« Plus que toutes » : sur quelques manuscrits de Jean Blosset, grand sénéchal de Normandie († 4 mai 1531)
Les membres de la famille Blosset, florissante au XVe et au XVIe siècle, remplirent tous d’importantes fonctions. Citons entre autres : Rogerin Blosset, époux de Marie de l’Épine, demoiselle de corps de Marie d’Anjou [1], maître d’hôtel du Dauphin [2] en 1437, puis écuyer de l’écurie du roi [3] en 1444 ; Marie Bloscete, demoiselle de la duchesse d’Orléans en 1457 [4] ; Jean Blosset, chevalier, seigneur de Saint-Pierre, conseiller et chambellan du duc de Guyenne en 1471 [5] et grand sénéchal de Normandie en 1479 [6] ; Étienne Blosset de Carouges, évêque de Lisieux de 1482 à 1505 ; etc. Quant au C. Blosset de notre manuscrit, ce doit être Charles Blosset, écuyer, que nous voyons maître d’hôtel du duc de Guyenne à la date du 23 janvier 1472 [7]. C. Blosset est auteur de 14 rondeaux et bergerettes (nos xciv à xcviii, c à civ, cvii-cviii, cxi-cxii, p. 82 à 85, 87 à 90, 92-93, 96).
1. G. de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II, p. 181.
2. Ibid., t. III, p. 40, note 1 et t. IV, p. 24.
3. Ibid., t. IV, p. 116, et Chronique de Charles VII de Jean Chartier, t. II, p. 165.
4. Bibl. nat., Pièces orig., dossier ORLÉANS.
5. R. de Maulde, Procédures politiques du règne de Louis XII (1885), p. 48, etc.
6. L. Delisle, Le cabinet des manuscrits, t. II, p. 341.
7. Bibl. nat., Pièces orig., dossier BLOSSET.
Voir Rondeaux et autres poésies du XVe, Paris, Firmin Didot, 1968 (1889 reprint), p. VII-VIII.
Le manuscrit Paris, BnF, Fr. 1488, Le Livre de Flourimont, filz du duc Jehan d’Orleans, et de Helaine, fille au duc de Bretaigne, porte la marque de Jean Blosset, grand sénéchal de Normandie [ numérisé sur Gallica ] : Ce liure est amons[eigneu]r de saint pierre et // de carouges gra[n]t seneschal de normendie
La maison des Blosset descendait en ligne masculine des barons d’Esneval, vidâmes de Normandie. Elle portait l’écu palé de six pièces d’or et d’azur, au chef de gueules chargé d’une fasce vivrée d’argent, penché, timbré d’un heaume cimé d’une tête de biche, supporté par deux lions. Deux branches principales, celle des seigneurs de Saint-Pierre et de Carrouges, éteinte avec Jean Blosset, et celle des seigneurs du Plessis Pâté et de Torcy qui subsista longtemps. Mais il y a beaucoup de confusion dans la filiation des Blosset du fait de plusieurs homonymes. Les historiens se contredisent sur ces familles… Aussi, ce qui suit d’informations généalogiques n’est pas véritablement assuré.
Jean Blosset, seigneur de Saint-Pierre-en-Caux et de Carrouges, fut conseiller et chambellan du roi. Selon certains, il était le fils de Rogerin Blosset, chevalier et pannetier du roi en 1441, et de Marie de l’Epine († 1484), selon d’autres fils de Guillaume Blosset dit le Borgne et de Jeanne de Cagny, dame de Carrouges, mariés en 1438. Les épitaphes de la chapelle de Carrouges assurent que Jean épousa en premières noces Marguerite de Malestroit († 27 octobre 1493), dame de Derval, veuve de Guyon de Molac, sire de Pestivien, fille de Geoffroy de Malestroit, seigneur de Combourg et de Valence de Châteaugiron), de laquelle il eut Jean II Blosset, seigneur de Carouges († 1508), décédé avant son père, sans héritiers de sa femme Jeanne de Châteaugiron, Etienne Blosset, évêque de Lisieux, Marie, qui devint dame de Carrouges à la mort de son frère et dont l’union avec Philippe Le Veneur porta en cette maison le fief, terre et seigneurie de Carrouges, Marguerite, mariée à Jean, seigneur d’Annebaut. Jean Blosset épousa en secondes noces Françoise du Chastel, vicomtesse de Dinan († 13 décembre 1534), issue d’une des plus grandes familles de Bretagne. Certains historiens le donnent sans postérité … transmettant de son vivant le domaine de Carrouges à sa soeur Marie …
Jean Blosset fut d’abord au service du duc de Bretagne, capitaine de Domfront, sous Jean II. Par la suite il trahit son bienfaiteur et passa au service de Louis XI. Simple bailli d’Alençon, il devient Grand Sénéchal de Normandie, à la place de Jacques de Brézé. \ »Homme de l’ombre\ » et exécuteur des basses œuvres de Louis XI dont il était le fervent familier, Jean Blosset s’enrichit de la dépouille des malheureux que le roi sacrifiait à sa politique. C’est ainsi qu’il reçut du monarque en septembre 1477 la vicomté de Carlat saisie sur le duc de Nemours, Jacques d’Armagnac. Ce dernier, un des plus grands bibliophiles du Moyen Âge, possédait une riche collection. Jean Blosset profita de sa situation pour en extraire quelques pièces.

Le Châtelet, entrée du château de Carrouges [ sources ] cliquer sur l’image pour agrandir.

