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28 Oct 2014
Jean-Luc Deuffic

Heures de François Le Faivre ; Offices pour l’Invention de saint Sébastien de maître Adrien Martin, diacre de Saint-Paul de Paris

BINOCHE et GIQUELLO SVV
Mercredi 29 octobre à 14h15 à Paris
Hotel Drouot

Lot 254  : HEURES SELON L’USAGE DE ROME (PARIS, VERS 1520).
Parchemin. 158 f., 57 x 39 mm (38 x 28 mm). 19 longues lignes. Réglure encre rousse. Composition. Un bifeuillet papier; 158 ff. en parchemin (f. 1-3v : blancs à l’origine, portent des mentions d’appartenance ; f. 14v-15v, 76rv, 84v et 151v-158v : blancs)
f. 4-14 : Calendrier discontinu. f. 16-24 : évangiles. f. 24 : S’ensuit l’oraison de sainct Charlemaigne. Oratio. Domine Iesu Christe, pastor bone conserva iustos, parce peccatoribus, requiem dona cunctis defunctis fidelibus nunc et in hora mortis semper et ubicumque nobis esto propicius. Amen. Nota. Loraison charlemaigne se trouve couramment dans les livres d’heures parisiens imprimés dès les années 1490. f. 25-75v : Heures de la Vierge, selon l’usage de Rome. f. 77-80 : Heures de la Croix. f. 80v-84 : Heures du Saint-Esprit. f. 85-103 : Psaumes de la pénitence, avec litanies (f. 95v°-100). f. 103-139 : Ad vesperas mortuorum : Office des morts, selon l’usage de Rome. f. 139v-151 : Suffrages.
32 peintures : 14 miniatures en pleine page et 18 petites (15 x 15 mm).
Grandes peintures : 1) Saint Jean à Patmos (f. 16) : In illo tempore erat Verbum (Io 1,1). 2) Le Jardin des Oliviers (f. 22) : In illo tempore apprehendit Pilatus Iesum et flagellavit eum (Io, 19,1). 3) Adam et Ève tentés par le serpent à tête de femme au buste dévoilé (f. 24v). 4) L’Annonciation (f. 25). 5) La Nativité (f. 43). 6) L’Annonce aux bergers (f. 47). 7) L’Adoration des mages (f. 50v). 8) La Présentation au temple (f. 54). 9) La Fuite en Égypte (f. 57v). 10) Le Couronnement de la Vierge (f. 64). 11) La Crucifixion (f. 77). 12) La Pentecôte (f. 81). 13) David priant (f. 85). 14) Job, sur son fumier, est visité par sa femme et ses amis (f. 103v).
Provenance « Ce petit livre apartien à moi François Le Faivre, de Sen-Martin Le Beau [Saint-Martin-le-Beau, Indre-et-Loire] » (f. 1, XVIe s.). « Je pris ceus ou cel qui le trouveron de me remet avant les (mot effacé), je lui serai aubligé » (f. 2, XVIe s.). « Marchand, prêtre. — 1813 » (f. 3). « René // Saicher » (plats de la reliure, en lettres d’or). Georges Moreau (1934, n°13).

 
 
