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21 Déc 2012
Jean-Luc Deuffic

Joyeux Noël et belle et heureuse année !


Grandes Heures d’Anne de Bretagne. © Paris, BnF, Lat. 9474 [ Gallica ]

24 Juin 2012
Jean-Luc Deuffic

Marmoutier et la gloire de saint Malo


(c) Archives départementales d’Indre-et-Loire, 1 I 22, f. 14v. Bréviaire noté à l’usage de Marmoutier, XIe siècle, fête de saint Malo

L’abbaye bénédictine de Marmoutier, fondée sur un ermitage de saint Martin, une des plus importantes du royaume de France, posséda nombre de bénéfices en Bretagne, jusqu’à la lointaine Ile de Sein, sise à l’extrémité ouest du diocèse de Cornouaille (1). Elle produisit de ce fait plusieurs abbés bretons : Guillaume de Combourg, ancien archidiacre de Rennes (1114-1120), Robert de Moguer (1155-1166), Geoffroy de Corseul (1189-1216/7), etc. L’abbaye tourangelle cultiva bien évidemment le culte des saints bretons, et plus spécialement celui de saint Malo, un de nos \”saints fondateurs\”, sans doute le plus vénéré dans toute l’étendue de la Francia, et au-delà. Saint-Malo, église donnée à Marmoutier en 1108 par Benoît, évêque d’Aleth, fut un de ses prieurés importants. De même, saint Malo patronne les prieurés de Marmoutier à Saint-Malo de Dinan (2), et hors de Bretagne, à Saint-Malo de Sablé, dans la Sarthe, où se conservaient des reliques du saint breton. 

Dans la très utile entreprise d’Yves Le Sage de La Haye, Répertoire numérique de la série I. Feuillets et fragments de livres manuscrits avec et sans notation musicale (IXe  – XVIe siècles), Vol. I, Archives départementales, Tours, 2000, p. 43-45 (fichier pdf), est décrit un ensemble composé à partir de couvertures des registres paroissiaux d’Azay-le-Rideau, Berthenay, Mettray, Monts, Noyant, Parçay, Ports, Vallières, Vallères et Veigné, tous datés de 1692, reconstituant ainsi un fragment important d’un bréviaire de Marmoutier. On y trouve, entre autres, une fête en l’honneur de saint Malo donnant en quelque sorte les premiers chapitres d’une version de la vie anonyme du saint breton (début du IXe s.) et non pas le texte bien connu du diacre Bili (fin du IXe s.) :

f. 13v. In festivitate Maclovii episcopi
[Ad Vesperas. Ant.] Triumphalem tante festivitatis gloriam.
[Ad Vigilias] Invit. Regem supernum adoremus (…) mirificavit Maclovium. – Ps. Venite / — In I Noct. Ant. Generosa parentela. — Ant. Parili consanguinitatis. — Ant. Sanctissimum maris. — Ant. O merita pure vite. — Ant. Viro angelico. — Ant. Baptizatis vir sanctus Aletensis urbis. — V. Justum deduxit Dominus / — Lect. I [Vita] Gloriosus confessor Christi Maclovius britannica prosapia. — R. Gloriosus Christi confessor. – V. Parentibus. – Britannica / — Lect. II [idem] Qui dum a puericia litteratorie traderetur discipline sub Brandano. —
f. 14. R. Dum uterque parens. – V. Rerum suarum. – Hunc tamen / — Lect. III [idem] Ad inditium etiam karitatis, ejus in pectore flagrantis. — R. Qui dum studiis litterarum. – V. Tenerrimos innocentie annos. – Et superiores / — Lect. IV [idem] Qui dum ad litus maris. — R. Innocentem puerum super algam. – V. Interminata.
f. 14v – Cum agere / – Gloria. – Cum agere / — In II Noct. Ant. Virginem vita periclitantem. — Ant. Ceca vidua. — Ant. Sancti Leontii puero. — Ant. Pauci fideles. — Ant. Ad urbem. — Ant. Expectantibus populis. — V. Amavit eum Dominus / — Lect. V [idem] Mane autem facto non recuperandi spe. — R. Felix inventus. – V. Duo miracula. – Et lumen / — Lect. VI [idem] Innocentem puerum cui brevis gleba. —
f. 15. R. Beatus Maclovius tribus miraculis. – V. O virum ineffabili. – Dum vite / — Lect. VII [idem] Audistis itaque vicinia. — R. Sanctus videns demoniacam puellam. – V. Exhonerat corpus. – Compatiens / — Lect. VIII [idem] Facto itaque matutinali signo (…) tanti patris se manifestabant meritis impleri. —
f. 15v. R. Ecce admirabilem virum. – V. Ejus intercessio. – Et cujus / — In III Noct. Ant. Qui claris meritis vite tria corpora reddit nos Macute. – Cant. Beatus vir qui in sapientia / — Ev. [Matth.] Homo quidam peregre / In [Commune] Sanctorum. — R. Vir beatus Maclovius cecitate. – V. O magni imperii. – Oleo / — R. O mire abstinentie. – V. Cibo et somno. – Humane / — R. Quantus in sancti pectore. – V. Coetaneis illius hiemali bruma. – Mediis / — R. Audiens pius pastor. – V. Senilia membra. – Non distulit / Ad Laudes. Ant. Beatus Maclovius Sanctonicis finibus. — Ant. Vir beatus se celare cupiens. — Ant. Sanctonice Patrie. — Ant. Auditis vir sanctus parochie miseriis. — Ant. Regressus ergo invenit patriam. — [Ad Bened.] Ant. /

Pour l’étude des anciens livres liturgiques de la cathédrale de Saint-Malo, on consultera l’inventaire dressé en 1790. Il fait état encore de riches éléments, entre autres :

quatre livres d’épistres et évangiles, dont deux anciens et gothiques, les deux autres écrits à la main, tous quatre de bois, revêtus de lames d’argent ouvrées et ciselées en fleurs et figures relevées en bosse, et deus desquels ont été autrefois dorés ; lesquels livres ont été donnés par des évesques très-anciennement et sont armoiés de leurs écussons. Ils se mettent sur l’autel avec les reliques les jours de grandes festes et servent à chanter l’épître et l’évangile …Trois beaux missels reliés en maroquin, dont les coins sont garnis d’argent, et un livre d’oraisons pour l’officiant relié en velours vert garni d’argent. Pouillé de l’archevêché de Rennes, t. 1, p. 696.

