21 Août 2010
Jean-Luc Deuffic

Les Heures de Gilles de La Helandière et de Gabrielle de Beauvais : New York Public Library MA 42


(c) New York, Public Library MA 042, f. 23

Toujours à la recherche de manuscrits issus de Bretagne, Digital Scriptorium, la base bien connue, vient de nous livrer un nouveau Livre d’heures ayant appartenu à un couple de Bretons : Gilles de La Helandière et Gabrielle de Beauvais, actuellement conservé à la Public Library de New York (MA 042)

Le Nobiliaire de P. de Courcy fait effectivement mention d’une famille de ce nom, seigneur dudit lieu et de Maltouche, paroisse de Tremblay ; de Beauvais, paroisse de Servon, déboutée à la Réformation de 1671 (Ressort de Rennes) et portant pour armes : D’argent à la bande de gueules chargée de 3 fleurs de lys d’or (Nobiliaire de Bretagne, II, p. 19).

Sur ce couple je n’ai retrouvé que l’information précieuse donnée par les Archives d’Ille-et-Vilaine (9 G 46; 1 H 5) et transmise par le Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, de l’abbé Guillotin de Corson : le 12 janvier 1647, Gabrielle de Beauvais, veuve de Gilles de la Hellandière, sieur de Saint-Denis, fonda trois messes en l’église de Servon et donna les terres de la Grande et de la Petite-Bretonnière, valant 60 livres de rente, au chapelain chargé de les desservir ; celui-ci devait, en outre, fournir le pain bénit le jour des Rois.
L’abbé Paul Paris-Jallobert, dans ses Anciens registres paroissiaux de Bretagne (pour \”Servon\”, Rennes, 1895, p. 8-9) fait aussi mention du couple , et cite deux enfants : Renaud, né le 11 novembre 1601, et Charles, né le 27 avril 1603, nommé en 1631 \”sieur de la chapelle\”. Renaud, sieur de Beauvais, fut sénéchal du Gué, et se maria, à Landravan, le 26 novembre 1624 (?) à Marie Nicole, dame de la Chochonnais, meurt le 4 février 1670.
De la famille de Beauvais était issu Noble homme écuyer Amaury, sieur de la Rivière, Villalée, la Chesnay, le Fail, la Saigerfe, la Chaisne, attesté à la fin du XVIe s. Gabrielle de Beauvais avait \”nommée\” le 2 juillet 1629 une Gabrielle, fille de Jacques de Montalambert et de Fraçoise de La Hellandière (Paris-Jallobert, \”Québriac\”, Rennes, 1891, p. 9

Le moulin à papier de la Helandière (en Tremblay), sur la rive gauche de la Loisance, dont l’activité est attestée depuis 1655 à l’époque de René de La Helandière, a été étudié par Jacques Duval, dans ses Moulins à papiers de Bretagne, L’Harmattan, 2005, p. 135sq.

On trouvera sur le site Digital Scriptorium une description et quelques images du Livre d’heures donné comme étant à l’usage de Coutances (??).
La reliure y est datée de 1550 et porte les noms des deux époux : \”E (pour écuyer?) : Gilles de la Helandiere\” et D : Gabrielle de Beauvais\”. Provenance : Catalogue Robert L. Stuart, New York 1884, p. 74.
Sur la feuille de garde  : \”Ces Heures Manuscrites sont très curieuses; elles contiennent 1072 lettres majuscules en or, sur lesquelles il y a 173 lettres enluminées. Ce grand nombre de lettres rend très précieuse et très cher ce manuscrit\”.
En 1873, le manuscrit est inscrit au Catalogue de livres anciens et modernes, rares et curieux de la Librairie Auguste Fontaine (n° 8788) :
Livre d’heures manuscrit du quinzième siècle, de 149 feuillets, orné de cinq grandes miniatures avec enluminures, neuf pages enluminées, avec de grandes lettres, et de nombreuses lettres avec fleurs et or bruni, sur les marges. Ce manuscrit, d’une écriture fort belle et régulière, est précédé d’un calendrier dont quelques saints et saintes sont particuliers aux provinces de Normandie et de Touraine. C’est un manuscrit de famille, qui a appartenu à Gilles de la Helandière, et à Gabrielle de Beauvais, son épouse, au commencement du dix septième siècle. Les miniatures représentent la sainte Vierge et sainte Anne, — le roi David à genoux devant Dieu le Père, qui lui apparaît, — le Christ en croix, — le Don des langues, — et un Prince frappé par la mort. Ce dernier sujet ne se trouve guère dans les manuscrits.
Le premier feuillet après le calendrier a été enlevé. A la fin du livre se trouvent douze feuillets d’un autre manuscrit, comprenant un calendrier et des prières, d’une écriture plus fine, à deux colonnes. En tête de chaque page du calendrier on remarque des légendes se rapportant aux travaux du mois : en janvier, poto, je bois; en février, ligna cremo, je brûle mon bois; en mars, de vite superflua demo, je taille la vigne; en avril, gramen gralum, agréable gazon ; en mai, mihi flos servit, la fleur m’est utile ; en juin, mihi pratum, je tiens mon pré; en juillet, fenum declino, je recueille le foin ; en août, messes meto, je coupe les moissons ; en septembre, vina propino, je bois le vin; en octobre, semen immi jacio, j’ensemence la terre; en novembre, mihi pasco sues, je fais paitre les porcs ; en décembre, mihi macto, je les tue.

Illustration : Visitation. (c) New York, Public Library MA 042, f. 23

Leave a comment

You must be logged in to post a comment.