Lot n° 255  : OFFICES POUR L’INVENTION DE SAINT SÉBASTIEN. – OFFICE DES MORTS. – Seconde moitié du XVe siècle (Paris). Parchemin. 72 f., 305 x 205 mm (justification: 235 x 130/140). 21 longues lignes ou 7 portées par page. Réglure à l’encre brune.
Composition. Garde, I8 (f. 1-8), II8 (f. 9-16), III8 (f. 17-24), IV8 (f. 25-32), V8 (f. 33-40), VI8 (f. 41-48), VII8 (f. 49-56), VIII8 (f. 57-64), IX2 2 feuillets libres (f. 69-70), X3 (4-1) le premier feuillet du cahier a été coupé (f. 71-73).
f. 1-7v : Vêpres de l’Invention de saint Sébastien. f. 8-18: Messe de l’Invention de saint Sébastien, qui est célébré le 13 octobre (f. 7v). – Annotation marginale : «Evangelium sancti Rochi invenies in fine libri» (f. 9. début XVIe s.) ; f. 18-26v : Messe des défunts ; f. 26v°-53 : Office des morts, selon l’usage parisien ; f. 53v-67 : Prières de la «commandatio defunctorum» ; f. 67v-70v : Gloria suivi du Credo ; f. 71-73v (d’une autre main, début XVIe s.) : Dies irae ; f. 73v : Évangile selon Mathieu (cf. annotation marginale, f. 9).
Provenance.
Manuscrit exécuté à Paris à la fin du XVe.
Adrien Martin, diacre de l’église Saint-Paul de Paris : «1504 octobris 21, a magistro Adriano Martino, tum temporis diacono apud divum Paulum Parisiis» (f. 73v°).
Jean Geoffroy, conseiller du roi, à Épernay : parti au Ier d’argent à trois têtes de Maures de profil ; au 2e d’or à la croix de gueules (ex-libris gravé, écu dans un cartouche supporté par deux Maures). Et au-dessous : «Ex-libris Ioan. Geoffroy, Regi a conciliis. Sparnac.» (1).
Catalogue PDF

(1) Jean Geoffroy, seigneur des Essarts, seigneur de Vanteuil, Vandières, conseiller et secrétaire du roi en l’élection d’Epernay, bailli de Tours sur Marne, lieutenant d’Hautvillers, mort en 1731.

7 Sep 2014
Jean-Luc Deuffic

Anne de Bretagne à CHÂTEAUBRIANT (jusqu’au 28 septembre)

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L’exposition hors-les-murs du musée Dobrée de Nantes, \”Le coeur d’Anne de Bretagne\” présentée au château de Châteaubriant (encore visible jusqu’au 28 septembre) a donné lieu à la publication d’un très sérieux catalogue sous la houlette de Laure Barthet, directrice du musée, dont voici le sommaire :

Didier Le Fur : Anne de Bretagne
Jean-Luc Deuffic : La transmission à la postérité : textes, images et manuscrits
Pierre-Gilles Girault : Les funérailles royales d’Anne de Bretagne à Saint-Denis
Murielle Gaude-Ferragu : Le coeur séparé : Anne de Bretagne et les pratiques funéraires contemporaines
Claire de Lalande : Les funérailles royales d’Anne de Bretagne à Nantes
Jean-Marie Guillouët : Les ducs de Bretagne et le couvent des Carmes de Nantes
Claire de Lalande : Le coffret funéraire du coeur : étude technique et iconographique
Elisabeth Taburet-Delahaye : Le \”vaisseau\” du coeur : traditions médiévales et culture des années 1500
Michèle Bimbenet-Privat : Le coffret du coeur d’Anne de Bretagne, un témoignage de l’orfèvrerie de la Renaissance ?
Caroline Vrand : Les commandes d’orfèvrerie profane d’Anne de Bretagne : la parure du corps
Gildas Salaün : Le \”coeur d’or\” de la tombe au musée (1792-2014)
Didier Le Fur : Un coeur endormi
Catalogue des oeuvres
Bibliographie
224 p. Relié. Nombreuses illustrations.

Le coeur d’Anne de Bretagne : site de l’exposition

En marge : Conférence : Histoire des collections d’Anne de Bretagne
Le mercredi 10 septembre, à 18h30 au passage Sainte-Croix de Nantes.

3 Sep 2014
Jean-Luc Deuffic

Southern France Illuminated Juridical Manuscript Production

Edmondo Danti nous annonce la naissance d’une nouvelle page Facebook concernant la production des manuscrits juridiques enluminés dans le Midi de la France :  Southern France Illuminated Juridical Manuscript Production

ADRESSE


Coimbra BU 722. Dominique de Sancto Geminiano, Commentaire sur les Décrétales. Manuscrit ayant appartenu à l’évêque breton de Carcassonne Jean du Chastel.