(1) O. GANTIER, \”Recherches sur les possessions et les prieurés de l’abbaye de Marmoutier du Xè au XIIIè siècle\”, dans Revue Mabillon, 1963, p. 93-111, 161-167, 1964, p. 15-35, 56-67, 125-136, 1965, p. 32-45, 65-80. G. BEAUCHESNE, Les possessions en Bretagne, aux XIe et XIIe siècles, des abbayes bénédictines de Touraine, d’Anjou et de Normandie, Paris, 1935 (thèse). Roger GRAND, L’Art roman en Bretagne, Paris, 1958, p. 191-198. A paraître :  Daniel Pichot (Rennes 2), \”Les prieurés bretons de Marmoutier (xie-xiie siècles)\”, dans Britannia Monastica (Cirdomoc, Landévennec)
(2) Michel Méheut, \”Le Prieuré Saint-Malo de Dinan\”, dans Le pays de Dinan, vol. 23, 2003, p. 287-302

Sur saint Malo et sa vita (BHL 5116-5124), voir (non exhaustif) :
Dom François PLAINE, \”Vie inédite de saint Malo, évêque d’Aleth\”, dans Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, 16, 1883, p. 137-264.
Arthur DE LA BORDERIE, \”Autre vie de saint Malo écrite au IXe siècle par un anonyme\”, ibid, p. 265- 312.
Louis DUCHESNE, \”La vie de saint Malo\”, dans Revue celtique, 11, 1890, p. 1-22.
L. CAMPION, \”Saint Malo, sa vie d’après une prose d’un missel manuscrit du XVe siècle\”, dans Revue de Bretagne, 1904, p. 64-68.
Arthur DUCHÊNE, \”Étude sur les anciennes Vies de saint Malo\”, Revue Historique de l’Ouest, 1885, p. 61-80, 134-144, 242-264.
Albert PONCELET, \”Une source de la vie de saint Malo par Bili\”, dans Analecta Bollandiana, 24, 1905, p. 483-486.
Ferdinand LOT, \”Les diverses relations de la vie de saint Malo\”, dans Mélanges d’histoire bretonne, 1907, p. 97-206, 287-329, 331-430, 457-476.
J.-R. DU CLEUZIOU, \”La Navigation du moine saint Malo\”, Mémoires de la Société d’Émulation des Côtes-du-Nord, 76, 1957, p. 45-60.
Paul QUENTEL, \”Du nouveau sur deux Saints, Malo et Servan\”, dans Annales de la Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Arrondissement de Saint-Malo, 1977, p. 238-240

Pierre RICHE, \”Translations de reliques à l’époque carolingienne. Histoire des reliques de Saint Malo\”, dans P. Riché, Instruction et vie religieuse dans le haut Moyen Âge, 1981, p. 201-218

Joseph-Claude POULIN, \” Recherches récentes sur les origines du diocèse d’Alet\”, dans Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 58, 1981, p. 23-34. 
David YERKES, \”The Accounts of saint Machutus in the Breviaries of Hyde and York\”, dans Revue bénédictine, 91, 1981, p. 383-385.
David YERKES et Robert BROWN, \”A sermon on the birthday of st Machutus\”, dans Analecta Bollandiana, 99, 1981, p. 160-164.
David YERKES, \”Doing a diplomatic edition of a unique, badly damaged copy : MS. Cotton Otho A, of the Old English Life of Machutus\”, dans Old English newsletter vol. 16, 2, 1983, p. 71-72.
Gwénaël LE DUC, Vie de saint Malo, évêque d’Alet ; version écrite par le diacre Bili. Texte latin et anglo-saxon avec traductions françaises (CeRAA), Rennes, 1979 (Recension F. Dolbeau, dans Analecta Bollandiana, 101, 1983, p. 194-196). 
François DOLBEAU, \”Les sources d’un sermon en l’honneur de saint Malo\”, dans Analecta Bollandiana, vol. 101, 1983, p. 417-419.
Bernard MERDRIGNAC, \”Samson, Malo, Brieuc et les autres ….\”, dans Le Pays de Dinan, 4, 1984, p. 137-155.

Bernard MERDRIGNAC, Recherches sur l’hagiographie armoricaine du VIIe au XVe s. Dossier CeRAA, 1985-1986.
David YERKES, The old english life of Machutus, Toronto/Buffalo/London, University of Toronto Press, 1984 (c. r. de J. R. HALL, dans American Notes and Queries, 23, 1985, p. 125-26) ; \”The provenance of the unique copy of the old english translation of Bili, vita s. Machuti\”, dans Manuscripta, 30, 1986, p. 108-111 ; \”The foliotation of the old english life of s. Machutus\”, dans Florilegium Columbianum, essays in honor of Paul Oskar Kristeller, Italica Press, 1997, p. 89-93.
Joseph-Claude POULIN, \”Les dossiers de s. Magloire de Dol et de s. Malo d’Alet (Province de Bretagne)\”, dans Francia, 17/1, 1990, p. 160-178 [ en ligne ].
Bernard MERDRIGNAC, \”La \”désacralisation\” du mythe celtique de la navigation vers l’Autre Monde : l’apport du dossier hagiographique de saint Malo\”, dans Ollodagos, vol. 5, 1993, p. 13-43.
J.-P. GURY, Vie de saint Malo, évêque et confesseur : édition, traduction et commentaires de la version du manuscrit Lat. 12404 de la Bibliothèque nationale, Brest, 1994, Mémoire de maitrise).
André-Yves BOURGES, \”Passage du diacre Bili à Lanmeur : une source possible de la Vita de saint Malo\”, dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 123, 1994, p. 457-464.
E. GORDON WHATLEY, \”Lost in translation: omission of episodes in some Old English prose saints’ legends\”, dans Anglo Saxon England, 26, 1998, p. 198 sq.
Séamus MAC MATHUNA, \”Contributions to a study of the voyages of St Brendan and St Malo\”, dans The Otherworld Voyage in Early Irish Literature, 2000, p. 157-174.
Jean-Luc DEUFFIC, \”L’exode des corps saints hors de Bretagne : des reliques au culte liturgique\”, dans J.-L. Deuffic, Reliques et sainteté dans l’espace médiéval, Pecia, 8-11, 2005 (2006), p. 355-423.
Essentiel : Joseph-Claude POULIN, L’hagiographie bretonne du haut Moyen Âge, Répertoire raisonné, Thorbecke, 2009, p. 142-198, avec bibliographie, manuscrits.
Mickael Gendry, \”L’immunité du \”monastère de Saint-Méen et de l’île de Malo\” à l’origine de la création de l’évêché d’Alet\”, dans Les dossiers du Centre Régional Archéologique d’Alet, vol. 38, 2010, p. 63-86.
En ligne :
André-Yves BOURGES, Le culte de saint Malo à Agnetz (Oise)

Annexe
Lettre d’Ingelburge, femme de Philippe Auguste, accordant au chapitre de Saint-Maclou de Bar une relique de son patron, tirée du trésor de Saint-Maclou de Pontoise. 1220 (Archives départementales de l’Aube, 7 G 1)