Le château de Carrouges [ sources ] cliquer sur l’image pour agrandir

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Dans la chapelle fondée à Carrouges se trouvent les sépultures de Jean Blosset et de ses deux épouses :
Cy gissent Jeh[an] Blosset, seigne[u]r de sainct Pierre et de Carrouge [illisible] cappitaine d’Avre[n]ches et de Fallaise et Senechal de Normandie lequel trespassa l’an mil V[c] XXX et un le IIIIe jour de mai.
Cy gist Margarite de Darval, sa fem[m]e, qui fut en son temps dame de Combour et de plugriffet, // qui firent lever le chastel de Carrouges et fondèrent et édifièrent cette chapelle, laq[ue]lle trespassa l’an mil CCCC IIIIxx et treze le XXVIIe jour d’octobre. Priés Dieu pour eulx
Cy gist Dame Fra[n]çoise du Chastel, sa seco[n]de fem[m]e qui fut en son te[m]ps vico[m]tesse de Digna[n] et de la Bellière, da[m]e // de Boussiguet, Tronchon et Bellela[n]de, laquelle a bien augmenté la fo[n]datio[n] de cea[n]s et t[re]spassa le XIIIe j[ou]r de dece[m]bre M Vc XXX IIII.

© Paris, BnF, Fr. 1488. f. 34v [ numérisé sur Gallica ]
Quelques dates de la carrière de Jean Blosset
1er février 1474. — Commission donnée par le roi à M. de Saint-Pierre, bailli d’Alençon, pour la réparation et fortification des places de Normandie qu’il lui demande de visiter et faire « fortifier et réparer en toute la plus grande diligence ».
3 avril 1476. — Provisions du roi Louis, par lesquelles il donne à Jean Blosset, chevalier, seigneur de Saint-Pierre, l’office de grand sénéchal de Normandie aux lieu et place de Jacques de Brézé, comte de Maulévrier.
1476-1478. — Pièces concernant la confiscation par le roi des biens appartenant à Jacques Baisent, assis au pays de Carlades ou ailleurs dans le royaume et donnés à Jean Blosset, chambellan.
6 juillet 1477. — Gouvernement de Dijon donné à Jean Blosset, seigneur de Saint-Pierre.
27 avril 1478. — Lettres patentes qui nomment Jean Blosset lieutenant général au pays et comté d’Artois.
1483. — Don par le roi à Jean Blosset, des biens confisqués de feu Jacques d’Armagnac, duc de Nemours, comte de la Marche, vicomte de Carlades.
Septembre 1483. — Don par le roi à Jean Blosset, des terres de Fresnay en Nivernais et autres terres appartenant à Louis Ogier.
1484. — Don par le roi à Jean Blosset de l’étal de capitaine du château de Tallemont-sur-Gironde.
20 mai 1484. — Don par le roi à Jean Blosset, du gouvernement de Tallemont.
8 janvier 1485. — Don par le roi à Jean Blosset de la capitainerie d’Avranches.
19 mars 1485. — Don par le roi à Jean Blosset de la capitainerie de Falaise.
Manuscrits ayant appartenu à Jean Blosset :
Paris, BnF, Lat. 3318A
Ancien Colbert 3323 – Regius 42543
Jacobus de Theramo. Consolatio peccatorum, sive Liber Belial. Papier. 87 f. 275 × 210 mm. Reliure ancienne. 2e moitié du XVe siècle. Cursive. Miniature au f. 1. Initiales bleues, rouges et violettes à filigranes. Pieds-de-mouche en couleurs. Manchettes de la main du copiste. Quelques notes marginales et inscriptions, en français : « Quant ye penceret Die [u ]et que ye speret, parviendra … » etc. (fin XVe -début XVIe ). — Au f. 87v, ex-libris gratté lisible à la lumière ultra-violette : « Ce livre de Belial est au [duc de Nemours], comte de la Marche. Jacques », et mention partiellement effacée : « feuilles : IIIIXX III [sic ] ; histoires : I » ; il a été remplacé par celui-ci : « Ce livre est à Mons. de Saint-Pierre et de Carouges, grant seneschal de Normendie » (Jean Blosset).
F. 1-87v. « Universis Christi fidelibus… Jacobus de Theramo… Adaperiat… Quia de magnis… — … per infinita secula seculorum. Amen » (1) ; — « Incipit prohemium. Postquam per sciencie lignum duplicem mortis habuimus dampnacionem… — … de Jud. li. VI » (1-3) ; — « Sequitur constitucio procura[toris] infernalis facta de Belial con[tra] Christum » (en marge), « Quibus dictis et ab omnibus placido animo receptis… — … devotas oraciones effundat. Amen. Datum Averse … ad vitam perhempnem, ad quam nos perducat… Liber iste qui nuncupatur Belial explixit, editus per R. P. dominum Jacobum de Theramo, domini nostri pape cubicularium, scriptus per me ». L. Delisle, Cabinet des manuscrits, I, p. 86 et II, p. 341. Catalogue général des manuscrits latins, V, 1966, p. 178.
Paris, BnF, Fr. 434. Parchemin. 68 f. XVe s. Possesseurs : \ »madame de Nevers, M\ » = Marie d’Albret ? fille ainée de Charles II d’Albret et de Anne d’Armagnac, épouse en 1456 Charles de Bourgogne, comte de Rethel et de Nevers, † 1464.
Préface : \ »Bonne chose est lire et escripre et souvent recorder les vies et les sainctes conversations…\ »
1) Les Lamentations monseigneur saint Bernard
f. 2. \ »Ce livre en quoy nous debvons esludier espiciallement et lire sans nulle entrelaisse\ ». Finit : \ » …et nous vueille en sa mémoire avoir et garder de mal Amen\ »
2) Compilation \ »des plus beaulx diz des sainctz Pères\ ». Commence au f. 24 \ »Pour ce que nous suymes mis es laz de legier\ ». Finit : \ »… nous vueille Dieu apprendre le maistre de la grant escolle Dieu le Pere Amen\ ».
3) \ »Le Livre des Seuls parlers de son ame à Dieu\ » (st Augustin). Commence au f. 43 : \ »Sire Dieu je désire que je te congnoisse\ ». Finit : \ »qui tant longuement mas espargné en pechant Amen\ ».
A la fin, armes de Blosset avec au-dessus la devise Plus que toutes. Au-dessous, Jehan Blosset. Biblio : E. Droz, \ »Six manuscrits de Claude-Enoch Virey (XVe s.)\ », dans Bulletin de l’IRHT, 15, 1967-1968, p. 168. Catalogue des manuscrits français, I, 1868, p. 434. L. Delisle, Cabinet des manuscrits, II, p. 341.
Paris, BnF, Fr. 1843. Instruction pour la confession, attribuée à Gerson.
— Exhortations aux mourants. — AB C des simples gens (f. 16). — Différence du péché mortel et du péché véniel (f. 19). — Les dix commandements, en vers (f. 47).
— Traité de la mort et passion de N. S. (f. 50). — XVe s. — A la fin du volume, on lit : « Plus que toutes, Jehan Blosset. »
Merci à M. René Stuip (UNIV. D’UTRECHT) de m’avoir rappelé ce manuscrit …. (voir commentaire ci-dessous)
Chantilly, Musée Condé, 127. Même ex. que le précédent. Lamentations et méditations de saint Bernard. Contemplations et Soliloque de saint Augustin, en français. XVe s. Parchemin. 79 f. 300 × 203 mm. Reliure veau marbré, aux armes de Bourbon-Condé. Au f. 79, inscription effacée : « Messire Jehan Blosset, escuier, conseiller et chambellan du roy et capitaine des archers françois de sa garde et seigneur du Plessis-Pasté. Et est appelé ce livre les Meditations sainct Bernard. Armoyé de ses armes ». Ces armes ont été remplacées par celles d’Antoine de Chourses et de Catherine de Coëtivy, qui, avec leur monogramme, sont répétées aux f. 1, 29 et 51. [ description sur Calames ] Ce Jean Blosset est cousin du précédent.
Un exemplaire de La moralite des nobles hommes et des gens de peuple selon le gieu des escheces, (Jacques de Cessoles, trad. de Jean de Vignay) passé par la galerie Les Enluminures, et acquis par la Koninklijke Bibliotheek (79 K 19) porte diverses notes de Jean Blosset. ca 1490/1525. “Se present livre et [sic] a moy. Qui me apelle le seymeur en […]. Qui le treuvera le moy rendera et je payré le vin en bonne companye et qui ne le moy randera, pandu sera pour le coup an plus vil (?) gibet qu’il se trouvera et moy desoubz [signé] Jehan Blosset.” Au f. 10 : “Je confesse avoyr heu et receu de noble Jehan Roux la somme de troys sept[iers] [de] froment […] pour chause de rante due a monsieur de Gaz (*) de la feste de tous les seyns procheyne passé de quoy […] ay signé devers luy et moy desoubz signé le xiiie jour du moys de may. Jehan Blosset. 1545.” Au f. 12 : “Se present livre et a moy Jehan Blosset, qui le trouvera les moy randra et je poyerey…”. Compte tenu des dates il s’agit de Jean Blosset, seigneur du Plessis-Pasté. * Relation avec le premier possesseur ?

