1 Juil 2014
Jean-Luc Deuffic

Thibaud le Breton, stationnaire (“vendeur de livres”) à Paris au XIIIe siècle

Parmi les premiers libraires originaires de Bretaigne installés à Paris figure le clerc Thibaud le Breton sur lequel nous possédons une documentation assez conséquente, dans la mesure où son patrimoine immobilier, imposant pour un ouvrier du livre, a laissé de nombreux actes qui permettent de cerner le rang social du personnage.
Comme bon nombre de ses confrères, Thibaud tient boutique dans la rue Neuve Notre Dame, tout près de la cathédrale, où nous le rencontrons dès 1256. De même, il posséde au moins une maison (et plusieurs rentes) en la rue des Ecrivains (in vico Scriptorum) dans la censive de la Sorbonne, entre la maison du copiste Robert ad Anglum et celle du parcheminier Jean l’Anglais.
En 1263, les frères et soeurs de la léproserie de la banlieue vendent à Thibaud le Breton (venditori librorum), et à sa femme Julienne, les 3/4 d’une maison au coin de la rue Zacharie, dans la censive des moines de Saint-Germain des Prés. Dans un autre quartier de Paris, apprécié par les Bretons, Thibaud achète en 1266, de Jean l’Allemand et de sa femme Lucie, une maison rue Saint-Hilaire, dans la censive de Saint-Marcel, appelée la Haute Maison, laquelle portera vers 1400 l’enseigne de l’Escu de Bretaigne et deviendra pour quelque temps, dans la seconde moitié du XVIe siècle, l’enseigne de l’imprimeur Jean Macé.
Thibaud le Breton possédait encore plusieurs rentes dans le rue Percée, dans la rue des Noyers et dans la rue des Amandiers. Dans cette dernière rue une maison qui lui appartient est taxée par l’Université de Paris au prix de 7 livres : elle consiste en 4 chambres, un cellier et une grande cuisine.


Cliquez sur la photo pour agrandir

Malheureusement nous n’avons trouvé aucun manuscrit portant la marque de Thibaud le Breton.
Le libraire dut mourir peu avant 1288. L’année suivante, un avocat breton, Yves dit le petit clerc, exécuteur testamentaire de Julienne, alors veuve, vend à l’Hôtel-Dieu une maison (en mauvais état) au coin de la rue Zacharie, moyennant 20 livres parisis.

Sur le terme stationnaire [ lien ] [ lien ]
Sur Thibaud Le Breton :
Charles Jourdain, \”La taxe des logements dans l’Université de Paris\”, dans Mémoires de la Société de l’Histoire de Paris et de l’Ile de France, t. IV, 1877 (1878), p. 148. repris dans :
Charles Jourdain, Excursions historiques et philosophiques à travers le Moyen Âge, Paris, 1888, p. 257.
Palémon Glorieux, Aux origines de la Sorbonne II : Le Cartulaire de la Sorbonne, Paris, 1965, p. 23, 145, 171, 286, 335, 336, 346, 362, 372.
Annales de Bretagne, 1974, p. 337.
Richard H. Rouse et Mary A. Rouse, Manuscripts and their Makers. Commercial Book Producers in Medieval Paris, 1200- 1500, Londres, Harvey Miller, 2000, vol. II, p. 135-136.
Keith Busby, Codex and Context : Reading Old French Verse Narrative in Manuscript, Volume 2, 2002, p. 31, 36.

Leave a comment

You must be logged in to post a comment.