I., Dei gracia Francorum regina venerabilibus viris et amicis suis in Xpisto decano et capitulo S Macuti Barrensis salutem et sinceram in Domino dilectionem. Discrecioni vestre et universitati fidelium notum fieri volumus quod, cum, divina inspirante gracia, quandam antiquissimam capsam que in capella domini regis apud Pontisaram a multis retroactis temporibus fuisse dinoscitur, cum honore et reverencia debita, et invocata Sancti Spiritus gracia, faceremus aperiri ; Deus, misericordiarum Dominus, qui in sanctis suis semper est mirabilis, sanctorum nomina, quorum reliquie in eadem continebantur, tam per scripta superposita, quam per miraculosam rei evidentiam, ad laudem sui nominis dignatus est revelare. Inter quas sanctorum reliquias tres dentes beati Machuti sunt inventi. Quo facto, veniens ad nos karissimus noster frater Cristianus, karissimi domini et mariti nostri regis elemosinarius, humiliter et instanter nobis supplicavit, ut ad preces ejusdem elemosinarii, qui de Barro duxit originem, ecclesiam vestram, cujus esse patronus dinoscitur beatissimus Macutus, ejusdem inventis reliquis vellemus decorare. Nos autem elemosinarii predicti precibus tam pium quam benignum prebentes assensum, unum de sacrosanctis beati Machuti dentibus ad laudem et honorem Dei et ecclesie vestre per presencium latorem duximus transmittendum. Actum apud Sanctum Germanum in Laya anno Domini MCC vicesimo mense julio.

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Reliquaire phylactère de la dent de saint Malo, en argent doré, église de Bar-sur-Aube (Inventaire)

12 Mai 2012
Jean-Luc Deuffic

Litanies de Saint-Magloire de Paris ?

C’est souvent avec circonspection que je fais mention de manuscrits \”dépecés\” … En l’occurrence, aujourd’hui, je signale deux feuillets d’un Livre d’heures ou d’un bréviaire du XVe s. dont les litanies pourraient nous laisser penser à une origine maglorienne du manuscrit, avec la présence des saints Melor / Trémeur, martyrs (ce dernier, très rare), Magloire / Samson, et Ciferian. En effet, l’abbaye de Saint-Magloire de Paris conserva pendant longtemps des reliques de ces saints bretons arrivées à Paris et dans sa région (Beaumont-sur-Oise, Corbeil, etc.) peu avant le milieu du Xe siècle, à la suite des invasions des \”hommes du Nord\” qui dévastèrent la Bretagne.


Biblio : Jean-Luc Deuffic, \”L’exode des corps saints hors de Bretagne : des reliques au culte liturgique\”, dans Pecia 8/11, 2006, p. 355-423.

28 Jan 2012
Jean-Luc Deuffic

Manuscrits médiévaux et marques de provenance

Quelques nouvelles références sur notre site :

Manuscrits médiévaux et marques de provenance

24 Jan 2012
Jean-Luc Deuffic

In memoriam : Louis Lemoine (1943 – † 21 janvier 2012)

Nos pensées vont aujourd’hui vers l’ami Louis Lemoine, décédé à Pleumeur-Bodou, ce 21 janvier 2012. Agé de 68 ans, Louis fut de l’aventure de Landévennec, qui vit, avec le Colloque du cinquième centenaire de l’abbaye Saint-Guénolé, la naissance du Cirdomoc. Sa thèse de doctorat ès-lettres présentée en 1985, sous la direction de Léon Fleuriot,  fut consacrée aux Recherches sur l’enseignement et la culture dans la Bretagne du haut Moyen Âge. Enseignant à l’IUT de Lannion, il s’était spécialisé dans l’étude des scriptoria bretons.

BIBLIOGRAPHIE
(non exhaustive)

\”Note sur les Hisperica Famina et la Bretagne\”, dans Mélanges Hubert Guillotel, Rennes, PUR & Britannia Monastica, 13/14, 2010, p. 215-224. [ lien Cirdomoc ]
\”Paléographie et philologie médiévales : Existe-t-il des \”symptômes armoricains\” ?\” , dans A travers les îles celtiques. A-dreuz an inizi keltiek Per insulas scotticas. Mélanges à la mémoire de Gwénaël Le Duc, Rennes, PUR, CIRDoMoc ; Klask, 2008, p. 185-199.
\”Réécriture de l’Écriture\”, dans Britannia monastica, 9, 2005, p. 13-22. [ lien Cirdomoc ]
\”Autour du scriptorium de Landévennec\”, dans Corona monastica : moines bretons de Landévennec: histoire et mémoire celtiques : mélanges offerts au père Marc Simon (ed. B. Merdrignac et L. Lemoine), Rennes, PUR, 2004, p. 155-164. [ lien Cirdomoc ]
\”La Borderie et l’évangéliaire de Tongres\”, dans Bulletin et mémoires de la Société Archéologique et Historique d’Ille-et-Vilaine, tom. 106, 2002, p. 49-64
\”Contribution à la reconstitution des scriptoria bretons du haut Moyen Âge\”, dans Archivum latinitatis medii aevi, vol. 59, 2001, p. 261-268.
\”Maniérisme et Hispérisme en Bretagne. Notes sur quelques colophons (VIIIe-Xe siècles)\”, dans Annales de Bretagne, vol. 102, 4, 1995, p. 7-16.
\”Signes de construction syntaxique dans les manuscrits bretons du haut Moyen Âge\”, dans Archivum latinitatis medii aevi, vol. 52, 1994, p. 77-108.
\”Notes paléographiques\”, dans Mélanges Léon Fleuriot, 1992, p. 141-147.
\”Symptômes insulaires dans un manuscrit breton de l’Ars de verbo d’Eutychès\”, dans Etudes celtiques, vol. 26, 1989, p. 145-157.
\”Scrutari \”lire\” et pingere \”écrire\”. Note sur le colophon du Vatican Regina 296\”, dans Etudes celtiques, vol. 25, 1988, p. 233-236.
\”Les méthodes d’enseignement dans la Bretagne du haut Moyen Âge d’après les manuscrits bretons : l’exemple du Paris, B.N., Lat. 10290\”, dans Landévennec et le monachisme breton dans le haut Moyen Âge, 1986, p. 45-63.