Catalogue d’une importante bibliothèque composée d’ouvrages anciens, rares et précieux. Ancienne bibliothèque de D[enys] de Salvaing de Boissieu (1600-1683), Grenoble, Librairie dauphinoise, 1897, p. 52.
© Koninklijke Bibliotheek
Description et illustrations du manuscrit sur le site de la galerie Les Enluminures [ en ligne ] — de la KB [ en ligne ]
Ce manuscrit a également appartenu à André Beranger du Gaz. Au f. 66v : “Se livre a moy André Berangier, sieur Duga.” Puis : “Se livre et a moy André Berangier sieur Dugaz.”
Les archives dauphinoises mentionnent au 6 décembre 1552 : Vente par « damoiselle » Madeleine de Tauligniac, femme de Jean-Antoine Marc, écuyer, seigneur de Saint-Jeyme, à Mre André Bérengier, seigneur du Gaz (Gua), d’une cense annuelle de 3 sols due par les hoirs de Guigues de Miribel, écuyer, sur immeubles situés à Vis, au prix de 9 florins, monnaie courante. Fait à Grenoble, devant Jean Nizeys, écuyer de Varces, &c. (Henry Morin-Pons, Inventaires des archives dauphinoises, p. 191). Claudine Bérenger, sa fille, épousa François de Bonne, duc de Lesdiguières, connétable de France.
Pierre de Bérenger épousa en 1309 Catherine du Gua, héritière de la terre de son nom, dans le Graisivaudan, dont sa descendance a conservé le nom. Raymond de Bérenger, décédé en 1373, fut grand maître de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Pierre de Bérenger, sgr de Morges, et Claude de Bérenger, sgr du Gua, commandaient des brigades de l’arrière-ban de l’an 1419. Aimar de Bérenger fut tué en 1465 à la bataille de Montlhéry avec ses deux neveux, Jacques et Claude. André de Bérenger, sgr du Gua, se signala en 1524 à la bataille de Pavie (ce doit-être le possesseur du manuscrit : il testa en 1564) ; Brantome fait mention de lui en parlant du brave du Gua, son fils. (Dictionnaire des familles françaises anciennes, Volume 3, 1904, p. 386)
Berangier du Gaz : Gironné d’or et de gueules.
De cette famille : \ »Imprécations sur la mort du seigneur Loys du Gaz, prises du latin de M. de PP\ » (= Vaillant de Guede, abbé de Paimpont). (Louis Béranger du Gaz, ou du Guast, assassiné le 31 octobre 1575, ami de Ronsard et de Bourdelle, capitaine des gardes et favori du roi Henri III. Il était le fils puîné d’André Bérenger et de Madeleine de Bérenger-Pipet)