3 Sep 2014
Jean-Luc Deuffic

La BnF lance un appel aux dons pour l’acquisition du manuscrit royal de François Ier

Le 26 août, la BnF lance jusqu’au 28 novembre 2014 un appel aux dons pour l’acquisition du manuscrit enluminé Description des Douze Césars avec leurs figures (Tours, vers 1520), classé Trésor national.
Ce manuscrit exceptionnel, enluminé par le grand Jean Bourdichon, est selon toute apparence une commande de François Ier pour servir de cadeau diplomatique. Appartenant à une série de trois œuvres presque similaires, ce manuscrit, le plus beau des trois, serait donc le seul à pouvoir rejoindre les collections nationales françaises.
Diffusé sur le site bnf.fr et relayé par une campagne de publicité dans la presse, cet appel aux dons permettra de réunir une partie des fonds nécessaires à l’acquisition. Il s’agit de la deuxième souscription publique initiée par la Bibliothèque après celle menée avec succès en 2012 pour le Livre
d’heures de Jeanne de France. Les donateurs peuvent effectuer un don en ligne sur mecenat.bnf.fr.
L’appel aux dons est ouvert jusqu’au 28 novembre 2014.

29 Juin 2014
Jean-Luc Deuffic

Qui cest escript a droit verra / Nom et seurnom y trouverra

G A L L I C A vient de mettre en ligne un exemplaire de la Consolation de la philosophie de Boèce, dans une traduction jadis attribuée à tort à Charles d’Orléans, erreur que Léopold Delisle a dissipée. L’intérêt de ce manuscrit (Paris, BnF, Nlle acq. lat. 1982) est de nous donner le nom du copiste et celui tout aussi précieux du destinataire en acrostiche \”Jehan de Langres esmailleur\”. Le copiste Raoulet d’Orléans est bien connu (1) ; le destinataire a laissé son nom dans la liste des orfèvres de la \”monnaie de Paris\” :

Ce jour (1er mars 1401), Jehan de Lengres fit le serment de bien et loyaument exercer en sa personne l’office de la taille des fers de la monn° de Paris, et que aucuns fers il ne baillera ne fera, se n’est aux gardes de lad. monn° et sy ne exercera fait de change.

En 1402,

Jehan de Langres, tailleur des coings de la monnaie de Paris, reçoit 9 livres tournois pour avoir fait quatre paires de fers à gettouers d’argent, pour Ysembart Martel, Miles Baillet, Jean Chanteprime et Gui Chrestien.


Transcription :

C’est le congie de lescrivain.
Icy en droit fine Boece,
En qui pevent trouver l’adresce
Homs et femmes, par ses recors,
A sauver leurs ames et corps.
Non pas eulz laissier tourmenter
De desespoir, ne seurmonter
En orgueil lort pechie terrible,
Le plus grief de tous et horrible ;
Ainçois est d’avoir pacience.
Nuit et jour, et querre science
Glorieuse pour Dieu amer.
Requérir, servir, honnorer.
Et la doulce vierge Marie,
Sur tous les cielx d’ange chierie,
En qui divine pourveance
Se mist et ot double substance
Merveilleuse pour nostre amour,
Ausquelx prierons sans demour.
Jointes mains, que ilz gardent d’yre
Li vaillans homs qui flst escrire
Le livre assez bien compassez.
Et les ames des trespassez
Vueillent garder de maulx liens.
R. dit Amen d’Orliens.
Qui cest escript à droit verra,
Nom et seurnom y trouverra.