LIENS
Site du CIRDOMOC

Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec

19 Jan 2012
Jean-Luc Deuffic

Les Heures de René d’Anglure et de Catherine de Bouzey : University of Kentucky Libraries, Kentuckiensis IX

Le professeur Scott Gwara (Université de Sud-Caroline), dont on connait assez la passion pour les manuscrits, m’ayant contacté en vue d’identifier les armes d’un Livre d’heures (composite) de la Bibliothèque universitaire de Kentucky (USA, Special Collections, Kentuckiensis IX), la résolution de l’énigme ne s’est pas faite attendre (note1, voir in fine). Avec le précieux concours de François du Fou, les possesseurs représentés au bas d’une miniature de la Pieta, au f. 128, ont été assez vite reconnus : il s’agit de René d’Anglure et de Catherine de Bouzey,
Mariés le 6 mai 1485 par contrat, René d’Anglure, chevalier, vicomte de Blagny, conseiller et chabellan du roi, et Catherine de Bouzey, fille de nobles personnes Jean de Bouzey, seigneur de Saint-Germain, et de Marguerite de Brions, dame de Givry, portaient respectivement : écartelé aux 1 et 4, d’or semé de croissants de gueules soutenant chacun un grelot d’argent (Anglure), aux 2 et 3, à 3 pals de vair au chef chargé d’une merlette (Châtillon), et : d’or au lion de sable (de Bouzey).
René d’Anglure était le fils de Simon, dit Saladin d’Anglure, vicomte d’Etoge, chambellan de René d’Anjou, chevalier de l’Ordre du Croissant (+ aout 1499) et de (marié en 1458) Jeanne de Neufchâtel, vicomtesse de Blaigny, dame d’Ancy-le-Franc, morte en juillet 1504, fille de Humbert de Neufchâtel, seigneur de Nanteuil-la-Fosse et de Claude de Tannerre, dame de Plancy. 


© University of Kentucky Libraries, Special Collections. Manuscrit Kentuckiensis IX, f. 128. Pieta. Avec la permission de Matt Harris et de ses collègues.

Catherine de Bouzey présentée par sainte Catherine (avec sa roue) ; René d’Anglure par saint René, évêque de Naples (cette partie est très effacée, mais on devine la crosse et la mitre. Voir la totalité du folio).
La prière \”Vray Dieu de pitié et // vous benoiste pucelle …\” me semble inédite. Pour une description plus complète et quelques illustrations voir le site de la Bibliothèque universitaire de Kentucky [ en ligne ]. Curieux manuscrit composé de deux Livres d’heures bien distincts et de date éloignée (XIV et XVe siècles).

La tombe commune des possesseurs du Kentuckiensis IX, René d’Anglure et son épouse, Catherine de Bouzey, peut se voir à Etoges (Champage-Ardenne, France), dans l’église Saint-Sulpice- Saint-Antoine. Sur la dalle de marbre noir se lit cette épitaphe (lecture de Moreri) :

Cy gist messire René d’Anglure en son vivant chevalier vicomte seigneur d’Estoges & de Ferchampenoise ayant la charge & conduite de cent hommes d’armes au service des rois de France en leurs guerres tant en France qu’en Italie aux batailles de Pandin*, Ravenes**, Ecte*** & autres batailles & rencontres qui trépassa le sixième jour d’octobre 1529 & dame Catherine de Bouzey sa femme & épouse dame de Givry en Argongne issue & sortie de hauts & puissans princes messieurs les comtes de Rodemack laquelle trépassa le dixième jour de mai l’an 1527 [* Pavie : 1525 ; ** Ravenne : 1512 ; *** Sainte-Brigitte ] :


[ Source ]

ETOGES, église Saint-Sulpice-Saint-Antoine : tombeau composé de 2 gisants en albâtre et d’une dalle avec épitaphe (restauré) – Le lion, symbole de la force et du pouvoir, est généralement associé à l’homme, alors que pour la femme, l’animal est le lévrier, symbole de fidélité : voir par exemple le tombeau de François II de Bretagne, à Nantes, ou celui de René de Beauvau et Claude de Baudoche au Musée Lorrain  © Inventaire – Merci à François du Fou pour cette remarque.


Armes d’Anglure / Châtillon sur le monument funéraire de François d’Anglure – © Inventaire

BIBLIO : Robert Neuville, Les Gisants de l’église d’Etoges, 1969 (non consulté). – Généalogie d’Anglure, branche des comtes d’Etoge, par Moreri en ligne –  La galerie d’Etoges en ligne

MANUSCRITS EN RELATION

Stockholm, Koninklijke Bibliotheek. Ms. A 228, Heures à l’usage de Cambrai de Marie de Verres et de François d’Anglure, fils de René d’Anglure. 38 grandes miniatures. Notes sur la famille de François d’Anglure. 2 campagnes, dont  ca 1480, atelier de Simon Marmion. Quand la peinture était dans les livres : Melanges en l’honneur de Francois Avril, Brepols, 2007, p. 149-150. Illuminated manuscripts and other remarkable documents from the collections of the Royal Library, Stockholm, Catalogue exposition, juin-sept. 1963, Stockholm, 1963, p. 14. [ Hanno Wijsman : Luxury Bound ]

Paris, BnF, Fr. 20318. Début XVe s. Valère Maxime, trad. de Simon de Hesdin, Faits et dits memorables. Armes d’Anglure / Châtillon dans l’initiale du f. 1.


© Paris, BnF, Fr. 20318, f. 1. Début XVe s. Page frontispice de Valère Maxime, trad. de Simon de Hesdin, Faits et dits memorables
Voir notice du manuscrit sur le site de l’ENC, Miroir des classiques (Frédéric Duval et Françoise Vielliard)


© Paris, BnF, Fr. 25204. Statuts de l’ordre du Croissant, fondé par René d’Anjou (1448), f. 46. \”Messire Saladin d’Anglure Vicomte d’Estauges // & Seigneur de Nogent\”, père de René d’Anglure Base BnF Images.


© Paris, BnF, Fr. 25238 [ source : gallica ] – Merci à François du Fou pour m’avoir signalé ce ms.

GLANES GENEALOGIQUES DES BOUZEY

… Il aurait aussi apparu aux dits commissaires, par une sentence des assises de notre dite province de Vôge du 19 décembre 1435 par le testament du dit sieur Thiriet de Bouzey du 21 avril 1436, et par le partage des biens du 25 novembre. Avant comme aussi par deux autres titres des années 1473 et 1499 que le sieur Guillaume de Bouzey qui avait épousé Jeanne de Malain, et le sieur Liébaut de Bouzey marié à catherine de Thuillières, étaient frères des dits Vautrin et Jean Bougno de Bouzey. Que Barbe de Bouzey aurait épousé le sieur Jacques de Savigny, seigneur de Monthureux, et que Catherine de Bouzey aurait été mariée au sieur René d’Anglure, vicomte d’Estôges et de Bassigny. Le sieur Nicolas de Bouzey, seigneur du dit Boouzey, du Ballion de Saint Elophe et de Brancourt voulant imiter ses ancêtres aurait épousé Didière de Barezey, dont il aurait eu le sieur Mengin de Bouzey, auquel il aurait inspiré ses sentiments, ce qui aurait été reconnu par l’alliance qu’il aurait contracté le 30 juin 1496 avec damoiselle Adeline de Salvan, fille du sieur Jeannon de Salvan, seigneur de Valleroy aux Saules, et de dame Adeline d’Autrey son épouse, le sieur Jean de Bouzey, seigneur de Dombrot et de Saint Germain, fils du dit Jean Bougno de Bouzey et petit-fils de thiriet de Bouzey, les sieurs Georges de Savigny, Jean du Moustier et François de la Vaux, auraient assisté à la passation de leur contrat de mariage, par lequel il aurait été stipulé, qu’en considération d’une donation de dix huit mille francs de préciput qui aurait été faite à la dite Adeline de Salvan par ses pères et mères, les enfants qui naîtraient de leur mariage seraient tenus et obligés de porter les noms et armes de la Maison de Salvan, et ne pourraient reprendre celui et celles de Bouzey qu’en cas que la ligne collatérale de la Maison du dit Bouzey viendrait à s’éteindre, ce qui aurait été observé par le sieur Jean de Bouzey, leur fils, seigneur du dit Bouzey qui aurait commencé à porter le nom de Salvan, pour lors éteint, il aurait épousé damoiselle Antoinette de Montfleur, fille du sieur Georges de montfleur, seigneur de Fontenoy les Montbozon, et de dame Marguerite de Pauyette, et dans la passation de leur contrat de mariage du 28 juin 1547… [ source ]