Armorial du Dauphiné, Lyon, 1867, p. 66.


Guy Allard, Nobiliaire du Dauphiné, Grenoble, 1671, p. 44-45.
Voir à la Bibliothèque de Grenoble, ms 2025 à 2030, plusieurs archives concernant les Berenger, par ex : \ »Procès entre Philippe de la Tour, écuyer, et André Bérenger, seigneur du Guà, au sujet de la dissolution du mariage de ce dernier. 1557\ ».
Renoncement d’amours, poème attribué à Jean Blosset [ numérisé sur Gallica ] :
On lit à la fin :
Et l’a fait, faisant les escoutes,
Ung jeune enfant peu renommé
Qui porte en son mot : Plus que toutes ;
Autrement ne s’est point nomme,
De paour qu’il a d’estre sommé
D’avoir ou livre chose myse
Dont par aulcun fust consommé
Envers luy quelque folle emprise.
La devise des Blosset : Plus que toutes

[ numérisé sur Gallica ]
La bibliothèque de Louis Blosset, doyen de Rouen :
– Inventaire et adjudication des biens de Louis Blosset, 1489 : Liber decretorum, papireus, ex impressione, 9 libras. – liber decretalium, ex impressione, in papiro, 4 libras 2 solidos 6 denarios ; – Sextus decretalium, papireus, ex impressione, 40 solidos ; – Liber Clementinorum, papireus, ex impressione, 25 solidos ; – Lectura Panormitani super décrétâles, in quinque voluminibus papiri, ex impressione, 12 libras ; – Répertorium Panormitani, papireum, ex impressione, 27 solidos 6 denarios ; – Aliud Repertorium Panormitani papireum, ex impressione, 27 solidos 6 denarios ; – Prima pars Dominici de Sancto-Geminiano super Sexto Decretalium, 40 solidos ; – Repertorium Brixiense, papireum, in duobus voluminibus, 105 solidos ; – Consilia Bartholi, ex impressione, in papiro, 35 solidos ; – Liber Egidii de Roma, papireus, ex impressione, 12 solidos 6 denarios ; – Augustinus de Civitate Dei, papireus, in commento, ex impressione, 100 solidos ; – Titus Livius, in pargameno, 4 libras 5 solidos ; – Alter Titus Livius, papireus, ex impressione, 70 solidos ; – Secundo secunde Sancti Thome, pargamenea, 77 solidos 6 denarios ; – Epistole familiares M. Tullii, papireus, ex impressione, 22 solidos 6 denarios ; – Consilia Oldradi, papirea, ex impressione, 25 solidos ; – Virgilius commentatus, in papiro, ex impressione, magistro Johanni Masselin, decano, 42 solidos 6 denarios ; – Parvum repertorium juris, papireum, ex impressione, 12 solidos 6 denarios ; – Textus Sententiarum in pergameno, 42 solidos 6 denarios ; – Textus Terentii, papireus, ex impressione, 12 solidos 6 denarios ; – Breviarium doctorum, in papiro, ex impressione, 18 solidos
Opposition sur ladite vente par des fournisseurs, domestiques et autres, notamment par Jean Roussel, prêtre, âgé de 63 ans, chanoine de Rouen, Jean Landigoy, prêtre, âgé de 54 ans, Guillaume de Blacarville, prêtre, de 65 ans, serviteurs et commensaux de Blosset, ayant demeuré avec lui à Paris, au presbytère de S. Paul (occupé par ledit Roussel), à Bayeux où demeurait le doyen ; n’ont point été payés de leurs gages ni de leurs frais (Sources ADSM, G 3669)
Georges Blosset, son frère, est à Angers.
Catalogue édité dans Bulletin du bibliophile, 1878, p. 75-82.
BIBLIO :
Louis Bergès, Château de Carrouges : chartrier et papiers de la famille Le Veneur, 1394-1925 : répertoire numérique détaillé de la sous-série 34 J (Alençon, Archives départementales de l’Orne, 1995).
Les manuscrits de Jacques d’Armagnac :
(Source : Philippe Ménard, Le Roman de Tristan en prose, t. 1, Droz, 1987, p. 20)
Ch. Samaran, \ »De quelques manuscrits ayant appartenu à Jean d’Armagnac\ », dans Bibliothèque de l’école des chartes, 66, 1905, p. 246-255 [ en ligne sur Persée ]
S. A. Blackman, The manuscripts and patronage of Jacques d’Armagnac Duke of Nemours (1433-1477), PHD University of Pittsburgh, 1993.
C. de Merindol, \ »Jacques d’Armagnac bibliophile et commanditaire. Essai sur l’aspect religieux et la part méridionale de sa bibliothèque\ » , dans cahiers de Fanjeaux, 31, 1996, p. 387-415.
Liens
Les Blosset seigneurs du Plessis-Pâté
Le château de Carrouges, monument national
Exposition : Miniatures flamandes