NOTES
(1) Wolfgang Oeser, \”Raoulet d’Orléans und Henri du Trévou, zwei französische Berufsschreiber des 14. Jahrhunderts und ihre Schrift\”, dans Archiv für Diplomatik, Schriftgeschichte, Siegel- und Wappenkunde, 42, 1996, p. 395-418. H. Rouse & M. A. Rouse, Manuscripts and their Makers, H. Miller, 2000, 1, p. 273–279 ; 2, p. 121–122. Quelques colophons de Raoulet d’Orléans : Bénédictins du Bouveret, Colophons de manuscrits occidentaux des origines au XVIe siècle, Volume 5, p. 186 sq. [en ligne]

A VOIR
Paris, BnF, Nlle acq. lat. 1982 sur Gallica
ARLIMA (Laurent Brun)
Léopold Delisle, \”Anciennes traductions françaises de la Consolation de Boëce conservées à la Bibliothèque nationale\”, dans Bibliothèque de l’école des chartes, t. 34, 1873, p. 5-32 [en ligne sur Persée]

24 Juin 2014
Jean-Luc Deuffic

« Les troys premiers livres de Diodore Sicilien », manuscrit de François 1er, dans les collections du marquis d’Assérac


© Musée Condé

Si Jean Emmanuel de Rieux, marquis d’Assérac, possédait une exquise bibliothèque, pour l’augmentation de laquelle il travaille avec un grand soin (Louis Jacob, 1644), il est assez étonnant d’y trouver hors ses domaines d’intérêt (astrologie judiciaire, art militaire), de superbes manuscrits. L’un d’entre eux a même une provenance royale et se trouve aujourd’hui conservé dans la prestigieuse bibliothèque du Musée Condé de Chantilly (ms 721). Son frontispice somptueux, peint entre autres par Jean Clouet, en 1534, a fait l’objet d’une étude de Cécile Scaillierez dans la Revue du Louvre (4/1996, p. 47-52).
Cet exemplaire des Troys premiers livres de Diodore Sicilien, traduit en français par Maistre Anthoine Macault, notaire, secrétaire et valet de chambre ordinaire du roy, est sorti très anciennement de la bibliothèque de François premier, portant encore sa reliure d’origine de veau brun à compartiments dorés, avec un semis de fleurs de lis et de F.

Au début de l’ouvrage, une grande peinture frontispice représente François Ier écoutant la lecture de Macault. Assis sous un dais fleurdelisé, devant une table recouverte d’un tapis vert, sont présents ses trois fils, de même que les grands officiers de la Couronne, parmi lesquels on reconnaît le grand-maître Anne de Montmorency, l’amiral Philippe Chabot et le chancelier Antoine Duprat. Ce frontispice fut reproduit dans l’édition donnée en 1535 par Geoffroy Tory.


La signature de Jean Emmanuel de Rieux sur la page de titre

Ce manuscrit enluminé par Jean Clouet, Noël Bellemare, et par le Maître de François de Rohan, a appartenu à Firmin-Didot (catalogue, 1810, n° 880), puis à M. Beckford, et finalement au duc de Hamilton. Lors de la vente faite à Londres au mois de mai 1889, il fut acquis par M. le duc d’Aumale. Nous n’avons pas encore l’explication de la présence d’un tel manuscrit dans les collections du marquis d’Assérac.

BIBLIO
Cécile Scailliérez, \”Un portrait méconnu de François Ier peint par Jean Clouet : le frontispice des Histoires de Diodore de Sicile au musée Condé de Chantilly\”, dans La Revue du Louvre et des musées de France, 1996, 46, 4 Cécile Scailliérez et Patricia Stirnemann, L’Art du manuscrit de la Renaissance en France, Somogy édition d’art / Musée Condé Château de Chantilly, 2001, p. 46-49.
Sur le manuscrit du Musée Condé : Geofroy Tory, peintre et graveur, premier imprimeur royal (1865).
Léopold Delisle : « Traductions d’auteurs grecs et latins offertes à François Ier et à Anne de Montmorency par Etienne Le Blanc et Antoine Macault », dans le  Journal des Savants, août et septembre 1900.

