29 Nov 2012
Jean-Luc Deuffic

Vente Artcurial du 4 décembre 2012 : Collection Liuba et Ernesto Wolf

Artcurial : COLLECTION LIUBA ET ERNESTO WOLF – 4 décembre 2012
Expert : livres et manuscrits : Bernard Clavreuil

Lot 38

Livre d’heures à l’usage de Rome. Bruges, 1430-1440. 90 x 70 mm. 162 f. [ catalogue ]
Lot 39
Livre d’heures à l’usage de Rouen pour la famille Allorge
Superbe manuscrit sur parchemin. Rouen, vers 1440, 1470-1480, 1502. 210 x 145 mm. 137 f.
Plusieurs campagnes dans la décoration : miniatures attribuées au Maitre de Talbot, à Robert Boyvin, et à un peintre rouennais [ catalogue ]



D’argent, au chevron de gueules accompagné de 3 têtes de coq de sable crêtées et barbées de gueules, au chef de gueules semé d’abeilles d’or à trois ruches brochantes du même


De gueules à trois gerbes d’or accompagnées de 9 molettes de même (Allorge)

Lot 40
Heures à l’usage de Rome
Florence, vers 1485-1490. 87 x 65 mm. 84 f. [ catalogue ]
Lot 43
Office des morts. Manuscrit enluminé sur parchemin
Paris, vers 1493-1500. 130 x 90 mm. 52 f. Miniature attribuable au Maître d’Étienne Poncher [ catalogue ]
Lot 48
Hore intemerate Virginis marie secundum usum Romanum
Paris, 2 juillet 1505. Anonyme. In-8° gothique. 154 x 100 mm. 134 f. Provenance : Louise de La Vieuville, carmélite, fille de Charles Ier de La Vieuville (1583-1653) et de Marie Bouhier de Beaumarchais (v. 1605-1663) [ catalogue ]
Lot 49
Heures à l’usage de Rome imprimées sur vélin
Paris, Gilles Couteau pour Guillaume Eustace, 1513. In-8° gothique. 203 x 125 mm. 119 f. [ catalogue ]

ARTCURIAL Briest – Poulain – F. Tajan
http://www.artcurial.com
fwanecq@artcurial.com

28 Nov 2012
Jean-Luc Deuffic

Vers un colloque attendu : l’abbaye prémontrée de Beauport, en Bretagne


C’est un constat un peu décevant mais objectif. L’histoire des chanoines réguliers en Bretagne – et de leurs confrères associés, les Prémontrés -, n’a guère été vraiment abordée par nos historiens. Pourtant leur implantation dans la péninsule reste remarquable avec d’importantes fondations. André Chédeville en a fait une excellente présentation dans son étude sur \”Les chanoines réguliers augustins en Bretagne au XIIe siècle : des proto-mendiants ?\”, dans l’ouvrage collectif : Religion et mentalités au Moyen Âge, Mélanges en l’honneur d’Hervé Martin, PUR, Rennes, 2003, p. 133-144.
Je me sens quelque peu concerné, l’abbaye Notre-Dame de Daoulas, sur laquelle je travaille depuis déjà quelques années, tient un rôle particulier dans ce mouvement canonial des XI/XIIe s. Au reste, son histoire a croisé à plusieurs reprises celle de Beauport. Un de ses grands abbés, Guillaume Le Lay (1468-1502), était issu des Prémontrés du Goëllo, dont il avait été le bailli. Au XVIIe siècle, le rapprochement des deux abbayes fut même envisagé (voir : Gaëlle Demanet, \”Beauport et Daoulas : ou l’impossible union de deux abbayes (1677-1719)\”, dans les Cahiers de Beauport, 2006, 11, p. 4-13)

Aussi l’initiative conjointe du Centre de Recherche Bretonne et Celtique de Brest et de l’Université de Toronto d’un programme scientifique doit être soulignée avec enthousiasme : Un scriptorium et son époque : les chanoines de Beauport et la société bretonne au Moyen Âge

