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3 Sep 2014
Jean-Luc Deuffic

Southern France Illuminated Juridical Manuscript Production

Edmondo Danti nous annonce la naissance d’une nouvelle page Facebook concernant la production des manuscrits juridiques enluminés dans le Midi de la France :  Southern France Illuminated Juridical Manuscript Production

ADRESSE


Coimbra BU 722. Dominique de Sancto Geminiano, Commentaire sur les Décrétales. Manuscrit ayant appartenu à l’évêque breton de Carcassonne Jean du Chastel.

3 Sep 2014
Jean-Luc Deuffic

La BnF lance un appel aux dons pour l’acquisition du manuscrit royal de François Ier

Le 26 août, la BnF lance jusqu’au 28 novembre 2014 un appel aux dons pour l’acquisition du manuscrit enluminé Description des Douze Césars avec leurs figures (Tours, vers 1520), classé Trésor national.
Ce manuscrit exceptionnel, enluminé par le grand Jean Bourdichon, est selon toute apparence une commande de François Ier pour servir de cadeau diplomatique. Appartenant à une série de trois œuvres presque similaires, ce manuscrit, le plus beau des trois, serait donc le seul à pouvoir rejoindre les collections nationales françaises.
Diffusé sur le site bnf.fr et relayé par une campagne de publicité dans la presse, cet appel aux dons permettra de réunir une partie des fonds nécessaires à l’acquisition. Il s’agit de la deuxième souscription publique initiée par la Bibliothèque après celle menée avec succès en 2012 pour le Livre
d’heures de Jeanne de France. Les donateurs peuvent effectuer un don en ligne sur mecenat.bnf.fr.
L’appel aux dons est ouvert jusqu’au 28 novembre 2014.

29 Juin 2014
Jean-Luc Deuffic

Qui cest escript a droit verra / Nom et seurnom y trouverra

G A L L I C A vient de mettre en ligne un exemplaire de la Consolation de la philosophie de Boèce, dans une traduction jadis attribuée à tort à Charles d’Orléans, erreur que Léopold Delisle a dissipée. L’intérêt de ce manuscrit (Paris, BnF, Nlle acq. lat. 1982) est de nous donner le nom du copiste et celui tout aussi précieux du destinataire en acrostiche \ »Jehan de Langres esmailleur\ ». Le copiste Raoulet d’Orléans est bien connu (1) ; le destinataire a laissé son nom dans la liste des orfèvres de la \ »monnaie de Paris\ » :

Ce jour (1er mars 1401), Jehan de Lengres fit le serment de bien et loyaument exercer en sa personne l’office de la taille des fers de la monn° de Paris, et que aucuns fers il ne baillera ne fera, se n’est aux gardes de lad. monn° et sy ne exercera fait de change.

En 1402,

Jehan de Langres, tailleur des coings de la monnaie de Paris, reçoit 9 livres tournois pour avoir fait quatre paires de fers à gettouers d’argent, pour Ysembart Martel, Miles Baillet, Jean Chanteprime et Gui Chrestien.


Transcription :

C’est le congie de lescrivain.
Icy en droit fine Boece,
En qui pevent trouver l’adresce
Homs et femmes, par ses recors,
A sauver leurs ames et corps.
Non pas eulz laissier tourmenter
De desespoir, ne seurmonter
En orgueil lort pechie terrible,
Le plus grief de tous et horrible ;
Ainçois est d’avoir pacience.
Nuit et jour, et querre science
Glorieuse pour Dieu amer.
Requérir, servir, honnorer.
Et la doulce vierge Marie,
Sur tous les cielx d’ange chierie,
En qui divine pourveance
Se mist et ot double substance
Merveilleuse pour nostre amour,
Ausquelx prierons sans demour.
Jointes mains, que ilz gardent d’yre
Li vaillans homs qui flst escrire
Le livre assez bien compassez.
Et les ames des trespassez
Vueillent garder de maulx liens.
R. dit Amen d’Orliens.
Qui cest escript à droit verra,
Nom et seurnom y trouverra.

NOTES
(1) Wolfgang Oeser, \ »Raoulet d’Orléans und Henri du Trévou, zwei französische Berufsschreiber des 14. Jahrhunderts und ihre Schrift\ », dans Archiv für Diplomatik, Schriftgeschichte, Siegel- und Wappenkunde, 42, 1996, p. 395-418. H. Rouse & M. A. Rouse, Manuscripts and their Makers, H. Miller, 2000, 1, p. 273–279 ; 2, p. 121–122. Quelques colophons de Raoulet d’Orléans : Bénédictins du Bouveret, Colophons de manuscrits occidentaux des origines au XVIe siècle, Volume 5, p. 186 sq. [en ligne]

A VOIR
Paris, BnF, Nlle acq. lat. 1982 sur Gallica
ARLIMA (Laurent Brun)
Léopold Delisle, \ »Anciennes traductions françaises de la Consolation de Boëce conservées à la Bibliothèque nationale\ », dans Bibliothèque de l’école des chartes, t. 34, 1873, p. 5-32 [en ligne sur Persée]