Lien : MINIATURES FLAMANDES
Âge d’or de l’enluminure flamande, le XVe siècle marque un tournant dans l’histoire du livre manuscrit. Le siècle de Bourgogne s’inscrit dans les églises gothiques, les retables brabançons, la tapisserie, les splendeurs de la musique polyphonique ou la peinture des Primitifs flamands. Mais cette efflorescence artistique voit surtout l’essor sans précédent dans les anciens Pays-Bas méridionaux de l’art de l’enluminure, la peinture des livres. De l’avènement de Jean sans Peur (1404) à la mort de Marie de Bourgogne (1482), des villes opulentes comme Bruges, Gand, Audenarde, Bruxelles, Valenciennes, Lille ou Tournai s’imposent comme de véritables pépinières de copistes, de relieurs et de miniaturistes au centre d’une production écrite d’une qualité exceptionnelle…
Exposition à Bruxelles
Du 30 septembre au 30 décembre 2011
Bibliothèque royale de Belgique
Boulevard de l’Empereur 2
1000 Bruxelles
+32-(0)2-519.53.11
miniatures@kbr.be
www.kbr.be
Commissaires
Bernard Bousmanne et Sara Lammens
Exposition à Paris
Du 6 mars au 10 juin 2012
Bibliothèque nationale de France
Site François-Mitterrand, Galerie François Ier
Quai François-Mauriac 75013 Paris
www.bnf.fr
Commissaires
Ilona Hans-Collas et Pascal Schandel
Lien : MINIATURES FLAMANDES

Vente : Recueil liturgique à l’usage de l’abbaye Saint-Victor de Paris (XIIIe s.)
La vente RIEUNIER & ASSOCIÉS du 14 décembre 2011 propose un exceptionnel manuscrit issu de l’abbaye Saint-Victor de Paris :

Lot 152 – GRADUEL–SACRAMENTAIRE–LECTIONNAIRE DE L’ABBAYE DE SAINT-VICTOR DE PARIS. Paris, second quart du XIIIe siècle ; in-folio (297 x 210 mm) de 262 f. de vélin. Ecriture bâtarde rouge et bleue sur deux colonnes de 26 lignes. Reliure du XVIIe siècle veau granité, dos à nerfs avec cinq pièces de titre de maroquin rouge ornementées dans les entrenerfs portant : MISSALE ORD. SS. TRINIT. // MSS.
f. 1-7v. RECOMMANDATION DE L’AME et Office des morts
f. 8-18v. GRADUEL non noté : temporal, f. 8-16v ; sanctoral, f. 17-18v, s’achève mutilé aux saints Procès et Martinien (2. VII), manquent les f. 18 et 19.
f. 19-89v. SACRAMENTAIRE : temporal, f. 19-47v ; votives, f. 47v-49v ; sanctoral, f. 49v-75v ; Communs, f. 75v-89v.
f. 90-92v. CALENDRIER
f. 93-94v. GENEALOGIES notées du Christ selon saint Mathieu et selon saint Luc.
f. 95-262v. LECTIONNAIRE de la messe comportant les épîtres et les évangiles : temporal, f. 95-226v ; Sanctoral, f. 227-244 ; Communs, f. 244v-262v.
Le calendrier, les trois sanctoraux (graduel, sacramentaire, lectionnaire) et l’office des morts montrent indiscutablement que le manuscrit a été exécuté pour la célèbre abbaye parisienne des chanoines augustiniens de Saint-Victor. Au 17 juin figure la fête essentielle de l’abbaye : Susceptio reliquiarum sancti Victoris et, au 21 juillet, le même saint Victor jouit d’une octave solennelle où il est qualifié de beatissimus. Les deux autres fêtes spécifiques du 5 juin (dédicace de l’abbatiale) et du 23 juillet (Susceptio pedis sancti Victoris) ne figurant pas dans le texte, il faut en conclure qu’il est antérieur à ces deux festivités.
Au XIVe siècle le manuscrit est passé à l’usage des Trinitaires de Paris plus connus sous le nom de Mathurins comme l’attestent l’addition de la messe de saint Mathurin à la fin du sanctoral du sacramentaire et l’adjonction au calendrier d’une note ainsi conçue au 14 juillet : Obitus Egydii de Campis qui dedit fratibus sancti Maturini centum solidos annualis census.
Biblio. Sur les manuscrits de Saint-Victor, voir les travaux de G. Ouy :
Gilbert Ouy, Le catalogue de la bibliothèque de l’abbaye de Saint-Victor de Paris de Claude de Grandrue 1514. Présentation, texte et index par V. Gerz-von Büren en collaboration avec R. Hübschmidt et C. Régnier ; historique de la bibliothèque et concordances par G. Ouy, Paris, 1983, lxiii-734 p.
Gilbert Ouy, Les manuscrits de l’abbaye de Saint-Victor : catalogue établi sur la base du répertoire de Claude de Grandrue (1514), Paris-Turnhout, 1999, 2 vol. 395 et 636 p., 8 pl. h.-t. (Bibliotheca Victorina, X)
Source : Catalogue de la vente RIEUNIER & ASSOCIÉS du 14 décembre 2011 [ format pdf ]
Pierre de Nantes et l’« Histoire des Trois Maries » de Jean de Venette (1357)