C’est dans le cadre de ce projet que se tiendra en 2013 le colloque international :
BEAUPORT : UNE ABBAYE PRÉMONTRÉE AU MOYEN ÂGE
UNIVERSITE DE BREST-ABBAYE DE BEAUPORT : 13-14 JUIN 2013

Plus de 800 ans après sa fondation par le comte Alain de Goëlo en 1202, l’abbaye de Beauport, malgré les nombreuses vicissitudes qu’elle a connues, s’élève toujours fièrement face à la baie de Paimpol. Les chanoines qui la peuplaient ont depuis longtemps quitté les lieux, mais l’édifice n’a rien perdu de sa splendeur malgré l’effondrement des voûtes. Délesté de la végétation qui l’encombrait, consolidé depuis déjà plus de vingt ans, l’édifice longtemps oublié se restaure et s’offre de nouveau à l’admiration des visiteurs qui, à la suite de Prosper Mérimée au début du XIXe siècle, s’y pressent désormais en grand nombre.

Le monument, toutefois, n’a pas révélé tous ses mystères ni dévoilé toutes ses richesses : artistique tout d’abord avec son impressionnante salle des ducs, archivistique ensuite avec les centaines de liasses de parchemins qui dorment encore aux archives des Côtes d’Armor, historiques ensuite, d’une histoire qui ne se limite ni au Moyen Âge ni à la vie conventuelle, mais s’étend jusqu’au XIXe siècle, spirituelle enfin, comme résidence d’une congrégation qui a desservi de nombreuses paroisses bretonnes.

L’édition des actes médiévaux de l’abbaye assurée par une équipe de chercheurs franco-canadien commencée en 2012 a permis de collecter de nombreuses informations qui ont renouvelé l’histoire de ce lieu : histoire d’une fondation monastique, histoire d’une société d’aristocrates et de paysans qui gravitèrent autour de ce pôle économique, histoire d’une congrégation, celle des Prémontrés, peu étudiée pour la Bretagne, mais qui y a joué un rôle important, histoire mémorielle d’un site qui a impressionné au fil des siècles, écrivains et artistes. Ce sont tous ces aspects que l’on a voulu placer au cœur d’un grand colloque international qui se tiendra le 13 et 14 juin 2013 sur les lieux même qui ont accueilli les premiers chanoines.

L’étude de ce site sera l’occasion aussi de mettre en parallèle l’organisation, les pratiques, les usages adoptés par les chanoines avec ceux des autres communautés installées en Normandie, Picardie, Nord…,une diversité des regards et des approches associant spécialistes d’histoire de l’écrit, archéologues, historiens, linguistes, historiens de l’art, nécessaire pour éclairer d’un jour nouveau l’histoire de ces communautés au moyen âge. Celles-ci peuvent se regrouper autour de trois articulations : 
* une abbaye au miroir de ses sources au Moyen Âge
* une abbaye prémontrée en Bretagne ( XIII-XVe siècle)
* l’action des Prémontrés et des chanoines réguliers au Moyen Âge : rapport à l’écrit, encadrement des fidèles, aménagement de l’espace, liens avec l’aristocratie…

Appel à communications
Le colloque se tiendra à Brest et à Beauport, les 13-14 juin 2013.  Les communications pourront se faire en français et en anglais. Elles seront réunies et feront l’objet d’une publication. Vous pouvez nous envoyer vos propositions de communications à cette adresse. 
Cédric JeanneauClaude Evans
Université de Brest – CRBC-Université de Toronto

Abbaye de Beauport
Centre de Recherche Bretonne et Celtique (Brest)
Université de Toronto
Présentation du projet : Un scriptorium et son époque : les chanoines de Beauport et la société bretonne au Moyen Âge [ pdf ]

25 Nov 2012
Jean-Luc Deuffic

Une épitaphe inédite du duc de Bretagne François II (+ 1488)