14 Juin 2014
Jean-Luc Deuffic

Le Landernéen « Charles de Rochemagne le Rouss », capucin, converti à la religion réformée (1619)

Traquant ex-libris et anciennes provenances, j’ai fait la rencontre récente d’une plaquette de 14 pages in-8° (non encore examinée) dont le titre en lui-même est assez significatif pour être publié entièrement :

Declaration de Charles de Rochemagne Ie Rouss, natif de Landernau en Basse Bretaigne, ci-deuant Capucin au conuent des Capucins de Chasteleraud, faite publiquement en l’Eglise Reformée dudit lieu, le Dimanche 22 de Septembre 1619. Ou sont contenues les raisons et motifs pour lesquels il a abjuré ses voeuz monastiques, et s’est retiré de dessous Ie joug de la Tyrannie Papale. Ne jugez point selon l’apparence, mais jugez d’un droit iugement. I Jean, 7 24. A Lodvn de l’impression de La-Barre, 1619.

Référence prise dans les Kerkhistorisch archief, volumes 1 à 2, Amsterdam, 1857, p. 414, le seul exemplaire connu, semble-t-il, se trouve aujourd’hui conservé à l’Université de Leiden (Special Collections (KL) Bibliotheque Wallonne, BIBWAL I 124: 1 ). Il y eut un second tirage, puisque les exemplaires de Paris, BnF (D2- 10764) et de la BM de Toulouse (Fa D 19218 (63), datés de 1620, offrent un libellé quelque peu diffèrent :

Declaration de Charles de Rochemagne le Rouss. natif de landerneau en Basse Bretagne cy devant Capucin au couvent des Capucins de Chasteleraud, faite publiquement en l’église réformée dudit lieu, le… 22. de janvier 1620. Où sont contenues les causes et motifs pour lesquels il a abjuré ses voeux monastiques et s’est retiré de dessous… la tyrannie papale. Jouxte la copie imprimée à Loudun, 1620.

« Charles de Rochemagne le Rouss », se dit natif de Landerneau. Le patronyme Rochemagne est inconnu à la Bretagne : s’agit-il d’une traduction française d’un nom breton (Rochemeur, Rosmeur ?) Probablement s’appelait-il « Le Roux ». Malheureusement nous n’avons pas trouvé trace de sa naissance à Landerneau, seuls les registres paroissiaux de la paroisse de Saint-Thomas remontent au-delà de 1600. Il ne fit certainement pas profession chez les Capucins de l’ancienne cité léonarde, puisque l’installation du couvent de cette ville ne date que de 1633. Il rejoignit donc celui de Chatellerault fondé en 1612 dans le faubourg Sainte-Catherine.
Quoiqu’il en soit, après sa conversion, Charles de Rochemagne, s’installa à Vitré, un des grands pôles, avec Nantes, du calvinisme breton (http://protestantsbretons.fr/histoire/etudes/questions-sur-vitre-1/)
En effet, son nom se retrouve dans les registres de l’église réformée de Vitré, à la date du 12 juillet 1620 (1), quand il se marie avec Anne Chapelais, née le 12 mars 1597 de Guy Chapelais, sieur de la Vigne, tailleur d’habits et de Judith de Launay.
Plusieurs enfants naîtront de son union avec Anne:
Elisabeth, 12 avril 1621
Charlotte, 11 mars 1622
Philippe, 5 avril 1624
Jeanne, 25 juin 1625
Marie, 18 novembre 1626
Philippe, 26 juillet 1628
Charles, 28 décembre 1630
Anne morte le 5 mars 1634, Charles de Rochemagne se réfugie par la suite à Guernesey, où il mourut à un âge très-avancé, en mars 1672 : 

Il remplissait dans l’église paroissiale de Saint-Pierre-Port l’office de Lecteur, c’est-à-dire de celui à qui il appartenait de lire les saintes Ecritures, de conduire le chant, et d’aider le ministre dans quelques-uns de ses devoirs. Il était aussi maître de l’école paroissiale. Il s’est remarié deux fois à Guernesey, d’abord en avril 1641, à Jeanne Arthur, et puis en mars 1653, à Marguerite Hodon  (Bulletin archéologique de l’Association bretonne, 1877, p. 33).

Gilles-André de La Roque de La Lontière, dans son Histoire généalogique de la maison de Harcourt, 1662, p. 622-623, fait mention de « Charles de Rochemagne Breton, en la généalogie manuscrite qu’il a publiée de la maison de Montgommery », qui sans aucun doute, se rapporte à notre personnage.

