16 Mar 2015
Jean-Luc Deuffic

« Reliques » d’un Livre d’heures et jeu de piste : en passant par le Lorraine …

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Pratique que nous ne pouvons accepter, mais hélas toujours et de plus en plus en usage, le « dépeçage » d’un Livre d’heures a mis sur le marché des ventes publiques (en l’occurrence ebay) deux feuillets d’un manuscrit du XVe siècle portant les mois de juillet et août. Sur celui de juillet, une longue note permet d’identifier un couple, Elisabeth de Sechamps et Jacques Cogney, attesté dans la région de Châtel-sur-Moselle, dans les Vosges :
Lan mil six cent trente et sept mourut
Elisabeth de Sechamps le lundis sysieme
du mois de julêt a deux heures apres
midis age de soxsante deux ans et est
mort a Chastel sur Mouselle enteres
a lospitalle Dieu luy fasse bonne resurrèsion
Elle avoit pour espous noble Jacques
Cougney
de Chastel qui la conduite a
//

Le plus ancien souvenir de la famille de Cogney date de 1540. En 1540, Antoine de Cogney est receveur à Châtel-sur-Moselle. Son fils Claude demeurant aussi à Châtel, fut ennobli par le duc Charles III, sur la demande de la duchesse de Brunsvich en 1575. Il porte d’azur à la fasce d’or, accompagnée de trois macles d’argent, deux en chef et une en pointe, et pour cimier, deux pennes aux armes de l’écu.
Au XVIIe siècle, cinq chefs de famille portent ce nom de Cogney, à Châtel-sur-Moselle. Le seigneur Pierre de Cogney qui devint maître de Taintrux et de Fraize, était sûrement un descendant de ces Cogney de Châtel, car les armoiries sont les mêmes. Nous ne pouvons savoir comment un membre de cette famille devint seigneur d’Arry et conseiller du roi en son parlement de Metz, ce qui est certain, c’est que Pierre de Cogney devint l’acquéreur des possessions vosgiennes des deux familles de Crehanges et de Ribeaupierre. Il est certain aussi que ces sires de Cogney étaient dès le XVIIe siècle les régisseurs du château de Taintrux. Ils l’habitaient au nom des Créhanges leurs suzerains. Ayant acquis fortune et quartiers de noblesse, ils en devinrent de la façon que nous venons de voir, les seuls propriétaires. La preuve en serait dans l’acte de 1580, au sujet des limites de la montagne de Strazy. Le procès porté à la cour de Lorraine était entre les habitants de Clefcy et de Bar-le-Duc d’une part, et le sieur de Cogney, seigneur de Fraize, d’autre part On voit que déjà au XVIe siècle les Cogney étaient considérés comme seigneurs, car de longue date ils administraient la seigneurie.

(Source : Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 25e année, 1899-1900, p. 260-261).
\ »Elisabeth de Sechamps\ » doit être apparentée aux seigneurs de Seichamps, fief relevant de la Châtellenie et du Bailliage de NANCY.


Armoiries de la famille Cogney : Ambroise Pelletier, Nobiliaire ou armorial général de la Lorraine et du Barrois, t. I, Nancy, 1758, p. 135.

Je remercie Simone Chaplain, vice-présidente du Cercle Généalogique Vincey Epinal (LANGLEY) et son collègue Alain Claude, pour l’aide qu’ils m’ont apportée pour identifier les personnages de cette note.

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3 commentaires

  • Poirot COGNEY vivait en 1509 à Châtel-sur-Moselle. (Registre manuscrit B 4172, folio 1 verso, aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, à Nancy).

    Mengin COGNEY était receveur du duc de LORRAINE à Châtel-sur-Moselle en 1518-1519 (Registres manuscrits B 4173 et B 4174 aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, à Nancy).

    • Merci, cher Monsieur, pour l’ensemble de vos commentaires.

  • Élisabeth de Séchamps (° ca 1574 hors de Lunéville, † le lundi 6 juillet 1637 à 14h à Châtel-sur-Moselle, puis inhumée en l’hôpital de cette ville) était manifestement fille d’Adam de Séchamps (° avant 1555, † le 24 décembre 1599 en la paroisse Saint-Jacques de Lunéville), prévôt de Lunéville et archer des gardes-du-corps du duc Charles III de LORRAINE [1543-1608] en 1576-1591, anobli par lettres patentes données par le duc le 21 février 1591 à Nancy, en considération des services qu’il avait rendus à ce souverain en ses deux charges, avec nouvelles lettres du 2 février 1593 portant mandement aux gens de la cour des Comptes de Lorraine de procéder à l’enregistrement des premières moyennant 200 écus sols valant 450 livres tournois, et de son épouse damoiselle Anne CHARPENTIER († le 29 juillet 1617 en la paroisse Saint-Jacques de Lunéville). Les Séchamps ou Seichamps olim Gissam portaient : « d’azur, à un membre de lion armé de gueules, surmonté de trois croissants montants d’argent rangés en chef, l’escu cimé d’un membre de lion tenant un croissant d’argent entre deux ailes d’azur et d’argent. »

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