMA – Voir le manuscrit de la Bibliothèque de La Haye, KB, 133 A 7 I-III – Le manuscrit numérisé sur Gallica : Paris, BnF, Fr. 79.
26 Un livre ecclesiastique
27 Le Rebours de Matheolus
(= de Jehan Le Fevre, Voir édition de 1864 en ligne.
28 La vie sainct Jehan Baptiste
(= Vie de saint Jean, plusieurs éditions dans Brunet.
29 La vie sainct Balan et Josaphat
(= Barlaam et Josaphat. Fiche ARLIMA – Jean Sonet, Le roman de Barlaam et Josaphat, dans Revue belge de philologie et d’histoire, 23, 1944, p. 25-37, en ligne sur PERSEE .
30 Troille
(= Giovanni Boccaccio : Roman de Troyle et Criséïde)
31 La Légende dorée
(= de Jacques de Voragine. Voir ici – Fiche ARLIMA).
32 Un petit livre de la table ronde, Greal
(= Voir expo sur le site Paris, BnF)
33 Paris et Vianne
(= Paris et Vienne. Voir dans Brunet pour diverses éditions.
34 Vita Christi
(= de Louis de Saxe. Paris, BnF, Fr. 177, 178. Manuscrit Hunter 36-39 de la Bibliothèque de GLASGOW. Sur Gallica :  Le grand \”Vita Christi\” en françoys, par Ludolphe le Chartreux, traduit par Guillaume Lemenand, 1493/1494).
35 Bouciquault
(= Le Livre des faicts du bon messire Jean le Maingre, dit Boucicaut. – Fiche ARLIMA – Edition Lalande).
36 Theseus roy de Grece
(= Peut-être la Vie de Theseus, par Plutarque. Voir le manuscrit Paris, BnF. Fr. 1396 – ou La Théséide de Boccace, traduction anonyme en prose française. Fiche ARLIMA. Imprimé : Ferrare, Augustinus Carnerius, 1474).
37 La Bible
(= sans doute la Bible historiale, manuscrit Sainte-Geneviève 22)


(c) Manuscrit Sainte-Geneviève 22, f. 3. Dieu sépare la lumière des ténèbres. A noter l’indication manuscrite \”blanc\” donnée à l’enlumineur. Comparer avec le ms Paris, BnF, Fr. 8, f. 3, ci-dessous, où la même technique a été utilisée, de même pour le ms Montpellier BU H49. Voir à ce sujet S. Berger – P. Durrieu, « Les notes pour l’enlumineur dans les manuscrits du Moyen Age », dans Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, t. 53, 1892, p. 1-30. P. Stirnemann & M. T. Gousset, « Marques, mots, pratiques : leur signification, et leurs liens dans le travail des enlumineurs », dans O. Weijers (éd.), Vocabulaire du livre et de l’écriture au Moyen Âge. Actes de la table ronde, Paris, 24 septembre 1987, Turnhout, Brepols, 1989, p. 34-55 :


(c) Manuscrit Paris, BnF, Fr. 8, f. 3. Bible historiale. ca 1320/1330. Maître du roman de Fauvel. Illustration base Mandragore
Description E. Fournié.


Manuscrit Montpellier, Bibliothèque de Médecine, H49, f. 3v. Bible historiale. vers 1312-1317.
(c) IRHT/Montpellier BIU. Images en ligne. Notice du manuscrit par E. Fournié.


(c) Manuscrit Sainte-Geneviève 22, f. 13; Naissance de Seth. Autre indication sur la tenture blanche : \”ouvre\” pour \”orner\”. Cf. M. T. Gousset, Libraires, p. 173

BIBLIOGRAPHIE ET LIENS

Voir le manuscrit numérisé sur la base Liber Floridus.
Description du manuscrit sur CALAMES
Éléonore Fournié, « Catalogue des manuscrits de la Bible historiale (3/3) », L’Atelier du Centre de recherches historiques , 03.2 | 2009 , [En ligne], mis en ligne le 30 septembre 2009. URL : http://acrh.revues.org/index1469.html. Consulté le 28 février 2011.
Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris. 
Guyart des Moulins sur le site ARLIMA
La Bible historiale de la National Library of Russia
La Bible historiale de la Médiathèque de Troyes, enluminée en partie par le Maître de Fauvel.
Paris, BnF, Fr. 761. La légende du roi Arthur, Maitre de Fauvel
Aden Kumler, “Faire translater, faire historier: Charles V’s Bible historiale (Houghton Library, fMS Typ. 555) and the Visual Rhetoric of Vernacular Sapience,” Studies in Iconography, 29, 2008, p. 90-135 [ en ligne ].