14 Juin 2014
Jean-Luc Deuffic

Le Landernéen « Charles de Rochemagne le Rouss », capucin, converti à la religion réformée (1619)

Traquant ex-libris et anciennes provenances, j’ai fait la rencontre récente d’une plaquette de 14 pages in-8° (non encore examinée) dont le titre en lui-même est assez significatif pour être publié entièrement :

Declaration de Charles de Rochemagne Ie Rouss, natif de Landernau en Basse Bretaigne, ci-deuant Capucin au conuent des Capucins de Chasteleraud, faite publiquement en l’Eglise Reformée dudit lieu, le Dimanche 22 de Septembre 1619. Ou sont contenues les raisons et motifs pour lesquels il a abjuré ses voeuz monastiques, et s’est retiré de dessous Ie joug de la Tyrannie Papale. Ne jugez point selon l’apparence, mais jugez d’un droit iugement. I Jean, 7 24. A Lodvn de l’impression de La-Barre, 1619.

Référence prise dans les Kerkhistorisch archief, volumes 1 à 2, Amsterdam, 1857, p. 414, le seul exemplaire connu, semble-t-il, se trouve aujourd’hui conservé à l’Université de Leiden (Special Collections (KL) Bibliotheque Wallonne, BIBWAL I 124: 1 ). Il y eut un second tirage, puisque les exemplaires de Paris, BnF (D2- 10764) et de la BM de Toulouse (Fa D 19218 (63), datés de 1620, offrent un libellé quelque peu diffèrent :

Declaration de Charles de Rochemagne le Rouss. natif de landerneau en Basse Bretagne cy devant Capucin au couvent des Capucins de Chasteleraud, faite publiquement en l’église réformée dudit lieu, le… 22. de janvier 1620. Où sont contenues les causes et motifs pour lesquels il a abjuré ses voeux monastiques et s’est retiré de dessous… la tyrannie papale. Jouxte la copie imprimée à Loudun, 1620.

« Charles de Rochemagne le Rouss », se dit natif de Landerneau. Le patronyme Rochemagne est inconnu à la Bretagne : s’agit-il d’une traduction française d’un nom breton (Rochemeur, Rosmeur ?) Probablement s’appelait-il « Le Roux ». Malheureusement nous n’avons pas trouvé trace de sa naissance à Landerneau, seuls les registres paroissiaux de la paroisse de Saint-Thomas remontent au-delà de 1600. Il ne fit certainement pas profession chez les Capucins de l’ancienne cité léonarde, puisque l’installation du couvent de cette ville ne date que de 1633. Il rejoignit donc celui de Chatellerault fondé en 1612 dans le faubourg Sainte-Catherine.
Quoiqu’il en soit, après sa conversion, Charles de Rochemagne, s’installa à Vitré, un des grands pôles, avec Nantes, du calvinisme breton (http://protestantsbretons.fr/histoire/etudes/questions-sur-vitre-1/)
En effet, son nom se retrouve dans les registres de l’église réformée de Vitré, à la date du 12 juillet 1620 (1), quand il se marie avec Anne Chapelais, née le 12 mars 1597 de Guy Chapelais, sieur de la Vigne, tailleur d’habits et de Judith de Launay.
Plusieurs enfants naîtront de son union avec Anne:
Elisabeth, 12 avril 1621
Charlotte, 11 mars 1622
Philippe, 5 avril 1624
Jeanne, 25 juin 1625
Marie, 18 novembre 1626
Philippe, 26 juillet 1628
Charles, 28 décembre 1630
Anne morte le 5 mars 1634, Charles de Rochemagne se réfugie par la suite à Guernesey, où il mourut à un âge très-avancé, en mars 1672 : 

Il remplissait dans l’église paroissiale de Saint-Pierre-Port l’office de Lecteur, c’est-à-dire de celui à qui il appartenait de lire les saintes Ecritures, de conduire le chant, et d’aider le ministre dans quelques-uns de ses devoirs. Il était aussi maître de l’école paroissiale. Il s’est remarié deux fois à Guernesey, d’abord en avril 1641, à Jeanne Arthur, et puis en mars 1653, à Marguerite Hodon  (Bulletin archéologique de l’Association bretonne, 1877, p. 33).

Gilles-André de La Roque de La Lontière, dans son Histoire généalogique de la maison de Harcourt, 1662, p. 622-623, fait mention de « Charles de Rochemagne Breton, en la généalogie manuscrite qu’il a publiée de la maison de Montgommery », qui sans aucun doute, se rapporte à notre personnage.

NOTE
(1) Je remercie Jean-Claude Bourgeois (groupe Généalogistes du Finistère) pour une précision concernant cette date.

BIBLIO
Paul Paris-Jallobert, Anciens registres paroissiaux de Bretagne: baptêmes, mariages, Volume 1, Eglise protestante de Vitré, Rennes, 1890,, p. 25, 140.
LIENS
Le blog de Jean-Yves CARLUER : Les Protestants bretons
LE PROTESTANTISME EN BRETAGNE AUX XVIe, XVIIe & XVIIIe siècles, par Jean-Luc TULOT

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