LIENS

<> La page de Scott Gwara
<> Le département Special Collections de l’Université de Kentucky

<> Abrégé de la vie de saint René, évêque d’Angers ; par l’abbé René[ numérisé sur Gallica ]

© Paris, BnF, Latin 1156A, f. 61. Ca 1435. Heures de René d’Anjou : saint René et portrait de Louis II d’Anjou. Maître de Rohan.

POSTSCRIPTUM
(1) François AVRIL me fait savoir qu’il avait déjà lui-même identifié René d’Anglure et Catherine de Bouzey dans le Kentuckiensis IX , information publiée par [Maxence Hermant, \”La commande artistique en Champagne du Nord au XVIe siècle : les vicomtes d’Étoges et leurs tombeaux\”, dans Etudes marnaises, 2006, p. 95-120. Je l’en remercie. Dans ce même article Maxence Hermant (BnF) identifie les armes du ms BnF, Lat. 20318, cité plus haut.

12 Jan 2012
Jean-Luc Deuffic

Les Heures de Loys de Halewyn (Louis d’Halluin, + 1519), chambellan de Louis XI : San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171

M. de Pienne [=Louis d’Halluin], lequel fut aussy un très sage et bon capitaine, de fort grande et ancienne maison, que le roy aimoit fort et qui le servist en tout voyage. Il fut gouverneur de Picardie, qu’il gouverna très sagement et sans reproche… (Brantôme)

Le manuscrit de la bibliothèque californienne de San Marino, Huntington Library, HM 1171, un Livre d’heures exécuté vers 1500, offre au f. 37v, dans la scène de l’Annonciation, la représentation d’un chevalier en prière, les mains jointes, revêtu de son armure et d’une tunique à ses armes, ceint du collier de l’Ordre de Saint-Michel, un casque à ses pieds. Il s’agit présentement des armes de la famille d’Halluin, seigneurs de Piennes (d’argent à trois lions de sable armés, lampassés de gueules et couronnés d’or, chargé en abîme d’un écusson d’azur à la fasce d’or, accompagnée de six billettes du même, 3 en chef et 3 en pointe), et le personnage en question pourrait être Louis d’Hallouin, chevalier de l’ordre, de la promotion de 1495
François AVRIL me précise que la décoration de ces Heures est l’oeuvre d’un enlumineur rouennais prolifique, Robert Boyvin, actif autour de 1500, qu’ Isabelle Delaunay a particulièrement étudié : \” Le manuscrit enluminé à Rouen au temps du cardinal Georges d’Amboise : l’œuvre de Robert Boyvin et de Jean Serpin \”, dans Annales de Normandie, 1995, p. 211-244.


© San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171. f. 37v. Louis d’Halluin en prière. L’ Annonciation. Détail.

II + 177 f. 195 x 140 mm. 23 longues lignes. Description et photos sur Digital scriptorium (http://www.digital-scriptorium.org) [ en ligne ] –  [ Catalogue en ligne de la Huntington Library ] – Au f. 29 et 61, les armes d’Halluin ont été également peintes au dessous des miniatures représentant la Trahison de Jésus et  l’Annonce aux bergers. Biblio : C. W. Dutschke with the assistance of R. H. Rouse et al., Guide to Medieval and Renaissance Manuscripts in the Huntington Library, San Marino, 1989. De Ricci, 102.


© San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171. f. 52. La Crucifixion

La famille flamande van Halewijn, francisée en d’Halluin, tire son origine de la ville de ce nom près de Lille.
Né vers 1450, Louis d’Halluin, fils de Josse, bailli de Flandres, et de Jeanne de la Trémouille, s’attacha aux cours des ducs de Bourgogne Philippe le Bon et de Charles le Téméraire. De par son père, il était lié à la famille de Bruges-la Gruthuse, une des plus puissantes du comté, et, par alliance, au célèbre Philippe de Commynes. Il épouse en effet vers 1475 Jeanne de Ghistelles, fille de Jean, seigneur d’Esquelbecq, grand veneur de Flandre et de Jeanne de Bruges-la Gruthuse (de gueules au chevron d’hermines, accompagné de trois étoiles d’or, deux en chef et une en pointe), qui décédera avant lui. En 1474, Louis de Halluin est chambellan et capitaine de cinquante lances au service du dernier duc de Bourgogne. Assiégé dans Saint-Omer dont il est capitaine, Louis d’Halluin est fait prisonnier par Louis XI, auquel il se rallie un peu plus tard. Le roi le prend alors comme chambellan, le fait capitaine de Montlhéry (lettre du 14 mars 1480).
Louis d’Halluin revendit (10,000 livres par contrat passé le 25 juin 1493) à Charles VIII, l’hôtel parisien d’Hercule de la rue des Charités-Saint-Denis (des Grands-Augustins), nommé ainsi à cause des fresques peintes sur les murailles représentant les travaux d’Hercule) qu’il avait acheté neuf ans auparavant de Jehan de la Driesche, président de la cours des comptes, son rebâtisseur. L’Hôtel du roi près les Augustins fut souvent fréquenté par Louis XII, qui y venait souvent avec Anne de Bretagne, le trouvant spacieux commode et agréable. Cf. Topographie historique du vieux Paris, Région occidentale de l’Université, p. 215. Louis était également possessioné à Auteuil, et à Passy, avec notamment son \”fief de Saint-Pol\” (E. Coyecque, Recueil d’actes notariés relatifs à l’histoire de Paris et de ses environs au XVIe siècle, Volume 2, 1923, p. 23).
En 1494, il accompagne le roi Charles VIII à son voyage de Naples, et à la bataille de Fornoue (Fornovo), il fut un des six chevaliers que le roi choisit pour combattre auprès de sa personne, revêtus d’habits semblables aux siens. 
Maître des cérémonies lors du couronnement de Charles VIII à Naples (22 février 1495)
Louis d’Alluin fait chevalier de l’Ordre de Saint-Michel en 1495.
Aux obsèques de Charles VIII, le seigneur de Pienne, avec trois autres chambellans, tient le drap d’or au-dessus du cercueil du roi.
Le 6 juillet 1498 il achète d’Arthus de Villequier la seigneurie de Maignelay en Beauvaisis (aujourd’hui Maignelay-Montigny), dont il reconstruisit l’église et l’antique forteresse dans un style puisé de ses voyages italiens.
En juillet, lors de l’entrée de Louis XII à Paris, Louis d’Halluin est à sa droite. Le nouveau roi l’honore en lui confiant plusieurs missions diplomatiques, comme celle de la négociation en Allemagne, en 1501, ou de l’investiture du duché de Milan reçue du roi des romains.  
Louis XII le fait gouverneur et lieutenant général de la Picardie en 1512.
sous Louis XII enfin, Louis d’Hallewyn, seigneur de Piennes, avait offert sa propre effigie, en argent, prosternée devant l’image (Hist. de N. D. de Boul. par Ant. Le Roy)
Mandement à la Chambre des Comptes d’allouer aux comptes du receveur de Normandie 1,800 livres tournois, données par le roi à son chambellan ordinaire Louis de Hallwin, seigneur de Piennes. Paris, 16 octobre 1516 (Original. Bibl. nal., Pièces orignales, Hallwin, vol. 1468, p. 17).