Epitaphe du feu duc Françoys de Bretaigne

Je suis nommé Françoys, qui en la maison de France
Par le feu bon roy Charles norry de mon enfance
Mes honneurs, et grans biens de sa grace receuz.
Apres la mort Arthus, duc de Bretaigne fuz
Le roy Loys XIe pere du roy regnand
Charles du nom, VIIIe me greva durement
Plusieurs foys m’en hay, mais a luy resistay
Contre son filz puissant en la fin j’en (?) n’ay
Riens ne ma valu, Nantes, Feugeres, Saint Malo
Toute Basse Bretaigne, ne le pays galo
Ne tous mes aliez ne m’ont peu secourir
Quil n’ait faict en ma terre par toust son ost avoir
Sur moy a conqueste le pays tout en tour
Au contre son effors ny ay sceu donner tour
Victoire a heu sur moy, Dieu la ainsi permis
Dont a traicté de paix me rengay, et soubmys
Mays lors que je cuydoye paisible user mes jours
La mort anticipa de ma vie le cours
En septembre rendi mon ame a Dieu lassus
L’an mil, et IIIIc octante, et huict escheuz,
A Nantes fust mon corps mys dessoubz cest lame,
Vous qui cecy lires priez Dieu pour mon ame.
Amen.

L’épitaphe contenue dans le manuscrit Paris, BnF, Fr. 3939, f. 8v, retranscrite ici avec l’aimable concours de Michael Jones n’a, me semble-t-il, jamais été publiée. Elle fait partie d’un important recueil de pièces en prose et en vers du XVIe siècle, pourtant connu des chercheurs.
Le duc François II mourut à Couëron le 9 septembre 1488.

Manuscrit numérisé sur Gallica


Cathédrale de Nantes : tombeau de François II, duc de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix, commandé par Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents, initialement placé dans la chapelle des Carmes à Nantes.
Site de la cathédrale de Nantes
Wikipédia


François II sur l’ancien vitrail des Cordeliers de Nantes [ Gallica ]

Biblio :
M. Jones, \”En son habit royal\”: le duc de Bretagne et son image vers la fin du Moyen Âge, dans Représentation, pouvoir et royauté à la fin du Moyen Âge. Actes du colloque organisé par l’Université du Maine les 25 et 26 mars 1994, Blanchard, Joël [Publ.]. Paris (1995), p. 253-278. 
Murielle Gaude-Ferragu, D’or et de cendres : La mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Âge, Lille, PUS, 2005, p. 238sq.


Sceau équestre de François II, duc de Bretagne


François II (1458-1488). AVERS : + *FRAnCISCVS* DEI* GRACIA* – BRITOnV* DVX* R. Cavalier galopant à droite.

REVERS : + *DEVS* In* ADIVTORIVm* mEVm* In* TEnDE* R*. Croix feuillue et tréflée accostée de quatre mouchetures d’hermine.
[ Source ]

Testament du duc François II
(septembre 1488)

À tous ceux qui ces présentes lettres verront & orront salut en NS. Pardevant moy Gilles de la Riviere vischancelier de Bretaigne, doyen de Nantes & archidacre de Rennes, protonotaire du S. siège Apostolique, en la présence des tesmoins souscripts, très haut, très excellent & très puissant prince François, par la grâce de Dieu Duc de Bretaigne, Comte de Montfort, de Richemont , d’Estampes & de Vertus, gissant au lit de maladie & sain de pensée & mémoire, comme apparoissoit, considérant la instabilité de nature humaine, & que chacun est subjet à un tribut infaillible de mort corporelle, de sa certaine science & propos délibéré, voulut disposer par manière de testament & derniere volonté des biens que Dieu luy avoit donné au salut & remède de son ame & de ses amis vivants & trespassez, à l’onneur de la glorieuse Trinité, le Père, le Fils & le Saint Esprit, a fait sondit testament en la forme & manière qui enfuit. Premièrement il a recommandé son ame à Dieu, nostre Créateur, en priant la pretieuse Vierge Marie, les benoists saints & saintes de Paradis & singulièrement Monsieur saint François, donc portoit le nom, estre pour luy envers Dieu intercesseurs a impetrer pardon & rémission de les péchez. Item a ordonné que lors que l’ame de luy sera d’avec le corps séparée, ledit corps soit mis à sépulture ecclésiastique a l’Eglise du convent des Carmes de Nantes prés du lieu ou gist le corps de feue de bonne mémoire Marguerite, naguères duchesse de Bretaigne, première femme dudit testateur… [ source ]

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