Kohler, Catalogue des manuscrits de Sainte-Geneviève, t.1, p. 24-25.
Paul Meyer, « Inventaire d’une bibliothèque française », dans Bulletin de la Société des anciens textes français, 1883, p. 70-72.
S. Berger, La Bible française au Moyen-Age, Paris, 1884, p. 213, 288, 304, 376-377.
A. Ramé, « La Bible des sires de Léon », dans Mélanges d’histoire et d’archéologie bretonne, t. 1, 1855, p. 241-246.
A. Boinet, Bulletin de la Société française de reproduction de manuscrits à peintures, 5, 1921, p. 73-75.
François Duine, Inventaire , n° 309.
Frédéric Lyna, « Les miniatures d’un manuscrit du li nous dit », dans Scriptorium, 1, 1946, p. 117.
François Avril, Les Fastes du gothique, le siècle de Charles V. Paris, exposition du Grand Palais, 1981-1982, catalogue, p. 298 et pl. 244.
A. M. Genevois, J.-F. Genest et Anne Chalandon, Bibliothèque des manuscrits médiévaux en France, relevé des inventaires du VIIIe au XVIIIe siècle, Paris, 1987, no 1925.
R. H. & M. A. Rouse,The commercial production of manuscript books in late-thirteenth-century and early-fourteenth-century Paris, dans Linda L. Brown-Rigg (éd.), Medieval book production assessing the evidence. Proceedings of the second conference of the Seminar in the history of the book to 1500, Oxford, July 1988, Los Altos Hills, 1990, p. 103-115.
Lionel Le Corre, Présence et pratique de la couleur dans une Bible historiale parisienne des années 1330 : le manuscrit 22 de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, (s. l.), (1991), 106 p. (Mémoire de maîtrise en histoire de l’art, Paris IV Sorbonne, 1990-1991).
Dieu en son royaume, la Bible dans la France d’autrefois, XIIIe-XVIIIe siècle, Paris, 1991, n° 47 p. 63.
Marie-Thérèse Gousset, « Libraires d’origine normande à Paris au XIVe siècle », dans (P. Bouet & M. Dosdat), Manuscrits et enluminures dans le monde normand (Xe-XVe siècles), Caen, 1999, p. 169-180 (sur Geoffroy de Saint-Léger, p. 170-173).
Patrick Kernevez & Frédéric Morvan, « Généalogie des Hervé de Léon (vers 1180-1363) », dans BSAF, 131, 2002, p. 309, transcription et fac-similé du f. 545 (voir texte sur Tudchentil).
R. H. & M. A. Rouse, Manuscripts and Their Makers : Commercial Book Producers in Medieval Paris, 1200-1500. London : Harvey Miller, 2000, I, p. 206-208 et notes p. 378-379, II, Appendix 8C.
K. Busby, Codex and Context, 2002, p. 699-701.
Jean-Luc Deuffic, « La Bible historiale d’Hervé de Léon : manuscrit Bibliothèque Sainte-Geneviève 22 », dans Pecia, 4, 2004, p. 110-113.
Diane Booton, Manuscripts, Market and the Transition to Print in Late Medieval Brittany, Ashgate, 2010, p. 196, 198, 200, 290, 305.