Quittance de Louis d’Halluin. 1519, quatre mois avant son décès [ source ].

1516 : Provisions pour Louis de Hallwin de l’office de gouverneur et bailli de Péronne, Montdidier et Roye.

LE RÉCIT DES FUNÉRAILLES grandioses de Louis d’Halluin nous a été conservé :

L’ordre qui a été tenu aux obsèques et funérailles de feu très excellent chevalier sans reproche, Louis D’Halluin, seigneur de Pienne, conseiller, chambellan ordinaire du roi, chevalier de son ordre, lieutenant général et gouverneur en Picardie, lequel rendit son âme a Dieu le 12 décembre 1519 a 9 heures du soir en son chateau de Maignelay [ voir la relation complète en ligne ]


© San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171. f. 110v. L’homme riche et Lazare. Détail.

Louis Graves, dans son Précis historique du canton de Maignelay, précise que Louis d’Halluin \”donna au roi les livres de son cabinet pour augmenter la bibliothèque royale qu’on avait transportée à Blois …\” [ Lien  ] [ information à confirmer …]

Un exemplaire du Champion des dames de Martin Le Franc, réalisé à Lille vers 1470-1475, porte les armes d’Halluin, celles de Josse ou de son fils Louis. Le manuscrit apparaît pour la première fois en 1544, décrit comme « Ung autre livre en papier hystorié couvert de cuir tanné intitullé le champion des dames commançant Le prologue du livre du champion des dames ».  Après la mort de Louis, en 1519, le manuscrit tombe entre les mains du roi :


© Paris, BNF, Mss, fr. 841, f. 1.
Martin le Franc présente son oeuvre à Philippe le Bon. Le Champion des dames
Voir en ligne l’exposition Miniatures flamandes

— Une plaque émaillée portant les armes de Louis d’Halluin et de Jeanne de Ghistelles d’Esclebecq sa femme, est reproduite par Havard à la p. 338 du t. II du Dictionnaire de l’Ameublement et de la Décoration. Cette plaque représente l’Annonciation. Dans le bas, deux anges soutiennent l’écu losangé, en tout semblable à l’un de ceux qui étaient sculptés sur les poutres de l’ancien château de Pernois. On ne connaît malheureusement pas le nom du propriétaire actuel de cet émail dont l’auteur serait Jean I Penicaud. Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, 1904, p. 75. [ en ligne sur GALLICA ]


© Inventaire général, ADAGP. Vitraux de Sainte-Marie-Madeleine de Magnelay

Paris, BnF, Fr. 2930 • Anc. 8466 • Recueil de lettres et de pièces originales : 26. Dépêche de « LOYS HALEVIN, JEFFROY CHARLES, CHARLES DUHAULTBOYS, ESTIENNE PETIT, G. MERIN, à monseigneur le cardinal d’Amboise, legat en France » (f. 51) – 55 Lettre de « LOYS DE HALEWIN à monseigneur le cardinal d’Amboise, legat en France. A Rommes, le XVe de mars » (f. 187)
Paris, BnF, Fr. 15540, f. 64. 21 avril 1484. Lettre de Louis d’Halluin au roi pour lui rendre compte de l’état des frontières de Picardie :


Numérisé sur Gallica

Biblio
Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, par Anselme de Sainte-Marie [ en ligne ]
G. Dupont-Ferrier, Gallia regia : ou, État des officiers royaux des bailliages et des sénéchaussées de 1328 à 1515, Volume 4, p. 445, 447, 455  
D. Barbier, Louis de Halluin, Seigneur de Piennes, de Bugenhoult et de Maignelay, Comte de Guines, Gouverneur général de Picardie en 1512 [ en ligne pdf ]
Jean François Louis d’Hozier, Recueil historique des chevaliers de l’Ordre de Saint-Michel, Le Léopard d’or, 1998
L’Entrée et le couronnement du roi Charles VIII à Naples le 22 février 1495. [Paris: Antoine Vérard(?)]. 4°.

FRANÇOIS D’HALLUIN

François d’Halluin, 3e fils de Louis, fut le plus fastueux. Abbé de Saint Pierre de Chalons, il est nommé en 1502 évêque d’Amiens par une bulle du pape Alexandre VI alors qu’il n’a pas vingt ans … Comme d’autres prélats, il sert avant tout à la cour. Il concélèbre le mariage de Louis XII à Abbeville en 1514, accompagne François ler à Compiègne en 1516 pour l’ouverture de la châsse de Saint-Corneille et participe aux conciles de Pise en 1511 et de Latran en 1514. Sa piété relative est compensée par un mécénat important… Il protège Charles de Bovelles, un humaniste picard qui rédige chez lui un commentaire sur l’évangile de Saint Jean et lui dédie ses ouvrages (De sapiente, 1509). Il restaure le château de Pernois, demeure des évêques d’Amiens, où comme dans l’église de son père (Magnelay), l’essentiel du décor est constitué par les emblèmes de la famille royale et les armes de la famille d’Halluin. Il fait enluminer les tableaux de la confrérie Notre-Dame du Puy à Amiens, qu’il adresse ensuite à Louise de Savoie, la mère du roi François ler. Il fait construire le cloître des minimes d’Amiens, participe aux frais des stalles de la cathédrale et de la reconstruction de la flèche. Enfin il se fait élever un somptueux mausolée dans le choeur de la cathédrale (détruit en 1751)… François d’Halluin se tua lors d’une chasse le 18 juin 1538 et fut inhumé sous une dalle nue dans l’abbaye du Gard. (D. Barbier)