Claudia Rabel (IRHT), dans une très belle étude (1) − « Des histoires de famille : la dévotion aux trois Maries en France du XIVe au XVe siècle : textes et images », dans la Revista de historia da arte, 7, 2009, p. 121-136 − nous a glissé, p. 123-124, quelques notes sur le rôle de Pierre Benoit (et non » Pierre Bernard « , dit Pierre de Nantes, ou de Guéméné) dans la propagation du culte des Trois Maries. En fait, c’est à Jean de Venette, carme parisien (et sans doute chroniqueur ? second continuateur de la Chronique latine de Guillaume de Nangis ?) que nous devons de précieux renseignements sur notre Breton. Auteur vers 1357 d’un long poème en vers français sur l’histoire des Trois Maries (encore inédit), Jean Fillon, dit de Venette, près de Compiègne, raconte qu’il rendit plusieurs fois visite à Pierre de Nantes, alors évêque de Saint-Pol de Léon, retenu dans son lit, à Longjumeau, près de Chilly (au prieuré de Saint-Eloi, dépendant du Val-des-Ecoliers) (2), malade de la goutte dont il ne dut la guérison miraculeuse qu’à l’intercession des trois Maries, et qu’il se rappelait avec certain plaisir les repas qu’ils avaient pris ensemble … [ dans l’édition de Lyon : en ligne sur Gallica ].
Uns prélat fu moult charitables,
Bons clercs était et véritables
de saint Pol de Lyon yère (= était)
Evesque, et est son nom Pierre.
C’est un prélat qui vit encore
Nul plus preudomme ne scay je ore (= maintenant)
Et moult bon clerc est-il sans faille …
Pierre, guéri, accomplira le pèlerinage promis sur les tombeaux de Marie Jacobé et Marie Salomé aux Saintes-Maries-de-la-Mer. En cette circonstance, il compose un office et fait élever trois autels en leur honneur : dans la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, à Longjumeau, et au couvent des Carmes de Paris de la place Maubert ( un des tableaux situés à l’arrière du choeur portait la signature de son auteur : F. Yvo carmelita 1357 , certainement un carme breton) (3) :
Quant guaris fut ly bons prélats
Et partit son pèlerinage,
Office en fit de biau latin
pour dire au vespre et au matin ;
Et fit fonder de biaux auteulz
Vous ne verrez des moys auteulz :
Un en fonda droit à Saint Pierre
De Nantes, qui est fait de pierre
Moult noblement, trestout d’albatre,
Ymages sont ou trois ou quatre ;
Un autre au Val des Escoliers,
A Longiumel près de Paris :
Fist il fonder quant fu guéris.
Après des biens dont habonda
Un bel autel aussi fonda
A Paris, au revestiaire (= sacristie)
Des Carmelistres le fit faire :
Et de ses mains le dédia
Au nom des suers où se fya :
Belle painture et délittable (= délectable)
Mist sur l’autel en une table ;
Derrier le grant autel quérez
Au long du cuer, là trouverez
L’autel moult bel et les paintures
Des Maries, et les figures
De leurs maris et de leurs filx :
Tout y est mis, je vous affis (= assuré) ;
Ne verrez maz (= davantage), plus biaux ymages,
Sy bien pourtraiz ne telz visages.
(Paris, BnF, Fr. 1351, f. 220v-221)
Suite au décès de Guillaume de Kersauzon, Pierre fut nommé à l’évêché de Saint-Pol de Léon le XV des calendes de juin (18 mai) 1328. Il était alors doyen de Châteaubriant, au diocèse de Nantes, et simple diacre. Nous savons qu’il était allié à la famille Bardoul qui donna quelques légistes de renom. En 1334, il consacre la cathédrale de Saint-Pol. Il fit soumission à la Chambre apostolique le 14 de Juillet 1349 pour sa nomination à l’évêché de Saint-Malo, et l’année suivante fit des statuts pour son nouveau diocèse. Il permute, en février 1359, avec Guillaume Poulart, évêque de Rennes, cité où il entre solennellement le 3 novembre 1359, consacrant le même jour sa cathédrale. Pierre de Nantes mourut vers la fin de l’an 1363. Les verrières de Rennes lui donne pour armoiries : d’argent semé de merlettes d’azur à un croissant d’or en abîme et au franc quartier de sable (A. Guillotin de Corson, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, Volume 1, p. 73)