(1) Acte concernant la \”Maison d’ardoise\” d’Hervé de Léon :
Par devant le prevost de Paris, en jugement, est produit l’acte suivant : « Charles, duc de Bretagne, en nostre court, à Jugon, personnellement establie noble dame Marguerite d’Avaugor, dame de Noion, femme de noble homme et puissant mons. Hervé de Léon chevalier, sire de Noion, recognut et confessa que le dit mons. Hervé son mari estoit absent hors du royaume de France, detenu prisonnier par les Anglois anemis du roy, et pour ce ne povoit bonnement requerre ne avoir auctorité de son dit mari a faire les choses ci en après escriptes ; pour quoi, elle voulant parvenir à la necessité de bonne delivrance de son dit seigneur et mari et pour l’evident besoing et prouffit d’icelui a establi . . . ses procureurs generaulx et especiaulx ses iraez, mons. Philippe de la Roche sire de Vaulx, mons. Riou de Rosmadouc et mons. Jehan de Léon sire de Montagu, chevaliers ; mons. Daniel le Neiret mons. Alain l’Escaf (A), prestres ; Hervé Raymond et Jehan Lemoine, et chascun d’euls pour le tout especialement pour obligier la dite dame ses biens, ses hoirs, par foy, par serement et par peines et par toutes les meilleures obligacions que l’on saura deviser 1 . . (23 mars 1343). — Sur quoi, par devant le prevost de Paris, « les quiex procureurs affermerent en vérité que pour la delivrance de la personne du dit mons. Hervieu de Léon qui, si comme ils disoient, estoit prisonnier du roy d’Angleterre en la ville de Londres, il avoient exposé et mis en vente entre les autres choses un hostel si comme il se comporte, qui est appelé la Meson d’Ardoise, lequel hostel o toutes ses appartenances led. mons. Hervé tenoit et poussédoit comme son propre heritage avecques touz les droiz, entrées, issues, court, jardin et la granche, assis à Paris en la grant rue S. Denis et aboutissant à la rue au Cygne, tenant d’une part tout au lonc à l’ospital de S. Jacques aux Pelerins, de Paris, et d’autre part devers la grant rue à la meson que l’en dit aus Trois Filles Dan Symon, et par devers la rue au Cygne la meson sur la porte, derrieres tenant à la meson Jehan Beaupignié et d’autre a la meson Hebert d’Ivry. Et est le dit hostel par devers la grant rue en la censive et seignorie du roy N. S., et par devers la rue au Cygne en la terre et censive que l’en dit de Jooigny, Iaquele est à present Jehan de Pacy, bourgeois de Paris ; chargié tout le dit hostel … en 20 1. 2 s. p. tant de fons de terre comme de crois de cens ou rente chascun an, deues aus censiers ci apres devisez . . (au curé de l’eglise de S. Pere des Arsiz 4 1. p.; à l’eglise de S. Magloire 48 s. p.; aus freres de la Trinité 8 s. p. ; à sire Pierre des Essars 40 s. p. ; aus hoirs de maistre Pierre le Breton 25 s. p. ; à Garnier Marcel 2 3 s. p. ; etc.) et les maistres et gouverneurs et aulcuns confreres dud. hosp. S. Jacques, pour ce que le dit hostel ou meson d’Ardoise leur estoit moult convenable pour le dit hospital, s’estoient trait par devers euls et leur en avoient offert bon et raisonnable pris, montant à la somme de six cent vingt livres parisis, lequel prix a eté payé en deniers d’or à l’escu pour treize soulz quatre deniers parisis la pièce »… Le 22 avril 1344 (Cote 178, dans Henri Bordier, Léon Brièle, Les archives hospitalières de Paris, Paris, Champion, 1877,p. 59-60).
(A) Alain Le Scanff chapelain d’Hervé VII de Léon, puis d’Hervé VIII, aux testaments desquels il assista, respectivement en 1341 et 1363, fit en 1338 une fondation de deux messes à l’abbaye Notre-Dame de Daoulas. A cet effet, Hervé de Léon l’autorisa à acheter 12 livres de rentes en ses fiefs de Léon ou de Cornouaille. En 1349, Alain gratifia le monastère augustinien des prévôtés de Sizun et de Ploudiry qui lui valut d’être inscrit en son nécrologe (J.-L. Deuffic, « Les documents nécrologiques de l’abbaye Notre-Dame de Daoulas », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 107, 1979, p. 127).

CREDIT ICONOGRAPHIQUE
Bibliothèque Sainte-Geneviève
Bibliothèque nationale de France
Bibliothèque Interuniversitaire de Montpellier