Voir : Le premier livre des antiquitez, histoires et choses plus remarquables de la ville d’Amiens, 3e édition, Paris, 1627 … Par Adrian de La Morlière, p. 267 [ en ligne ]


© Besançon, BM, 135. Pontifical de François d’Halluin. Plusieurs photos dans la base ENLUMINURES – ou INITIALES – Armes aux f. 2, 19, 23, 60, 104. Le manuscrit est passé par la suite à saint-Pierre-le-Vif de Sens par don des héritiers de Pierre de Tours. V. Leroquais, Pontificaux manuscrits, I, p. 79-80, n° 26.
Manuscrit complémentaire du Paris, BnF, Lat. 971. Autre pontifical à Baltimore, Walters Art Museum, 303. Voir Medieval and Renaissance Manuscripts in the Walters Art Gallery, France, 1420-1540, II, p. 492-497, et fig. 361-364, 394. Le rapport entre les pontificaux  de Besançon, de Paris et de Baltimore a été signalé par François AVRIL à Lilian RANDALL qui en a fait état dans son catalogue des manuscrits d’origine française de la Walters Art Gallery, p. 496.

FRANCOISE D’HALLUIN


Cathédrale de Beauvais. Vitrail. Saint François et Françoise d’Halluin [ source photo ] – Sur les vitraux de Beauvais voir entre autres [ Société académique de l’Oise ] – Michael W. Cothren, « Why did Louis de Roncherolles commission a stained-glass window for Beauvais in 1522? », dans The Art Bulletin, 2001 [ extr. en ligne ] – Photos de Walwyn sur Flickr [ en ligne ]
Verrière, réalisée en 1522, est attribuée à Engrand Le Prince dont on reconnaît indubitablement le style. Au registre inférieur sont figuré les donateurs avec leur saint patron : Louis de Roncherolles, gouverneur de Péronne, Roye et Montdidier, et son épouse Françoise d’Halluin. Les compositions sont en partie inspirées de gravures de Dürer, librement adaptées. [ inventaire ]

Le nom de Françoise d’Halluin, fille de Louis d’Halluin et de Jeanne de Ghistelles, reste associé au superbe Livre dheures de Louis de Roncherolles, son époux, manuscrit utilisé comme Livre de raison, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque parisienne de l’Arsenal (ms 1191) :
XVe-XVIe siècle. Latin et français. Parchemin. 105 f. 202 × 130 mm. Reliure en maroquin vert. Au dos, le chiffre de Gaignières. Tranches dorées. Encadrements, bordures. A pl. f., dans la bordure : « Louis de Roncerolles », « Ronceroles » ; de même, les initiales « L. D. R. ».  22 grandes miniatures (f. 4, 7, 9, 11, 16, 21, 26, 27, 28, 31v, 36v, 40v, 43v, 47, 55v, 56, 60, 77v, 96, 97, 102v, 103. 67 petites miniatures (f. 5, 5v, 6v, 11v, 12v, 13v (2), 14v, 15, l6v, 30v, 31, 33v, 35, 35v, 38v, 39, 42v, 43, 45v, 46, 62v, 63, 63v, 66, 66v, 67, 70, 70v, 71, 78, 78v, 79 (2), 80, 81, 81v (2), 82, 82v, 83 (2), 83v, 84, 84v, 85v (2), 86, 86v, 87, 87v, 88 (2), 88v, 89, 89v, 90 (2), 90v, 91 (2), 91v, 98, 98v, 100v, 101, 102. 24 petites miniatures au calendrier. Aux f. 102v, les armes de la famille de Louis de Roncherolles et de Françoise de Hallewin, au f. 103 celles de Jeanne de Ghistelles femme de Louis d’Halluin. Gaignières a fait une description très-détaillée de ce manuscrit, publiée par M. L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits, I, 349-350 :

De la bibliothèque Fremont d’Ablancourt, puis de Gaignières.
    Fol. 1. Calendrier en français
    Fol. 4. Passages des quatre évangiles, suivis des oraisons Obsecro te et O intemerata
    Fol. 11. Passion selon saint Jean
    Fol. 16. Heures de la Vierge
    Fol. 47. Les sept psaumes et les litanies : saints Mellon, Godard et Médard, Romain, Ouen, Sever, Lô, Eloi, Gilles, Julien, Tau […]
    Fol. 56. Vigiles des morts
    Fol. 77v. Antiennes et oraisons
    Fol. 97. Oraisons en français
    Fol. 98v. Oraison à la Vierge, en vers français
    Fol. 100v. Autre
    Fol. 101. Oraison latine
    Fol. 102. Oraisons et antiennes des saints Cosme et Damien, Louis, Hubert
    Fol. 103v-105. Journal de Louis de Roncherolles (1472-1519), contenant les dates de naissance et de mariage de lui, Louis de Roncherolles et de sa femme, Françoise de Hallewin, et les dates de naissance et de baptême, avec les noms des parrains et marraines, de ses douze enfants : « Adrian », 25 mars 1505 ; « Pierre », 12 avril 1506 ; « Loys », 21 mars 1506 [1507] ; « Phlippes », 1er mai 1508 ; « Marie », 26 octobre 1509 ; « Françoys et Hubert, frères d’une ventrée », 17 décembre 1510 ; « Laurens », 20 juillet 1512 ; « Jehan », 31 janvier 1513 [1514] ; « Susanne », 16 mai 1516 ; « Magdalene », 4 février 1517 [1518] ; « Anne », 18 octobre 1519 :

Mons. Lovs de Roncerolles baron de Heugueville et du Pont S. Pierre fut né à Chatillon-sur-Marne le xxe jour de décembre mil IIIIc LXXII et le tint sur fons mons. Loys de Laval Sgr de Chastillon en Bretaigne, Jehan de Roncerolles son frère et damoiselle Agnès de Vauldray, et espousa madamoiselle Françoise de Hallewin cy après escripte le pénultième jour d’avril l’an mil cinq cens et quatre.
Le xixe jour de décembre le vendredi des quatre temps au soir à ix heures l’an mil IIIIc  IIIIxx et XIII madamoiselle Francoise de Hallewin fut née à Passy près Paris et furent ses parrains et marraines mons. de Vandosmes madamoiselle Marie de Ghistelle sa tante et madame Jehane de Hallewin sa sœur.
Adrian de Roncerolles premier fils des dessus dits fut né dudit Roncherolles le mardi xxve de mars environ viii heures du soir l’an mil cinq cens et cinq et furent ses parrains et marraines mons. de Piennes père de la dite damoiselle Françoise pour principal parrain lequel le fit tenir par mons. de Buguenon son filz ainsné et mons Descrebècgs son filz puisné son second parrain et ses marraines madame de Piennes sa grant-mère et madamoiselle du Neufbourg sa tante sa seconde marraine et fut baptizé en la chapelle de Roncerolles par maistre Phle Lebouteiller curé et chanoine de Nostre Dame d’Escouys.
Pierre de Roncerolles second filz des dessus dis fut né audit Roncerolles le jour de Pasques entre trois et quatre heures du matin xiie jour d’apvril l’an mil cinq cens et six et furent ses parrains et marraines mons. d’Amyans frère de ma dite damoiselle Françoise de Hallewin, mons. de Rambure, madame de Rambures et madamoiselle de Buguenon … (publié entièrement dans la Revue Catholique de Normandie, 1894, p. 129-131)

Biblio : M. Pecqueur, \”Manuscrits armoriés de l’Arsenal\”, dans Bulletin de l’IRHT, n° 4, 1955, p. 120. Notice sur la base BnF Archives et manuscrits.