Vitrail de Rennes [ lien ]. Merci à François du Fou.
(1) Claudia Rabel, « Des histories de famille. La dévotion aux Trois Maries en France du XIVe au XVe siècle. Textes et images », in Revista de História da Arte, n.º 7 (2009), pp. 121-136[ en ligne, format pdf ]
(2) Depuis août 1331, Chilly et Longjumeau appartenaient au duc de Bretagne [ lien ]. Sur les Augustins du prieuré de Saint-Eloi de Longjumeau voir AD Essonne, 4 H. Catherine Guyon, Les Ecoliers du Christ: l’ordre canonial du Val des Ecoliers, 1201-1539, Publications du CERCOR, 1998, p. 101 sq. [ extraits ]
(3) Milin, Antiquités nationales, 4, p. 24.
Manuscrits de l’histoire des trois Maries
<> London, British Library, Egerton 3050. Ancien Ashburnham 602. XIV/XVe s. Papier. 223 f. Bâtarde. 2 colonnes de 41 lignes. Initiales. [ description en ligne ]
<> Paris, BnF, Fr. 1531 [ numérisé sur Gallica ]. Provenance : Jacques d’Armagnac, duc de Nemours ; Bourbon (armes).
<> Paris, BnF, Fr. 1532 [ numérisé sur Gallica ]. Provenance : Jacques d’Armagnac, duc de Nemours ; Bourbon (armes)
<> Paris, BnF, Fr. 12468. [ numérisé sur Gallica ]. Parchemin. 232 f. 300 x 220 mm. 2 col. XIV/2 s. A la fin, le nom du copiste (f. 232 v) : « Per manum P. de Cruce » ; et une note grattée : « Ce livre est de messire B… [mil] CCCCXLVIJ. ». Au f. 1, ex-libris : « Bibliotheca Sedanensis. »
<> Paris, BnF, Fr. 24311. Parchemin. iv et 226 feuillets à 2 col. 320 × 235 mm. Reliure maroquin rouge. Miniatures en grisaille. Provenance : Jean Rolin, évêque de Chalon puis d’Autun, armes, d’azur, à trois clefs d’or posées en pal 2 et 1 peintes aux f. 1 et 5. Ancien De La Vallière 2765 :
Cy commence le liure intitule le liure des troiz maries lequel compila fit & ordonna frère Jehan Filions de Venette lez compiegne en beauuoisins de lordre des Carmes lan 1357 acompli ou moys de may ledit an a lheure des compiles, in fol. m. r.
Très Beau Manuscrit sur vélin du milieu du XV siecle, contenant 232 feuillets écrits en lettres appellées ancienne bâtarde, sur 1 colonnes. Les titres y sont en rouge, & les lettres tourneures peintes en or & en couleurs. Il est orné de 7 miniatures qui sont exécutées en camaïeu gris. Il a appartenu à un Abbé ou à un Evêque de la maison de Rolin, dont les armes avec une crosse se voient sur le 10e feuillet.
Les trois Maries dont il est parlé dans l’Ouvrage en vers de Jean de Venette, sont : Marie, Mère de Notre Seigneur, Marie Cleophé & Marie Salomé. M. de Sainte Palaye dans le tom. XIII. des Mém. de l’Académie des Inscriptions ; & l’Abbé Goujet, dans le tom. IX de sa Bibliotheque, ont donné de longues notices de ce Poème de Jean de Venette, qui est aussi Auteur de la seconde continuation de la Chronique de Guillaume de Nangis. (Catalogue, II, 1783)
<> Paris, BnF, Fr. 24344, f. 213v-232v. Divers traités dont l’histoire des Trois Maries. XVe siècle. Parchemin et papier. 404 f. 300 × 215 mm. Demi-reliure.
Listoire Des Trois Maries, Par Frere Jehan De Venette.
Prologue :
In nomine domini amen.
Chi commenche li prologues du livre de la saincte et haulte histore des glorieuses maries filles
madame saincte anne et de ses trois maris.
Incipit :
Un amy ay droit a paris
Avltre nom porte que paris
Qui moult me prie et admoneste
Qune matere treshonneste
Maite en romant a ceste fye
De trois dames ou tant se fye.
Se termine :
Lan mil ccc sept et cinquante
En may que li rossinoz chante
Un po de tamps devant complie
Fu ceste oeuvre tout acomplie
Cest listoire des trois maries
Les hautes suers tres bien meries
…
La matere est belle et honneste
Freres Jehans dis de venette
Nommes fillons la ordonnee
De Dieu soit s’ ame couronnée,
Qui nous doint paix et paradis :
Dites amen, adieu vous dis.
Explicit l’istoire des trois Maries, c’est de nostre Dame la haute dame Vierge, mère de nostre seigneur Jésus-Christ, et de ses deux suers, dittes Marie Jacobée et Marie Solomée, toutes filles à Madame sainte Anne, et aussi l’histoire de sainte Anne, et de touz leurs maris et leurs enfants, et de leur trespas de toutes et de touz, et moult d’autres belles narracions touchans et appartenans à elles. Fait et accompli, à Paris, par un frère des Carmes, l’an mil IIIc LVII du moys de may. Priez pour lui. Amen.
C’est loroison en latin que ly bons evesques Pierres de Nantes adont evesque de Saint Pol de Leon en Bretaigne dont mencon est faite vers la fin de ce livre fist en la maladie qui est recitee illec endroit et disoit ???? en la dicte langueur ou il estoit et en guery, et est mise en françoiz ou livre. »
Ci-dessous Paris BnF, 1531 et 1532. Quelques légères différences.



(c) Stockholm, Musée national, B 1211, f. 207v
Nobile collegium
Sanctarum Sororum trium
Quibus nomen est Maria,
Vestrum sanctum suffragium
Imploro ad praesidium
Nunc in ista angustia.
Quae erit Christo gratior,
Aut quae sibi acceptior
Quam sit vestra oratio!
Nulla sibi conjunctior,
Nulla sibi proximior
Quam sit vestra cognatio.
Tu sibi, Virgo, mater es,
Inde sibi quod imperes
Et naturae dat ratio.
Vos vere duae caeterae
Estis ejus marterterae.
O quam ingens affectio!
Vobis me dedicaveram
In servum, et decreveram
Me met ipsum expendere,
In devotis officis
Et debitis obsequiis
Vestri Deique munere.
Sed in morbo jam imbibor
Deficiens et delibor,
Si nunc desit remedium.
Ergo, dulce consortium,
Vestrarum precum dulcium
Sentiam nunc auxilium.
Amen.
L’édition revue de Jean Drouyn, imprimée de Lyon, 1519 (1e éd. Paris, 1505) :