NOTE
(1) Je remercie Jean-Claude Bourgeois (groupe Généalogistes du Finistère) pour une précision concernant cette date.

BIBLIO
Paul Paris-Jallobert, Anciens registres paroissiaux de Bretagne: baptêmes, mariages, Volume 1, Eglise protestante de Vitré, Rennes, 1890,, p. 25, 140.
LIENS
Le blog de Jean-Yves CARLUER : Les Protestants bretons
LE PROTESTANTISME EN BRETAGNE AUX XVIe, XVIIe & XVIIIe siècles, par Jean-Luc TULOT

12 Juin 2014
Jean-Luc Deuffic

L’incunable de la « Cité de Dieu » du frère carme Bertrand Estienne


Bertrand Estienne
(ou Etienne, Bertrandus Stephani) et Jean Marchand (Johannes Mercatoris), carmes de la province de Touraine, bacheliers en théologie et lecteurs en l’Université de Paris, ont marqué l’histoire de l’imprimerie lorsqu’à la demande de Louis Martineau (également tourangeau), ils corrigèrent le commentaire de leur confrère anglais John Bacon sur le troisème livre des Sentences, qui sera imprimé à Paris le 15 janvier 1485 (n.s.). Cette précieuse édition in-folio est aujourd’ui conservée dans plusieurs bibliothèques (Durham, Ushaw College; Edinburgh UL (New College) ; Paris Mazarine; Valognes BM ; Leipzig UB ; Nürnberg StB ; Cambridge MA, Harvard College Library, Houghton Library, etc)

Nous avons eu la chance de découvrir le nom de Bertrand Estienne sur un autre incunable dont il fut un certain temps possesseur. En effet, à la Bibliothèque de la Sorbonne se trouve un exemplaire (Rés. In 70) de la Cité de Dieu de saint Augustin (De civitate Dei comment. Thomas Valois et Nicolaus Triveth), imprimé à Bâle par Johann Amerbach, le 13 février 1489, portant cette note manuscrite : « Ce livre appartient a fresre Bertram Estienne».
Par la suite, au courant du XVIe siècle, l’ouvrage a appartenu à Jérôme [?], religieux du prieuré clunisien de Saint-Martin des Champs à Paris, et au frère Jean, gardien du couvent (des Franciscains ?) de Quimper, sans que l’on ne connaisse exactement la chronologie de ses différentes possessions : « Dompnus Jheronimus [gratté] religiosus Sancti Martini de Campis sibi pertinet hunc librum, xiiii s. P. » ; « Ex libris fratris Johannis prepositi conventus Corizopitensis ». Un examen des écritures pourrait peut-être le déterminer.

SUDOC / Référence

Biblio : A. Claudin, L’histoire de l’imprimerie, t. 1, Paris, 1900, p. 300-301.
 

Exemplaire de la Cité de Dieu de la Bridwell Library

2 Juin 2014
Jean-Luc Deuffic

Le bibliophile nantais Joseph Arnoult et les statuts synodaux de Pierre du Chaffault et Jean d’Epinay

A peine achevé un premier état de notre INVENTAIRE DES LIVRES LITURGIQUES DE BRETAGNE, que je découvre la vente en ligne chez le libraire de Londres SOKOL BOOKS Ltd. d’un exemplaire des statuts synodaux des évêques de Nantes Pierre du Chaffault et Jean d’Espinay.

Les statuts de ces évêques nous sont déjà connus par deux manuscrits de la BnF :
Bibliothèque de l’Arsenal, 796 B, f. 67
BnF, Lat. 1597, f. 56
Les Statuta synodalia diocesis Nannetensis, de Pierre du Chaffault ont également été imprimés (s.d.). L’unique exemplaire se trouve à Nantes, au Musée Dobrée.
Le 23 mai 1499, ont été imprimés les : Statuts synodaux de l’église de Nantes promulgués par Yves du Quirisec, vicaire général de Jean d’Espinay, publiés à Nantes par Étienne Larchier (ou à Paris, par Jean du Pré). Exemplaire : Paris, BnF, Rés. B 2292