© Paris, Arsenal, 1191. Heures de Louis de Roncherolles, f. 103 : armes de Louis d’Halluin et de Jeanne de Ghistelles
Plusieurs folios sur BnF Images

Voir la base d’Hanno Wijsman (IRHT) \”Luxury Bound\” pour plusieurs manuscrits associés aux Hallewijn ( et dans son ouvrage : Luxury Bound. Illustrated Manuscript Production and Noble and Princely Book Ownership in the Burgundian Netherlands (1400-1550), Brepols, 2010, p. 369-373.

LIEN
Société historique de Maignelay-Montigny

7 Jan 2012
Jean-Luc Deuffic

6 janvier : la Typhaine

Un peu tristes nos rois mages …


Lawrence, University of Kansas, Kenneth Spencer Research Library,
Pryce MS C1. Vosper Hours [nommé d’après Robert Vosper, directeur des bibliothèques de la  KU lorsque le manuscrit fut acquis en 1958]
Langres ?
XVe s. 170 f. 233 x 160 mm. 14 longues lignes. 17 miniatures pleine page.
Digital Scriptorium
The University of Kansas Libraries
Biblio : Sotheby’s, 7 December 1953, lot 30 — Sharon L. Foster, The Kansas University Hours of the Virgin, Master’s thesis, Dept. of History of Art, May 1965.

5 Jan 2012
Jean-Luc Deuffic

La Legenda Maior : manuscrit Roma, BN Vittorio Emanuele II, VE 411

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Une exposition visible actuellement au Musée diocésain de Paderborn, consacrée à François d’Assise (1181/82–1226), présente entre autres un manuscrit de la Legenda Maior, biographie officielle composée par saint Bonaventure de Bagnoregio : le célèbre manuscrit de la BN de Rome, VE 411. La notice du catalogue qui accompagne cette exposition est due à notre amie Maria-Alessandra Bilotta qui avait déjà participé en 2009 à la superbe publication fac-simile du manuscrit, éditée par Vallecchi, en collaboration avec Franco Cardini e Francesca Niutta.

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FRANZISKUS · Licht aus Assisi (Paderborn)
La ‘Legenda maior’ della Nazionale di Roma sur miniaturaitaliana.com
Vallecchi : SAINT FRANCIS – Legenda Maior

4 Jan 2012
Jean-Luc Deuffic

In memoriam : Marie-Blanche Cousseau († 7 décembre 2011)

Ayant appris avec retard le décès brutal de Marie-Blanche Cousseau, survenu au début du mois de décembre dernier à Laval, je ne pouvais ne pas faire mention ici de cette jeune historienne d’art, à peine âgée de 35 ans. Marie-Blanche, spécialisée dans l’enluminure des manuscrits du XVIe siècle, s’était notamment intéressée à la production d’Etienne Collault (ou Colaud), objet en 2009 de sa thèse de 3è cycle à l’EPHE : Autour d’Etienne Colaud : recherches sur les enlumineurs à Paris sous le règne de François 1er, sous la direction de Guy-Michel Leproux.

La production enluminée parisienne du règne de François Ier demeure à ce jour mal connue. Aux quelques artistes à noms de convention qui ont pu être évoqués, seuls trois artistes ont fait l’objet de rapprochements entre des documents et des œuvres conservées. À la différence de deux d’entre eux, le troisième, Etienne Colaud, était encore mal étudié. La confrontation des actes documentant sa carrière avec des manuscrit subsistants permet d’identifier sa main dans un groupe de dix-huit volumes et de préciser le type d’activité auquel il se prêta, comme d’autre de ses confrères : celle d’un libraire. La notoriété qu’il s’était acquise et dont témoignent les textes et ses commanditaires réside certainement dans ce rôle qu’il assuma plutôt que dans la reconnaissance de son talent. À travers lui et par l’étude des sources d’archives est en effet livré un certain nombre d’indications sur les pratiques professionnelles du métier d’enlumineur, leur nombre, leur organisation. Quant aux œuvres subsistantes, leur examen permet de restituer à Paris son rôle de capitale dans le domaine de l’enluminure sous le règne de François Ier, puisque l’on n’y recense pas moins, au total, d’une trentaine de personnalités alors actives durant cette période.

J’avais eu l’opportunité de l’écouter lors d’un colloque organisé en septembre 2009 à l’INHA par la galerie Les Enluminures : Manuscript and printed books of hours : rupture and continuity. Son sujet tournait autour d’Etienne Colaud et des Livre d’heures …
Depuis le 1er février 2010 elle était  vacataire de recherches au Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.
Avec le décès de Thierry Delcourt survenu quelques semaines auparavant, l’histoire des manuscrits a perdu deux jeunes chercheurs talentueux.

Bibliographie
\”Les mémoires de Philippe de Commynes du Musée Thomas Dobrée de Nantes : un manuscrit parisien du début du règne de François 1er\”, dans Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, 2003, p. 119-142.
Documents d’Histoire parisienne (EPHE)
4, 2005
\”Mathieu de Louans et Dominique Boccador, maîtres généraux des œuvres du Roi \”
6, 2006
\”De l’expertise judiciaire à l’enseignement élémentaire : le métier d’écrivain à Paris dans la seconde moitié du XVIe siècle\”
10, 2009
\”Cadeaux et lettres tournures : art de l’écrivain ou art de l’enlumineur ?\”
 
\”Entre Rennes et Paris, la commande enluminée rennaise des années 1530-1550\”, dans Yves Mahyeuc (1462-1541). Rennes en Renaissance, éd. Augustin Pic et Georges Provost, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 309-324.
“Etienne colaud, enlumineur et libraire parisien : à propos d’un livre d’heures portant sa souscription”, dans Bulletin du bibliophile, 1/2010, pp. 11-35 :

Etienne Colaud’s name was, until now, traditionaly associated to the Statutes of the Order of Saint Mickael during the reign of Francis I, King of France. A Book of Hours with Colaud’s souscription, discovered on Art’s Market, allows a better knowledge about this illuminator who, little by little, devoted himself to a bookseller activity. The discovery of this Book of Hours has permitted a comparison between the documents concerning Etienne Colaud that have been preserved and the works that made up his career. We can now attribute eighteen manuscripts to this artist.

Lien : Histara (EPHE)

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