La Vie des troys Maries, de leur mère, de leurs enfans et de leurs maris. Composé en rime françoise par Jean de Venette et translaté de rime en prose par Jean Droyn. Nouvellement corrigée par ung vénérable docteur en théologie… imprimée à Lyon sur le Rosne par Claude Nourry, « alias » Le Prince, le VI jour de juillet, l’an de grâce mil cinq cens et XIX [ en ligne sur Gallica ]
Biblio :
M. de La Curne, Mémoire concernant la Vie de Jean De Venette, avec la Notice de l’Histoire en vers des Trois Maries, dont il est Auteur, 1736 [ en ligne ]
Hercule Géraud, « De Guillaume de Nangis et de ses continuateurs », dans Bibliothèque de l’école des chartes, 3, 1842, p. 17-46 [ en ligne sur Persée ]
M. Faillon, Monuments inédits sur l ́apostolat de S.Marie Magdaleine en Provence, Publié par l’abbé Migne, 1848-1850, t. I, c. 1316, t. II, c. 945-950.
E. Déprez, Une tentative de reforme du calendrier sous Clement VI : Jean des Murs et la Chronique de Jean de Venette [ en ligne sur Persée ]
Jeanne Bouny, Edition critique des « Trois Maries », version de Pierre de Beauvais (XIIIe s.) et de Jean de Venette (XIVe s.), 1937, Thèse de licence, Université libre de Bruxelles.
Alfred Coville, » Jean de Venette, auteur de L’Histoire des Trois Maries « , dans Histoire littéraire de la France, t. 38, Paris, 1949, p. 355-404.
R. Newhall et J. Birdsall, The Cronicle of Jean de Venette, Columbia University Press, New York, 1953.
La chronique dite de Jean de Venette, édition critique, par Erik Le Maresquier, p. 83-85, dans Positions des thèses, Ecole nationale des chartes, 1968.
Chronique dite de Jean de Venette, Traduction Colette Beaune, LGF/Le Livre de Poche, 2011.
Base JONAS (IRHT) [ lien ]
1ere illustration : Sainte Anne et les trois Marie. Heures d’Étienne Chevalier, enluminées par Jean Fouquet. Paris, BnF, département des Manuscrits, NAL 1416, f. 115.
Quelques lieux de culte aux Trois Maries en Bretagne
Au XVIIe siècle, Corps-Nuds, en Ille-et-Vilaine, est quelquefois appelé Cornut-les-Trois-Marie ou Corps-Nuds-les-Trois-Marie, à cause de la chapelle des Trois-Maries qui fut probablement l’église primitive : Sanctus Petrus de Corporibus Nudis vel tres Mariae.
L’église de Cardroc (Ile-et-Vilaine) est sous l’invocation des Trois Maries.
Chapelle des Trois-Maries à Vitré ( Ille-et-Vilaine )
Couvent des Carmes des Trois-Maries, près de Vannes (Morbihan), fondé par la duchesse Françoise d’Amboise. Le sceau du couvent représentait une » Vierge au manteau « , le » front ceint du bandeau royal, portant sur ses épaules un vaste manteau, dont un côté soulevé par sa main gauche laisse voir un grand nombre de religieuses dans l’attitude de la prière et de la contemplation, et l’autre côté, soulevé par l’Enfant Jésus assis sur le bras droit de sa mère, d’autres religieuses abritées sous ses plis ». André Jean Marie Hamon, Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France, IV, Paris, 1864, p. 429. Voir pour d’autres exemples de » Vierge au manteau « , l’article de Claudia Rabel cité plus haut. Voir : » Visa de la Chambre des Comptes de Bretagne relatant la : commission de la reine Anne autorisant le déplacement du couvent des Trois-Maries du Bondon, qui est étroit et malsain, et déléguant Ph. De Montauban, chancelier de Bretagne, J. Berthelot, docteur ès droits, vice-chancelier, G. du Quirisec, archidiacre de Vannes, Louis des Déserts, sénéchal de Vannes, O. de Loyon, son premier écuyer tranchant, capitaine de Vannes, la mission d’examiner les imperfections du couvent et de choisir, s’il y a lieu, un autre emplacement d’une étendue de 8 journaux, et décrétant que le nouveau couvent sera édifié sous l’invocation de la Conception de Notre-Dame (1513) « . ADLA H 381.
Chapellenie des Trois-Maries en l’île de Bouin (ancien diocèse de Nantes)
Cathédrale Saint-Pierre de Nantes : Chapellenie des Trois-Maries (ADLA, G 185) – \ » Maison des Trois Maries \ » près de la rue des Carmelites.
Chapellenie des Trois-Maries à Saint-Aignan (Loire-Atlantique)
La troisième des trois fontaines du sanctuaire marial de Gouézec (Finistère) est placée sous la protection des Trois Maries [ lien ] (Merci à André-Yves Bourgès par cette référence
Le culte des Trois Maries reste très présent dans la maison ducale bretonne durant tout le Moyen Âge.
A lire sur le sujet : différents messages sur la liste de discussion : La Bretagne au Moyen Âge (André-Yves Bourgès, Pierre-Yves Quémener, Amaury de La Pinsonnais …)
PAGES ANNEXES
Auteur du blog : Jean-Luc DEUFFIC