L’exemplaire manuscrit de Sokol Books Ltd porte l’ex-libris du médecin et bibliophile nantais Jospeh François Arnoult, qui fut docteur régent de la Faculté de médecine en l’Université de Nantes, recteur en 1776. Le 5 juin 1782, est inhumée à Saint-Clément de Nantes, son épouse Marie-Anne Rigault, âgée seulement de 38 ans,

Shapero Rare Books (London, GL, United Kingdom) met en vente actuellement un ouvrage très particulier de Conrad Gesner ( Christoph Froschauer, Zurich & Johann Wechel, Frankfurt), ayant appartenu à Charles de Bourbon (1520-1590), et plus tard à Joseph Arnoult.

L’Université de Glasgow conserve également un ouvrage de la collection du médecin nantais : Mudkhal al-kabīr ilā ʻilm ahḳām al-nujūm. Introductorium in astronomia[m] Albumasaris Abalachi octo continens libros partiales..

De même, Penn Libraries call number : IC5 Sa133 556e

Vente Bergé du 29 juin 2011, lot 22 :

Au-dessus de l’ex-libris de Jean Ballesdens (1595-1675), celui de Joseph Arnoult dans un ouvrage de Christophe FORSTNER Ad libros sex priores Annalium C. Cornelii Taciti notae politicae. Padoue, Paul Frambottum, 1626. 

29 Mai 2014
Jean-Luc Deuffic

Les \”cabinets curieux\” de BRETAGNE en 1649 …

Le savant Pierre Borel dressa dans son livre Les Antiquitez, raretez, plantes, minéraux & autres choses considérables de la ville & du comté de Castres d’Albigeois (Castres, Arnaud Colomiez, 1649) un Roole des prin­ci­paux cabi­nets curieux, et autres choses remar­quables qui se voyent ez prin­ci­pales Villes de l’Europe.

Dans cette précieuse liste, nous avons relevé pour la BRETAGNE :

ASSERAC, en BRETAGNE. M. le marquis d’Arserac (= Jean Emmanuel de Rieux. Nous travaillons actuellement sur ce personnage et sa bibliothèque : voir notre ancien post)

NANTES. M. Guillemin maistre apotiquaire (= Peut-être François GUILLEMIN, Maître apothicaire (source : Geneanet). Je n’ai pas eu encore accès à la thèse de J. Doucet, Les apothicaires nantais sous l’ancien régime ; thèse de pharmacie, Nantes, 1959.

PLERMEL EN BRETAGNE. Le lieutenant du Roy (= Ploërmel,  Charles (parfois appelé Jean) Gault : « … écuier Charles Gault Sr du Tertre-Vallière à présent C(hevali)er du roy, lieutenant & juge ordinaire à Ploërmel …, que toute la province de Bretaigne recoignoit pour juge autant incorruptible que profond en toute littératures, spécialement en celle des dédales et labyrinthes généalogiques des maisons nobles de la province, dont il possède des recherches qui donneront au jour de très beaux esclaircissements à la postérité. » (Revue historique de l’Ouest – Volume 10 – 1894, page 9) – Pour la généalogie des Gault, voir l’excellent site d’Odile Halbert)

S. BRIEUC EN BRETAGNE. M. de Beauchamp (= Saint-Brieuc. Un membre de la famille HENRY, seigneur de Beauchamps, peut-être Jacques Henry, seigneur de Beauchamp, sieur de la Ville-Urvoy et de Beaucours) 

VANNES EN BRETAGNE. Le baron du Vieux Chastel (= Pierre de Lannion, seigneur du Cruguil, de Lizandré et de La-Noe-Verte (1621), seigneur de Quélen, du Vieux-Chastel et de Camors, gouverneur de Vannes (1625-1652), gouverneur d’Auray (1626). Il avait racheté plusieurs des manuscrits du Père Augustin Du Paz)

Voir : CURIOSITAS

L’ouvrage de BOREL en ligne

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